Le problème de l'immigration

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Cgs
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Cgs »

Bonjour Luis,
Donc "se trouver en France", c'est effectivement vague, mais avouez que le plus souvent c'est un concept opérant.
Ce n'est pas vraiment un concept opérant, dans la mesure où en découlent des droits et des devoirs précis. Selon le statut de la personne, certaines règles vont être appliquées. Se trouver signifie-t-il y habiter ? Y établir sa résidence principale ? Y établir ses principales activités personnelles et professionnelles ? Y être en transit ?

Par exemple, le droit fiscal opère de nombreuses distinctions selon la nature de l'établissement des personnes sur le territoire. D'autres branches du droit se réfèrent à la nationalité.

Cela montre bien que la définition est trop vague. Qu'elle vous satisfasse est une chose. Personnellement, je la trouve trop vague, au vu des conséquences juridiques (et certainement sociétales) qu'elle peut engendrer.

Bien à vous,

Edition : fautes impardonnables....
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Luis
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Luis »

Ce n'est pas "trop" vague, c'est juste évidemment insuffisant pour régler toutes les questions de droit.

Mais au fond, ce n'est pas une question de droit. Le droit n'a pas besoin d'attribuer la qualité de "Français" à des personnes pour, par exemple, leur permettre de voter : on peut dire "toute personne majeure, ayant fait son service militaire sous les drapeaux français et en règle avec l'administration fiscale française, a le droit de voter aux élections françaises".

Là où ce principe fait la différence, c'est simplement dans la vie de tous les jours. L'avoir ainsi présent à l'esprit permet d'éviter des exclusions et vexations inutiles ou regrettables.

Certaines branches du droit se réfèrent à la nationalité ? Examinons-les et voyons si cette qualité, la nationalité, n'est pas un prétexte à des vexations.
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Kerniou
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Kerniou »

le droit du sol n'est pas aussi largement appliqué qu'on veut bien le dire.
Demandez aux français qui portent un nom à consonnances italiennes ou espagnoles s'il ne rencontrent pas de difficultés pour le renouvellement de leur carte d'identité.
Mon mari et ses frères et soeur nés en France de parents français ( père résistant ) travaillant en France, âgés de 55 à 70 ans, titulaires de papiers français et de leur livret militaire pour mon mari et ses frères se sont fait répondre que ce n'étaient pas là des preuves suffisantes de nationalité française (sic ) ...
Ils ont dû fournir le certificat de naturalisation de leur grand- père arrivé en France en 1919, la grand -mère était française. Ils ont attendu 3 mois l'obtention d'une " première carte d'identité française " alors qu'il s'agissait d'un renouvellement et qu'ils étaient en possession d'un passeport français en cours de validité .
etienne lorant
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par etienne lorant »

J'espère pour ma part que toutes ces considérations ne reflètent pas ce qu'est "l'âme française", car s'il en est ainsi, j'ai des doutes que l'on en sorte jamais. Nos points de vue personnels n'ont pas force de loi, bien heureusement, mais que de réductions de l'esprit, et que de petitesses de coeur ! J'en suis triste ...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Christophe
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Christophe »

etienne lorant a écrit :J'espère pour ma part que toutes ces considérations ne reflètent pas ce qu'est "l'âme française", car s'il en est ainsi, j'ai des doutes que l'on en sorte jamais. Nos points de vue personnels n'ont pas force de loi, bien heureusement, mais que de réductions de l'esprit, et que de petitesses de cœur ! J'en suis triste ...
Heureusement, cher Étienne, que vous avez davantage de cœur que tous les autres catholiques réunis… Refuser de voir sa patrie transformée en tour de Babel est-il un péché contre la charité ? Il n'y a aucun racisme à dire que l'immigration n'est une chance pour personne, sauf peut-être pour les trafiquants et les exploitant de ces esclaves modernes. L'appel d'air migratoire est entretenu à dessein par le capitalisme occidental, demandeur de main-d'œuvre « low cost ». Qu'importe au capitalisme apatride de détruire des nations millénaires ! Qu'importe au capitalisme apatride de déraciner des familles !
Le sentimentalisme mal-placé de certains hérauts de la bien-pensance leur fait endosser le rôle d'idiots utiles du mondialisme ploutocrate : dans leurs tours dorées, les ploutocrates ne sont pas trop dérangés par la dégradation des conditions de vie des quartiers populaires.
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Cgs
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Cgs »

