Répondre à une attaque courante des athées

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La Chartreuse
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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Le fait de vieillir est en effet beaucoup plus traumatisant - les capacités physiques et intellectuelles diminuent, on passe littéralement entre des corbillards tous les mois, et l'on commence à s'angoisser. Je crois qu'en fait, mourir n'est pas grand chose mais souffrir et viellir, c'est un au sens commun !
Il me semble que pour les saints, la vieillesse n'était pas traumatisante. Par contre la mort qui apporte avec elle le jugement de Dieu était pour plusieurs un facteur d'angoisse. Pour eux, mourir était la grande chose.

Il est vrai que la vieillesse apporte avec elle la souffrance, la diminution de notre être auquel nous sommes fortement attaché, c'est peut-être cela qui fait souffrir, peut-être réalisons-nous mieux, à ce stade de la vie, notre misère et cette découverte nous angoisse.
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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Puisqu'on en est aux phrases " bateaux " des non croyants, il y en a une qui revient souvent : " vous les chrétiens, vous êtes une religion de résignés "
Cela m'a longtemps agacé, il me semble que j'ai une réponse qui me console bien et qui provoque chez certains des questionnements. : le chrétien n'est pas résigné, le malheur, la souffrance sont toujours un scandale, nous haïssons comme vous les épreuves mais elles prennent une dimensions spirituelle qui passe par les Ecritures Saintes.
Parmi vous il y a forcément des commentaires bien plus pertinents, je prend. Et m'en réjouis à l'avance.
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papillon
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etienne lorant a écrit :Le fait de vieillir est en effet beaucoup plus traumatisant - les capacités physiques et intellectuelles diminuent, on passe littéralement entre des corbillards tous les mois, et l'on commence à s'angoisser. Je crois qu'en fait, mourir n'est pas grand chose mais souffrir et viellir, c'est un au sens commun !
Oui, c'est vrai.
Mon père, qui est décédé à plus de 80ans est resté lucide jusqu'à la fin mais a vu progressivement , au fil des ans, dépérir toutes ses autres capacités physiques. Il ne se plaignait pas, semblait accepter la vie comme elle se présentait, mais il pouvait aussi en témoigner. "La vieillesse est un naufrage" nous a-t-il dit un jour. Et c'est un naufrage qui parfois s'éternise. Vieillir l'a fait souffrir, terriblement, mais il n'avait pas peur de la mort.
Lors de sa dernière hospitalisation, il m'est apparu comme un homme las d'attendre un train qui n'arrive plus.
Sur son lit d'hôpital, il a murmuré "que c'est long, mourir!"...
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papillon
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abbaruah a écrit :Puisqu'on en est aux phrases " bateaux " des non croyants, il y en a une qui revient souvent : " vous les chrétiens, vous êtes une religion de résignés "
Bonjour,
il y a une différence importante, je crois, entre l'acceptation et la résignation. Différence que je ne me sens pas apte à expliquer dans tous ses aspects mais que je crois comprendre dans son ensemble. La confusion est fréquente.

Je n'aime pas le mot 'résignation' qui me semble négatif et péjoratif. Il y a en effet, parmi certains chrétiens (et aussi les 'autres') une forme de résignation qui sent le misérabilisme (pôvre de moi, comme je souffre...), et qui est aussi utilisé pour s'assurer les bonnes grâces du Seigneur en reconnaissance d'avoir tant souffert.
Le résigné, à mon sens, n'accepte rien. Il s'écrase en rongeant son frein et en attendant le retour d'ascenseur.
Je ne sais pas si c'est une mauvaise compréhension du sacrifice chez certains chrétiens, je ne m'avancerai pas plus loin en cette matière, je ne me sens pas assez solide pour en parler, mais c'est sûr, j'ai souvent senti quelque chose de malsain chez beaucoup de 'résignés'.

