LES SECRETS DE LA VICTOIRE
[/size]1° La foi. - Hœc est victoria quœ vincit mundum, (fides nostra (1ère ep. de Saint Jean v. 4). La foi est le premier secret des victoires apostoliques, des triomphes de l'Église sur les ténèbres sorties des portes de l'enfer ; c'est en elle d'abord que tous les fidèles disciples de Jésus-Christ ont puisé leur force invincible.
C'est la foi, mais revêtue des qualités que voici :
A. - La foi pure et intégrale dans la vérité révélée de Dieu, enseignée par son Église, sans diminution, sans altération.
Altérée ou diminuée, la vérité perd sa force, elle ne soutient plus le chrétien ; il chancelle, il est hors de combat. Dans une allocution à l'occasion de la Béatification de Jeanne d'Arc; Pie X s'exprimait ainsi : " De nos jours plus que jamais, la force principale des mauvais, c'est la lâcheté et la faiblesse des bons, et tout le nerf du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens ".
D'où vient cette faiblesse,? ,
"Il y aura du courage, ajoute le Saint Père, quand la foi sera vive dans les cœurs... Le courage n'a de raison d'être que s'il a pour basé une conviction ".
Ce qui manque le plus, c'est en effet cette conviction qui est fondée sur la parole de Dieu, sur la Vérité.
" Si la génération actuelle a toutes les incertitudes et toutes les hésitations de l'homme qui marche à tâtons, c'est le signe évident qu'elle ne tient plus compte de la parole de Dieu, flambeau qui guide nos pas et lumière qui éclaire nos sentiers : lucerna pedibus meis verbum tuum et lumen semitis meis (ps. 118) ". Aujourd'hui, les erreurs libérales, si répandues, font perdre au chrétien la vraie notion de la Souveraineté de Dieu, elles obscurcissent son esprit, énervent sa volonté : elles ne sont aptes qu'à dissoudre ses forces morales.
B. La foi qui opère par la charité. Fides quœ per caritatem operatur. Les œuvres de la charité sont celles que prescrit ou conseille la loi de Jésus-Christ, dont la charité est la plénitude.
Sans la charité, les œuvres de la bienfaisance elles-mêmes n'ont aucune valeur pour la gloire de Dieu, aucun prix pour l'éternité. " Quand j'aurais une foi à transporter les montagnes, quand je donnerais tous mes biens aux pauvres, quand je livrerais mon corps au feu, si je n'ai la charité, tout cela ne me sert de rien. " (1ère Ép, aux Cor. XIII 4).
C. - La foi militante contre le mensonge. Quand l'ennemi prétend s'introduire partout et imposer à tous sa dictature, il est nécessaire de résister, il faut combattre. Or la Révolution, qui, avant tout, est une doctrine de mensonge, aspire à cette domination. Elle s'applique à faire pénétrer dans tous les esprits ses Droits de l'Homme, et elle y établit son règne à la faveur des ténèbres. La foi vigilante ne dépose pas les armes de la lumière, c'est-à-dire de la vérité, dont elle a été pourvue ; elle ne saurait oublier que les chrétiens sont nés pour le combat. (Léon XIII).
D. - La foi qui transporte les montagnes, parce qu'elle obtient tout du Dieu tout-puissant. C'est elle qui nous fait crier sans cesse vers Lui comme ses mendiants : mendici - Dei sumus ; dit Saint Augustin - mendiants qui sont nés enfants d'un Père infiniment bon, toujours disposé à les entendre favorablement ; foi qui a reçu de Jésus-Christ les plus magnifiques promesses !
Par cette foi doit être combattu et chassé des esprits le démon de la Révolution. C'est une œuvre plus salutaire, donc plus nécessaire encore que la délivrance du corps des possédés. A ce démon convient très bien ce que dit Saint Bède le Vénérable commentant la parole de Jésus relative à la foi qui transporte les montagnes et les jette dans la mer (S. Math. XXI. 2i) : " Par ce nom de montagne on entend quelquefois le diable, à cause de son orgueil qui l'a mis en révolte contre Dieu. "
par le R. P. HENRI HELLO,
Docteur en Théologie, Prêtre des Frères de Saint Vincent de Paul.
Nihil obstat
