Il faut devenir un pauvre pour l'esprit, c'est ce que j'ai compris... après des années de questionnements.
Si je suis pauvre pour l'esprit, peu m'importe ma voiture: je n'en ai pas besoin. Je ne vois pas comment m'en passer, mais je sais très bien que le jour où je ne l'aurai plus, je vivrai tout de même.
Si je suis pauvre pour l'esprit, en quoi ai-je besoin d'une télé ? Au fait, je n'ai plus chez moi qu'un lecteur de DVD. Il m'arrive de regretter les infos du soir, mais quoi, j'ai tant et plus, et surtout TROP d'infos sur internet. S'il m'arrive toutefois (et c'est vrai) d'avoir un regret quand je rentre chez moi, pourtant j'ai constaté que je vais me coucher plus tôt et c'est un gain réel.
Si je suis pauvre pour l'esprit, pourquoi craindre la maladie ? Ici, je dois bien admettre que je fais de mon mieux pour demeurer en bonne santé. Mais lorsque j'ai attrapé cette prostatite en janvier 2009, j'avais tout le temps en tête cette toile de Duhrer intitulée : "L'homme des douleurs". J'avais appelé à l'aide dans ma famille, tant je me sentais mal. Mais je fus complètement isolé plus d'une semaine. Un jour, la fièvre est montée jusqu'à quarante et j'ai senti mon pouls s'emballer...

mais je me suis senti assez soutenu par cette "vision" que j'ai pu me lever, je me suis mis sous la douche et j'ai progressivement coupé l'eau chaude afin de faire chuter la température. Je m'en suis sorti, bien sûr. Et j'ai appris comment tout confier et ma conscience en plus, à Dieu dans ces moments-là.
Si je suis pauvre pour l'esprit, je parviendrai un jour, oh, j'en suis certain, à renoncer à ma propre volonté, à entrer dans le plus long désert de ma vie, mais sans craindre de m'y perdre. Et ce que je vis chaque jour en est l'apprentissage. Peu importe ce que je veux, Seigneur, mais que Ta volonté soit faite.
Je ne demande plus rien à quiconque - j'ai cru que c'était de l'orgueil, mais c'est ainsi que l'on apprend la foi du centurion : après tout, il suffit que le Seigneur sache mon souci et Il saura m'en délivrer.