Le martyre des chrétiens de Turquie
Le martyre des chrétiens de Turquie
À l’heure où la Turquie frappe avec empressement à la porte de l’Europe, il est intéressant de replonger dans le riche passé de ce pays, en n’omettant pas les pages les plus noires de son Histoire. Je pense bien entendu au martyre que vécurent les populations chrétiennes de l’Empire ottoman, c’est à dire les Grecs, les Arméniens et les Assyro-Chaldéens durant la Première Guerre Mondiale et qui tend aujourd’hui, malgré les menaces d’Ankara, à être reconnu universellement comme le premier génocide du 20ème siècle. Plutôt que de faire un résumé historique synthétique, je préfère vous transmettre un récit décrivant un épisode comme il en existe hélas des milliers d’autres, de cette abomination que la Turquie refuse toujours d’assumer. Voici donc le témoignage de Mgr Jean Naslian, évêque de Trébizonde en 1915 décrivant le sort de la ville de Mouch et de sa région.
« Des habitants de Mouch, la moitié fut massacrée dans la ville même, l’autre moitié hors de la ville et dans des conditions affreuses. Tous les héros qui, après une résistance désespérée durent se livrer aux envahisseurs, furent concentrés en différents camps et tués à coups de baïonnette ou bien brûlés vifs.
« En effet, les Turcs avaient imaginé un moyen expéditif pour se débarrasser des Arméniens. Ils les réunissaient dans de grands baraquements en bois auxquels ils mettaient le feu. Plusieurs femmes devinrent folles à la vue de cette torture et jetèrent d’elles-mêmes leurs enfants dans le feu ; d’autres agenouillées dans le brasier se recommandaient à Dieu pendant que leur corps aspergé de pétrole, brûlait.
« Parmi ces victimes se trouva notre Évêque. Il était probablement accouru, à l’appel de ses fidèles, à Norchen, le plus important des villages qu’on avait surnommé le Frank parce qu’il était entièrement catholique. Monseigneur Topouzian, homme, comme nous l’avons vu, des plus étranger à toutes questions politiques, ne pouvait en rien inspirer des soupçons au gouvernement turc. Il fut arrêté quand même et conduit avec la foule de ses fidèles sur les bords du fleuve MeghraKerd (fleuve du miel). Là dans un fenil, en compagnie d’un grand nombre de fidèles, dont il avait voulu partager le sort, il fut brûlé vif, le 11 juin 1915 en la fête du Sacré Cœur, après avoir été aspergé, dit-on, de pétrole er alors que plein de calme, il récitait son bréviaire. »
Franck
« Des habitants de Mouch, la moitié fut massacrée dans la ville même, l’autre moitié hors de la ville et dans des conditions affreuses. Tous les héros qui, après une résistance désespérée durent se livrer aux envahisseurs, furent concentrés en différents camps et tués à coups de baïonnette ou bien brûlés vifs.
« En effet, les Turcs avaient imaginé un moyen expéditif pour se débarrasser des Arméniens. Ils les réunissaient dans de grands baraquements en bois auxquels ils mettaient le feu. Plusieurs femmes devinrent folles à la vue de cette torture et jetèrent d’elles-mêmes leurs enfants dans le feu ; d’autres agenouillées dans le brasier se recommandaient à Dieu pendant que leur corps aspergé de pétrole, brûlait.
« Parmi ces victimes se trouva notre Évêque. Il était probablement accouru, à l’appel de ses fidèles, à Norchen, le plus important des villages qu’on avait surnommé le Frank parce qu’il était entièrement catholique. Monseigneur Topouzian, homme, comme nous l’avons vu, des plus étranger à toutes questions politiques, ne pouvait en rien inspirer des soupçons au gouvernement turc. Il fut arrêté quand même et conduit avec la foule de ses fidèles sur les bords du fleuve MeghraKerd (fleuve du miel). Là dans un fenil, en compagnie d’un grand nombre de fidèles, dont il avait voulu partager le sort, il fut brûlé vif, le 11 juin 1915 en la fête du Sacré Cœur, après avoir été aspergé, dit-on, de pétrole er alors que plein de calme, il récitait son bréviaire. »
Franck
Génocide arménien
[align=justify]La question de l'adhésion turque est revenue ces derniers temps au premier plan de l'actualité nationale et européenne, notamment suite à l'affaire de la pénalisation de l'adultère, vraisemblablement orchestrée par M. Erdogan, opposant Bruxelles et Ankara et qui s'acheva finalement sur les propos extrêmement clairs de M. Verheugen, commissaire européen à l'Élargissement, affirmant ni plus ni moins que la porte de l'Europe était désormais ouverte à la Turquie. Dans un tel contexte l'UMP milite en faveur d'un référendum national dont les modalités demeurent encore obscures mais que la Président de la République, sentant le vent tourner, soutiendrait. Pour mémoire je vous rappelle que Mgr Ratzinger a encore récemment dénoncé cette adhésion qui serait selon lui une « erreur historique » et j'avoue partager entièrement cette position pour diverses raisons, mais je vais ici me contenter d'exposer mes deux oppositions irréductibles qui se rejoignent en réalité.
Le seul véritable ciment commun de l'Europe est sa culture judéo-chrétienne, c'est à dire l'héritage d'Athènes, de Rome et de Jérusalem. Il est évident que la Turquie actuelle non seulement ne partage pas cet héritage mais qu'elle l'a toujours violemment combattu : avec le recul de l'Histoire il est malheureux de constater que la première union « consentie » des européens remonte aux Croisades et était donc une réponse légitime à la menace que faisait peser les envahisseurs turcs sur notre civilisation. Certains me rétorqueront que la Turquie - ou plutôt le territoire turc - est l'un des berceaux du christianisme, après tout les Conciles oecuméniques de Nicée, d'Éphèse, de Constantinople ou encore de Chalcédoine ne se déroulèrent-ils pas en Turquie ? Saint Paul lui-même n'était-il pas originaire de Tarse, ville située au sud de la Turquie ? Certes, mais je pense que vous voyez où je veux en venir : s'il est indéniable que le territoire turc est l'un des berceaux du christianisme, on ne peut pas dire que l'expansion turque fut un facteur de sécurité pour les chrétiens.
L'occupation ottomane mit non seulement fin à une véritable présence chrétienne en Orient mais les chrétiens « protégés » par les sultans devaient accepter d'être considérés comme des citoyens de seconde zone, des gavour. Pire encore, pendant plus de 400 ans le gouvernement ottoman orchestra l'ignoble système du devsirme, véritable «impôt humain qui consistait en des razzias annuelles parmi les peuples chrétiens de l'Empire Ottoman (Serbes, Grecs, Bulgares, Arméniens, Assyro-Chaldéens, etc.) au cour desquelles les plus belles jeunes filles chrétiennes étaient enlevées à leurs familles puis converties à l'islam et mariées de force alors que les garçons enlevés subissaient un véritable lavage de cerveau visant à les fanatiser afin qu'ils puissent intégrer par la suite le corps d'élite des Janissaires.
