Sur l'indulgence plénière ou partielle

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Mathilde
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Re: Indulgence plénière de Carême

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Je n'ai toujours pas compris, comment moi, petite mortelle, pouvait marchander une indugence (pour moi ou encore pour un défunt) avec Dieu?
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Laurent L.
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Re: Indulgence plénière de Carême

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Bonsoir Mathilde!

Vous ne marchandez pas avec Dieu, c'est Jésus-Christ qui a donné autorité à l'Église et à son Vicaire :
Évangile selon Saint Matthieu a écrit :Mt 16,17. Jésus lui répondit: Tu es bienheureux, Simon, fils de Jonas, parce que ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais Mon Père qui est dans les Cieux.
Mt 16,18. Et Moi, Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre Je bâtirai Mon église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle.
Mt 16,19. Et Je te donnerai les clefs du royaume des Cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les Cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi dans les Cieux.
De même, Jésus-Christ a institué le sacrement du Pardon, qu'il a confié aux apôtres, dont les successeurs sont les évêques, assistés par les prêtres :
Évangile selon Saint Jean a écrit :Jn 20,19. Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, comme les portes du lieu où les disciples étaient assemblés étaient fermées, par crainte des Juifs, Jésus vint, et Se tint au milieu d'eux, et leur dit: La paix soit avec vous!
Jn 20,20. Et après avoir dit cela, Il leur montra Ses mains et Son côté. Les disciples se réjouirent donc, en voyant le Seigneur.
Jn 20,21. Et Il leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme Mon Père M'a envoyé, Moi aussi Je vous envoie.
Jn 20,22. Ayant dit ces mots, Il souffla sur eux, et leur dit: Recevez l'Esprit-Saint.
Jn 20,23. Les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les retiendrez.
Ainsi, après une bonne confession où nous avouons tous nos péchés mortels, Dieu nous redonne l'état de grâce et donc nous rouvre les portes du paradis et change la peine éternelle de l’enfer en peine temporelle. C'est le Purgatoire. Ainsi, de même que le Sacrement de Réconciliation nous évite l'Enfer et nous sauve, l'indulgence plénière nous évite le Purgatoire. On peut aussi, par le biais de la Communion des Saints, gagner des indulgences pour délivrer les âmes du Purgatoire, trop souvent oubliées.
Dieu est miséricordieux, il sauve ses enfants qui s'humilient devant Lui.
Livre de Joël a écrit :Jl 2,11. Le Seigneur fait entendre Sa voix devant Son armée; car Son camp est immense, il est puissant, et il exécute Sa parole; car le jour du Seigneur est grand et tout à fait terrible, et qui pourra le soutenir?
Jl 2,12. Maintenant donc, dit le Seigneur, convertissez-vous à Moi de tout votre coeur, dans le jeûne, et dans les larmes, et dans les lamentations.
Jl 2,13. Déchirez vos coeurs et non vos vêtements, et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, parce qu'Il est bon et compatissant, patient et riche en miséricorde, et qu'Il Se peut repentir au sujet de cette calamité.
Jl 2,14. Qui sait s'Il ne reviendra pas et ne pardonnera pas, et ne laissera pas après Lui la bénédiction, des offrandes, et des libations pour le Seigneur votre Dieu?
Voici un extrait de la bulle Incarnationis Mysterium du Pape Jean-Paul II sur la doctrine des indulgences :
[+] Texte masqué
« Incarnationis mysterium » BULLE D'INDICTION DU GRAND JUBILÉ DE L'AN 2000 a écrit : 9. Un autre signe particulier, bien connu des fidèles, est l'indulgence, qui est un des éléments constitutifs de l'événement jubilaire. En elle se manifeste la plénitude de la miséricorde du Père, qui vient à la rencontre de tous avec son amour, exprimé avant tout par le pardon des fautes. Ordinairement, Dieu le Père accorde son pardon par le sacrement de Pénitence, ou de la Réconciliation.(14) En effet, céder consciemment et librement au péché grave sépare le croyant de la vie de grâce avec Dieu et par là même l'exclut de la sainteté à laquelle il est appelé. L'Église, ayant reçu du Christ le pouvoir de pardonner en son nom (cf. Mt 16, 19; Jn 20, 23), est dans le monde la présence vivante de l'amour de Dieu qui se penche sur toute faiblesse humaine pour l'accueillir dans l'étreinte de sa miséricorde. C'est précisément à travers le ministère de l'Église que Dieu répand dans le monde sa miséricorde par ce don précieux qui est appelé du nom très ancien d'« indulgence ».

