Cher Christophe,Christophe a écrit :Ça c'est une image d'Épinal construite par les promoteurs de l'avortement…papillon a écrit :Par ailleurs, je n'aimerais pas voir revenir l'époque cauchemardesque des avortements clandestins dans des sous-sols sombres, sans stérilité, et des broches à tricoter...
j'ai subi un avortement au milieu des années 70 (eh oui...), à l'époque ou la religion était bien le dernier de mes soucis...
"Heureusement", si on peut dire, un ami m'avait fourni le nom d'un médecin qui acceptait d'en pratiquer, clandestinement. Il va sans dire que c'était du bouche à oreille et qu'on ne trouvait pas son nom dans les p'tites annonces du journal. Il fallait payer "cash" et prendre aussi pour du "cash" la compétence du médecin, sans autre forme d'assurances. Impossible, à l'époque, de contacter le Collège des médecins pour vérifier ça!
Je me suis rendue un soir à l'adresse qu'on m'avait donnée, après rendez-vous pris par téléphone. Je suis entrée par une porte discrète et je suis effectivement descendue au sous-sol . Je n'arrive pas à me souvenir s'il s'agissait d'un bureau privé ou d'une résidence privée, je me sentais simplement très seule et aussi terrifiée, ne sachant pas trop ce qui m'attendait. Je me souviens cependant que la femme que j'ai vue là m'a semblé être l'épouse du médecin.
Je crois avoir été bien traitée, dans les circonstances, mais évidemment au départ ce fut "salut bonsoir et soyez discrète, n'en parlez pas". Aucune forme de suivi possible, en cas de problème, seulement l'espérance de la jeunesse que tout ira bien et que la douleur au ventre finira par disparaître, et le poids terribre d'avoir fait quelque chose d'illégal et de criminel dont je ne pouvais parler à personne.
Je ne suis pas la première femme à avoir avorté au Québec. Il y en a eu de tout temps, bien avant les années 70 et si plusieurs sont descendues comme moi dans un sous-sol, toutes n'ont pas eu affaire à un médecin, ni à des instruments chirurgicaux stérilisés.
Vous pouvez taper "complications des avortements clandestins" sur Google, si les images d'Epinal vous intéressent...