touriste a écrit :le droit du sol n'est pas aussi largement appliqué qu'on veut bien le dire.
Demandez aux français qui portent un nom à consonnances italiennes ou espagnoles s'il ne rencontrent pas de difficultés pour le renouvellement de leur carte d'identité.
Mon mari et ses frères et soeur nés en France de parents français ( père résistant ) travaillant en France, âgés de 55 à 70 ans, titulaires de papiers français et de leur livret militaire pour mon mari et ses frères se sont fait répondre que ce n'étaient pas là des preuves suffisantes de nationalité française (sic ) ...
Ils ont dû fournir le certificat de naturalisation de leur grand- père arrivé en France en 1919, la grand -mère était française. Ils ont attendu 3 mois l'obtention d'une " première carte d'identité française " alors qu'il s'agissait d'un renouvellement et qu'ils étaient en possession d'un passeport français en cours de validité .
Bonjour,

Il me semble que vous exagérez un peu. Je suis dans le cas que vous décrivez, et pourtant le renouvellement de ma carte d'identité est très rapide. Je pense que ce genre de désagrément est lié à autre chose.

Mais peut-être qu'un nom à consonnance non-européenne aura statistiquement plus de chances de rencontrer des difficultés de ce genre.

Bien à vous,
Cgs
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonsoir,
Je retourne au sujet : Problème de l'immigration.
La question serait, l'immigration est elle un danger pour la France ou pour la communauté chrétienne ?
Nous voyons que l'immigration chrétienne n'a pas été un danger car l'assimilation fut facile.
Pour l'immigration musulmane, que penser ?
Regardons simplement, les pays ou vivent chrétiens et musulmans ?

Qui, sur ce forum aimerait vivre dans un pays majoritairement musulman ?

Donc la question qui se pose, est : avec le type d'immigration actuelle et la natalité plus forte des femmes musulmanes, dans combien de temps les mahométans seront-ils majoritaires en France ?
Comment survivra la communauté Chrétienne ?
Je serais interressé d'avoir vos avis.
Merci d'avance.
Ainsi parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche.
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Anonymus »

La communauté chrétienne a déjà reculé, et je ne pense pas que cela soit dû à l'immigration....ce qui progresse le plus c'est l'athéisme, l'agnosticisme et le déisme (sans confession), y compris dans les populations d'origine immigrée.

ps: le terme "mahométan" est désuet et souvent rejeté par les musulmans car donnant une trop grande importance à Mahomet.
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Cgs
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Cgs »

Bonjour J R ,
J R a écrit :Bonsoir,
Je retourne au sujet : Problème de l'immigration.
La question serait, l'immigration est elle un danger pour la France ou pour la communauté chrétienne ?
Pour la France, comme pour n'importe quel pays, l'immigration incontrôlée peut être un danger, oui. Un danger, car une immigration incontrôlée fragilise la société séculaire.

Pour la communauté chrétienne, il n'est pas évident que l'immigration soit un danger. Après tout, des communautés chrétiennes existent aujourd'hui dans le monde dans des pays où le terreau n'est absolument pas favorable. Tout dépend aussi de quelle immigration on parle.
Nous voyons que l'immigration chrétienne n'a pas été un danger car l'assimilation fut facile.
Pour l'immigration musulmane, que penser ?
Regardons simplement, les pays ou vivent chrétiens et musulmans ?
Donc la question qui se pose, est : avec le type d'immigration actuelle et la natalité plus forte des femmes musulmanes, dans combien de temps les mahométans seront-ils majoritaires en France ?
Comment survivra la communauté Chrétienne ?
Je serais interressé d'avoir vos avis.
Merci d'avance.
Si l'Islam est majoritaire en France un jour, il y aura forcément des revendications conformes à la vision de l'Islam, à savoir une non séparation du religieux et du politique. C'est peut être ce qui est le plus à même de remettre en cause la vision traditionnelle de la nation française.