L'acceptation, à ce que j'en comprends, est tout autre.
Je ne cois pas, Abbaruah, que la souffrance et le malheur sont un scandale.Ils font partie de la vie, tout simplement.
Pour ce qui est de la cruauté, la méchanceté, la souffrance qu'on inflige à notre prochain, oui c'est un scandale, mais le scandale est du côté de celui qui inflige le mal et de ses actes. La soufrance en elle-même n'est pas un scandale.
Comme disait un sage du Vedanta: " La mort n'est jamais une calamité". Même quand un homme est tué? lui demanda-t-on? "La calamité appartient au tueur" .
Pour ce qui est de la souffrance qui nous est infligée par la vie ( accidents, maladie, etc), il ne faut pas la haïr, je ne la haïs pas , pas plus que je ne m'y complais. Elle fait partie de la vie que Dieu nous a donnée, et j'aime la vie qu'Il m'a donnée. On ne comprend pas , en général, pourquoi elle nous arrive, un jour, alors qu'on ne l'attendait pas.
L'accepter consiste à l'accueillir simplement, s'abandonner à Dieu, à Sa volonté, et faire de son mieux en toute confiance. J'ai compris, avec le temps, qu'il n'était pas nécessaire que je comprenne tout. Si je regarde bien ce qui s'est passé, je vois tout simplement que les épreuves que j'ai connues m'ont fait grandir.
Accepter la souffrance n'est pas s'y résigner, et n'est pas non plus l'apanage des chrétiens, mais le chrétien peut très certainement y trouver tout son sens.
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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Non le chrétien n'est pas résigné ! La plupart du temps, il est possible de tracer une ligne droite entre tous les "points sombres" de nos vies d'un côté, et les progrès spirituels obtenus par ces épreuves. Dans ma propre existence, il est clair (entre autres événements) que j'ai cessé de fumer après m'être engagé à suivre une méthode de vie intérieure proposée par les Soeurs de Cracovie. Or, si j'ai adhéré à ce mouvement (Jésus miséricordieux), c'est parce que (évidemment) j'ai envoyé une carte d'adhésion. Mais, si j'ai signé, c'est parce que j'ai fait une retraite - un mois dans ma chambre avec le "Petit Journal de sainte Faustine". Et j'ajoute: comme je suis toujours très "bouillant et actif", je n'aurais jamais fait retraite... si je ne m'étais pas cassé un orteil le 1er janvier 2004. Mon orteil lui aussi a guéri... aucune trace de cet incident, mais si ma formation théologique n'avait pas comporté l'exigence de la méditation quotidienne de l'Evangile, je ne me serais jamais inscrit sur ce forum... Les voies du Seigneur sont impénétrable, mais elles permettent parfois d'être explorées... Merci mon Dieu, pour toutes ces grâces !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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papillon a écrit :
abbaruah a écrit :Puisqu'on en est aux phrases " bateaux " des non croyants, il y en a une qui revient souvent : " vous les chrétiens, vous êtes une religion de résignés "
Bonjour,
il y a une différence importante, je crois, entre l'acceptation et la résignation. Différence que je ne me sens pas apte à expliquer dans tous ses aspects mais que je crois comprendre dans son ensemble. La confusion est fréquente.
Les deux termes sont souvent confondus, comme s'ils étaient équivalents.

Mais si on regarde la définition on s'aperçoit que

Se résigner à : subir sans protester qqch. qui paraît de toute façon inévitable.

Accepter: vouloir, concorde , union

Moi cala m'aide à saisir la différence, je me résigne à quelque chose d'inévitable, comme la mort d'un des miens, car je ne peux faire autrement.

J'accepte la mort d'un des miens, avec la même volonté que celle de Dieu qui l'envoie, unie très intimement à cette volonté Divine.

Je pense que la résignation c'est bien, car elle éloigne la révolte contre la volonté divine, mais l'acceptation est plus parfaite car elle unie les deux volontés, notre volonté se perd dans celle de Dieu. A mon sens, cela est la perfection de l'amour.

La souffrance n’est pas un mal, mais un bien, de fait, elle est une grâce qui nous rend semblables à Jésus et nous permet d’expier nos péchés en union avec ses mérites infinis!

La souffrance bien acceptée par amour pour Dieu nous permet aussi de sauver beaucoup d’âmes!
Le salut de l’homme dépend de sa conformité et de son acceptation à la volonté divine!
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

Message non lu par abbaruah »

Si je résume : la souffrance n'est pas nécessaire mais lorsqu'elle arrive, elle peut devenir utile ( d'un point de vue Chrétien)
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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abbaruah a écrit :Si je résume : la souffrance n'est pas nécessaire mais lorsqu'elle arrive, elle peut devenir utile ( d'un point de vue Chrétien)
Lorsqu'elle est offerte par amour, oui, elle prend un sens et a une valeur salvifique. Comme le dit Paul Claudel : "Dieu n'est pas venu supprimer la souffrance. Il n'est même pas venu l'expliquer. Mais il est venu la remplir de sa présence."
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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Je vais apporter mon avis à l'édifice :cool:

