Dragon du Roy a écrit :
Vous parlez tous, toujours seulement de la "Monarchie" au sens large, moi je vous parle de la Monarchie Française... Donc je vais encore expliquer ce que s'est que la Monarchie Française, puisque la république n'est pas la France mais son fossoyeur.
Je ne vois pas en quoi la "monarchie française" devrait être meilleure qu'une autre monarchie, de par son sacre à Reims et son rang de fille aînée de l'Eglise. D'abord, ce n'est pas la monarchie qui est fille, mais le royaume, autrement dit le pays et ses habitants. Cela fonctionne aussi bien avec une république. Ainsi Jean-Paul II donnait-il encore ce nom à la France. Le roi "Très-Chrétien" devait avant tout prendre la défense de l'Eglise, comme "lieutenant de Dieu". L'a-t-il toujours bien fait ? On pourrait en discuter. C'est simplement une mission, et rien d'autre, et certainement pas un droit patrimonial confié pour l'éternité à une lignée précise. Une République d'inspiration chrétienne peut très bien reprendre le flambeau, d'autant mieux si l'on considère que le Peuple est souverain et se fait désormais tout entier le "lieutenant de Dieu". Voilà la République idéale à laquelle nous pourrions aspirer, avec un peuple enfin adulte qui se met librement à servir, louer et honorer Dieu.
La république, issue de la Révolution française et de ses deux faces bourgeoise et populaire, a toujours eu une tendance à se servir du peuple au profit des intérêts des dits bourgeois, dont le seul intérêt était de remplacer la noblesse et de faire de bonnes affaires. Cela est inscrit dans la nature même du régime, qui, parce qu'il est lié à la course aux places, encourage la concurrence des pires arrivistes. Le pouvoir n'est jamais venu du peuple, on le lui fait simplement croire. Il vote simplement pour des ambitieux déjà désignés par des partis, quand on ne lui dit pas comment voter lors des référendums. Au moins, la monarchie a le mérite de l'honnêteté parce que théoriquement, le pouvoir souverain agit toujours en tant que tel et indépendamment du peuple.
La République que nous connaissons est ce qu'elle est parce que justement l'être humain est lui-même ce qu'il est, enclin au péché et aux ténèbres. Il ne faut pas s'imaginer une monarchie plus vertueuse, très loin de là. Les bourgeois ont pris la place des nobles, et les politiques ont remplacé les courtisans, je suis complètement d'accord ! Pas pire, pas mieux.
Pour ce qui est de la France, il convient de préciser qu'elle est née, a vécu en tant que monarchie : ce régime lui est irréductible, et elle n'existerait pas sans l'œuvre dynastique et politique des Capétiens et l'impulsion des Francs qui lui donnent leur nom.
Nous avons depuis 2 siècles la preuve que non. D'ailleurs le régime républicain est le premier à considérer la France comme une Nation, où la monarchie ne voyait qu'un patrimoine, un "domaine".
L'intérêt de l'hérédité du pouvoir est que cela permet une politique à long terme, que le roi n'est pas un chef de parti qui prétendrait œuvrer pour ce concept fumeux d'intérêt général mais au contraire pour le bien commun, et donc que la souveraineté suprême ne peut être objet de convoitise. Un roi qui transmet son patrimoine à son héritier a pour seul intérêt de le faire fructifier : il n'a pas d'autre ambition. En monarchie française, le roi était de plus le ciment des peuples divers des provinces et incarnait l'unité du royaume.
Le roi doit avant tout contenter ses courtisans pour rester en place. Les courtisans sont avides de richesses qu'ils prélèvent allègrement sur leurs sujets, et le roi les laisse faire pour continuer de régner. Pas différent de la République clientèliste que l'on connaît, et qui se révèle depuis quelques temps avec l'Affaire Bettencourt. La monarchie fonctionnait de la même façon. Dans un cas comme dans l'autre, c'est le peuple, donc les faibles, qui paie la facture. Le roi "justicier" n'a jamais existé.
La pensée légitimiste implique effectivement une origine de la légitimité du pouvoir par Dieu. Le roi de France est sacré à Reims et s'inscrit dans l'ordre catholique du monde. Mais c'est également, sur un plan chronologique, l'autorité de la tradition.
Méditez la lignée des rois de Juda et d'Israël. Dieu fait ce qui lui plaît : il place sur le trône, puis il détrône. Et l'histoire continue... Pourquoi ne pas reconnaître que la Monarchie française a fait son temps, et qu'à présent autre chose doit nous occuper, savoir témoigner de l'Evangile dans le contexte où nous vivons ? S'il faut changer de régime un jour, la sagesse de Dieu y pourvoiera.
Le fait de choisir le souverain perpétuellement comme le "propose" aujourd'hui le système républicain est une illusion et un égoïsme qui n'enfantent que le chaos. Alors ceux qui méprisent la tradition, l'origine et la nature de leur civilisation simplement par individualisme et égoïsme (en somme : c'est mon opinion personnelle qui devrait définir ce qu'est mon pays (multipliée par celle des autres) : "belle" doctrine !), ne méritent plus de porter le beau nom de "Français".
Il n'y a pas de république bien gouvernée, parce qu'elle n'est ni catholique, ni française...
La République considère que le peuple est souverain, donc elle ne propose pas de le "choisir" perpétuellement. Si le système actuel s'apparente à la monarchie par la puissance du chef de l'Etat, qui incarne l'exécutif, on peut le critiquer. D'autres formes de République sont possibles. Voyez les Etats-Unis, par exemple. Ils ont un régime excellent qui tient la route, et qui ne décourage pas la fidélité au sentiment national et patriotique. Je pense qu'à défaut de l'avoir fait pour la France, on peut l'envisager au niveau européen. Et c'est vers cela que l'on s'achemine, d'ailleurs.