Quand cela arrivera-t-il ? Pas évident de répondre. La proportion des personnes issues de l'immigration reste assez stable depuis 50 ans, et il faudrait un fort taux de natalité des immigrés musulmans et un effondrement de celui des non immigrés non musulmans pour conduire à une majorité de musulmans en France dans 200 ou 300 ans. Dans la mesure où la natalité en France est relativement correcte dans l'ensemble, il se peut que l'on arrive aussi à un équilibre de long terme.

Bien à vous,
Cgs
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Re: Le port de la burka interdit par une loi en Belgique

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour,

Pas eu le temps de participer à ce fil de discussion passionné. Je vous invite à lire un énième texte de la commission pontificale pour la pastorale du migrant et du réfugié, de avril 2000 : Les migrations, une chance pour vivre la catholicité

VexillumRegis a écrit :Pour stopper l'invasion migratoire, j'ai plus efficace : rétablir les frontières, renforcer les contrôles et renvoyer systématiquement les sans-papiers (il faudra dissoudre les associations de défense des sans-papiers qui, sous couvert de bons sentiments, trahissent l'intérêt général des Français).
Je réponds juste à ça, parce que ça m'avait fait bondir sur le moment... je note donc, cher VR, que vous souhaitez voir dissoute l'Eglise de France, qui est dans notre pays au premier rang des associations de défense des sans-papiers ? Je vous invite à lire, dans le texte que je viens d'indiquer, ce passage en particulier qui explique la mission de l'Eglise à leur égard :
3.4 Une expérience significative : l'accueil des « sans papiers » dans les églises

Cet accueil se formule parfois symboliquement. L'occupation de lieux d'Église par des « sans papiers » a été, pour nous, un révélateur. Le plus souvent il s'agissait d'étrangers non chrétiens et parfois musulmans. Or c'est vers les Eglises qu'ils se sont tournés en ultime recours. Déjà cette attitude nous a interrogé. Quand le dialogue s'est engagé, ils ont dit des phrases qui nous renvoyaient notre propre image. A Angoulême, la veille de la Pentecôte, des « sans papiers » s’installent devant la Cathédrale. À la question de l’évêque, Mgr Dagens, ils répondent : « Ici, c’est un lieu sacré, un lieu de prière où il y a des oreilles capables de nous écouter. » et Mgr Dagens de commenter : « C’est une réponse extraordinaire… elle nous donne la clé de notre position : même si l’Église ne peut résoudre tous les problèmes, elle doit prendre les personnes en considération. Elle est au service de toute personne humaine. C’est le cœur du message chrétien. »

Ainsi, les « sans papiers », nous révèlent à nous-mêmes ce que nous sommes et que, dans le déroulement même de la vie et de l'action, nous ne sommes pas toujours en mesure de discerner. En quelque sorte, ils nous qualifient à partir de l'image que nous donnons, souvent inconsciemment

A Antioche, au chapitre 11 verset 26 des Actes des Apôtres, n’est-il pas dit que ce sont les païens qui ont donné aux disciples le nom de chrétiens ? Dans leur immersion dans le contexte juif, ils ne passaient jusque là que comme une secte juive dissidente. Au contact des païens, débarrassés d'idées préconçues sur le judaïsme, ils apparaissent plus pour ce qu'ils sont : les disciples du Christ.