La citation à la base de ce topic reflète ce que je pense également, mais de façon incomplète. C'est-à-dire que oui j'estime que la souffrance, les malheurs de la vie et le spectre de la mort contribuent fortement à la croyance de nombreux religieux. Ce qui peut se comprendre evidemment. La mort d'un proche, la maladie, les accidents, la misère economique/affective/sociale sont autant de moteurs eventuels à une conversion à l'âge adulte. Ca ne veut pas dire cela dit que ce sont les seuls moteurs de conversion, mais ils existent et sont fréquents, car dans ces moments là, la religion est la seule chose qui puisse répondre à un besoin très spécifique: celui d'une justification. "Pourquoi?"

Là où ne pas croire en dieu ne peut que nous mettre face aux injustices du monde et de la vie, la religion justifie leur existence comme autant d'épreuves à traverser et nous promet un monde meilleur quand arrivera la fin, pour peu qu'on ait été sage. Comment ne pas vouloir se laisser séduire?
Comment préférer penser qu'un type puisse naître avec la mucoviscidose et avoir une vie de merde de façon injuste, sans que rien ne le justifie, plutôt que la récompense du paradis après sa mort pour peu d'avoir suivi la religion? L'option père noël est la plus tentante, avouons le. A partir de là, il est logique que beaucoup la préfère à la première.
D'une certaine manière c'est même choisir la facilité: vu que ces injustices sont justifiées, il n'y a plus vraiment besoin d'y remédier.
Même si des organismes charitatifs chrétiens existent pour aider les pauvres par exemple, force est de constater que quelque chose est génant dans cette charité chrétienne selon moi. En tant qu'athée, si je choisis d'aider, je le fais en mon âme et conscience, pour faire le bien et eventuellement pour mon égo, ma satisfaction personnelle. Mais qu'en est-il du croyant? Sans dire qu'un croyant n'est pas altruiste, ne peut-on pas penser qu'il y a finalement une part de lui qui attend un petit bout de récompense après une bonne action? Un petit bout de son ticket pour le paradis? Je ne pretend pas le savoir, mais je m'imaginerais difficilement, si j'etais croyant, pouvoir me détacher de cette épée de Damoclès au dessus de la tête qu'est le jugement. Et par conséquent, je vois difficilement comment un croyant peut être capable de bonnes actions purement désinteressées.

Bref, pour revenir au sujet, c'est pourquoi je pense en effet que malheurs et mort sont un duo de facteurs essentiel dans la croyance de nombreux religieux, même si ce ne sont très probablement pas les seuls! :)
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

Message non lu par Raistlin »

Talneor a écrit :Bref, pour revenir au sujet, c'est pourquoi je pense en effet que malheurs et mort sont un duo de facteurs essentiel dans la croyance de nombreux religieux, même si ce ne sont très probablement pas les seuls!
Avez-vous seulement fait l'effort de lire ce que nous avons écrit pour réfuter cet argument ? Parce qu'il serait fatiguant de répéter ce que nous avons déjà dit.

Merci donc de nous lire puis, pour faire avancer le débat, de dire en quoi vous n'êtes pas d'accord plutôt que de répéter ad nauseam ce que nous n'avons déjà entendu.

Merci.
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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J'ai lu, mais désolé vous avez tous papoté sur deux pages en vous basant pour la réfuter sur une affirmation effectivement dénuée d'argumentation à la base.
Je me suis simplement contenté dans un premier temps de la reprendre et d'y apporter le raisonnemment qu'elle méritait, et qui n'était pas présent sur le post d'origine de ce topic.
Donc non je n'ai pas fait que répéter, je viens d'exposer un certains de point de vue rationel sur divers aspect de la question, j'attends donc qu'ils soient contredit.

Il n'y a que votre premier post, auquel je vais d'ailleurs répondre, Raistling, qui selon moi avance quelques arguments contre la thèse avancée. Dans le reste des posts j'ai pas vu grand chose en rapport direct avec la question du sujet selon moi. Plus des digressions qu'autre chose.

