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Bonnes lectures !
Amicalement et encore bravo à notre nouveau bachelier



L'anachronisme
En histoire, le péché majeur est l’anachronisme. Si l’on juge l’Inquisition d’après les critères intellectuels et moraux qui ont cours au XXe siècle, et spécialement d’après la liberté d’opinion, il est évident que ce système est révoltant. Mais au Moyen Âge, il n’a révolté personne...
Il ne faut pas oublier le point de départ de l’affaire : la réprobation suscitée par les hérétiques, l’indignation inspirée par leurs pratiques et leur révolte contre l’Église. Si surprenant que cela soit, les hommes du XIIIe siècle ont vécu l’Inquisition comme une délivrance. La, foi médiévale n’est pas une croyance individuelle : la société forme une communauté organique où tout se pense en termes collectifs. Renier la foi, la trahir ou l’altérer constituent donc des fautes ou des crimes dont le coupable doit répondre devant la société. Conforme à l’interdépendance du temporel et du spirituel qui caractérise l’époque, l’Inquisition représente, explique Régine Pernoud, "la réaction de défense d’une société à qui la foi paraît aussi importante que de nos jours la santé physique".
Aux yeux des fidèles, l’Église exerce légitimement son pouvoir de juridiction sur les âmes. Pour le comprendre, osons une analogie : au Moyen Âge, l’adhésion remportée par la répression de l’hérésie peut être comparée au consensus politique et moral qui, de nos jours, condamne le nazisme (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 64).
"L'Eglise ne persécute pas" (Pierre Chaunu)
Les médiévistes savent bien, aujourd'hui, combien l'Inquisition médiévale fut loin d'être aussi sanglante que la légende laïque ne l'a imaginée.
Et à ce sujet, il est intéressant de lire le témoignage d'un historien réputé, qui bien que protestant, défend l'Eglise, cependant que ses co-religionnaires continuent encore aujourd'hui à rabâcher les mêmes poncifs. Voici ce qu'il dit :
"En Occident, la persécution des hérétiques n'a jamais été le fait de l'Église, qui certes combat et engage la polémique, mais qui ne persécute pas.
L'Église orthodoxe orientale ne préconise pas la mise à mort de l'hérétique et, en Occident, même l'Inquisition ne condamne pas à mort: elle décide "la relaxe au bras séculier", c'est-à-dire qu'elle charge le roi de punir car l'Église ne verse pas le sang.
La différence entre la main royale et la main ecclésiale est énorme: l'Église a toujours tendance à pardonner au moindre signe de repentance" (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Paris 1996, p. 184).
En vertu du principe Ecclesia abhorret sanguinem, aucune condamnation à mort ne pouvait être prononcée par ces tribunaux qui devaient transmettre les cas les plus douteux à l'autorité civile.
Et, l'on sait d'autre part, qu'en moyenne, moins de 2% des procédures menées devant les tribunaux d'Inquisition ont été abandonnées au bras séculier.
À la page dont j'inclus l'adresse plus bas, vous trouverez d'autres informations dont:Une "justice approuvée par l’opinion" (Jean Sévillia)
Rappelons la chronologie. Le catharisme, doté d’une organisation vers 1160, atteint son apogée autour de 1200 ; la croisade contre les albigeois débute en 1209 ; Montségur tombe en 1244. Dès 1213, Innocent III a affirmé la nécessité de traquer l’hérésie non sur la base de rumeurs ou de préjugés, mais en procédant à une enquête : en latin, inquisitio. En 1215, le concile de Latran confie cette tâche aux évêques. En 1229 (en pleine croisade contre les albigeois), le concile de Toulouse précise le droit d’inquisition : nul ne doit être condamné pour hérésie par la justice civile sans un jugement ecclésiastique préalable. Pour l’Église, le but premier reste la conversion des égarés.
Tout ça et plus:Conclusion générale
L’Inquisition a représenté un progrès. Elle a mis fin à la justice expéditive en créant le jury, en remplaçant l’arbitraire d’un seul homme et elle était très populaire !
