Les visions d'Anne-Catherine Emmerich

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
Règles du forum
Forum d'échanges et de partage sur la spiritualité chrétienne
Avatar de l’utilisateur
boisvert
Quæstor
Quæstor
Messages : 211
Inscription : lun. 20 juil. 2009, 9:56

Visions d'Anne-Catherine Emmerich

Message non lu par boisvert »

Dans le cinquième chapitre du troisième livre des visions d'Anne-Catherine Emmerich (béatifiée en 2004), j'ai trouvé ce récit de l'épisode des deux possédés et des porcs... Je suis frappé par les pratiques de magie auxquelles se livraient les "polythéistes" de cette époque. A lire ces lignes, on peut se rendre compte de l'importance de l'œuvre d'évangélisation du monde. Bonne lecture !

Dans tous ces endroits on élève une grande quantité de pourceaux, au grand scandale des Juifs qui y habitent : tous ces troupeaux de plusieurs milliers de têtes vont ensemble chercher leur pâture sur la hauteur qui domine la gorge au nord, autour d'un grand marais verdâtre, et ils sont gardés par une centaine de porchers païens commis à ce soin par les différents propriétaires. Ils fouillent et se vautrent dans le marécage ; ils courent en troupes parmi les buissons, le long de la paroi de rochers escarpée, et on les entend de tous côtés crier et grogner. Le marais, qui est situé à trois quarts de lieue au sud-est de Gergesa, au pied des montagnes de Gamala, se décharge au midi dans la gorge, formant une chute d'eau par-dessus un barrage de planches et de poutres qui arrête le ruisseau supérieur et en fait un étang : l'eau se rend par cette gorge à la mer de Galilée. Il y a sur le bord du marais, et aussi sur les pentes de la gorge, plusieurs chênes d'une grosseur énorme. Toute cette contrée n'est pas très fertile : on cultive la vigne dans quelques endroits exposés au soleil. Il y croît aussi une espèce de roseau dont on peut tirer du sucre : on envoie de ces roseaux au loin.'

Ce n'est pas tant l'idolâtrie qui les met à un tel degré en la puissance du diable que leur penchant invétéré pour la magie. Gergesa et les bourgades environnantes sont remplies de sorciers et de sorcières de bas étage ; ils se livrent à toute espèce de mauvaises pratiques où figurent des chats, des chiens, des crapauds, des serpents et d'autres animaux. Ils font apparaître de ces bêtes ; il semble qu'eux-mêmes prennent la figure de ces animaux et rôdent de tous côtés pour nuire au bétail ou pour le faire mourir. Je n'ai pas le souvenir distinct de ce qui m'a été expliqué touchant leurs abominations ; je me souviens seulement que c'était quelque chose comme des loups garous : ils nuisaient aux hommes, même de loin, se vengeaient à longs intervalles de ceux qu'ils n'aimaient pas, excitaient des ouragans soudains et des tempêtes sur le lac. Les femmes préparaient des philtres qui donnaient la mort ou produisaient des effets ignominieux : elles faisaient entrer comme ingrédients dans ces breuvages les ordures les plus dégoûtantes. J'ai toujours besoin de me faire violence pour parler de ces abominations révoltantes de la sorcellerie ; j'aime mieux, dans ces occasions, dire simplement qu'ils s'occupent de maléfices, de sortilèges, et s'adonnent à toute espèce de mauvaises pratiques.

Des armées considérables ont campé ici à plusieurs reprises : je ne me souviens plus bien des époques. Je crois que cela a eu lieu, entre autres fois, un peu avant l'époque de Jésus et plus tard après sa mort lors de la prise de Gamala par Vespasien. Dans ces occasions, les gens du pays firent un si affreux usage de leurs maléfices contre les soldats, que les généraux furent obligés de faire venir un des derniers prophètes pour y porter remède. Ils eurent aussi avec Balaam des rapports dont je ne me souviens plus bien, mais à la suite desquels ils furent si rudement châtiés par deux prophètes, que depuis lors ils ne pouvaient plus souffrir les prophètes, et c'est pourquoi maintenant ils ne voulaient pas entendre parler de Jésus. Aussi, jusqu'à présent, se sont-ils toujours tenus en dehors de ses enseignements ; Satan s'était mis en possession de cette contrée de temps immémorial, et il s'y trouvait un nombre incalculable de possédés, de frénétiques et d'énergumènes.