Donc je vous répond :p
Raistlin a écrit :
antoinemarie a écrit :"La religion est une échappatoire pour les personnes qui ont une vie difficile et qui espèrent à tort qu'il y aura une vie de béatitude après la mort."
C'est un argument idiot pour les raisons suivantes :
:arrow: Beaucoup de catholiques se sont convertis non pas par peur de quoique ce soit mais par la rencontre avec Dieu. Et sans même avoir une vie difficile. Parfois même, ils ont opté pour une vie bien plus difficile après leur conversion pour mieux servir Celui qu'ils avaient rencontré : voyez saint François d'Assise par exemple.
:arrow: L'Histoire du peuple Élu montre que celui-ci ne croyait pas, au moins à ses débuts, à une béatitude après la mort (vous n'avez qu'à lire l'Ancien Testament pour vous en rendre compte). Il est donc faux de dire que la religion judéo-chrétienne est issue de cette peur de la mort.
:arrow: Il est absurde de reprocher à certains la peur de la mort et la recherche de la vérité à ce sujet. En effet, les athées feraient bien mieux de se poser la question du pourquoi de cette peur de la mort (aucun animal ne vit dans une telle angoisse). Il est donc normal de chercher à y répondre, c'est même la seule attitude intelligente. La plupart de ceux qui se disent "athées" ne font que nier ce qu'ils éprouvent au plus profond d'eux-mêmes. En fait, ils refusent même d'y réfléchir ce qui est absurde.
:arrow: Enfin, la béatitude au Ciel est effectivement une promesse de bonheur éternel et sans mesure. Est-ce anormal que certains soient séduits par cette idée ? Non, car c'est ce à quoi chacun aspire. L'anormalité, c'est plutôt de se dire que, malgré notre désir pronfondément ancré de bonheur éternel, il faut surtout ne pas s'y intéresser. Les athées, en toute logique, devraient pourtant savoir que la Nature ne produit pas de désir qu'elle ne peut satisfaire. Si donc l'Homme est pur produit de la Nature et qu'il désire à ce point le bonheur qui ne finit pas et qui ne lasse pas, c'est que cela doit bien être possible de l'atteindre. Mais, oh surprise !, la Nature est incapable de satisfaire ce besoin.
:arrow: La plupart des témoignages de conversion que j'ai vu confortent plutôt au contraire la thèse athée. Les raisons principales étant souvent: traumatisme dans la vie / dégoût des injustices de la vie, et le besoin de réconfort et d'explication associé à ces expérience, abouttissant ainsi à une conversion. Après encore une fois il y a la question du point de vue: le mec qui frôle la mort dans un accident, vous appellez peut-être ça une rencontre avec dieu, moi j'appelle ça un traumatisme...

:arrow: Argument innaproprié par rapport à MA définition de la thèse, à savoir que le malheure et la mort sont des moteurs essentiels de conversions, et ce vis-à-vis de toutes les religions. Donc je passe.

:arrow: Deux choses: d'une part, comment pouvez-vous être certains qu'aucun animal existant à part l'homme ne ressente la peur de la mort?
D'autre part, si on part du postulat que l'homme est le seul à la ressentir, et bien il la ressent peut-être tout simplement parce qu'il est conscient de son existence et de son caractère mortel, contrairement à l'animal (si l'on adhère à votre vision bilatérale homme conscient =/= animal "machine"). Personnellement je n'y adhère pas: de nombreuses découvertes scientifiques attestent d'un certains état de conscience chez certains vertebrés (comme par hasard un groupe auquel nous appartenons), puisque des individus d'espèces comme les dauphins ou les éléphants sont capables de se reconnaître dans un miroir. Ils ont donc conscience d'eux-même, sans doute pas de la même façon de nous, c'est diffice à dire; mais en tout cas rien n'exclu qu'ils puissent eux aussi craindre la mort.

:arrow: Concernant ce dernier point, j'ai notemmment expliqué dans mon post précedent que l'athée de par son caractère réaliste face aux injustices du monde, est sans doute naturelllement plus enclin à les combattre que ne l'est le croyant, qui les justifiera plus facilement et y verra même parfois une fatalité divine.
Quant au dernier passage, vous ne prouvez rien hein, d'autant plus que vous confondez désir et besoin. Si effectivement la nature génère en nous des besoins et fournit de quoi les satisfaire, ces besoins sont intrinsèquement différents des désirs, qui eux résultent... de quoi résultent-ils finalement? Selon vous de Dieu. Selon moi uniquement de notre état de conscience plus élaboré. Et encore une fois, on ignore totalement si certains animaux peuvent éprouver des désirs.
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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@ Talnéor,

Bonjour,

j'ai 52 ans, je suis enseignant, je suis entouré d'athées depuis le début de ma carrière et vous pensez bien que ce que vous écrivez, je l'ai déjà entendu bêtement seriné ou intelligemment développé depuis fort longtemps.
Et je suis toujours croyant, et d'ailleurs plus que jamais.
Je ne reprendrai donc pas les bouts d'arguments que vous développez mais je vais papoter et ajouter quelques "digressions" à celles que vous trouvez inutiles, moi elles me feront du bien.