Le sacrement de la Réconciliation offre au pécheur « une nouvelle possibilité de se convertir et de retrouver la grâce de la justification » (15) obtenue par le sacrifice du Christ. Il est ainsi immergé à nouveau dans la vie de Dieu et dans la pleine participation à la vie de l'Église. En confessant ses péchés, le croyant reçoit vraiment le pardon et il peut de nouveau prendre part à l'Eucharistie comme signe de la communion retrouvée avec le Père et avec son Église. Toutefois, depuis l'antiquité, l'Église a toujours été profondément convaincue que le pardon, accordé gratuitement par Dieu, implique comme conséquence un réel changement de vie, une élimination progressive du mal intérieur, un renouvellement de sa propre existence. L'acte sacramentel devait être uni à un acte existentiel, avec une réelle purification de la faute, qui justement s'appelle pénitence. Le pardon ne signifie pas que ce processus existentiel devient superflu, mais plutôt qu'il reçoit un sens, qu'il est accepté, accueilli.

Car le fait d'avoir été réconcilié avec Dieu n'exclut pas qu'il reste certaines conséquences du péché dont il est nécessaire de se purifier. C'est précisément dans ce cadre que prend toute sa valeur l'indulgence, par laquelle est exprimé le « don total de la miséricorde de Dieu ».(16) Par l'indulgence accordée au pécheur repenti, est remise la peine temporelle pour les péchés déjà pardonnés quant à la faute.

10. En effet, par son caractère d'offense à la sainteté et à la justice de Dieu, comme aussi de mépris de l'amitié personnelle que Dieu a pour l'homme, le péché a une double conséquence. En premier lieu, s'il est grave, il comporte la privation de la communion avec Dieu et, par conséquent, l'exclusion de la participation à la vie éternelle. Au pécheur repenti, toutefois, Dieu dans sa miséricorde accorde le pardon du péché grave et la rémission de la « peine éternelle » qui s'ensuivrait.

En second lieu, « tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l'état que l'on nomme Purgatoire. Cette purification libère de ce qu'on appelle la “peine temporelle” du péché »; (17) une fois celle-ci expiée, ce qui fait obstacle à la pleine communion avec Dieu et avec les frères est effacé.

D'autre part, la Révélation enseigne que, dans son chemin de conversion, le chrétien ne se trouve pas seul. Dans le Christ et par le Christ, sa vie est unie par un lien mystérieux à la vie de tous les autres chrétiens dans l'unité surnaturelle du Corps mystique. Ainsi s'instaure entre les fidèles un merveilleux échange de biens spirituels, en vertu duquel la sainteté de l'un apporte aux autres un bénéfice bien supérieur au dommage que le péché de l'un a pu causer aux autres. Il y a des personnes qui laissent derrière elles comme un surplus d'amour, de souffrance supportée, de pureté et de vérité, qui se déverse sur les autres et les soutient. C'est la réalité de la « vicariance », sur laquelle est fondé tout le mystère du Christ. Son amour surabondant nous sauve tous. Néanmoins, cela fait partie de la grandeur de l'amour du Christ de ne pas nous laisser dans la condition de destinataires passifs, mais de nous impliquer dans son action salvifique, et en particulier dans sa passion. C'est ce que dit le passage bien connu de la lettre aux Colossiens: « Je complète ce qui manque aux souffrances du Christ en ma chair pour son Corps, qui est l'Église » (1, 24).

Cette profonde réalité est admirablement exprimée aussi dans un passage de l'Apocalypse, où l'Église est décrite comme l'épouse vêtue d'une simple robe de lin blanc, d'une étoffe pure et resplendissante. Et saint Jean dit: « Le lin, ce sont les bonnes actions des saints » (Ap 19, 8). Dans la vie des saints est en effet tissée l'étoffe splendide qui est le vêtement de l'éternité.

Tout vient du Christ, mais parce que nous lui appartenons, tout ce qui est nôtre est aussi à Lui et acquiert une force qui guérit. C'est ce qu'il faut comprendre quand on parle de « trésor de l'Église » que constituent les bonnes œuvres des saints. Prier pour obtenir l'indulgence signifie entrer dans cette communion spirituelle et donc s'ouvrir totalement aux autres. En effet, personne ne vit pour soi-même, dans le domaine spirituel aussi. Et la salutaire préoccupation pour le salut de son âme n'est libérée de la crainte et de l'égoïsme que si elle devient préoccupation également pour le salut de l'autre. C'est la réalité de la communion des saints, le mystère de la « réalité vicaire », de la prière comme voie d'union au Christ et à ses saints. Il nous prend avec lui pour tisser avec lui le vêtement blanc de la nouvelle humanité, le vêtement de lin resplendissant de l'Épouse du Christ.

Donc, cette doctrine sur les indulgences « enseigne d'abord qu'“il est mauvais et amer d'abandonner le Seigneur Dieu” (Jr 2, 19). En effet, lorsqu'ils gagnent des indulgences, les fidèles comprennent qu'ils ne peuvent pas expier par leurs propres forces le mal que par leur péché ils se sont fait à eux-mêmes et qu'ils ont fait à toute la communauté, et ils sont ainsi incités à une salutaire humilité ».(18) La vérité sur la communion des saints, qui unit les croyants au Christ et réciproquement, nous dit à quel point chacun peut aider les autres — vivants ou défunts — à être toujours plus intimement unis au Père céleste.