Il était, je crois, environ dix heures lorsque je vis Jésus, en compagnie de quelques disciples, remonter le ruisseau dans la direction de la chute d'eau qui tombe dans la gorge, sur un canot qui se trouvait toujours là à cet effet. Cette voie était plus prompte que la voie de terre, une partie des disciples étaient encore occupés à opérer des guérisons. Jésus ayant débarqué monta par la paroi septentrionale de la gorge, et les disciples se réunirent à lui successivement. Dans une région plus élevée, je vis, pendant que Jésus approchait, courir de côté et d'autre deux énergumènes tout nus, dont les cheveux épars volaient sur leurs épaules Ils se frappaient avec de grosses pierres qu'ils se jetaient, et tantôt ils entraient dans des tombeaux qui étaient en ce lieu, tantôt ils en sortaient furieux et se jetaient à la tête des ossements de morts. Ils poussaient des cris affreux, mais ils étaient comme retenus par une force secrète : car ils ne s'enfuirent pas et même se rapprochèrent de Jésus. s'étant arrêtés devant lui à quelque distance derrière des haies et des pierres, ils entrèrent en fureur et crièrent : "Venez, accourez à notre secours, puissances et principautés ! En voici un plus fort que nous qui vient. "Jésus leva la main de leur côté et leur commanda de se coucher par terre. Alors ils se prosternèrent à plat ventre et je compris que Jésus voulait qu'ils fissent ainsi par un sentiment de pudeur à cause de leur nudité. Ils relevèrent la tète et se mirent à crier : "Jésus, Fils du Dieu très haut, qu'avons-nous à faire avec toi ? Pourquoi es-tu venu nous tourmenter avant le temps, Nous t'en conjurons au nom de Dieu, ne nous tourmente pas ? "Jésus et les disciples se trouvaient maintenant près d'eux et tout leur corps tremblait et s'agitait horriblement. Jésus ordonna aux disciples de leur donner de quoi se couvrir, et aux possédés de cacher leur nudité. Alors les disciples leur jetèrent de ces bandes d'étoffe qu'ils portent autour du cou et dans lesquels on s'enveloppe aussi la tête. et les possédés les roulèrent autour de leurs reins, avec des tremblements convulsifs incessants et comme forcés d'agir contrairement à leur volonté. Ils s'étaient levés et continuaient a crier, suppliant Jésus de ne pas les tourmenter, mais il dit : " Combien êtes-vous " ? Ils répondirent : " Légion. " Ils parlaient aussi au pluriel par la bouche des possédés et dirent que les convoitises de ces hommes avaient été innombrables.