Cette oppression continuelle accompagnée de massacres sporadiques allait finalement déboucher sur l'extermination des populations chrétiennes du pays qui représentaient en 1915 entre 15 et 25% de la population totale contre 0,1% de nos jours. « Après tout, qui parle encore de l'extermination des Arméniens ? » déclarait Hitler peu avant d'envahir la Pologne et je serais moi-même bien curieux de poser cette question à MM. Chirac et Verheugen.[/align]
Le seul véritable ciment commun de l'Europe est sa culture judéo-chrétienne, c'est à dire l'héritage d'Athènes, de Rome et de Jérusalem. Il est évident que la Turquie actuelle non seulement ne partage pas cet héritage mais qu'elle l'a toujours violemment combattu : avec le recul de l'Histoire il est malheureux de constater que la première union « consentie » des européens remonte aux Croisades et était donc une réponse légitime à la menace que faisait peser les envahisseurs turcs sur notre civilisation. Certains me rétorqueront que la Turquie - ou plutôt le territoire turc - est l'un des berceaux du christianisme, après tout les Conciles oecuméniques de Nicée, d'Éphèse, de Constantinople ou encore de Chalcédoine ne se déroulèrent-ils pas en Turquie ? Saint Paul lui-même n'était-il pas originaire de Tarse, ville située au sud de la Turquie ? Certes, mais je pense que vous voyez où je veux en venir : s'il est indéniable que le territoire turc est l'un des berceaux du christianisme, on ne peut pas dire que l'expansion turque fut un facteur de sécurité pour les chrétiens.
L'occupation ottomane mit non seulement fin à une véritable présence chrétienne en Orient mais les chrétiens « protégés » par les sultans devaient accepter d'être considérés comme des citoyens de seconde zone, des gavour. Pire encore, pendant plus de 400 ans le gouvernement ottoman orchestra l'ignoble système du devsirme, véritable «impôt humain qui consistait en des razzias annuelles parmi les peuples chrétiens de l'Empire Ottoman (Serbes, Grecs, Bulgares, Arméniens, Assyro-Chaldéens, etc.) au cour desquelles les plus belles jeunes filles chrétiennes étaient enlevées à leurs familles puis converties à l'islam et mariées de force alors que les garçons enlevés subissaient un véritable lavage de cerveau visant à les fanatiser afin qu'ils puissent intégrer par la suite le corps d'élite des Janissaires.
Cette oppression continuelle accompagnée de massacres sporadiques allait finalement déboucher sur l'extermination des populations chrétiennes du pays qui représentaient en 1915 entre 15 et 25% de la population totale contre 0,1% de nos jours. « Après tout, qui parle encore de l'extermination des Arméniens ? » déclarait Hitler peu avant d'envahir la Pologne et je serais moi-même bien curieux de poser cette question à MM. Chirac et Verheugen.[/align]
Bonjour Franck
On ne doit pas chercher à innocenter la Turquie, car il y a bcp de choses à dire, comme celles que vous le rappelez. Le jour où elle aura reconnu, entre autres, le génocide arménien, la discussion sera sûrement plus facile (et j'ose espérer que cette reconnaissance fasse partie des exigences européennes). Mais je vois plusieurs problèmes dans ce que vous venez de dire.
1 ° l'opinion de Mgr Ratzinger n'a rien à faire là-dedans (ou alors en tant qu'opinion émise par une personne privée, qui a autant de valeur que la vôtre ou la mienne). Il faut faire la différence entre un ecclésiastique et un Bavarois conservateur. Enfin, passons.
2° on ne peut pas évoquer les Turcs d'aujourd'hui en personnalisant "la Turquie" ou la civilisation turque, à plus forte raison pour la période actuelle (je pourrais dire : les Allemands n'ont pas à faire partie de l'Europe, car "l'Allemagne", il y a 70 ans, a voulu détruire l'Europe judéo-chrétienne). Une civilisation n'est pas un donné mais un construit, ce qui signifie qu'elle évolue avec le temps et que ceux qui la vivent évoluent eux aussi. Ce n'est pas "la Turquie" qui a massacré les chrétiens, c'est le pouvoir du sultan (qui d'ailleurs ne se confondait pas avec la Turquie actuelle) - avec le cas particulier, il est vrai, du génocide arménien, dont plusieurs des planificateurs étaient les futurs fondateurs de la république turque... mais à l'époque, ils obéissaient au sultan.
3° ne mélangez pas les statistiques de religion en comparant des chiffres de 1915 et ceux d'après. L'Empire ottoman, c'est la Turquie actuelle, mais aussi le Proche-Orient, la Mésopotamie, l'Arabie ; il y avait beaucoup de chrétiens dans cette zone (Syriaques, chrétiens irakiens...) qui ont été statistiquement retranchés avec la conquête de ces pays par les puissances occidentales. Le massacre des Arméniens n'explique qu'une partie du phénomène.
On peut d'ailleurs poursuivre dans cette voie : vous me parlerez de l'expulsion massive de populations grecques de Turquie après 1923 et la guerre contre la Grèce. Mais l'Etat turc n'est que partiellement responsable de cette guerre (commencée par la Grèce avec le soutien de la France et de l'Angleterre) ; il ne faut pas tout imputer à la Turquie, d'autant que les populations turques d'Europe ont elles aussi été massivement transférées à l'issue de cette guerre, selon les termes d'un traité signé sous l'égide de l'Occident.
4° La "pureté ethnique" et religieuse de la Turquie actuelle (le cas des Kurdes mis à part) est donc le fruit de phénomènes qui trouvent leur racine dans l'Occident. D'une part, la guerre de 1920-1923 ; d'autre part, l'application sur place de l'idéologie nationaliste telle qu'elle a été inventée par l'Europe occidentale. S'il y a quelque chose qui cimente la Turquie actuelle, c'est le sérieux mis sur la question identitaire, qui pour le coup est un truc bien de chez nous.
Je ne cherche pas à faire l'apologie de la Turquie ou au contraire à l'attaquer, et je vous avouerais que j'ai moi-même du mal à me décider en ce qui concerne son adhésion. Mais si l'on admet que les Turcs s'amendent, comme ils ont commencé à le faire, on doit être capable de se remettre en question et aussi d'assumer la responsabilité de nos pays dans la configuration de la Turquie actuelle. On doit critiquer de nombreux aspects de ce pays, mais ce ne sont pas les arguments relatifs à l'identité et à l"histoire qui sont les bons.
Bien à vous
On ne doit pas chercher à innocenter la Turquie, car il y a bcp de choses à dire, comme celles que vous le rappelez. Le jour où elle aura reconnu, entre autres, le génocide arménien, la discussion sera sûrement plus facile (et j'ose espérer que cette reconnaissance fasse partie des exigences européennes). Mais je vois plusieurs problèmes dans ce que vous venez de dire.