M'appuyant sur ces motifs doctrinaux et interprétant la pensée maternelle de l'Église, je décide que tous les fidèles, convenablement préparés, pourront bénéficier abondamment, durant tout le Jubilé, du don de l'indulgence, selon les indications qui accompagnent la présente Bulle (cf. décret annexe).
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Théophane
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Théophane »

Une indulgence plénière (effacement de l'intégralité de la peine temporelle due à nos péchés confessés) est accordée au fidèle qui, aux conditions habituelles (confession, communion et prière aux intentions du Saint-Père), pendant le temps du Carême, récite pieusement un Vendredi, après la communion, la prière Me voici, ô bon et très doux Jésus, devant la représentation de Jésus Christ crucifié.
Je la récite toujours après la communion... mais en latin. ;)
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: Indulgence plénière de Carême

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Mathilde a écrit :Je n'ai toujours pas compris, comment moi, petite mortelle, pouvait marchander une indugence (pour moi ou encore pour un défunt) avec Dieu?
Je ne sais pas, Mathilde, si vous comprenez mieux, maintenant que vous avez lu Laurent, mais moi je nage encore en plein brouillard.
En fait, je comprends bien ce que vous écrivez, Laurent, mais enfin....je ne peux imaginer une chose pareille.
Tout le principe et le 'système' des indulgences m'a toujours semblé farfelu et enfantin.
Problème de foi? Peut-être...
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Laurent L.
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Re: Indulgence plénière de Carême

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Papillon a écrit :Tout le principe et le 'système' des indulgences m'a toujours semblé farfelu et enfantin.
Farfelu, je ne crois pas (farfelue, la Communion des Saints ? :sonne: ); enfantin, OUI :) :
Evangile selon Saint Matthieu a écrit :Mt 18,1. A cet instant les disciples s'approchèrent de Jésus, et Lui dirent: Qui est le plus grand dans le royaume des Cieux?
Mt 18,2. Jésus ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux,
Mt 18,3. et dit: En vérité, Je vous le dis, à moins que vous ne vous convertissiez, et que vous ne deveniez comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Mt 18,4. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme cet enfant, sera le plus grand dans le royaume des Cieux.
Evangile selon Saint Marc a écrit :Mc 10,14. Jésus, les voyant, en fut indigné, et leur dit: Laissez venir à Moi les petits enfants, et ne les empêchez pas; car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Mc 10,15. En vérité, Je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera point.
Voici ce qu'a récemment dit un moine de l'Abbaye millénaire de Solesmes, à ce propos :
Cette année jubilaire permet de recevoir l’indulgence plénière et d’effectuer ainsi un pèlerinage. Une grâce pas toujours comprise de nos contemporains, déplore Dom Rochon. « La grâce est gratuite, les gens de notre époque n’aiment pas les choses gratuites. L’acte d’humilité demandé est pourtant beaucoup plus difficile que gravir des montagnes ».
Bien à vous,
Laurent.
Dernière modification par Laurent L. le sam. 20 févr. 2010, 2:08, modifié 3 fois.
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Re: Indulgence plénière de Carême

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Théophane a écrit : Je la récite toujours après la communion... mais en latin. ;)
Pour les puristes ;) :

En ego, o bone et dulcissime Iesu, ante conspectum tuum genibus me provolvo, ac maximo animi ardore te oro atque obtestor, ut meum in cor vividos fidei, spei et caritatis sensus, atque veram peccatorum meorum paenitentiam, eaque emendandi firmissimam voluntatem velis imprimere; dum magno animi affectu et dolore tua quinque vulnera mecum ipse considero, ac mente contemplor, illud prae oculis habens, quod iam in ore ponebat tuo David Propheta de te, o bone Iesu: « Foderunt manus meas et pedes meos; dinumeraverunt omnia ossa mea » (Ps 22 [Vg 21] 17-18).
(MR, Gratiarum actio post Missam)
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Re: Indulgence plénière de Carême

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Laurent L. a écrit :
Papillon a écrit :Tout le principe et le 'système' des indulgences m'a toujours semblé farfelu et enfantin.
Farfelu, je ne crois pas (farfelue, la Communion des Saints ? :sonne: ); enfantin, OUI :) :
Oui, bon...je n'y suis pas allée de main morte avec mes mots . :oops: (désolée)
Disons de façon plus révérencieuse que j'ai bien du mal à concevoir que les choses puissent fonctionner comme ça avec Dieu.
Mais je n'exclus pas l'hypothèse que je n'y comprenne absolument rien et que ma foi ait des ratés...
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Laurent L.
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Laurent L. »