Et si les « sans papiers », par leur acte même et leurs paroles, nous donnaient un nom qui caractérise ce que nous sommes comme Église aujourd’hui dans notre société ? C'est toujours l'autre qui nous donne un nom et, en quelque sorte, n’est-ce pas l'autre, étranger d'ethnie, de culture et de religion, qui nous fait exister comme communautés chrétiennes, «signe et moyen de l'union à Dieu et de l'unité du genre humain» par le regard neuf qu’il pose sur nous et le témoignage que nous portons ? Il nous révèle de quel esprit, de quel « nom », nous sommes !

En conclusion de cette partie : il nous faut veiller à bien articuler ces divers éléments. Dans la rencontre des migrants dans un quartier difficile, on n'est pas sacrement à soi tout seul. C’est le lien avec la communauté chrétienne qui donne poids au témoignage personnel de chaque baptisé. C'est dans la mesure où les communautés chrétiennes seront travaillées par l'Esprit et par le témoignage des personnes qui prennent plus de risques dans ce défi qu'elles deviendront elles-mêmes et en tant que telles sacrements pour la société où elles vivent et dont elles sont
Et contrairement à ce qu'on pourrait rétorquer sur les tendances "marxisantes" de notre Eglise de France (oui, moi non plus je ne vois pas vraiment le rapport, mais c'est un argument que j'ai pourtant largement entendu pour commenter la position de l'Eglise de France sur l'immigration), cette pastorale de l'Eglise à l'égard des migrants, sans distinction d'origine ou de religion, est une volonté claire et affirmée de la papauté. La pensée de Jean-Paul II, et après lui Benoit XVI, sont tout à fait consultable et actualisable chaque année dans les lettres qu'ils adressent à cette commission. Ce texte en cite une en particulier, de Jean-Paul II :
Jean-Paul II a écrit :« La catholicité ne se manifeste pas seulement dans la communion fraternelle des baptisés, mais s'exprime également dans l'hospitalité assurée à l'étranger, quelle que soit son appartenance religieuse, en rejetant toute forme d'exclusion ou de discrimination raciale, en reconnaissant la dignité personnelle de chacun et par conséquent en s'engageant à promouvoir ses droits inaliénables. »
Bref, pas besoin d'invoquer les racismes et fascismes, qui sont des idéologies non chrétiennes et qui, j'en suis sur, ne concernent pas les participants de ce forum. Je comprends par ailleurs très bien qu'on soit habité par certaines craintes à l'égard des flux migratoires et du choc des civilisations qu'ils supposent, mais comme chrétiens nous devons être habités par la foi et l'espérance, et ne pas croire qu'en agissant dans la vérité et la charité (donc notamment en écoutant cette petite voix : "j'étais un étranger et vous m'avez accueilli") l'Eglise disparaitra. C'est même tout le contraire ! C'est ainsi qu'elle est au service du royaume du Christ. C'est une logique mystérieuse, mais c'est un acte de foi que d'avoir confiance en cette logique.

Condamner a priori cette espérance, en la qualifiant d'angélisme et en l'amalgamant avec un aveuglement de béni-oui-oui, c'est aussi réducteur que de taxer de fascistes ceux qui ont des réserves sur l'immigration. Pour ne parler que de mon opinion, je ne suis pas totalement ignorant des problèmes de chomage, de communautarisme, etc... qui sont évoqués sur ce fil. Mais je crois aussi qu'en faire des problèmes intrinsèques à l'immigration est une sérieuse méprise logique. Si des immigrés s'intègrent mal, alors il faut oeuvrer pour qu'ils s'intègrent mieux. Le fait qu'ils coutent cher est aussi un argument absurde. La sécurité sociale coute extrêmement cher, ce n'est pas pour autant qu'on devrait arrêter de soigner les malades, en particulier si il n'ont pas d'argent. La question est de savoir ce que nous voulons et de mettre les moyens en oeuvre pour y parvenir. Oui il y a des problèmes de communautarisme, oui il y a des problèmes dans la transmission des valeurs, mais non ce n'est pas en coupant les flux migratoires qu'on résoudra le problème. Oui il y a des déracinés, mais ce n'est pas en les renvoyant chez eux sans autre forme de traitement qu'on les empêchera de revenir. Oui il y a des problèmes de sous-qualification, mais alors il faut dispenser de la formation et faire monter les personnes en compétences. Pourquoi ? Parce que le sort de ces étrangers arrivant à notre porte nous occupe autant que ceux-là des plus petits en lesquels le Christ se reconnaissait.