1 ° l'opinion de Mgr Ratzinger n'a rien à faire là-dedans (ou alors en tant qu'opinion émise par une personne privée, qui a autant de valeur que la vôtre ou la mienne). Il faut faire la différence entre un ecclésiastique et un Bavarois conservateur. Enfin, passons.
2° on ne peut pas évoquer les Turcs d'aujourd'hui en personnalisant "la Turquie" ou la civilisation turque, à plus forte raison pour la période actuelle (je pourrais dire : les Allemands n'ont pas à faire partie de l'Europe, car "l'Allemagne", il y a 70 ans, a voulu détruire l'Europe judéo-chrétienne). Une civilisation n'est pas un donné mais un construit, ce qui signifie qu'elle évolue avec le temps et que ceux qui la vivent évoluent eux aussi. Ce n'est pas "la Turquie" qui a massacré les chrétiens, c'est le pouvoir du sultan (qui d'ailleurs ne se confondait pas avec la Turquie actuelle) - avec le cas particulier, il est vrai, du génocide arménien, dont plusieurs des planificateurs étaient les futurs fondateurs de la république turque... mais à l'époque, ils obéissaient au sultan.
3° ne mélangez pas les statistiques de religion en comparant des chiffres de 1915 et ceux d'après. L'Empire ottoman, c'est la Turquie actuelle, mais aussi le Proche-Orient, la Mésopotamie, l'Arabie ; il y avait beaucoup de chrétiens dans cette zone (Syriaques, chrétiens irakiens...) qui ont été statistiquement retranchés avec la conquête de ces pays par les puissances occidentales. Le massacre des Arméniens n'explique qu'une partie du phénomène.
On peut d'ailleurs poursuivre dans cette voie : vous me parlerez de l'expulsion massive de populations grecques de Turquie après 1923 et la guerre contre la Grèce. Mais l'Etat turc n'est que partiellement responsable de cette guerre (commencée par la Grèce avec le soutien de la France et de l'Angleterre) ; il ne faut pas tout imputer à la Turquie, d'autant que les populations turques d'Europe ont elles aussi été massivement transférées à l'issue de cette guerre, selon les termes d'un traité signé sous l'égide de l'Occident.
4° La "pureté ethnique" et religieuse de la Turquie actuelle (le cas des Kurdes mis à part) est donc le fruit de phénomènes qui trouvent leur racine dans l'Occident. D'une part, la guerre de 1920-1923 ; d'autre part, l'application sur place de l'idéologie nationaliste telle qu'elle a été inventée par l'Europe occidentale. S'il y a quelque chose qui cimente la Turquie actuelle, c'est le sérieux mis sur la question identitaire, qui pour le coup est un truc bien de chez nous.
Je ne cherche pas à faire l'apologie de la Turquie ou au contraire à l'attaquer, et je vous avouerais que j'ai moi-même du mal à me décider en ce qui concerne son adhésion. Mais si l'on admet que les Turcs s'amendent, comme ils ont commencé à le faire, on doit être capable de se remettre en question et aussi d'assumer la responsabilité de nos pays dans la configuration de la Turquie actuelle. On doit critiquer de nombreux aspects de ce pays, mais ce ne sont pas les arguments relatifs à l'identité et à l"histoire qui sont les bons.
Bien à vous
Dernière modification par MB le dim. 03 oct. 2004, 19:38, modifié 1 fois.
Re: Adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ?
[align=justify]Bonsoir MB,
Vous oubliez que le Sultan Abdul Ahmid II - réputé il est vrai pour sa cruauté envers les chrétiens - fut renversé en 1909 par le mouvement jeune-turc, et bien que le sultanat fut conservé pour la forme, le pouvoir réel appartenait désormais à cette caste jacobine d'officiers originaires de Salonique. L'arrivée au pouvoir d'un régime libéral fut accueilli avec une ferveur incroyable par les chrétiens ottomans, la Constitution de 1909 leur assurait même une égalité qui se révéla être toute relative. Pourtant, six ans plus tard c'est ce même gouvernement jeune-turc qui signa les arrêtés d'extermination des populations chrétiennes, mais pour en revenir à la question de la responsabilité de la Turquie dite « moderne », il est intéressant de noter qu'après la défaite des jeunes-turcs en 1918, une sorte de procès de Nuremberg avant l'heure fut organisé à Constantinople par les autorités ottomanes et les dirigeants jeunes-turcs furent condamnés à mort pour les atrocités commises envers les chrétiens. Certes la plupart des dirigeants jeunes-turcs avaient trouvé refuge à l'étranger, notamment en Allemagne, mais ils n'échappèrent par à l'Opération Némésis montée par la Fédération Révolutionnaire Arménienne qui les assassina un par un avec pour point d'orgue de cette opération l'élimination de Talaat Pacha, le principal planificateur du génocide, dans le métro de Berlin. Fait intéressant, son meurtrier, qui avait perdu toute sa famille durant le génocide, fut acquitté devant l'étalage des abominations commises par les jeunes-turcs. Enfin, c'est bel et bien la Turquie actuelle qui non seulement célébra la mémoire des dirigeants jeunes-turcs - le corps de Talaat Pacha fut rapatrié en grande pompe par la République Turque et enterré dans l'équivalent du Panthéon de Constantinople - mais qui organisa également la campagne de négationnisme d'État par laquelle elle se rend encore responsable de ce génocide.
Les statistiques auxquelles je faisais allusion ont été établies en 1914 uniquement sur ce qui constitue l'actuel territoire turc. La marge d'erreur vient du fait que les chiffres des populations chrétiennes ont été volontairement diminués par le gouvernement turc. Ces chiffres sont d'autant plus crédibles que la plupart des historiens s'accordent à dire qu'il y avait en 1915 plus de 4,5 millions de Grecs, 2,5 millions d'Arméniens et 1 million d'Assyriens, en Turquie.
Je vous concède que le rôle de l'Occident fut plus que discutable, que ce soit aussi bien celui des Allemands qui savaient ce qui se déroulait en 1915, que celui des Français qui abandonnèrent la Cilicie et qui n'intervinrent par lors de la destruction de Smyrne, ou encore que celui des Américains qui ne firent jamais appliquer le Traité de Sèvres.
MB a écrit :2° on ne peut pas évoquer les Turcs d'aujourd'hui en personnalisant "la Turquie" ou la civilisation turque, à plus forte raison pour la période actuelle (je pourrais dire : les Allemands n'ont pas à faire partie de l'Europe, car "l'Allemagne", il y a 70 ans, a voulu détruire l'Europe judéo-chrétienne). Une civilisation n'est pas un donné mais un construit, ce qui signifie qu'elle évolue avec le temps et que ceux qui la vivent évoluent eux aussi. Ce n'est pas "la Turquie" qui a massacré les chrétiens, c'est le pouvoir du sultan (qui d'ailleurs ne se confondait pas avec la Turquie actuelle) - avec le cas particulier, il est vrai, du génocide arménien, dont plusieurs des planificateurs étaient les futurs fondateurs de la république turque... mais à l'époque, ils obéissaient au sultan.