Comme pour le pari de Pascal, ça ne peut pas vous nuire et ça ne coûte rien d'essayer, de toute façon. ;)
Blaise Pascal - Pensées a écrit :Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter.
En ayant recours à l'indulgence : si vous perdez, vous avez fait une prière agréable à Dieu ; si vous gagnez, vous avez la béatitude paradisiaque directe sans passer par les tracas du Purgatoire. :dance:
Gagez donc qu'elle est, sans hésiter. :coeur:
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Mathilde
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Mathilde »

papillon a écrit :
Mathilde a écrit :Je n'ai toujours pas compris, comment moi, petite mortelle, pouvait marchander une indugence (pour moi ou encore pour un défunt) avec Dieu?
Je ne sais pas, Mathilde, si vous comprenez mieux, maintenant que vous avez lu Laurent, mais moi je nage encore en plein brouillard.
En fait, je comprends bien ce que vous écrivez, Laurent, mais enfin....je ne peux imaginer une chose pareille.
Tout le principe et le 'système' des indulgences m'a toujours semblé farfelu et enfantin.
Problème de foi? Peut-être...
En fait, ce n'est pas pour moi une question de compréhension; je n'y crois pas!
Le Christ a en effet "institué" le Sacrement du Pardon (voir les citations plus haut et a guéri de nombreux malades, a envoyé ses disciples guérir et chasser les mauvais esprits) mais je ne vois pas ce qu'il y a à rajouter à cela.
Si j'ai fait quelques chose de mal, je peux aller me confesser.
Je peux prier pour les morts, faire lire des messes à leur intention mais je ne peux pas marchander leur Salut.

Et puis, les "actions" à faire pour obtenir une indulgence me laisse souvent perplexe: comme visiter une église!!!!
Désolée de caricaturer, mais on pourrait tout aussi bien dire: vous devez y entrer par la grande porte, la visiter dans le sens des aiguilles d'une montre (sinon gare, aucun effet), vous arrêter devant la statue de tel saint, puis ressortir par la petite porte de droite!
Je veux bien prier les Saints pour moi-même ou pour quelqu'un, adorer le Saint Sacrement, ou autre mais ce système d'indulgences me met totalement mal à l'aise et est pour moi un marchandage.
Le Jour du Jugement, Dieu ne regardera sans doute pas si je suis entrée dans une église le 15 mars (et pas le 16!) pour m'arrêter devant la Statue de St Eloi et réciter telle ou telle prière! Ca voudrait dire que je peux acheter mon Salut ou celui d'une âme!

Non, je n'y crois pas!
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Laurent L. »

Ca voudrait dire que je peux acheter mon Salut ou celui d'une âme!
:sonne: Mais les âmes du purgatoire sont déjà assurées de leur Salut ! Il s'agit d'une remise de la peine temporelle, c'est à dire la peine qui n'est pas effacée par le sacrement de réconciliation (qui efface la "coulpe" du péché), mais par les indulgences. Je ne vois pas en quoi c'est du marchandage. Est-ce que le prêtre qui vous confesse fait du marchandage ? Vous dites, heureusement, que non. Dieu, fidèle à sa parole, pardonne par le prêtre la peine spirituelle du péché ; de même, la peine temporelle est effacée par l'indulgence. Je ne vois pas où est le problème...
Quant aux modalités du sacrement du Pardon, ce n'est pas à vous de les fixer mais à l'Église. Nier avec obstination l'efficacité des indulgences, c'est hérétique :
[quote=" Magistère de Boniface VIII - Bulle " Antiquorum habet ", 22 février 1300."]
Une relation digne de foi des anciens rapporte qu'à ceux qui se rendaient à la vénérable basilique des princes des apôtres de la Ville, étaient accordées de grandes rémissions et indulgences des péchés.
Nous donc... qui considérons toutes et chacune de ces rémissions et de ces indulgences comme légitimes et bienvenues, nous les confirmons et les approuvons en vertu de l'autorité apostolique...
Confiants en la miséricorde de Dieu tout-puissant et dans les mérites et l'autorité de ces mêmes apôtres, sur le conseil de nos frères et en vertu de la plénitude du pouvoir apostolique, à tous ceux qui... se rendent avec respect dans ces basiliques, qui ont vraiment fait pénitence et se sont confessés,... dans la présente année et dans chaque centième année qui suivra, nous concéderons et nous concédons un pardon non seulement large et plénier, mais le plus plénier, de tous leurs péchés.
[/quote]
[quote="Magistère de Sixte IV - Propositions de Pierre d'Osma condamnées dans la bulle "Licet ea quae de nostro mandato ", 9 août 1479."]
1416
(6) Le pontife romain ne peut pas remettre les peines du purgatoire,

