C'est une bonne chose de rétablir peu à peu le latin dans la liturgie !
Chez nous, à la cathédrale de Narbonne où je suis organiste, le premier dimanche du mois a lieu la Messe grégorienne. L'ordinaire et le
Pater noster sont chantés en latin. Bien sûr, certains fidèles se plaignent, ce qui n'est guère surprenant, mais dans l'ensemble je crois que les gens aiment cela.
J'espère qu'un jour nous aurons le canon récité en latin et, pourquoi pas, toute la Messe célébrée dans cette langue.
L'Inquisiteur, si vous me permettez quelques remarques...
Dans l'ensemble, ce fut une très belle messe. L'autel s'était exceptionnellement vu décoré avec quatre grands cierges (les seuls disponibles) : deux sur l'autel, et deux très grands sur le premier degré de l'autel.
Il serait sans doute souhaitable qu'il y ait au moins deux cierges sur l'autel pour la Messe. L'idéal est sous doute six. Le crucifix me semble également
indispensable.
Pour le rite pénitentiel, ce fut trois tropes suivies chacune du chant de la partie correspondante du Kyrie VIII.
Je suis assez réticent à la pratique qui consiste à intercaler des strophes para-liturgiques dans les parties de l'ordinaire. Les mots grecs
Kyrie eleison sont un cri du cœur vers Dieu. Dans toute sa simplicité et son dépouillement, le Kyrie se suffit à lui-même.
Ces mêmes enfants de chœur ont, suite à ma proposition, accepter de communier à genoux lors de cette messe-ci ; je leur présentai ça comme une marque d'amour envers Jésus. Et ils ne se sont pas opposés à ce qui n'était qu'une proposition.
Excellente idée ! Il faut tout faire pour réintroduire dans les paroisses la communion sur la langue. Il serait sans doute souhaitable qu'on remette des bancs de communion afin de recevoir à genoux la Sainte Eucharistie.
Le prêtre qui invite les enfants à faire une ronde autour de l'autel.
Je ne crois pas que cela soit prohibé par l'Eglise mais je trouve que cette pratique est de très mauvais goût...
La question que je me pose alors, c'est : cela vaut-il la peine de recommencer dans un mois, et de progressivement ajouter le Pater, le Credo, etc ?
Selon moi, oui ! C'est ce que le Pape a expressément demandé dans
Sacramentum caritatis.
Ou la situation est-elle telle qu'on ne saurait imaginer espérer faire revenir le chant grégorien et le latin dans ma paroisse ?
Une situation n'est jamais désespérée. De plus, il convient de faire ce qui est demandé par le Saint-Siège, même si c'est au mépris de l'opinion publique paroissiale.
Je me rends compte à quel point vouloir appliquer ce que veut l'Église sera difficile, très difficile.
Mais pas impossible. Au risque de heurter certains, je constate que les personnes d'une génération un peu âgée sont réticentes à la réintroduction du latin, tandis que les jeunes n'y voient aucun inconvénient, loin s'en faut.
Je compte bien aussi me rappeler de la joie et de l'application avec lesquelles les enfants de chœur (trois filles, un garçon), qui avaient répondu présent à mon appel à volontaires, ont accompli leur rôle pour aider la prière de l'Église à s'élever jusqu'au Ciel.
Admettre des filles au service de l'autel n'est peut-être la meilleure idée... Chez nous, à la cathédrale de Narbonne, il y a toujours un certain nombre d'enfants de chœur, mais seulement des garçons.