Vous oubliez que le Sultan Abdul Ahmid II - réputé il est vrai pour sa cruauté envers les chrétiens - fut renversé en 1909 par le mouvement jeune-turc, et bien que le sultanat fut conservé pour la forme, le pouvoir réel appartenait désormais à cette caste jacobine d'officiers originaires de Salonique. L'arrivée au pouvoir d'un régime libéral fut accueilli avec une ferveur incroyable par les chrétiens ottomans, la Constitution de 1909 leur assurait même une égalité qui se révéla être toute relative. Pourtant, six ans plus tard c'est ce même gouvernement jeune-turc qui signa les arrêtés d'extermination des populations chrétiennes, mais pour en revenir à la question de la responsabilité de la Turquie dite « moderne », il est intéressant de noter qu'après la défaite des jeunes-turcs en 1918, une sorte de procès de Nuremberg avant l'heure fut organisé à Constantinople par les autorités ottomanes et les dirigeants jeunes-turcs furent condamnés à mort pour les atrocités commises envers les chrétiens. Certes la plupart des dirigeants jeunes-turcs avaient trouvé refuge à l'étranger, notamment en Allemagne, mais ils n'échappèrent par à l'Opération Némésis montée par la Fédération Révolutionnaire Arménienne qui les assassina un par un avec pour point d'orgue de cette opération l'élimination de Talaat Pacha, le principal planificateur du génocide, dans le métro de Berlin. Fait intéressant, son meurtrier, qui avait perdu toute sa famille durant le génocide, fut acquitté devant l'étalage des abominations commises par les jeunes-turcs. Enfin, c'est bel et bien la Turquie actuelle qui non seulement célébra la mémoire des dirigeants jeunes-turcs - le corps de Talaat Pacha fut rapatrié en grande pompe par la République Turque et enterré dans l'équivalent du Panthéon de Constantinople - mais qui organisa également la campagne de négationnisme d'État par laquelle elle se rend encore responsable de ce génocide.
MB a écrit :3° ne mélangez pas les statistiques de religion en comparant des chiffres de 1915 et ceux d'après. L'Empire ottoman, c'est la Turquie actuelle, mais aussi le Proche-Orient, la Mésopotamie, l'Arabie ; il y avait beaucoup de chrétiens dans cette zone (Syriaques, chrétiens irakiens...) qui ont été statistiquement retranchés avec la conquête de ces pays par les puissances occidentales. Le massacre des Arméniens n'explique qu'une partie du phénomène.
Les statistiques auxquelles je faisais allusion ont été établies en 1914 uniquement sur ce qui constitue l'actuel territoire turc. La marge d'erreur vient du fait que les chiffres des populations chrétiennes ont été volontairement diminués par le gouvernement turc. Ces chiffres sont d'autant plus crédibles que la plupart des historiens s'accordent à dire qu'il y avait en 1915 plus de 4,5 millions de Grecs, 2,5 millions d'Arméniens et 1 million d'Assyriens, en Turquie.
MB a écrit :On peut d'ailleurs poursuivre dans cette voie : vous me parlerez de l'expulsion massive de populations grecques de Turquie après 1923 et la guerre contre la Grèce. Mais l'Etat turc n'est que partiellement responsable de cette guerre (commencée par la Grèce avec le soutien de la France et de l'Angleterre) ; il ne faut pas tout imputer à la Turquie, d'autant que les populations turques d'Europe ont elles aussi été massivement transférées à l'issue de cette guerre, selon les termes d'un traité signé sous l'égide de l'Occident.
Je vous concède que le rôle de l'Occident fut plus que discutable, que ce soit aussi bien celui des Allemands qui savaient ce qui se déroulait en 1915, que celui des Français qui abandonnèrent la Cilicie et qui n'intervinrent par lors de la destruction de Smyrne, ou encore que celui des Américains qui ne firent jamais appliquer le Traité de Sèvres.
C'est tout à fait correct, d'ailleurs je ne voudrais pas tomber dans l'anti-maçonnisme primaire mais force est de constater que l'idéologie du mouvement jeune-turc fut calquée sur les idées du Grand Orient de France, et que le premier Grand Maître du Grand Orient de Turquie fut Talaat Pacha en personne.[/align]MB a écrit :4° La "pureté ethnique" et religieuse de la Turquie actuelle (le cas des Kurdes mis à part) est donc le fruit de phénomènes qui trouvent leur racine dans l'Occident. D'une part, la guerre de 1920-1923 ; d'autre part, l'application sur place de l'idéologie nationaliste telle qu'elle a été inventée par l'Europe occidentale. S'il y a quelque chose qui cimente la Turquie actuelle, c'est le sérieux mis sur la question identitaire, qui pour le coup est un truc bien de chez nous.
Je ne nie rien de ce que vous rappelez, et le souvenir des massacres organisés par les Jeunes-Turcs m'horrifie tout autant que vous. D'ailleurs nous avons un problème similaire avec la Révolution française, puisque beaucoup de gens ici continuent à dire du bien des massacreurs de Vendéens ; et nous avons un problème plus récent, par ailleurs, avec la mémoire de la guerre d'Algérie ou celle de la répression anti-malgache de 1945 (80 000 morts). Cela ne nous empêche pas d'être européens.
Mais revenons au sujet : le bon sens moral conditionnerait évidemment que l'Etat turc admette son passé et fasse "repentance", comme on dit (les Allemands l'ont bien fait, alors pourquoi pas les Turcs ?). Pour ma part, je refuse que ce pays entre dans l'Union tant qu'il ne l'aura pas fait. Mais supposons que, grâce à Dieu, cette "repentance" se produise : que direz-vous ?
(je vous signale par ailleurs un article dans le Figaro, par O. Abel, sur la question ; il dit ce que je pense, et beaucoup mieux que moi sur pas mal de points : qu'en pensez-vous ? il est disponible sur ce lien : http://www.lefigaro.fr/debats/20041002.FIG0125.html)
Quant à l'héritage maçonnique reçu par la Turquie, notamment dans l'idéologie jeune-turque, je vous crois sur parole ; mais vous n'avez pas saisi ce que je voulais dire : le nationalisme pur et dur, c'est un produit d'exportation européen, qui est à l'origine directe de la Turquie post-1909 et bien sûr post-sultanat. La Turquie actuelle ne serait pas ce qu'elle est (ou ne serait pas tout court) si les idéologues européens nationalistes n'avaient pas existé.