Pour prendre une mesure de prudence plus grande, Nous déclarons... que les propositions précitées sont fausses, toutes et chacune, contraires à la sainte foi catholique, erronées et scandaleuses et totalement étrangères à la vérité de l'Évangile, et contraires aussi aux décrets des saints Pères et à d'autres constitutions apostoliques, et qu'elles contiennent une hérésie manifeste.[/quote]
[quote="Magistère de Léon X - Décret "Cum postquam" à Cajetan de Vio, légat du pape, 9 novembre 1518 - Indulgences"]1447
Pour qu'à l'avenir personne ne puisse alléguer qu'il ignore la doctrine de l'Eglise romaine sur ces indulgences et leur efficacité, ni s'excuser en prétextant l'ignorance, ni recourir à une protestation sans fondement, mais pour qu'on puisse convaincre ces gens d'être coupables de mensonge notoire et les condamner justement, Nous avons pensé devoir vous signifier par cette lettre ce que l'Eglise romaine, que les autres doivent suivre comme leur mère, a enseigné.
1448
Le pontife romain, successeur de Pierre, détenteur des clés et vicaire de Jésus Christ sur terre, en vertu du pouvoir des clés qui ouvrent le Royaume des cieux en enlevant dans les fidèles ce qui y fait obstacle, c'est- à-dire la coulpe et la peine due pour les péchés actuels : la coulpe, au moyen du sacrement de pénitence, la peine temporelle due, selon la justice divine, au moyen de l'indulgence de l'Eglise, peut, pour de justes raisons, concéder à ces fidèles, membres du Christ par le lien de la charité, qu'ils soient en cette vie ou au purgatoire, des indulgences tirées de la surabondance des mérites du Christ et des saints. Quand, en vertu de son autorité apostolique, il concède l'indulgence pour les vivants comme pour les morts, il distribue selon sa coutume le trésor des mérites de Jésus Christ et des saints, en appliquant l'indulgence elle-même par l'absolution ou en l'appliquant par manière d'intercession.
C'est pourquoi tous ceux, vivants ou morts, qui ont reçu vraiment cette indulgence, sont libérés de la peine temporelle due, selon la justice divine, pour leurs péchés actuels, dans la mesure équivalente à l'indulgence concédée ou acquise[/quote]
[quote="Magistère de Léon X - Bulle " Exsurge Domine ", 15 juin 1520. - Erreurs de Martin Luther."]
En vertu de notre office pastoral qui Nous est conféré par la faveur divine, Nous ne pouvons en aucune circonstances tolérer ou ignorer plus longtemps le pernicieux poison de ces erreurs sans disgrâce pour la religion chrétienne et sans injure à la foi orthodoxe. Nous avons décidé d'inclure dans le présent document certaines de ces erreurs ; en voici la substance :
[...]
18. Les indulgences sont une pieuse fraude pour les fidèles et une dispense des bonnes œuvres ; elles sont du nombre des choses permises, pas du nombre des choses utiles.
19. Les indulgences pour ceux qui les gagnent vraiment, n'ont pas de valeur pour remettre la peine due aux péchés actuels devant la justice de Dieu.
20. Se fourvoient ceux qui croient que les indulgences sont salutaires et utiles au profit spirituel.
21. Les indulgences ne sont nécessaires que pour les fautes graves publiques, et elles ne sont réellement accordées qu'aux gens endurcis et aux impatients.
22. Il est six espèces d'hommes pour lesquels les indulgences ne sont ni nécessaires ni utiles : les morts ou les moribonds, les malades, ceux qui ont un empêchement légitime, ceux qui n'ont pas commis de fautes graves ceux qui ont commis des fautes graves mais non publiques ceux qui font des œuvres meilleures.
[/quote]
[color=#FF0000]Sacrosaint Concile de Trente, 19e œcuménique[/color] - Décret sur les indulgences, 4 décembre 1563 a écrit : 1835
Le pouvoir de conférer des indulgences ayant été accordé par le Christ à l'Eglise, et celle-ci ayant usé de ce pouvoir qui lui avait été divinement communiqué (voir Mt 16,19 Mt 18,18), même dans les temps les plus anciens, le saint concile enseigne et ordonne que l'usage des indulgences, très salutaire pour le peuple chrétien et approuvé par l'autorité de ce saint concile, soit conservé. Et il frappe d'anathème aussi bien ceux qui affirment qu'elles sont inutiles que ceux qui nient qu'il y ait dans l'Eglise le pouvoir de les accorder.
Cependant, il désire qu'on fasse preuve de mesure en les accordant... pour éviter que la discipline ecclésiastique ne soit affaiblie par une trop grande facilité. Désirant amender et corriger les abus qui s'y sont glissés, et à l'occasion desquels ce beau nom d'indulgences est blasphémé par les hérétiques, par le présent décret le saint concile statue d'une manière générale que doivent être absolument abolis tous les déplorables trafics d'argent en vue de les obtenir.
[quote="Magistère de Pie VI -Constitution "Auctorem fidei" à tous les fidèles, 28 août 1794 - Erreurs du synode de Pistoie"]

Des indulgences
2640
40. La proposition qui affirme que "l'indulgence, selon sa notion précise, n'est pas autre chose que la rémission de cette partie de la pénitence que les canons avaient déterminée pour le pécheur",
comme si l'indulgence, en dehors de la pure rémission de la peine canonique ne valait pas aussi pour la rémission de la peine temporelle due pour les péchés actuels devant la justice divine,
(est) fausse, téméraire, injurieuse pour les mérites du Christ, condamnée depuis longtemps dans l'article 19 de Luther 1469 .