Cette fois le diable disait la vérité, car ces hommes avaient vécu dix-sept ans en rapport avec les démons et adonnés à toute sorte de sortilèges, et pendant ce temps ils avaient eu, par intervalles, des accès de ce genre : mais depuis deux ans, ils avaient brisé les chaînes dont on les avait chargés et ils erraient continuellement dans la solitude. Ils se sont aussi livrés à tous les vices qui accompagnent la sorcellerie.
Il y avait près de là, dans un endroit exposé au soleil, une vigne où se trouvait une grande cuve faite d'énormes pièces de bois jointes ensemble. Elle était presque de la hauteur d'un homme et assez large pour que douze personnes pussent se tenir dedans. Les Gergéséniens y foulaient des raisins mêlés avec cette herbe qui faisait perdre la raison. Le jus coulait dans des auges plus petites, et de celles-ci dans de grands vases de terre avec un col étroit qu'ils enterraient dans la vigne lorsqu'ils étaient pleins. C'était là ce breuvage enivrant, empoisonné, qui faisait tomber ceux qui en buvaient dans une espèce d'épilepsie. La plante enivrante était à peu près de la longueur du bras avec plusieurs feuilles grasses placées les unes au-dessus des autres, semblables à celles de la joubarbe : elle se terminait par un bouton. Ils faisaient usage de ce breuvage pour se procurer des extases diaboliques. On le préparait en plein air à cause des vapeurs enivrantes qui s'en dégageaient : cependant on dressait alors une tente au-dessus de la Cuve. Les gens chargés de ce travail étaient venus près de là pour s'y livrer : mais Jésus commanda aux possédés ou plutôt à la Légion qui résidait en eux de renverser cette cuve : ils se ruèrent alors comme des insensés, saisirent l'énorme cuve qui était pleine et la jetèrent sans aucune peine sur le côté, en sorte que tout ce qui était dedans se répandit et que les ouvriers s'enfuirent en poussant des cris d'épouvante. Les possédés revinrent, toujours tremblants de tous leurs membres et les disciples furent très effrayés. Les diables qui étaient dans le corps des possédés poussaient des cris affreux, le suppliant de ne pas les précipiter dans l'abîme et de ne pas les chasser de cette contrée : enfin ils lui dirent : " Laisse-nous entrer dans ces pourceaux ". Jésus répondit : " Allez ! ". A ces paroles les malheureux possédés tombèrent par terre avec de violentes convulsions et il sortit de tout leur corps une vapeur formant un nuage. J'y vis d'innombrables figures d'insectes de toute espèce, de crapauds, de vers, surtout de taupes-grillons. Je vis ce nuage s'étendre au loin sur le pays, et au bout de quelques instants, l'énorme troupeau de porcs, comme saisi de vertige, se mit à courir avec d'affreux grognements pendant que les porchers le poursuivaient en poussant de grands cris. Les pourceaux, au nombre de quelques milliers, sortaient de tous les coins et se précipitaient de toutes les pentes à travers les buissons : c'était comme le fracas d'un orage auquel se mêlaient des cris d'animaux furieux. Et ce ne fut pas l'affaire de quelques minutes seulement, mais cela dura bien deux heures, car pendant longtemps on vit les pourceaux se ruer follement de tous côtés, se jeter les uns sur les autres et se faire de cruelles morsures. Beaucoup se précipitèrent dans le marais et arrivèrent à la chute d'eau qui les entraîna. Mais tous se lancèrent furieux vers le lac.

Les disciples de Jésus étaient assez mécontents parce qu'ils croyaient que cela rendait impure l'eau où ils avaient coutume de pêcher, et par suite les poissons qui l'habitaient. Jésus connaissant leur pensée leur dit de ne rien craindre, que les pourceaux s'engloutiraient tous dans le gouffre qui était à la sortie de la gorge. Il y avait là une espèce de lagune séparée du lac proprement dit par un banc de sable ou une langue de terre couverte de roseaux et de broussailles, et qui était souvent inondée dans les grandes eaux. C'était un gouffre profond où l'eau du lac pénétrait à travers le banc de sable, mais qui n'avait pas d'écoulement dans le lac. Il y avait là un tourbillon. Ce fut dans ce bassin que tous les pourceaux se précipitèrent. Les porchers, ayant couru après eux inutilement, vinrent trouver Jésus prés duquel ils virent les deux possédés guéris, et ils se plaignirent vivement du dommage qui leur était fait : mais Jésus leur répondit que le salut de ces âmes était d'un plus grand prix que tous les pourceaux du monde. Ils se retirèrent et allèrent dire aux propriétaires des pourceaux que les démons attirés dans le corps des hommes par l'impiété des habitants du pays en avaient été chassés par lui et étaient entrés dans les pourceaux. Il renvoya les possédés guéris dans leurs maisons pour y prendre des vêtements, et il se dirigea vers Gergesa avec les disciples. Plusieurs des porchers s'étaient déjà rendus à la ville en toute hâte. On voyait courir des gens de tous les côtés : ceux qui avaient été guéris hier à Magdala et dans les environs étaient déjà allés attendre Jésus à un endroit désigné, ainsi que les deux jeunes Israélites délivrés la veille et la plupart des Juifs de la ville. Les deux possédés guéris revinrent décemment habillés et assistèrent à une instruction de Jésus. C'étaient des païens considérables de la ville : ils étaient même parents des prêtres païens.

Les hommes chargés de préparer le vin, et dont la cuve avait été renversée, avaient aussi couru à la ville et ils avaient fait connaître le dommage occasionné par les possédés : on en avait fait grand bruit, et il s'était élevé un grand tumulte à ce sujet. Beaucoup de gens de la ville et des environs couraient après les pourceaux pour essayer d'en sauver quelques-uns : d'autres s'empressaient près de la cuve. Cela dura jusque assez avant dans la nuit.