Bien à vous
Mais revenons au sujet : le bon sens moral conditionnerait évidemment que l'Etat turc admette son passé et fasse "repentance", comme on dit (les Allemands l'ont bien fait, alors pourquoi pas les Turcs ?). Pour ma part, je refuse que ce pays entre dans l'Union tant qu'il ne l'aura pas fait. Mais supposons que, grâce à Dieu, cette "repentance" se produise : que direz-vous ?
(je vous signale par ailleurs un article dans le Figaro, par O. Abel, sur la question ; il dit ce que je pense, et beaucoup mieux que moi sur pas mal de points : qu'en pensez-vous ? il est disponible sur ce lien : http://www.lefigaro.fr/debats/20041002.FIG0125.html)
Quant à l'héritage maçonnique reçu par la Turquie, notamment dans l'idéologie jeune-turque, je vous crois sur parole ; mais vous n'avez pas saisi ce que je voulais dire : le nationalisme pur et dur, c'est un produit d'exportation européen, qui est à l'origine directe de la Turquie post-1909 et bien sûr post-sultanat. La Turquie actuelle ne serait pas ce qu'elle est (ou ne serait pas tout court) si les idéologues européens nationalistes n'avaient pas existé.
Bien à vous
Génocide arménien
Bonjour MB, bonjour Manu,
[align=justify]Laisez-moi tout d'abord vous souhaiter un joyeux Noël avec un peu d'avance. ;-)[/align]
[align=justify]Pour tout vous dire, je ne crois pas à un tel geste venant de la Turquie. Le génocide arménien est d'une certaine façon le « péché originel » qui a accompagné la naissance de la Turquie moderne. Les dirigeants turcs pensaient d'ailleurs avoir réussi à faire oublier cette tragédie non seulement au monde entier mais également à leurs propres consciences car durant plus de 50 ans personne n'en parlait et il a hélas fallu attendre les sanglants attentats de l'ASALA pour que le sujet redevienne d'actualité. De plus les turcs sont extrêmement attachés à leur pays mais cet attachement exacerbé est parfois malsain comme l'illustre parfaitement la question du génocide arménien. En effet la majorité des turcs considère que sa reconnaissance serait un véritable affront fait à leur pays – nous l'avons d'ailleurs bien vu en janvier 2001 lorsque la France l'a reconnu – ce qui est bien entendu erroné de notre point de vue. Pourtant la conscience de ce génocide hante aujourd'hui si fortement la mémoire de la société turque que lors de la réédition de l'intégrale des oeuvres de Nazim Hikmet, le ministre de la culture a été jusqu'à censurer l'un de ses poèmes où il parlait du génocide comme d'une tache noire sur le front du peuple turc.
Je dois également vous avouer que je doute de la capacité des dirigeants européens à faire respecter une telle condition tant ils m'ont paru faible face à M. Erdogan lors du sommet du 17 décembre dernier et je suis également obligé de constater que la reconnaissance du génocide arménien était une condition nécessaire à une éventuelle adhésion de la Turquie en 1987 alors qu'une décennie plus tard, lors du fameux sommet de Copenhague, elle n'était même plus citée.[/align]
Cordialement,
Franck
[align=justify]Laisez-moi tout d'abord vous souhaiter un joyeux Noël avec un peu d'avance. ;-)[/align]
MB a écrit :Cela suppose aussi, bien sur, que nous devions etre intraitables sur la question, et que nous exigeons "vérité et réconciliation" bien fermement. Mais il n'y a pas de raison de dénier a priori à la Turquie la capacité d'y parvenir.
[align=justify]Pour tout vous dire, je ne crois pas à un tel geste venant de la Turquie. Le génocide arménien est d'une certaine façon le « péché originel » qui a accompagné la naissance de la Turquie moderne. Les dirigeants turcs pensaient d'ailleurs avoir réussi à faire oublier cette tragédie non seulement au monde entier mais également à leurs propres consciences car durant plus de 50 ans personne n'en parlait et il a hélas fallu attendre les sanglants attentats de l'ASALA pour que le sujet redevienne d'actualité. De plus les turcs sont extrêmement attachés à leur pays mais cet attachement exacerbé est parfois malsain comme l'illustre parfaitement la question du génocide arménien. En effet la majorité des turcs considère que sa reconnaissance serait un véritable affront fait à leur pays – nous l'avons d'ailleurs bien vu en janvier 2001 lorsque la France l'a reconnu – ce qui est bien entendu erroné de notre point de vue. Pourtant la conscience de ce génocide hante aujourd'hui si fortement la mémoire de la société turque que lors de la réédition de l'intégrale des oeuvres de Nazim Hikmet, le ministre de la culture a été jusqu'à censurer l'un de ses poèmes où il parlait du génocide comme d'une tache noire sur le front du peuple turc.
Je dois également vous avouer que je doute de la capacité des dirigeants européens à faire respecter une telle condition tant ils m'ont paru faible face à M. Erdogan lors du sommet du 17 décembre dernier et je suis également obligé de constater que la reconnaissance du génocide arménien était une condition nécessaire à une éventuelle adhésion de la Turquie en 1987 alors qu'une décennie plus tard, lors du fameux sommet de Copenhague, elle n'était même plus citée.[/align]
[align=justify]Pour tout vous dire je me suis contenté de recopier ce caractère sur un site turc néanmoins il doit être possible de l'obtenir en changeant la langue de votre système d'exploitation.[/align]MB a écrit :PS : comment faites-vous pour taper le "i" sans point des Turcs ?
[align=justify]Je suppose que vous pouvez nous démontrer aisément le caractère européen indiscutable de la culture turque ?[/align]manu a écrit :Non les seuls arguments pour moi recevables pour sa non adhésion actuelle, c'est les droits de l'homme presques inexistants et la reconnaissance du génocide arménien entre autres choses. Sinon tout le reste relève plus du fantasme qu'autres choses de recevables.
Cordialement,
Franck
- JeanValjean
- Ædilis

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Re: Adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ?
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Je m'excuse de vous poser une question "en diagonale", mais, des nos jours, plusieurs choses sont parfois liées entre-elles.
Est-ce que vous savez, par hasard, quelque chose de plus sur un certain ex-responsable de "Médicine" dévoyée, No 2 paraît-il au régime Ataturk, qui aurait, dit-on, devancé le fameux "Dr. Mengele" des "experiments" atroces sur prisoniers aux Camps de concentration Nazi, par la façon dont il aurait " traité" vivants et morts autour du Génocide Arménien ?
Apparamment, on dirait qu' il n'y a eu que Hitler qui se serait inspiré des diverses atrocités qui ont marqué le début du 2Oe siècle..
C'est pas grave si vous n'aviez pas plus d'info, la-dessus,
mais ce serait peut-être utile même pour la période moderne, d'y voir un peu plus clair, à un moment où un autre. [/align]
Bonjour Franck.Franck a écrit :....Cette oppression continuelle accompagnée de massacres sporadiques
allait finalement déboucher sur l'extermination des populations chrétiennes du pays qui représentaient en 1915 entre 15 et 25% de la population totale contre 0,1% de nos jours. « Après tout, qui parle encore de l'extermination des Arméniens ? » déclarait Hitler peu avant d'envahir la Pologne ....