L’arbitraire d’un seul homme remplacé par un jury, n’est-ce pas là une idée très moderne ? Qu’apporte de plus, la procédure du XXIe siècle, à part la présence d’un avocat, dès la garde à vue ? Car il faut savoir, contrairement à une légende largement répandue, que la torture n’est pas du tout la règle, et que les interrogatoires sont intelligemment menés, avec beaucoup de psychologie...
Quant à la sévérité des peines, 1% à 2% des procès aboutissent à une condamnation à mort... Ce n’est pas pour rien, que l’Inquisition a été très largement soutenue par "l’opinion" de l’époque.
Ce n’est qu’à partir du XIXe Siècle, qu’on a commencé à critiquer, à désinformer, par anti-christianisme primaire, sans-doute...
Comme le dit Jean Sévilla : "au Moyen-Age, l’adhésion remportée par la répression de l’hérésie peut être comparée au consensus politique et moral qui, de nos jours, condamne le nazisme".





"Lancée au XIXe siècle, la légende cathare fait depuis la fortune des libraires. Toute une littérature ésotérique et spiritualiste s'y rattache, et l'on ne compte pas les publications pseudo-savantes détaillant la religion des fidèles de Montségur…
"Aujourd’hui, deux veines idéologiques irriguent le vieux mythe cathare.
"En premier lieu, dans un contexte général de remise en cause du cadre national, d’aucuns s’ingénient à susciter l’antagonisme entre la France septentrionale et la France du Sud.
"Dès lors, la croisade contre les albigeois devient (déjà...) un crime commis par les barbares du Nord contre la civilisation méridionale...
"L’industrie touristique exploite ce filon: entre la Garonne et la frontière espagnole, les visiteurs sont invités à découvrir un «pays cathare» présenté comme un paradis perdu...
"Une seconde veine idéologique s’affirme avec plus de vigueur. Elle consiste tout uniment à réhabiliter les croyances cathares. La religion, dans notre société sécularisée, relève de la conscience individuelle : celui qui croit, puisqu’il est sincère, est dans son droit, a fortiori s’il croit contre la foi traditionnelle. Hérésie médiévale, le catharisme devient ipso facto sympathique…" (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 50).
"Les Purs"..., un mythe!
"Un bel exemple de propagande anti-catholique" (Jean Sévillia)
"Les cathares ? Des purs, des simples, parés de toutes les vertus. Animés de l'amour, ils ne faisaient que braver l'injustice des puissants. Témoin de ce discours, un numéro "Spécial cathares" publié en 2001 par un magazine régional. "Le catharisme, y lit-on, n'était rien d'autre qu'une Eglise catholique débarrassée de ses rites, de ses peurs et de l'aspect pesant et contraignant de sa hiérarchie, une Eglise plus égalitaire. Bref, ils inventèrent une utopie beaucoup plus dangereuse pour l'ordre en place que toutes les idéologies".
