> Gentil athée
. Ben, moi aussi je fais tout découler d’un unique principe...
. De quoi sommes nous faits ? Ben, si la Genèse et la théorie des cordes sont vraies, de Parole.
. “L’Être en tant que tel” est en fait l’être qui EST par nature, dans la nature duquel il est d’être. Ce n'est donc pas "l'Être pur" qu'on imaginerait comme une sorte de "matière d'être" indéterminée et amorphe.
. L’argument selon lequel il y aurait des imperfections dans l’univers, venant d’athées, n’a pas de sens, j’abonde dans le sens de Raistlin : si l’univers est tout, si tout est contenu dans les lois fondamentales d’où naît l’univers,
alors l’univers est parfait. Car hors de cet univers, c’est le néant, autre chose que cet univers, c’est le néant...
Or pour dire qu’une chose est imparfaite, il faut :
> soit la comparer à une autre chose existante mais plus parfaite : si l’univers est tout, une telle chose n’existe pas.
> soit la comparer à ce que cette chose devrait être mais n’est pas, ou pas encore : auquel cas cela revient à affirmer que l’univers est censé être mieux que ce qu’il est, ce qui ressemble fort à du finalisme et du théisme.
Si donc l’univers est tout, alors il n’y a pas d’imperfection.
Or, très intéressant, le mal EST une imperfection : on dit d’une chose qu’elle est mal, uniquement dans le sens où elle n’est pas bien - ça semble un lieu commun, mais ça me semble primordial : on dit d’une chose qu’elle est bien tout simplement parce qu’elle est bien, et on dit d’une chose qu’elle est un mal en référence à un bien qui se trouve évité ou empêché.
Donc, le mal est défini comme une imperfection, comme la non-réalisation de ce qui devrait être, ou comme le manquement du but.
Ce qui revient à reconnaître un sens et un but à nos actes et aux événements, donc à l’univers... donc à devoir trouver ce qui fonde le sens et le but de l’univers... et là encore à voir au nom de quoi on considère qu’il y ait des imperfections dans un univers sensé être tout à lui seul, ou un but manqué dans un univers sensé se déployer sans but et sans manquement possible à ses propres lois.
D'ailleurs, vous nous parlez du "
viol de la liberté humaine par d'autres hommes ou par l'environnement physique." Mais, si l'univers est tout et que tout découle de ses lois fondamentales, alors ceci n'est pas une imperfection, ceci est simplement la perfection de cet univers, son mode de fonctionnement.
Au nom de quoi précisément pourriez-vous décréter que cela est une imperfection et devrait être autrement?
Dans l'optique que vous donnez, cela a autant de sens que de dire que la constante de Planck est une imperfection flagrante parce qu'elle devrait en fait nécessairement avoir une autre valeur !
.
“Au sein même des théories physiques actuellement en vigueur, il y a une place pour la possibilité d'un certain indéterminisme. Certes, indéterminisme et liberté ne sont pas la même chose, mais le 1er est quand même une condition de possibilité de la 2ème.”
Là, ça n’est même pas recevable parce que c’est juste jouer sur les mots : l’indéterminisme quantique n’a rien du concept de liberté humaine. Que je sache, une particule ne "choisit" pas son état.
> L'indéterminisme quantique signifie que NOUS NE POUVONS PAS déterminer de façon certaine l'évolution future de chaque particule et donc de l'état de l'univers, d'après son état à un moment donné, notamment du fait du principe d'incertitude d'Heisenberg qui dit que NOUS NE POUVONS PAS CONNAÎTRE toutes les données nécessaires sur une particule donnée.
> La liberté humaine n'est pas de "l'indéterminisme", c'est du non-déterminé, ce qui est totalement différent. La liberté humaine signifie que nous décidons nous-mêmes de nos actes, sans qu'ils soient déterminés par une quelconque loi.
C'est donc tout le contraire de l'indéterminisme quantique, qui est lui-même, en fait, une loi. D'autre part, justement, le non-déterminisme de la liberté humaine suppose, au contraire, la connaissance de ce sur quoi porte le choix, c'est donc le contraire d'un manque d'information.
La liberté humaine n'est pas le simple fait d'avoir plusieurs possibilités d'avenir. La liberté humaine suppose l'action de la volonté, le choix. Cela n'a rien à voir avec la physique quantique (du moins dans sa nature ; après, je ne dis pas que nos mécanismes neurologiques ou autres impliqués dans le choix n'utilisent pas des propriétés quantiques).
Encore une fois, je le redis :
. Votre hypothèse va totalement à l’encontre de l’expérience commune et séculaire, pour les raisons que j’ai indiquées. L’autre hypothèse, au contraire, se fonde justement sur cette expérience commune et séculaire, et part de là.
Donc, dire “c’est mon opinion, je le pense” ne suffit pas du tout à appuyer votre hypothèse ni à expliquer ce qui vous en donne l’idée.
Vous essayez de nous dire “elle est plus simple”, mais ça n’est qu’en apparence et en jouant sur les mots, en disant que Dieu et la création, c’est moins simple que l’univers tout seul.
Sauf que, votre hypothèse amène à la conclusion que 2 réalités totalement différentes quoique totalement mêlées, sont une seule et même chose et d’une seule et même nature,
ce que l’expérience commune et la littérature de toutes les civilisations dément radicalement.
Votre “oui mais moi je pense que c’est comme ça” paraît bien faible et de peu de poids en face de cela, je suis navré. Il faut autre chose pour expliquer le pourquoi de cette idée.