... l'éventualité qu'un Dieu existe est une éventualité fort raisonnable puisque, pour reprendre mon premier commentaire publié dans ce fil, son inexistence ne peut se prouver, de la même manière qu'on ne pourra jamais prouver l'existence du néant.
Alors pourquoi je me priverais du réconfort d'un Etre qui existe raisonnablement ?
Cela dit, j'accepte les raisonnements qui peuvent conduire au néantisme lorsqu'ils sont bien articulés.

... A propos de néantisme, je réfute l'appellation d'a-thée car il s'agit aujourd'hui d'un étiquetage commode dont le "a" privatif dispense de la charge de la preuve. Les "sans Dieu" se définissent donc commodément par rapport à des "avec Dieu" qui auraient à prouver l'existence de ce Dieu.
Je tiens à préciser cependant que l'athéisme correspond pour moi à une démarche historique qui fut courageuse en son temps et dont je ne réfute pas les conséquences fécondes mais aujourd'hui il ne s'agit bien souvent que de l'expression d'un formatage pseudo-scientifique contemporain qui recouvre une norme matérialiste et conformiste.
... Ah la la la la ... il y a beaucoup de conformisme dans vos propos.
Surprise-me !

... Le néantiste serait plus ferme et plus couillu devant l'épreuve que le théiste ? La citation de Chesterton que j'ai choisie en signature me pousse à croire le contraire.

... Je regarde la Mort en face, merci ça va bien pour moi et ce n'est pas elle que je crains mais plutôt la vieillesse, pour reprendre certains messages précédents.

- Et ce n'est pas la peur de la Mort qui fait que je crois, mais plutôt ma capacité à éprouver de l'émotion, de l'enthousiasme, de l'affection, du lien, du rire, du sourire, et surtout de l'émerveillement.
- Et mon tempérament me conduit à penser que ce n'est pas la peur de l'orage qui a conduit les premiers hommes à inventer des divinités mais bien le sublime arc-en-ciel qui lui fait suite...

... Quant à la conscience...
Je vais vous faire un aveu : Ce n'est pas le fait d'être conscient qui m'émerveille, me passionne ou me questionne mais bien la faculté d'être conscient que je suis conscient, ce qui dans la logique de l'évolution, n'était pas gagné d'avance.
Comprenne qui peut. :)

Merci de m'avoir autorisé ces digressions nocturnes et insomniaques.
Au-delà de deux commentaires par jour, c'est l'égo qui prime, l'échange devient second.
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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Talneor a écrit :Là où ne pas croire en dieu ne peut que nous mettre face aux injustices du monde et de la vie, la religion justifie leur existence comme autant d'épreuves à traverser et nous promet un monde meilleur quand arrivera la fin, pour peu qu'on ait été sage. Comment ne pas vouloir se laisser séduire?

Même si des organismes charitatifs chrétiens existent pour aider les pauvres par exemple, force est de constater que quelque chose est génant dans cette charité chrétienne selon moi. En tant qu'athée, si je choisis d'aider, je le fais en mon âme et conscience, pour faire le bien et eventuellement pour mon égo, ma satisfaction personnelle. Mais qu'en est-il du croyant? Sans dire qu'un croyant n'est pas altruiste, ne peut-on pas penser qu'il y a finalement une part de lui qui attend un petit bout de récompense après une bonne action? Un petit bout de son ticket pour le paradis? Je ne pretend pas le savoir, mais je m'imaginerais difficilement, si j'etais croyant, pouvoir me détacher de cette épée de Damoclès au dessus de la tête qu'est le jugement. Et par conséquent, je vois difficilement comment un croyant peut être capable de bonnes actions purement désinteressées.
(J'espère ne pas avoir dénaturé vos propos en découpant votre post. J'ai découpé large et ai mis en gras les deux points qui m'ont interpellés)

- Je dirais que l'argument de la séduction n'est pas transcendant. "Comment ne pas vouloir se laisser séduire ?". Ah oui tiens, justement ? Comment fait l'énorme majorité des Français qui a coupé tout lien avec le christianisme ? Comment expliquer que les églises ne soient pas pleines ? C'est donc que tous ces gens ont surmonté leur peur de la mort, tous sont devenus des philosophes hors pair ? Je ne pense pas...et pourtant, malgré la peur que certains ont sûrement conservée, ils ne sont pas chrétiens. Quid alors de la "séduction" ?
De même que tous les athées ne sont pas des imbéciles n'ayant rien compris à la vie, de même tous les croyants ne sont pas de pauvres moutons apeurés. Vous me semblez (je me trompe peut-être) avoir une vision bien réductrice de la religion et des croyants.