Je m'excuse de vous poser une question "en diagonale", mais, des nos jours, plusieurs choses sont parfois liées entre-elles.
Est-ce que vous savez, par hasard, quelque chose de plus sur un certain ex-responsable de "Médicine" dévoyée, No 2 paraît-il au régime Ataturk, qui aurait, dit-on, devancé le fameux "Dr. Mengele" des "experiments" atroces sur prisoniers aux Camps de concentration Nazi, par la façon dont il aurait " traité" vivants et morts autour du Génocide Arménien ?
Apparamment, on dirait qu' il n'y a eu que Hitler qui se serait inspiré des diverses atrocités qui ont marqué le début du 2Oe siècle..
C'est pas grave si vous n'aviez pas plus d'info, la-dessus,
mais ce serait peut-être utile même pour la période moderne, d'y voir un peu plus clair, à un moment où un autre. [/align]
Re: Adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ?
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Je pense que vous voulez sans doute parler du « Docteur » Nazim, l'un des rares organisateurs du génocide arménien n'ayant pas « mal » fini, ou tout du moins n'étant pas tombé sous le coup de l'Opération Némésis orchestrée par la FRA.
Vous en saurez plus ici: http://www.imprescriptible.fr/ternon/3_chapitre3.htm
Cordialement,
Franck[/align]
Bonjour JeanValjean,JeanValjean a écrit :Est-ce que vous savez, par hasard, quelque chose de plus sur un certain ex-responsable de "Médicine" dévoyée, No 2 paraît-il au régime Ataturk, qui aurait, dit-on, devancé le fameux "Dr. Mengele" des "experiments" atroces sur prisoniers aux Camps de concentration Nazi, par la façon dont il aurait " traité" vivants et morts autour du Génocide Arménien ?
Je pense que vous voulez sans doute parler du « Docteur » Nazim, l'un des rares organisateurs du génocide arménien n'ayant pas « mal » fini, ou tout du moins n'étant pas tombé sous le coup de l'Opération Némésis orchestrée par la FRA.
Vous en saurez plus ici: http://www.imprescriptible.fr/ternon/3_chapitre3.htm
Cordialement,
Franck[/align]
- JeanValjean
- Ædilis

- Messages : 40
- Inscription : dim. 26 déc. 2004, 0:53
[align=justify]Intéressant lien, Franck.
Entre autres questions, il révèle des faits qui montrent l'existence de rapports même personnels entre deux bourreaux Turcs pseudo-"Médécins" de l'époque du Génocide Arménien, avec certains secteurs à Berlin avant que le notoire Nazi Dr. Mengele ne s'y inspire pour commetre des atrocités sur prisoniers des camps de concentration.
Piste d' intérêt général évident, face à ce type d'atrocités inhumaines monstrueuses, à creuser de manière plus précise.
Mais il semble qu'il y aurait aussi quelqu'un, du secteur "médical" qui serait dévenu No 2 ou presque au régime d' Ataturk ensuite, et qui aurait été encore plus impliqué aux atrocités du génocide arménien et autres : Il s'agirait d' un pseudo-"médecin" auquel on donna le titre de "ministre de l'intérieur" ou "de la santé", etc.
En tout cas, merci pour l' info que vous avez trouvée.
Bien à vous.
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Entre autres questions, il révèle des faits qui montrent l'existence de rapports même personnels entre deux bourreaux Turcs pseudo-"Médécins" de l'époque du Génocide Arménien, avec certains secteurs à Berlin avant que le notoire Nazi Dr. Mengele ne s'y inspire pour commetre des atrocités sur prisoniers des camps de concentration.
Piste d' intérêt général évident, face à ce type d'atrocités inhumaines monstrueuses, à creuser de manière plus précise.
Mais il semble qu'il y aurait aussi quelqu'un, du secteur "médical" qui serait dévenu No 2 ou presque au régime d' Ataturk ensuite, et qui aurait été encore plus impliqué aux atrocités du génocide arménien et autres : Il s'agirait d' un pseudo-"médecin" auquel on donna le titre de "ministre de l'intérieur" ou "de la santé", etc.
En tout cas, merci pour l' info que vous avez trouvée.
Bien à vous.
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Génocide arménien
Maintenant que vous me le dites il y eût en effet deux autre médecins répondant aux critères que vous énoncez, le Dr. Refik Saydam et le Dr.Tevfik Salim Sağlam. Le premier a bien été ministre de la Santé puis de l'Éducation sous Kémal et semble en effet être impliqué dans une sombre affaire ayant trait à des juifs fuyant les nazis alors que le second a fait injecter aux soldats arméniens de l'armée ottomane du sang contaminé de patients atteints de typhoïde.
Pour en savoir plus sur le recyclage des criminels turcs au sein de la République turque: http://www.turquie-memoire.com/recyclage.html.
Cordialement,
Franck[/align]
Pour en savoir plus sur le recyclage des criminels turcs au sein de la République turque: http://www.turquie-memoire.com/recyclage.html.
Cordialement,
Franck[/align]
Génocide arménien
[align=justify]La question de la Turquie étant de nouveau au coeur de l'actualité, je recommande à tous la lecture du poignant ouvrage du Père Jacques Rhétoré, un dominicain français pris en otage par les turcs avec les PP. Marie-Dominique Berré et Hyacinthe Simon Mardin à Mardin en 1915, au moment du déclenchement du génocide arménien. Intitulé Les Chrétiens aux bêtes. Souvenirs de la guerre sainte proclamée par les Turcs contre les chrétiens en 1915., ce récit qui vient tout juste d'être publié aux éditions du Cerf jette un regard sans concession sur la barbarie ottomane est est riche en enseignements à l'heure où la Turquie négationniste frappe à la porte de l'Europe.[/align]
Génocide arménien
Je viens de lire un texte intéressant, une allocution du grand écrivain turc, Orhan Pamuk, en faveur de l'entrée de son pays dans l'Union. Précisons aussi que cet homme est en butte à des pressions nationalistes dans son pays : il risque la prison pour avoir parlé du génocide arménien. On ne saurait donc l'accuser d'être un ennemi de la vérité et de la justice.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 065,0.html
Qu'en pensez-vous ? Là, comme ça, il apparaît comme quelqu'un que j'aime bien.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 065,0.html
Qu'en pensez-vous ? Là, comme ça, il apparaît comme quelqu'un que j'aime bien.