"A ces braves gens, qu'a-t-on opposé ? "Les flammes de la purification". La pratique du bûcher étant "banale et justifiée par l'Eglise, cette guerre de religion ne pouvait se terminer que par la "solution finale" (Pyrénées Magazine, été 2001). La solution finale ? En clair, le catholicisme médiéval aurait préfiguré le nazisme: bel exemple d'amalgame tel que l'historiquement correct peut en fabriquer (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 51)
Une secte dangereuse pour la société (Jean Sévillia)Des adeptes du suicide (Régine Pernoud)
"Tout ce qui tend à la procréation est condamnable, le mariage en particulier; les plus purs adeptes de la doctrine voient dans le suicide la perfection suprême (Si la plupart des écrits doctrinaux des cathares ont été détruits par les tribunaux d'Inquisition au XIIIe s., le plus important parmi ceux qui subsistent est un traité de polémique dû à un cathare contre d'autres cathares. Il s'agit du Liber de duobus principiis par un disciple du catahre Jean de Lugio, dissident de la secte de Desenzano en Italie qui eut une grande importance au XIIIe s.) (Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Age, Points Histoire, Éditions du Seuil, La Flèche, p. 105-106)
"Tout sauf un conflit Nord Sud" (Jean Sévillia)
Raimond V, comte de Toulouse, est mort en 1194. Son successeur, Raimond VI, se montre conciliant avec les cathares. Point de vue intéressé : il espère s’emparer des biens de l’Église. Excommunié une première fois, il est absous, en 1198, sur la promesse de poursuivre l’hérésie. Comme il n’entreprend rien, il est excommunié une seconde fois. Se soumettant à nouveau, il obtient la levée de l’excommunication. Néanmoins, il continue de tolérer le prosélytisme des parfaits. En 1207, Innocent III pousse alors le roi Philippe Auguste, suzerain du comte de Toulouse, à intervenir en vue de rétablir l’orthodoxie. Le Capétien montre peu d’enthousiasme. D’une part, il a d’autres priorités, étant en guerre contre l’Angleterre, d’autre part, il redoute l’ingérence du Saint Siège dans les affaires du royaume.
En 1208, un drame met le feu aux poudres : Pierre de Castelnau, chargé par le pape de combattre les cathares, est assassiné. Qui a commandité le crime ? Les soupçons se portent sur le comte de Toulouse. Après l’attentat, Innocent III déclare Raimond VI anathème. Et, constatant l’impuissance des méthodes pacifiques à juguler le catharisme, le pape prêche la croisade contre les hérétiques. [...]
C’est Simon de Montfort, un seigneur d’Ile de France, qui prend la tête de l’opération. Son armée, en dépit d’une autre idée préconçue, ne compte pas que des gens du Nord : nombre de chevaliers languedociens y prennent place. La guerre, à travers plusieurs phases, va durer vingt ans. Les barons prennent d’abord Béziers et Carcassonne, puis écrasent Raimond VI à la bataille de Muret (1213). [...]
La croisade contre les albigeois est terminée. Le problème cathare, lui, n’est pas résolu. Les hostilités reprennent dix ans plus tard. Vassal de Raimond VII, le vicomte Raymond Trencavel se révolte, mais il est vaincu par les troupes royales en 1240. Le comte de Toulouse, qui a proclamé un édit contre les hérétiques en 1233, rencontre Louis IX en 1241. Le roi lui fait promettre de détruire Montségur. Depuis dix ans, ce village fortifié forme le sanctuaire spirituel et militaire du catharisme. S’exécutant, Raimond VII met le siège devant Mont ségur. Sans résultat. En 1242, deux inquisiteurs sont assassinés à Avignonet, près de Toulouse, à l’instigation du comte de Toulouse, de nouveau dressé contre le roi. Alors, en 1244, c’est l’armée royale qui prend possession de Montségur. Refusant d’abjurer, 225 parfaits (chiffre incertain) montent sur un bûcher géant, puis le castrum cathare est détruit. Les ruines qui se dressent sur l’actuel site de Montségur, comme tous les châteaux dits cathares, sont en réalité celles d’une forteresse royale bâtie après que le Languedoc a été rattaché à la France.
Aux yeux de certains, le bûcher de Montségur symbolise la cruauté absolue des adversaires des cathares, catholiques ou gens du Nord. C’est négliger le fait que la prise du sanctuaire constitue un acte de guerre, accompli par des soldats. C’est oublier que la croisade contre les albigeois, conflit politico religieux, est intervenue après l’échec de la résorption pacifique du catharisme. C’est omettre que l’hérésie, à l’époque, constitue un crime social; que le catharisme est un réel danger politique et social. Et c’est taire enfin que l’effort missionnaire, au même moment, ne s’est jamais interrompu.
