Juste en passant "Pais mes brebis" semble correct, selon le TILF du moins...
PAÎTRE, verbe trans.
A. [Le suj. désigne un animal et gén. un animal domestique]
1. [Un animal herbivore] Brouter sur pied et sur place (des végétaux, de l'herbe, des fruits tombés, etc.).
a) [Le compl. d'obj. dir. est exprimé] Des animaux de l'espèce du renne, qui ne paît que la mousse (BERN. DE ST-P., Harm. nat., 1814, p.362). Un immense troupeau de moutons paissant l'herbe rase de ces hauteurs (GIDE, Journal, 1930, p.1012):
1. Toutes les bêtes de la création, les biches, les caribous, les bisons, les chevreuils, les orignaux, sortoient de leur retraite pour paître les savanes.
CHATEAUBR., Natchez, 1826, p.393.
b) Empl. abs. Mon petit mulet et nos chevaux, qui paissaient en liberté sur le bord du lac (DUSAULX, Voy. Barège, t.1, 1796, p.225). Quatre jeunes génisses paissaient, attachées en ligne, et meuglaient par moments vers la maison (MAUPASS., Contes et nouv., t.1, Vieux, 1882, p.131).
[Empl. à l'inf. derrière un auxil. à valeur factitive] Et la pauvre femme du comte était presque aussi pauvre que le bouvier qui menait paître ses troupeaux avant qu'ils eussent été emportés par une maladie (MURGER, Nuits hiver, 1861, p.237). En bas, sur le bord de la route, une petite fille nu-pieds dans la poussière, faisait paître une vache (FLAUB., Éduc. sent., t.2, 1869, p.161).
Au fig. Envoyer* paître qqn/qqc.
2. [Un animal faisant partie d'un autre ensemble] Manger. Les oisons, les grues, les poules paissent (Ac. 1798-1878). Les corbeaux paissent la lisière nord du champ, les pies la lisière sud (GIRAUDOUX, Suzanne, 1921, p.218).
Empl. pronom., vieilli. Se repaître. Les corbeaux se paissent de charogne (Ac. 1798-1878).
B. Vieilli et littér. [En emploi factitif, le suj. désignant celui qui élève ou qui a la garde d'un animal, d'animaux]
1. [un animal herbivore] Faire brouter, faire pâturer. Depuis dix ans cette pente ne produisait que des osiers et des flèches d'eau, il y avait à peine de quoi paître une vache (ERCKM.-CHATR., Ami Fritz, 1864, p.47). Un troupeau de chèvres que paissait sans doute un berger (GIDE, Journal, 1914, p.403):
2. Une petite fille qui paissait une chèvre blanche au bord du chemin se retourne, lâche sa corde, puis se sauve en criant.
RAMUZ, Derborence, 1934, p.140.
RELIG. [Dans la symbolique évangélique, le prêtre étant comparé à un pasteur ayant la garde d'un troupeau] Guider spirituellement, mener en salut. Le pontife romain (...) a reçu de Jésus-Christ, dans la personne de Saint-Pierre, une pleine puissance pour paître, régir et gouverner l'Église de Jésus-Christ (LAMENNAIS, Religion, 1826, p.140).
P.iron. Pascal paissait quelques brebis scoutes, en montagne (H. BAZIN, Lève-toi, 1952, p.210).
[P.allus. à la parole du Christ adressée à Saint-Pierre Pais mes brebis (Jean XXI, 16)]:
3. ... cette cité, aux parties de laquelle le baptême imprime ici-bas la marque de l'incorporation effective, et à laquelle tous les hommes sont faits pour être incorporés, a pour chef invisible Jésus-Christ, pour chef visible celui qui a reçu du Christ la charge de paître ses brebis...
MARITAIN, Primauté spirit., 1927, p.16.
[Dans un cont. métaph.] Quand solitaire au sourire de pâtre, Je pais longtemps, moutons mystérieux, Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes (VALÉRY, Charmes, 1922, p.149).
2. [un animal faisant partie d'un autre ensemble] FAUCONN. Donner à manger. Paître un oiseau (Ac.).
REM. Paissant, -ante, part. prés. adj. Mais l'homme bientôt trouva Un autre moyen de manger que de se nourrir des bêtes paissantes, les ayant égorgées (CLAUDEL, Violaine, 1901, I, p.588). Hérald. [En parlant d'un animal] Qui est représenté ayant la tête baissée comme s'il paissait (d'apr. PAST. Hérald. 1979).