Il faut réfléchir à comment faire grandir les gens, et grandir nous-même dans la vérité, plutôt que de chercher à tenir éloignés de nous ceux qui menacent notre petit équilibre. A mettre tous ces problèmes sur le dos de l'immigration, on fera juste comme l'autruche, on mettra la tête dans un trou en attendant que le problème se présente sous une autre forme : et on aura alors des communautarismes culturelles "pur souches", des conflits identitaires par la mondialisation de la culture, de l'art en particulier, des inégalités par classes sociales pourtant "pur souches"... Mettre tous ces problèmes sur le dos de l'immigration, comme si cela lui était intrinsèque c'est trouver un bouc émissaire et se défausser sur lui de notre responsabilité : sortir de nous-même, accueillir l'autre et sa différence comme une richesse humaine, et avoir confiance.
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour Pneumatis,
Pneumatis a écrit :C'est ainsi qu'elle est au service du royaume du Christ. C'est une logique mystérieuse, mais c'est un acte de foi que d'avoir confiance en cette logique.
Cette logique peut être celle de l’Église, elle en a tout à fait le droit, mais elle ne saurait en aucun cas être celle d’un État, a fortiori laïque, qui doit en tout premier lieu :

- Assurer la sécurité et les libertés de ses citoyens et préserver l’intégrité matérielle de leurs biens.
- Ne pas vivre au-dessus de ses moyens.
- Ne pas dilapider le capital humain, culturel et historique de la nation, dont il est le gérant et non le propriétaire.
- Avoir une vision stratégique basée sur des conjonctures rationnelles et non sur des espérances potentiellement infondées.

Toute politique migratoire contrevenant à un ou plusieurs de ces points doit être rejetée. De manière plus générale, l’État ne devrait pas s’immiscer dans les affaires relevant des bons sentiments, ce n’est pas son rôle. En l’espèce :
Le fait qu'ils coutent cher est aussi un argument absurde. La sécurité sociale coute extrêmement cher, ce n'est pas pour autant qu'on devrait arrêter de soigner les malades, en particulier si il n'ont pas d'argent.
Je ne saisis pas bien la logique de cet argument : puisque le système actuel coûte déjà très cher, il n’y a aucune raison de se priver d’alourdir son coût en accueillant des immigrés pauvres ? C'est le meilleur moyen de tout perdre. La richesse ne se crée pas ex nihilo et le système a déjà atteint son point de saturation.
La question est de savoir ce que nous voulons et de mettre les moyens en oeuvre pour y parvenir.
Très bien, mais que l'on ne recourt pas à l’impôt et à la solidarité forcée puisque les Français n’ont pas été consultés au sujet de l’accueil de ces personnes. Soyons créatifs, imaginons un dispositif permettant aux Français qui le souhaitent de prendre en charge l’intégralité des dépenses sociales de ces nouveaux arrivants. On pourrait aussi imaginer un statut leur permettant à ceux qui le souhaitent de devenir les garants moraux et financiers d’une famille immigrée.
Oui il y a des problèmes de sous-qualification, mais alors il faut dispenser de la formation et faire monter les personnes en compétences.
Il faut, y a qu’à... Tout cela a un coût et je ne vois pas pourquoi la France devrait le supporter alors qu’il est possible de sélectionner des individus qualifiés. C’est précisément parce que nous vivons dans un monde ouvert que nous ne pouvons pas nous permettre de prendre du retard sur les autres pays développés, nos concurrents, en supportant des frais structurels disproportionnés. Cela semble échapper a beaucoup de personnes mais un dirigeant politique responsable se doit également de veiller à la puissance de son pays. Ce n’est pas en accueillant toute la population du Sahel que nous serons en mesure de tenir tête aux géants asiatiques et américains qui se profilent.
Il faut réfléchir à comment faire grandir les gens, et grandir nous-même dans la vérité, plutôt que de chercher à tenir éloignés de nous ceux qui menacent notre petit équilibre.
Le rôle de l’État est précisément de préserver et d’améliorer ce petit équilibre qui n’a pas de prix et qui fait que nous vivons dans des pays relativement libres, paisibles et prospères. Je préfère en revanche qu'il laisse la vérité à des institutions plus fiables.