Génocide arménien
[align=justify]Bonsoir,
Je viens d'apprendre qu'un prêtre catholique italien âge de 60 ans, le père Andrea Santaro, venait d'être abattu dans son église à Trébizonde. Lorsqu'on sait comment ont terminé les chrétiens vivant dans cette ville - emmenés sur des embarcations au large de la mer Noire puis noyés sans autre forme de procès, on se dit que certains réflexes ont la vie dure en Turquie. Comment peut-on décemment accepter qu'un pays où la liberté religieuse est un vain mot entre au sein de l'Union Européenne?[/align]
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Il y a 90 ans déjà...
Franck
Je viens d'apprendre qu'un prêtre catholique italien âge de 60 ans, le père Andrea Santaro, venait d'être abattu dans son église à Trébizonde. Lorsqu'on sait comment ont terminé les chrétiens vivant dans cette ville - emmenés sur des embarcations au large de la mer Noire puis noyés sans autre forme de procès, on se dit que certains réflexes ont la vie dure en Turquie. Comment peut-on décemment accepter qu'un pays où la liberté religieuse est un vain mot entre au sein de l'Union Européenne?[/align]
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[/align]Il y a 90 ans déjà...
PaXBiographie du Bienheureux Mgr Maloyan, martyr de la foi, issue du site du Vatican a écrit :Le 3 juin 1915, des officiers turcs traînèrent Mgr Maloyan devant le tribunal avec 27 membres de la communauté. Là, Mamdouh Bey, chef de la gendarmerie, demanda à l'évêque de lui remettre les armes cachés chez lui. Le prélat lui répondit qu'il fut toujours un citoyen fidèle au gouvernement et que le Sultan, en guise de mérite, lui avait décerné une haute distinction honorifique. Mamdouh Bey lui proposa alors d'embrasser l'Islam pour avoir la vie sauve. Le prélat lui répondit avec véhémence qu'il n'allait jamais renier Jésus ni trahir l'Église et que c'était un bonheur pour lui de subir pour le Christ tous les sévices, même la mort. Alors, un des soldats le gifla brutalement. Mamdouh Bey, lui asséna des coups violents à la tête avec la crosse de son revolver. À chaque coup, il disait: «Seigneur, prends pitié, Seigneur fortifie-moi». Croyant sa mort imminente, il cria d'une voix forte: «Qui d'entre vous, mes chers Pères, m'entend, qu'il me donne l'absolution». Après cela, les soldats lui arrachèrent les ongles des orteils et le forcèrent à marcher.
À Chikhane, Mamdouh Bey lut à haute voix la sentence suivante: «L'État vous a accordé beaucoup de bienfaits...; en retour, vous avez trahi le pays. C'est pourquoi vous êtes condamnés à mort. Cependant, si quelqu'un devient musulman il sera libéré et rentrera à Mardine. Sinon, la sentence sera exécutée. Soyez prêts à exprimer votre dernière volonté».
Mgr Maloyan, au nom de tous, répondit: «Nous n'avons jamais été infidèles à l'État... mais si vous voulez nous demander d'être infidèles à notre religion, cela jamais, au grand jamais». Et tous les présents répondirent: «Cela jamais». «Nous mourrons, ajouta Maloyan, mais nous mourrons pour le Christ». Un fidèle s'approcha des soldats et leur lança: «Tuez-moi, et vous allez voir comment meurt un Chrétien pour sa foi».
Le Confesseur inébranlable se mit à genoux, tous firent de même. Il pria le Seigneur de leur accorder la force et le courage pour être dignes de la palme du martyre. Les prêtres accordèrent à tous l'absolution. Ce qui provoqua l'étonnement des soldats turcs ce fut la paix et le bonheur qui jaillissaient de leurs visages. Ils étaient heureux de mourir pour le Christ.
Mamdouh s'approcha de Mgr Maloyan et, pour une dernière fois, lui proposa l'Islam. Celui-ci lui répondit: «Ta demande m'étonne. Je t'avais dit précédemment que je vis et meurs pour ma véritable foi. Je me glorifie en la Croix de mon Seigneur et Dieu». Mamdouh furieux dégaîna son revolver et fit feu. La balle lui traversa la nuque. Il tomba par terre et, avant de rendre l'âme, il s'exclama: «Seigneur, prends pitié de moi, entre tes mains je remets mon esprit».
Franck
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jean_droit
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Génocide arménien
Du Salon Beige :
..............
L'inévitable disparition des chrétiens de Turquie
Raphaël Stainville, journaliste au Figaro Magazine et à Valeurs Actuelles, avait effectué il y a quelques annés un pèlerinage à pied de Paris à Jérusalem, qui a fait l'objet d'un premier ouvrage, J'irai prier sur ta tombe... A pied, de Paris à Jérusalem. Traversant la Turquie au cours de ce pèlerinage, il a trouvé dans un monastère le manuscrit d'un missionnaire français, le père Rigal, témoin du massacre des Arméniens en Cilicie en 1909, qui fait l'objet d'un nouvel ouvrage, Pages de sang, dont la sortie est prévue le 1er mars.
Le récit poignant du massacre des chrétiens arméniens par les Turcs ne passe pas sous silence les horreurs :
"Des Arméniens furent cloués en croix sur les planchers, les tables, les portes ; des jeunes filles enlevées, violées ou éventrées à coups de couteau ; des femmes et des enfants écorchés vifs ; d'indicibles crimes perpétrés sur des fillettes de sept ou huit ans. Les bourreaux promenaient des enfants piqués au bout de baïonnettes, jonglaient avec des têtes fraîchement coupées ; sous les yeux des parents ligotés, ils lançaient en l'air de petits enfants et les recevaient à la pointe de leurs coutelas, quand ils ne faisaient pas retomber à terre leur corps tout disloqué.
Aux victimes, on coupait les doigts des pieds et des mains ; on faisait sauter l'oeil droit avec un poignard ; on leur tailladait les oreilles ; on leur sciait le cou jusqu'à la carotide sans la toucher. Puis on les frappait à coups de gourdins hérissés de clous..."
Pourquoi ressortir ces monstruosités que l'on aimerait enfouies dans un passé lointain ? Parce que cette tragédie, poursuit l'auteur, n'est pas passée. Elle est contemporaine :
"[S]i le génocide arménien avait connu plusieurs développements successifs comme autant de crises, la disparition programmée des chrétiens progressait par phases lentes et souvent silencieuses. [...] Dans la pratique, les cent mille chrétiens de Turquie continuaient d'être victimes de discrimination et d'injustice, victime d'une "christianophobie" institutionnelle pas si différente que celle qui existe dans d'autres pays plus ostensiblement musulmans. De très nombreux biens immobiliers des différentes communautés chrétiennes avaient été récemment confisqués par l'Etat turc. [...] La Turquie chrétienne vit un interminable martyre. [...] Les chrétiens sont en sursis."