Prononc. et Orth.: [(:)], (il) paît []. Ac. 1694, 1718: paistre; dep. 1740: paître. Étymol. et Hist.I. Trans. A. Donner à manger à, nourrir 1. ca 1050 une personne (St Alexis, éd. Chr. Storey, 220, 247); fig. a) ca 1170 de joie paüz (CHRÉTIEN DE TROYES, Erec, éd. M. Roques, 6138); 1176 (ID., Cligès, éd. A. Micha, 4336: Cil seus moz la sostient et peist Et toz ses max li asoage. D'autre mes ne d'autre bevrage Ne se quiert pestre n'abevrer; Car quant avint au dessevrer, Dist Cliges qu'il estoit toz suens); b) id. peistre ses ialz de + inf. (ID., op. cit., 585); ca 1200 paistre ses ex de larmes (JEAN RENART, Escoufle, éd. F. Sweetser, 5278); c) ca 1200 paistre [aucun] de blanches paroles «tromper, leurrer» (Renart, éd. M. Roques, 10117); 1269-78 id. de paroles (JEAN DE MEUN, Rose, éd. R. Lecoy, 14395); 2. un animal a) ca 1160 paistre les oisels (Eneas, 5700 ds T.-L.; id. paistre un cerf (id., 3534, ibid.); b) ca 1200 «conduire des animaux au pâturage pour qu'ils s'y nourrissent» paistre les pors; paistre la herde de ses berbiz (Dialoge Grégoire éd. W. Foerster, 62, 18; 146, 20); c) 1er quart XIIIes. fig. paistre les öeilles sens spirituel (RENCLUS DE MOLLIENS, Carité, 63, 2 ds T.-L.), cf. XVIes. ANON., tr. BULLINGER, I, 18, p.211 ds HUG.: Je susciterai sur mes brebis teur qui les paistra: asavoir mon serviteur David). B. Brouter, pâturer 1re moitié XIIes. (Psautier de Cambridge, 79, 13 ds T.-L.: les bestes del champ pöurent icele [vigne de Egipte]); 1174-76 peistre herbe (en parlant d'un boeuf) (GUERNES DE PONT-STE-MAXENCE, St Thomas, 1330, ibid.). II. Intrans. brouter, pâturer 1. 1119 (d'une chèvre) (PHILIPPE DE THAON, Comput, 1428 ds T.-L.); ca 1140 (de boeufs) (Voyage de Charlemagne, éd. P.Aebischer, 318); 1169-78 mener pestre [les berbiz] (JEAN DE MEUN, op. cit., 19965); 1544 part. prés. adj. chevres paissantes (L'Arcadie de Sannazar, trad. J. Martin, 68 vo d'apr. H. VAGANAY ds R. Ét. rab. t.9, p.314); 2. fig. a) 1174-76 faire pestre [aucun] od sei «attirer (quelqu'un) dans son camp par des promesses illusoires» (GUERNES DE PONT-STE-MAXENCE, op. cit., 867 ds T.-L.); 1178 faire petre [aucun] «tromper» (Renart, 3280); b) 1456-67 chasser paistre «renvoyer, congédier» (Cent nouvelles nouvelles, éd. F. Sweetser, 68e, 31); 1461 envoyer paistre (VILLON, Testament, éd. J. Rychner, 552). III. Se nourrir 1. en parlant d'une personne a) 1155 (WACE, Brut, éd. I. Arnold, 1996); b) 1176-81 fig. soi pestre de son panser (CHRÉTIEN DE TROYES, Charrette, éd. M. Roques, 1361); 1228 soi pestre en esgarder (JEAN RENART, Guillaume de Dole, éd. F. Lecoy, 5459); 2. 1168-78 en parlant d'un animal (JEAN DE MEUN, op. cit., 17781). Du lat. pascere «mener paître, faire paître; nourrir, entretenir», fig. «faire croître, développer; repaître, réjouir», empl. poét. «brouter, paître». Fréq. abs. littér.: 51.
DÉR. Paissance, subst. fém., dr. forestier. Action de faire paître des animaux domestiques sur un terrain communal, généralement sans droit explicite. Animaux trouvés en paissance dans un peuplement (CAP. 1936). []. 1re attest. fin XIIIes. [ms.] «nourriture» (RENCLUS DE MOLLIENS, Carité, éd. van Hamel, 168, 8, var.); relevé par la lexicogr. du XIXes. comme terme de dr. forestier; du part. prés. de paître, suff. -ance*.
BBG. CHAUTARD Vie étrange Arg. 1931, p.659. LANLY (A.). Morphol. hist. des verbes fr. Paris, 1977, pp.248-249.
Bonne soirée à tous !
Pais mes brebis
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Re: Pourquoi ne pas croire ?
Oui ben même évoluer ne signifie pas laisser tomber dans l'oubli les formes anciennes ; c'est joli, une forme désuète. :-)
Merci à Job pour la référence au site TILF qui m'a permis d'ajouter cela à mes liens.
Merci à Job pour la référence au site TILF qui m'a permis d'ajouter cela à mes liens.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
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Extrait de L'Agression
Re: Pourquoi ne pas croire ?
@ ti'hamo et le gyrovague
Merci à vous de m'avoir incité à creuser ce point
J'ignorais avant de chercher qu'il s'agissait d'une tournure un peu "spéciale".
La concision de "pais mes brebis" m'a toujours enchanté. Ça "sonne" tellement bien et ce passage est si beau...
Bonne soirée à tous !
Merci à vous de m'avoir incité à creuser ce point
La concision de "pais mes brebis" m'a toujours enchanté. Ça "sonne" tellement bien et ce passage est si beau...
Bonne soirée à tous !
Pais mes brebis
Moi qui ai toujours cru que c'était une faute d'orthographe et que Jésus voulait simplement dire "Paix, mes brebis"
!
Re: Pourquoi ne pas croire ?
C'est très mignon, ça !Luis a écrit :Moi qui ai toujours cru que c'était une faute d'orthographe et que Jésus voulait simplement dire "Paix, mes brebis"!
Pour habiter, tipi beaucoup mieux. Toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à bouger. Homme moderne construit grosse maison, beaucoup d'argent dépensé, comme une grande cage, pas de soleil, jamais sortir. Toujours malade.
Chef Faucon Volant (1852-1931)[/i]
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