En Christ,
Franck
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Re: Le problème de l'immmigration

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Christophe a écrit :
etienne lorant a écrit :J'espère pour ma part que toutes ces considérations ne reflètent pas ce qu'est "l'âme française", car s'il en est ainsi, j'ai des doutes que l'on en sorte jamais. Nos points de vue personnels n'ont pas force de loi, bien heureusement, mais que de réductions de l'esprit, et que de petitesses de cœur ! J'en suis triste ...
Heureusement, cher Étienne, que vous avez davantage de cœur que tous les autres catholiques réunis… Refuser de voir sa patrie transformée en tour de Babel est-il un péché contre la charité ? Il n'y a aucun racisme à dire que l'immigration n'est une chance pour personne, sauf peut-être pour les trafiquants et les exploitant de ces esclaves modernes. L'appel d'air migratoire est entretenu à dessein par le capitalisme occidental, demandeur de main-d'œuvre « low cost ». Qu'importe au capitalisme apatride de détruire des nations millénaires ! Qu'importe au capitalisme apatride de déraciner des familles !
Le sentimentalisme mal-placé de certains hérauts de la bien-pensance leur fait endosser le rôle d'idiots utiles du mondialisme ploutocrate : dans leurs tours dorées, les ploutocrates ne sont pas trop dérangés par la dégradation des conditions de vie des quartiers populaires.
Il n'y a qu'une solution: prendre la nationalité belge et résister aux flamands. Ah, ils ont gagné la batalle des Eprerons d'Or, en renversant la glorieuse cavalerie française... mais il n'y a qu'eux pour s'ens souvenir !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Anonymus »

Cgs a écrit :Quand cela arrivera-t-il ? Pas évident de répondre. La proportion des personnes issues de l'immigration reste assez stable depuis 50 ans, et il faudrait un fort taux de natalité des immigrés musulmans et un effondrement de celui des non immigrés non musulmans pour conduire à une majorité de musulmans en France dans 200 ou 300 ans. Dans la mesure où la natalité en France est relativement correcte dans l'ensemble, il se peut que l'on arrive aussi à un équilibre de long terme.

Bien à vous,
Il est à noter que les immigrés ont effectivement un meilleur taux de natalité, mais pour la première génération. Par la suite, ce taux se tasse pour rejoindre la moyenne française.
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonsoir Franck,

Il semble que vous n'ayez pas bien compris mon parallèle entre soins et hospitalité. Je l'approfondie un peu, si vous voulez bien pour revisiter sous cet angle vos arguments.

Une loi que j'ose croire universelle est celle de l'assistance aux malades. Quelqu'un souffre devant vous, ça n'arrange certainement pas vos plans, mais vous aller faire quelque chose pour lui porter assistance. On ne laisse pas mourir ou souffrir les gens quand on sait les soigner, et l'on se mobilise afin que, quelle que soit la situation d'une personne malade ou blessée, elle puisse bénéficier de la même assistance médicale que quiconque. La chose est donc ainsi faite qu'en France s'exerce une solidarité forcée par un système de cotisations pour financer ce système de la sécurité sociale. Cela coute cher, trop cher, sans doute parce qu'il y a trop de malades. Que pouvons nous faire ? Diminuer le nombre de malades, bien sur. Comment ? En les gazant, certainement pas. En les exilant non plus. Vous voudriez peut-être sélectionner juste les malades "intéressants" et jeter les autres ? Non, bien sur. Reste à mettre en oeuvre des actions préventives afin que les personnes ne tombent pas malade. En attendant, ceux qui le sont déjà, on se donne les moyens de les aider, et on ne met évidemment aucune mesure en place qui viserait à punir ou ignorer les personnes qui tomberaient malade.