2641
41. De même lorsqu'il est dit dans ce qui suit que "les scolastiques, enflés de leurs subtilités, ont introduit le trésor mal compris des mérites du Christ et des saints, et substitué à la claire notion de l'absolution de la peine canonique celle, confuse et fausse, de l'application des mérites ",
comme si les trésors de l'Eglise d'où le pape donne les indulgences n'étaient pas les mérites du Christ et des saints,
(la proposition est) fausse, injurieuse pour les mérites du Christ et des saints, condamnée depuis longtemps dans l'article 17 de Luther 1467 .

2642
42. De même lorsqu'il est ajouté qu'"il est plus regrettable encore qu'on ait voulu transférer cette application chimérique aux défunts",
(la proposition est) fausse, téméraire, offensante pour les oreilles pies, injurieuse pour les pontifes romains et pour la pratique et le sens de l'Eglise universelle, et conduit à l'erreur qualifiée d'hérétique chez Pierre d'Osma 1416 , et condamnée à nouveau dans l'article 22 de Luther 1472 .

2643
43. Enfin lorsqu'elle s'en prend de la façon la plus impudente aux tables d'indulgence, aux autels privilégiés, etc.
(elle est) téméraire, offensante pour les oreilles pies, scandaleuse, outrageante pour les souverains pontifes et la pratique répandue dans toute l'Eglise.[/quote]
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Laurent L. a écrit : Nier avec obstination l'efficacité des indulgences, c'est hérétique :
J'adore ce genre de menaces!
Donc, nous n'avons pas le droit de discuter ni d'exprimer nos opinions.
Et encore, ce n'est pas une opinion: cela me met vraiment mal à l'aise.

Quant aux modalités du sacrement du Pardon, ce n'est pas à vous de les fixer mais à l'Église
.
Ca tombe bien, je n'en avais pas l'intention!
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Laurent L. »

J'adore ce genre de menaces!
Donc, nous n'avons pas le droit de discuter ni d'exprimer nos opinions.
Et encore, ce n'est pas une opinion: cela me met vraiment mal à l'aise.
:sonne: Je ne fais que citer le magistère et le concile de Trente. On a quand même le droit de citer le magistère sur un forum catholique, non ? (Et parler de marchandage pour une grâce de l'Eglise, ça me choque un peu, quand même) Désolé si son contenu vous déplaît et si le concile de Trente a jeté un anathème à ce propos, ce n'est pas de ma faute. Inutile donc de dire que je vous "menace", c'est un constat factuel. Mais exprimez-vous, je vous en prie. :) Si vous êtes une adepte du libre examen, c'est comme vous voulez... J'ai AUSSI le droit d'exprimer mon opinion, et d'argumenter. Or, dans l'Église catholique, il y a des dogmes, à ce que je sache, et on a bien le droit des les rappeler.

J'avoue que j'ai du mal à vous comprendre. Cette indulgence est une prière adressée à Jésus-Christ, qu'est-ce qui vous met mal à l'aise là dedans ? C'est juste un acte d'obéissance et d'humilité. En fait, ce que je ne comprends pas, c'est que vous croyez en l'efficacité du baptême et de la confession mais pas à celle des indulgences. Le "pouvoir" du prêtre qui confesse est quand même énorme! Nous gagnons le salut ! De même, un peu d'eau versée et nous sommes rachetés, n'est-ce pas encore plus grand ? L'indulgence ne fait que compléter la confession, voilà tout. Les modalités de la confession ont été établies progressivement par l'Église ; Dieu a dit "vous pardonnerez les péchés et ils seront remis", l'Église obéit. Vous parlez de "visiter des églises" mais les indulgences sont en général beaucoup plus simples que ça : une simple prière à réciter.
Le prêtre prononce une simple parole de consécration et le pain se change en Corps du Christ. Pourquoi la peine temporelle des péchés DÉJÀ pardonnés ne pourrait-elle pas être effacée ? :sonne:

Voici les articles du catéchisme correspondant, si ça vous dit : c'est certainement mieux expliqué que ce que j'ai dit :
[+] Texte masqué
CEC a écrit :X. Les indulgences

1471 La doctrine et la pratique des indulgences dans l’Église sont étroitement liées aux effets du sacrement de Pénitence.