Tous les Juifs et beaucoup de païens se rassemblèrent auprès de Jésus, qui enseigna sur une colline, à une demi lieue environ de Gergesa. Cependant les magistrats de la ville et les prêtres des idoles cherchèrent à retenir le peuple, et ils firent publier que Jésus était un puissant magicien, et que sa présence les menaçait de grands malheurs. Après avoir délibéré entre eux, ils envoyèrent à Jésus une députation pour lui demander de ne pas prolonger son séjour dans le pays et de ne pas leur faire d'autre dommage : ils reconnaissaient en lui un grand magicien, mais ils le priaient de sortir de leurs confins. Ils se plaignirent beaucoup au sujet des pourceaux et du breuvage répandu : et ils furent très surpris et très effrayés de voir assis à ses pieds, parmi les auditeurs, les deux possédés guéris. Jésus leur dit d'être sans inquiétude, qu'il ne leur serait pas longtemps à charge, qu'il n'était venu qu'à cause de ces malheureux possédés et de ces malades, et qu'il savait bien que leurs animaux impurs et leur abominable boisson avaient plus de prix à leurs yeux que le salut de leurs âmes : mais il n'en était pas ainsi de son Père céleste, qui lui avait donné le pouvoir de sauver ces hommes infortunés et de détruire les pourceaux. Ensuite il leur mit devant les yeux toutes leurs infamies, leur vie criminelle, leurs maléfices, leur impureté, leurs usures et le culte qu'ils rendaient aux démons : il avertit spécialement leurs femmes, qui pratiquaient secrètement toutes ces abominations. Il les exhorta à la pénitence, au baptême, et leur offrit le salut. Mais ils n'avaient en tête que le dommage qu'ils avaient éprouvé et la perte de leurs pourceaux, et ils persistèrent à lui demander d'une manière à la fois pressante et craintive de quitter leur pays : après quoi ils retournèrent à la ville.
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Fête de sainte Anne et Joachim

Message non lu par etienne lorant »

A propos des parents de la Vierge Marie, on trouvera dans le récit des visions d'Anne-Catherine Emmerich, que j'ai commencé de parcourir seulement après sa béatification (*), des pages vraiment très belles, qui dévoilent à notre regard de nombreux aspects sur le dessein de Salut tel que Dieu l'a mis en oeuvre au cours des âges, depuis la faute originelle.

Toujours est-il que les parents de Vierge-Marie étaient dans le même "embarras" où se trouvaient les parents de Jean-le-Baptiste: Anne comme Élisabeth n'avaient pu avoir d'enfants et Joachim comme Zacharie servaient dans le Temple. Ils vivaient tous une situation d'échec apparent tant dans la vie privée que dans la relation à Dieu... Mais de telles situations, qui perdurent parfois de longues années, sont comme le berceau ou plutôt comme le puits de la grâce. Cela me parle très fort en ce sens que pour trouver de l'eau, dans les déserts, il faut parfois creuser profondément et, non seulement la terre et la roche, mais aussi son découragement, son sentiment d'inutilité, et son doute. "Rien n'est impossible à Dieu", mais notre foi peut prendre tant de temps à mûrir !

(*) Cet astérisque simplement pour dire qu'étant donné le nombre de "prophètes modernes" dont on m'a fourré les ouvrages dans les mains... j'ai pour moi-même établi une forme de "censure". Je sais que la Béatification d'un chrétien ne se rapporte pas à ses écrits mais à ses vertus, mais du moins, si ces vertus ont été reconnues, j'estime pouvoir entrer dans leurs écrits avec bienveillance.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

La Création
1 - la chute des anges (Haut de page)

Je vis d'abord apparaître devant moi un espace de lumière infini, et, très haut dans cet espace, comme un globe lumineux semblable à un soleil je sentis que dans ce globe se trouvait l'unité des trois divines Personnes. En mon for intérieur, je nommai ceci le Consentement (divin) et j'en vis procéder comme une Opération : alors furent appelés à l'existence les Choeurs d'Esprits, infiniment éclatants, et puissants, et beaux, qui apparaissaient sous le globe lumineux comme des anneaux, des cercles concentriques brillants. Ce monde de lumière se tenait au-dessous du soleil supérieur comme un autre soleil.

D'abord, ces Choeurs évoluèrent tous, comme animés par l'amour issu du divin soleil Soudain, je vis une partie de tous les Choeurs se fixer en eux-mèmes, abîmés en leur propre beauté Ces Esprits ressentaient un plaisir propre, ils voyaient toute beauté en eux-mèmes ; ils se tournaient sur eux-mèmes, se complaisaient en eux-mèmes.