Une autre loi que j'ose croire universelle est celle de l'hospitalité. Celle-ci s'est un peu plus perdue au long des siècles et au fil de la déshumanisation de notre société, mais il suffit d'ouvrir les évangiles ou de regarder dans quelques sociétés encore "humaines" pour voir que cette loi est bien réelle. Quelqu'un frappe à votre porte, vous lui proposez un repas et un toit pour la nuit. C'est un principe aussi basique et moralement incontournable que celui de l'assistance médicale. La chose devrait donc être ainsi faite, pour garder le parallèle, qu'il doit s'exercer une solidarité forcée pour l'accueil des migrants. Cela coute cher, très cher parce qu'il y a trop de migrants. Que pouvons-nous faire ? Diminuer le nombre de migrants bien sur. Comment ? En les gazant, certainement pas. En les renvoyant chez eux non plus. Reste à mettre en oeuvre des actions préventives afin que les personnes n'aient pas ce besoin d'immigrer sur notre territoire. En attendant, ceux qui y sont déjà, on se donne les moyens de les accueillir et de les intégrer, et on ne met aucune mesure en place qui viserait à punir ou ignorer les personnes qui arriveraient sur notre territoire. Le but de tout cela n'étant pas de considérer, comme pour les malades, que l'immigration est un acquis, et toujours viser à ce que les personnes déracinées, quand c'est possible dans le respect de leur dignité, sans rejet ni exclusion, puissent retourner dans leur pays. Si elles souhaitent s'intégrer, alors il est évident que cela doit se faire par un effort d'assimilation comme un fruit de la rencontre positive du migrant avec sa culture d'accueil.

Voilà la nature du parallèle. Comme pour la loi de l'assistance, c'est en vertu de cette loi de l'hospitalité qu'on ne peut tourner le dos à la responsabilité qu'a un état d'organiser la solidarité à l'égard des migrants et de leur garantir ce respect dû à la personne humaine déplacée qu'est l'accueil. Au même titre qu'il est du rôle de l'état de garantir l'accès aux soins, à l'éducation, à la culture, etc... selon un système équitable pour tous, sans distinction. Ce n'est pas juste un devoir de l'Eglise, mais bel et bien un principe à mettre en oeuvre au niveau social en vue du bien commun, qui est la finalité de toute politique.
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour Joël !

Il ne faut pas confondre les devoirs de justice et les devoirs de charité. La justice est d'ordre naturel, et la charité d'ordre surnaturel : elle est la perfection de la justice dans l'ordre de la grâce. Comme l'a souligné Franck, un État-nation ne peut pas être le garant du bien commun universel mais seulement du bien commun national particulier. (Pour le reste, je lui laisse la responsabilité de son propos dont je ne partage pas certaines positions).

Venir ou demeurer clandestinement dans un pays étranger ne peut pas ouvrir des droits supplémentaires (soins médicaux, logement, etc.) par rapport y ceux dont bénéficient les citoyens issus des pays d'émigration qui n'ont pas transgressés nos lois et sont demeurés dans leur propre pays. La transgression d'une loi légitime ne peut pas créer de nouveaux droits.
Il en est bien évidemment différemment des étrangers en situation régulière que nous avons fait venir… Mais un étranger reste un étranger, et il faut pouvoir envisager son retour dans son pays d'origine à l'issue de son séjour légal. Anticiper ce retour avant même la venue en France est certainement la façon la plus humaine et la plus juste de fonctionner.

Je pense qu'il est inutile que je précise que le « droit du sol » est une aberration à l'époque des flux migratoires mondialisés… Mais, en raison de la libre circulation dans l'UE, la politique migratoire est l'une de celle qui nécessite une coordination européenne.

Cordialement
Christophe
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
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