Qu’est-ce que l’indulgence ?

" L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints " (Paul VI, const. ap. " Indulgentiarum doctrina ", Norme 1).

" L’indulgence est partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché " (ibid, Norme 2). " Tout fidèle peut gagner des indulgences pour soi-même ou les appliquer aux défunts " (⇒ CIC, can. 994).

Les peines du péché

1472 Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l’Église il faut voir que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la " peine éternelle " du péché. D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la " peine temporelle " du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l’extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait (cf. Cc. Trente : DS 1712-1713 ; 1820).

1473 Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles du péché. Mais des peines temporelles du péché demeurent. Le chrétien doit s’efforcer, en supportant patiemment les souffrances et les épreuves de toutes sortes et, le jour venu, en faisant sereinement face à la mort, d’accepter comme une grâce ces peines temporelles du péché ; il doit s’appliquer, par les œuvres de miséricorde et de charité, ainsi que par la prière et les différentes pratiques de la pénitence, à se dépouiller complètement du " vieil homme " et à revêtir " l’homme nouveau " (cf. Ep 4, 24).

Dans la communion des saints

1474 Le chrétien qui cherche à se purifier de son péché et à se sanctifier avec l’aide de la grâce de Dieu ne se trouve pas seul. " La vie de chacun des enfants de Dieu se trouve liée d’une façon admirable, dans le Christ et par le Christ, avec la vie de tous les autres frères chrétiens, dans l’unité surnaturelle du Corps mystique du Christ, comme dans une personne mystique " (Paul VI, const. ap. " Indulgentiarum doctrina " 5).

1475 Dans la communion des saints " il existe donc entre les fidèles – ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre – un constant lien d’amour et un abondant échange de tous biens " (ibid.). Dans cet échange admirable, la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d’être plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché.

1476 Ces biens spirituels de la communion des saints, nous les appelons aussi le trésor de l’Église, " qui n’est pas une somme de biens, ainsi qu’il en est des richesses matérielles accumulées au cours des siècles, mais qui est le prix infini et inépuisable qu’ont auprès de Dieu les expiations et les mérites du Christ Notre Seigneur, offerts pour que l’humanité soit libérée du péché et parvienne à la communion avec le Père. C’est dans le Christ, notre Rédempteur, que se trouvent en abondance les satisfactions et les mérites de sa rédemption (cf. He 7, 23-25 ; 9, 11-28) ".

1477 " Appartiennent également à ce trésor le prix vraiment immense, incommensurable et toujours nouveau qu’ont auprès de Dieu les prières et les bonnes œuvres de la bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints qui se sont sanctifiés par la grâce du Christ, en marchant sur ses traces, et ont accompli une œuvre agréable au Père, de sorte qu’en travaillant à leur propre salut, ils ont coopéré également au salut de leurs frères dans l’unité du Corps mystique " (Paul VI, const. ap. " Indulgentiarum doctrina " 5).

Obtenir l’indulgence de Dieu par l’Église

1478 L’indulgence s’obtient par l’Église qui, en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été accordé par le Christ Jésus, intervient en faveur d’un chrétien et lui ouvre le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père des miséricordes la remise des peines temporelles dues pour ses péchés. C’est ainsi que l’Église ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l’inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité (cf. Paul VI, loc. cit. 8 ; Cc. Trente : DS 1835).

1479 Puisque les fidèles défunts en voie de purification sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés.
Dernière modification par Laurent L. le sam. 20 févr. 2010, 15:45, modifié 1 fois.
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Mathilde
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Mathilde »

Laurent L. a écrit : Je ne fais que citer le magistère et le concile de Trente. On a quand même le droit de citer le magistère sur un forum catholique, non ? Désolé si son contenu vous déplaît. Exprimez-vous, je vous en prie. :) Si vous êtes une adepte du libre examen, c'est comme vous voulez... J'ai AUSSI le droit d'exprimer mon opinion, et d'argumenter.
J'avoue que j'ai du mal à vous comprendre. Cette indulgence est une prière adressée à Jésus-Christ, qu'est-ce qui vous met mal à l'aise là dedans ? C'est juste un acte d'obéissance et d'humilité.
Je ne sais pas si je suis une adepte du libre examen!....je ne sais pas ce que c'est.
Bien sûr que vous pouvez citer le magistère mais j'ai horreur d'être traitée d'hérétique!
Ce n'est pas un argument! C'est plutôt une sentence qui, me semble-t-il, coupe court à toute discussion et qui me dit: "tu as tort, c'est très mal, alors tais-toi ou gare!"

Je n'ai pas de réponse toute-faite à tout, ni de citation prête à sortir pour justifier ma position.
Je n'ai pas non plus de certitude sur tout. J'écoute ce que me dit l'Eglise et je suis souvent en accord avec Elle mais je pense avoir tout de même le droit à une certaine liberté de conscience sans pour autant être traitée d'hérétique!