Sur un plan plus "philosophique", on dirait à vous lire que vous "reprochez" aux croyants d'avoir fait le choix de la facilité (croire, est-ce un choix d'ailleurs ?), de ne pas faire face aux injustices du monde. Or, croire, c'est justement se mettre dans la m... Comment expliquer le mal, les injustices et croire en un Dieu bon ? Alors l'argument du "je suis athée donc courageux, j'affronte la vie quand les lâches croyants cherchent à la fuir", bof, bof*... C'est un peu le niveau zéro de l'analyse (que l'on peut retourner facilement si on veut jouer : "les athées évacuent Dieu par facilité. Pas de dieu, pas de cause à chercher au problème mal"). Je dirais plutôt que croire en Dieu, c'est surtout se prendre l'injustice du monde en pleine gu... car elle est finalement beaucoup plus difficile à expliquer avec le Dieu des chrétiens que sans.

- Donc vous vous imaginez ce qui pourrait arriver si...Autant dire que ça ne mène pas très loin d'imaginer ce que peut penser un autre être humain quand on n'est pas à sa place :)
Je vous livre ma réponse possible, il y en a sûrement d'autres : je me sais aimé et de cet amour sort une joie. Porter secours à quelqu'un c'est lui témoigner de l'amour, c'est mettre en œuvre le même sentiment que celui qui naît de la relation à Dieu. Lorsque je vois une souffrance, cette souffrance me touche (enfin devrait dans l'idéal, je ne suis pas un saint :)) et j'essaie d'aimer afin qu'il en sorte de la joie. Alors vous pouvez penser épée de Damoclès, jugement et autres objets de peur, en face de la souffrance il y a l'amour, point.

*Cela dit, je reconnais tout à fait, qu'il y a là un danger pour le croyant : se croire hors du monde, vouloir le fuir, ne surtout pas se laisser toucher par ce qui s'y passe sous prétexte de "nous ne sommes que de passage". Heureusement, c'est un travers combattu par tous les pères spirituels.
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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Petit supplément :

Quand j'étais athée, j'ai longtemps pensé à la religion comme un phénomène lié à la mort, pas forcément morbide, hein :) mais trouvant sa raison d'être dans l'explication de la mort, dans sa dédramatisation. Un peu comme ce qui semble sortir de vos messages.

Et puis un jour (enfin sur beaucoup de jours :)), j'ai changé d'angle de vue. Croire, c'est un chemin de vie. C'est bateau comme expression mais c'est une constatation qui m'a changé. Finalement, peu importe ce qui m'arrivera après ma mort, parce que la clé de tout, c'est ce que je fais très concrètement de ma vie. La fréquentation des vies de saints est assez éloquente à ce sujet, je trouve. On ne voit pas de saints passer leur temps à se morfondre sur ce qui va leur arriver après la mort. Par contre tous sont présents au monde, tous vivent, tous agissent non pas en pensant à leur mort mais parce qu'ils veulent apporter quelque chose aux autres, ici et maintenant. La religion n'est pas l'attente de la mort mais c'est au contraire la vie.
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Re: Répondre à une attaque courante des athées

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Job a écrit :Finalement, peu importe ce qui m'arrivera après ma mort, parce que la clé de tout, c'est ce que je fais très concrètement de ma vie. La fréquentation des vies de saints est assez éloquente à ce sujet, je trouve. On ne voit pas de saints passer leur temps à se morfondre sur ce qui va leur arriver après la mort. Par contre tous sont présents au monde, tous vivent, tous agissent non pas en pensant à leur mort mais parce qu'ils veulent apporter quelque chose aux autres, ici et maintenant. La religion n'est pas l'attente de la mort mais c'est au contraire la vie.

Permettez-moi seulement ceci : :clap: :clap: :clap: :clap:
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