Michel Janva
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L'inévitable disparition des chrétiens de Turquie
Raphaël Stainville, journaliste au Figaro Magazine et à Valeurs Actuelles, avait effectué il y a quelques annés un pèlerinage à pied de Paris à Jérusalem, qui a fait l'objet d'un premier ouvrage, J'irai prier sur ta tombe... A pied, de Paris à Jérusalem. Traversant la Turquie au cours de ce pèlerinage, il a trouvé dans un monastère le manuscrit d'un missionnaire français, le père Rigal, témoin du massacre des Arméniens en Cilicie en 1909, qui fait l'objet d'un nouvel ouvrage, Pages de sang, dont la sortie est prévue le 1er mars.
Le récit poignant du massacre des chrétiens arméniens par les Turcs ne passe pas sous silence les horreurs :
"Des Arméniens furent cloués en croix sur les planchers, les tables, les portes ; des jeunes filles enlevées, violées ou éventrées à coups de couteau ; des femmes et des enfants écorchés vifs ; d'indicibles crimes perpétrés sur des fillettes de sept ou huit ans. Les bourreaux promenaient des enfants piqués au bout de baïonnettes, jonglaient avec des têtes fraîchement coupées ; sous les yeux des parents ligotés, ils lançaient en l'air de petits enfants et les recevaient à la pointe de leurs coutelas, quand ils ne faisaient pas retomber à terre leur corps tout disloqué.
Aux victimes, on coupait les doigts des pieds et des mains ; on faisait sauter l'oeil droit avec un poignard ; on leur tailladait les oreilles ; on leur sciait le cou jusqu'à la carotide sans la toucher. Puis on les frappait à coups de gourdins hérissés de clous..."
Pourquoi ressortir ces monstruosités que l'on aimerait enfouies dans un passé lointain ? Parce que cette tragédie, poursuit l'auteur, n'est pas passée. Elle est contemporaine :
"[S]i le génocide arménien avait connu plusieurs développements successifs comme autant de crises, la disparition programmée des chrétiens progressait par phases lentes et souvent silencieuses. [...] Dans la pratique, les cent mille chrétiens de Turquie continuaient d'être victimes de discrimination et d'injustice, victime d'une "christianophobie" institutionnelle pas si différente que celle qui existe dans d'autres pays plus ostensiblement musulmans. De très nombreux biens immobiliers des différentes communautés chrétiennes avaient été récemment confisqués par l'Etat turc. [...] La Turquie chrétienne vit un interminable martyre. [...] Les chrétiens sont en sursis."
Michel Janva
Obama se met la Turquie à dos...
05-03-2010 11:49
Génocide arménien : tension entre Ankara et Washington
La Turquie rappelle son ambassadeur à Washington après l'adoption d'une résolution aux Etats-Unis sur le génocide arménien.
Le président américain Barack Obama et le président turc Abdullah Gül le 6 avril 2009 à Ankara.
Photo : Mandel Ngan/AFP
Les relations sont tendues entre Ankara et Washington, après que la commission de la Chambre des représentants américaine a adopté une résolution sur la reconnaissance du génocide arménien.
La Turquie a aussitôt rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis "pour consultations" et a dénoncé une résolution "qui accuse la nation turque d'un crime qu'elle n'a pas commis".
Le président turc Abdullah Gul a également condamné la résolution : elle n'a "aucune valeur aux yeux du peuple turc", a-t-il dit avant de mettre en garde : "La Turquie ne sera pas responsable des conséquences négatives que ce vote pourrait avoir dans tous les domaines".
"Manque de vision stratégique"
Selon Ankara, ce vote montre "un manque de vision stratégique" parmi les élus américains, alors que les deux pays "travaillent ensemble sur un large éventail de questions". Une référence implicite au dossiers internationaux en cours. La Turquie, alliée de longue date de l'OTAN, joue un rôle important dans les intérêts américains au Moyen-Orient et en Afghanistan, ainsi que dans la médiation face à Téhéran dans le dossier du nucléaire iranien.
Hillary Clinton avait prévenu que un tel vote "pourrait dresser des obstacles devant la normalisation des relations" entre la Turquie et l'Arménie.
Une question déjà sensible entre les deux pays
Le texte qui n'a pas encore force de loi, appelle le président Obama à "qualifier de façon précise l'extermination systématique et délibérée de 1.500.000 Arméniens, de génocide".
Ankara réaffirme sa position selon laquelle les massacres d'Arméniens à l'époque de l'Empire ottoman devaient être étudiés par des historiens sur la base d'archives et de documents précis et non par des politiques.
Ce texte ravive des tensions déjà engagées en 2007. La Turquie avait alors rappelé son ambassadeur à Washington lorsque ce même comité parlementaire avait approuvé une résolution similaire. A l'époque, le président George W. Bush avait empêché que le texte soit soumis à l'ensemble des élus du Congrès.
Génocide arménien : tension entre Ankara et Washington
La Turquie rappelle son ambassadeur à Washington après l'adoption d'une résolution aux Etats-Unis sur le génocide arménien.
Le président américain Barack Obama et le président turc Abdullah Gül le 6 avril 2009 à Ankara.
Photo : Mandel Ngan/AFP
Les relations sont tendues entre Ankara et Washington, après que la commission de la Chambre des représentants américaine a adopté une résolution sur la reconnaissance du génocide arménien.
La Turquie a aussitôt rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis "pour consultations" et a dénoncé une résolution "qui accuse la nation turque d'un crime qu'elle n'a pas commis".
Le président turc Abdullah Gul a également condamné la résolution : elle n'a "aucune valeur aux yeux du peuple turc", a-t-il dit avant de mettre en garde : "La Turquie ne sera pas responsable des conséquences négatives que ce vote pourrait avoir dans tous les domaines".
"Manque de vision stratégique"
Selon Ankara, ce vote montre "un manque de vision stratégique" parmi les élus américains, alors que les deux pays "travaillent ensemble sur un large éventail de questions". Une référence implicite au dossiers internationaux en cours. La Turquie, alliée de longue date de l'OTAN, joue un rôle important dans les intérêts américains au Moyen-Orient et en Afghanistan, ainsi que dans la médiation face à Téhéran dans le dossier du nucléaire iranien.
Hillary Clinton avait prévenu que un tel vote "pourrait dresser des obstacles devant la normalisation des relations" entre la Turquie et l'Arménie.
Une question déjà sensible entre les deux pays
Le texte qui n'a pas encore force de loi, appelle le président Obama à "qualifier de façon précise l'extermination systématique et délibérée de 1.500.000 Arméniens, de génocide".
Ankara réaffirme sa position selon laquelle les massacres d'Arméniens à l'époque de l'Empire ottoman devaient être étudiés par des historiens sur la base d'archives et de documents précis et non par des politiques.
Ce texte ravive des tensions déjà engagées en 2007. La Turquie avait alors rappelé son ambassadeur à Washington lorsque ce même comité parlementaire avait approuvé une résolution similaire. A l'époque, le président George W. Bush avait empêché que le texte soit soumis à l'ensemble des élus du Congrès.
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