La vie n'est pas aussi simple ni carrée que les Lois qui régissent l'Eglise.
Mais je ne conteste pas du tout qu'il faille un cadre car sinon c'est le chaos et chacun fait ce qu'il veut.
Mais je trouve qu'argumenter en sortant systématiquement l'article qu'il faut, ça tue le débat et ça condamne celui pense différemment.

Une question: quand vous dites:
Cette indulgence est une prière adressée à Jésus-Christ, qu'est-ce qui vous met mal à l'aise là dedans ? C'est juste un acte d'obéissance et d'humilité.
J'obéis à qui?

Encore une fois, je ne vois pas ce qu'une indulgence peut apporter de plus que le Sacrement du Pardon qui efface les péchés et nous rend à nouveau blanc comme neige.
Si ce sacrement n'est pas suffisant à nous purifier à quoi sert-il?
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Christophe
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Christophe »

Mathilde, essayez de faire une recherche sur le mot « indulgence », afin de bien comprendre en quoi les grâces d'une indulgence diffèrent du pardon obtenu lors du sacrement de réconciliation. De mémoire, il y avait eu un débat dans la section « Christianisme pour les nuls »

Bien à vous
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Laurent L.
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Laurent L. »

Bien sûr que vous pouvez citer le magistère mais j'ai horreur d'être traitée d'hérétique!
Je ne vous ai pas traitée d'hérétique, j'ai juste dit que l'obstination résolue à cette doctrine est hérétique. Encore une fois, je n'y peux rien. C'est un fait. Le concile de Trente a jeté un anathème, c'est comme ça. Vous ne le saviez peut-être pas, j'ai donc jugé bon de vous avertir, voilà tout. De même, la virginité perpétuelle de Marie est un dogme, la transsubstantiation de l'Eucharistie aussi, l'Assomption aussi, etc. L'hérésie n'est pas une insulte, c'est un terme qui a une définition objective : " L’hérésie est la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité." (CEC, 2089)

L'Église a donc tranché le débat depuis longtemps, cela dit, rien n'empêche de continuer à discuter, par ailleurs. J'aimerais bien comprendre ce qui vous bloque...
J'obéis à qui?
A l'Eglise, et donc à Dieu car "Tu es Pierre, etc."
Encore une fois, je ne vois pas ce qu'une indulgence peut apporter de plus que le Sacrement du Pardon qui efface les péchés et nous rend à nouveau blanc comme neige.
Justement, la confession ne rend pas "blanc comme neige". :) Je cite le CEC : Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles du péché. (c'est-à-dire l'enfer) Mais des peines temporelles du péché demeurent. (c'est-à-dire le purgatoire).
L’indulgence s’obtient par l’Église qui, en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été accordé par le Christ Jésus, intervient en faveur d’un chrétien et lui ouvre le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père des miséricordes la remise des peines temporelles dues pour ses péchés. C’est ainsi que l’Église ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l’inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité (cf. Paul VI, loc. cit. 8 ; Cc. Trente : DS 1835).
Puisque les fidèles défunts en voie de purification (= les âmes du purgatoire, pour qui nous devons prier) sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés.
Ce trésor de l'Eglise, en rouge, ce sont les biens spirituels de la Communion des Saints : le chrétien qui cherche à se purifier de son péché et à se sanctifier avec l’aide de la grâce de Dieu ne se trouve pas seul. " La vie de chacun des enfants de Dieu se trouve liée d’une façon admirable, dans le Christ et par le Christ, avec la vie de tous les autres frères chrétiens, dans l’unité surnaturelle du Corps mystique du Christ, comme dans une personne mystique " (Paul VI, const. ap. " Indulgentiarum doctrina " 5).
Dans la communion des saints " il existe donc entre les fidèles – ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre – un constant lien d’amour et un abondant échange de tous biens " (ibid.). Dans cet échange admirable, la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d’être plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché. Ces biens spirituels de la communion des saints, nous les appelons aussi le trésor de l’Église, " qui n’est pas une somme de biens, ainsi qu’il en est des richesses matérielles accumulées au cours des siècles, mais qui est le prix infini et inépuisable qu’ont auprès de Dieu les expiations et les mérites du Christ Notre Seigneur, offerts pour que l’humanité soit libérée du péché et parvienne à la communion avec le Père. C’est dans le Christ, notre Rédempteur, que se trouvent en abondance les satisfactions et les mérites de sa rédemption (cf. He 7, 23-25 ; 9, 11-28) ".

On dit quand même tous les dimanches à la messe : "je crois à la communion des saints"...
Bien à vous,
Laurent.
Dernière modification par Laurent L. le sam. 20 févr. 2010, 17:05, modifié 1 fois.
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