Au commencement, tous les Esprits étaient tirés d'eux-mèmes par un mouvement supérieur à eux maintenant, une partie d'entre eux se fixaient en eux-mèmes, immobiles. Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l'abîme et s'obscurcissant, tandis que les autres Esprits s'écartaient d'eux et évoluaient de façon à combler leurs rangs, qui étaient plus petits. Mais je ne vis pas ceci comme s'ils les pourchassaient en sortant du cadre de la vision : tandis que les premiers s'immobilisaient et tombaient, les autres, toujours en mouvement, occupaient leurs rangs, et tout ceci était une même chose.

Lorsque ces Esprits furent précipités vers l'abîme, je vis apparaître, en bas, un disque de ténèbres qui me sembla devoir constituer leur séjour, et je compris que leur chute était irrémissible. Mais l'espace qu'ils occupaient à présent en bas était bien plus restreint que celui qu'ils avaient eu en partage en haut, si bien qu'ils m'apparaissaient étroitement serrés les uns contre les autres.

Depuis que, petite enfant, j'avais vu cette chute des Esprits, j'étais effrayée jour et nuit par leur action, et je me disais qu'ils devaient faire beaucoup de mal à la terre : ils sont toujours autour d'elle il est heureux qu'ils n'aient pas de corps, sinon ils obscurciraient le soleil et on les verrait planer devant lui comme des nuées ce serait épouvantable.

Aussitôt après la chute, je vis les Esprits des cercles lumineux s'humilier devant le globe de la Divinité et demander avec soumission que ce qui était tombé fût de nouveau rétabli.

Alors je vis un mouvement et une opération dans le globe de la lumière divine, qui était resté jusque-là immobile et qui avait, à ce que je compris, attendu cette requête.

Apres cette démarche des Choeurs angéliques, je compris intérieurement qu'ils devaient désormais rester préservés de toute chute J'eus cependant connaissance de ceci, qui est la déclaration de Dieu et son jugement éternel : tant que les Choeurs déchus ne seront pas rétablis quant au nombre, il y aura un combat. Et je vis cette durée infiniment longue pour mon âme, comme impossible Ce Combat aura lieu cependant sur la terre, car il ne peut plus y avoir de lutte en haut, décréta Dieu.

Après cette transformation intérieure, je n'ai plus été capable d'avoir la moindre pitié pour le diable car je l'ai vu se précipiter avec violence dans l'abîme, dans le libre exercice de sa volonté mauvaise Et je n'ai plus été aussi fâchée contre Adam, j'ai toujours pensé qu'il avait été prédestiné.



2 - la création de la terre

Juste après la requête des anges restés fidèles et après le mouvement dans la Divinité, je vis apparaître une sphère sombre a côté du disque de ténèbres qui avait pris naissance en bas cette sphère était à la droite du disque, à une faible distance.

Alors je posai mon regard plus attentivement sur cette sphère sombre à droite du disque de ténèbres, et j'y vis un mouvement, comme si elle devenait de plus en plus grosse je vis des points lumineux jaillir de la masse, la recouvrir comme de rubans clairs et déborder ça et là en larges taches claires et en même temps, Je vis le profil de la terre qui surgissait de l'eau et s'en séparait. Puis je vis un mouvement dans les endroits découverts, comme si quelque chose y prenait vie. Et je vis de la végétation croître sur la terre ferme, et un fourmillement de vie parmi les plantes. déjà des mon enfance, je pensais que les plantes étaient animées.

Jusque-là , tout avait été gris, puis tout devint clair, et Je vis comme un lever de soleil. C'était comme le petit matin sur la terre, lorsque tout sort du sommeil. Tout le reste de la vision disparut alors. Le ciel était bleu, le soleil y commençait sa course Je vis seulement une partie de la terre éclairée et illuminée par le soleil, spectacle si beau et si ravissant que je pensai que ce fût le paradis.

Et je voyais tout ceci, toutes ces transformations sur la sphère sombre, comme un jaillissement du globe tout-puissant de la Divinité Lorsque le soleil monta, tout fut comme au matin, au réveil : c'était le premier matin, et pourtant aucune créature ne le savait : elles étaient là comme si elles avaient toujours été là , elles étaient dans l'innocence.