La violence des Cathares"Tuez les tous, Dieu reconnaîtra": une invention apocryphe
Une phrase célèbre revient dans le procès à charge contre les tenants de l’orthodoxie : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra. les siens. » Attribuée au légat Arnaud Amaury, qui l’aurait prononcée en 1209, lors du sac de Béziers, elle est apocryphe. La formule ne figure dans aucune source contemporaine mais seulement dans Le Livre des miracles, écrit plus de cinquante ans après les faits par Césaire de Heisterbach, un moine allemand dont Régine Pernoud précise qu’il est « un auteur peu soucieux d’authenticité »...
Source:Le mythe du génocide
Spécialiste des cathares, Michel Roquebert convient que l’Église médiévale n’aurait pas pu combattre ceux ci avec d’autres moyens que ceux qu’elle a progressivement mis en oeuvre, de la persuasion à l’emploi de la force par le bras séculier.
Conclusion du même historien : La croisade victorieuse n’a pas été un génocide ; économiquement et socialement, elle n’a pas mis le pays à genoux. »
Vers 1300, le catharisme ne sera plus qu’un phénomène résiduel. Mais ce résultat sera moins dû à la croisade des barons qu’à l’oeuvre silencieuse des moines dominicains. C’est ici qu’entre en scène une des institutions les plus controversées de l’histoire : l’Inquisition (voir aussi notre article en page d'accueil: Pire que le goulag, l'Inquisition!).
Mais qui s'intéresse encore à la vérité ? C'est bien le drame de cette époque : chacun est plus intéressé par sa petite opinion personnelle que par la vérité objective (c'est sûr que c'est moins fatiguantHarfang a écrit :Toutes les idées affreuses que l'ont se fait sur l'Inquisition, de nos jours, ne sont que le fruits de préjugés ridicules répandus dans le monde par haine de l'Église. La vérité historique est tout autre.

Reconnaissez qu'un être humain qui ligote un autre être humain sur un bûcher, qui y met le feu et qui regarde le ligoté hurler de douleur avant de le voir périr, c'est quelque chose de nature à épouvanter des gens et les mettre en état de rejet violent sans autre forme de procès! C'est objectivement affreux. Quand j'étais petite, ça m'épouvantait et j'imaginais tout le temps que ça pouvait m'arriver.Raistlin a écrit :Mais qui s'intéresse encore à la vérité ? C'est bien le drame de cette époque : chacun est plus intéressé par sa petite opinion personnelle que par la vérité objective (c'est sûr que c'est moins fatiguantHarfang a écrit :Toutes les idées affreuses que l'ont se fait sur l'Inquisition, de nos jours, ne sont que le fruits de préjugés ridicules répandus dans le monde par haine de l'Église. La vérité historique est tout autre.). D'où les âneries si largement véhiculées...


Bonjour Theo d'Or, il est nécessaire de replacer les choses dans le contexte de l'époque pour entrevoir ce qui de nos jours est inadmissible. La théologie des cathares enseignait que le monde et l'homme étaient créés par satan. Que le premier rapport qu'eut Eve le fut avec lui même et que donc, toute la descendance des hommes était marqué par ce "père originel". C'est pourquoi, ils n'avaient pas d'enfants et ne se mariaient pas, ils n'avaient également "aucune part au monde", c'est à dire qu'ils ne produisait rien de leurs mains.. Un ami professeur d'histoire au collège m'a affirmé qu'ils enlevaient des enfants et que c'est par ce moyen qu'ils faisaient de nouveaux disciples (CQFD). Les cathares n'étaient pas que des pauvres bougres, des paysans ! Ils furent des seigneurs ! Et le territoire commençait à être morcelé. La question que nous pourrions nous poser aujourd'hui est la suivante : A quoi ressemblerait le monde si l’Église était devenue cathare ?Théo d'Or a écrit :Reconnaissez qu'un être humain qui ligote un autre être humain sur un bûcher, qui y met le feu et qui regarde le ligoté hurler de douleur avant de le voir périr, c'est quelque chose de nature à épouvanter des gens et les mettre en état de rejet violent sans autre forme de procès! C'est objectivement affreux. Quand j'étais petite, ça m'épouvantait et j'imaginais tout le temps que ça pouvait m'arriver.
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