Tandis que le soleil montait, je voyais les arbres et les plantes devenus plus grands et croissant toujours plus. L'eau était plus limpide et plus sainte, toutes les couleurs étaient plus pures et plus vives, tout était indiciblement agréable il n'y avait pas non plus trace de ce que les créatures sont maintenant. Toutes les plantes, toutes les fleurs, tous les arbres avaient d'autres formes maintenant tout parait aride et rabougri en comparaison, maintenant tout est comme dégénéré.

Souvent, lorsque je comparais les plantes ou les fruits de notre jardin à ceux du sud, qui sont tout différents, plus grands, nobles, plus savoureux, comme par exemple les abricots, je pensais : ce que sont nos fruits par rapport aux fruits tropicaux, les fruits tropicaux le sont, et encore de bien plus loin, par rapport aux fruits du paradis.

J'y ai vu des roses, blanches et rouges, et je pensai qu'elles signifiaient les souffrances du Christ et la Rédemption. J'ai vu des palmiers aussi, et de grands arbres au large feuillage, qui donnaient une ombre très étendue, comme un toit.

Dès que je vis le soleil, tout était petit sur la terre, puis tout grandit et devint finalement immense. Les arbres ne poussaient pas serrés les uns contre les autres. Je vis seulement une plante de chaque espèce, pour les grandes du moins, comme lorsqu'on expose seulement un spécimen dans les parterres Du reste, tout était verdoyant et d'une pureté, d'une intégrité et d'une perfection que ne rappellent en rien les aménagements et les nettoyages effectués par les hommes Je pensais encore combien tout était beau, tant que l'homme n'était pas là ! il n'y a pas de péché, pas de destruction, pas de déchirement. Ici, tout est intègre et saint ici, rien n'a été soigné et guéri ici, tout est pur, rien n'a eu besoin de purification.

L'étendue que je voyais était douce et vallonnée, et toute recouverte de végétation mais au milieu il y avait une source, d'où s'écoulaient de tous côtés des ruisseaux, qui se jetaient parfois les uns dans les autres. Je vis d'abord du mouvement dans ces eaux, et remarquai des animaux vivants puis ensuite je vis les animaux ça et la, parmi les buissons et les fourrés, comme sortant du sommeil et regardant ça et là autour d'eux ils n'étaient pas craintifs, et tout différents de ce qu'ils sont maintenant par rapport aux animaux actuels, ils étaient aussi parfaits que des hommes ils étaient purs, nobles, rapides, attachants et doux. Il est impossible de l'expliquer. La plupart de ces animaux m'étaient inconnus. Je n'en vis vraiment aucun comme maintenant. J'ai vu l'éléphant, le cerf, le chameau, et particulièrement le rhinocéros, que j'ai vu aussi dans l'Arche, où il était remarquablement attachant et doux il était plus trapu qu'un cheval et avait une tête ronde Je n'ai pas vu de singe, pas d'insectes. ni aucune de ces misérables bêtes hideuses j'ai toujours pensé que c'étaient là des punitions du péché. J'ai vu de nombreux oiseaux, et j'entendais leurs chants merveilleux, comme au matin mais Je n'ai entendu aucun rugissement, je n'ai vu aucun oiseau de proie.

Le Paradis existe toujours, mais il est absolument impossible aux hommes d'y accéder je l'ai vu, qui subsiste toujours dans toute sa splendeur, très haut, séparé en biais de la terre, comme le disque de ténèbres des anges déchus fut détaché du ciel.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

3 -Adam et Eve

J'ai vu qu'Adam fut crée non pas au Paradis, mais à l'emplacement où devait par la suite s'élever Jérusalem. Je l'ai vu sortir, éclatant et blanc, d'une colline de terre jaune, comme d'un moule. Le soleil brillait, et je pensais, car j'étais alors une enfant, que le jour avait fait sortir Adam de la colline. Il était comme né de la terre, qui était vierge : Dieu la bénit et elle devint sa mère Il ne sortit pas soudain de la terre, il y eut un instant jusqu'au moment où il parut. Il était dans la colline, allongé sur le côté gauche, le bras replié sur la tête, et une légère nuée le recouvrait comme d'une gaze je vis une forme dans son côté droit et compris que c'était Eve, qui fut tirée de lui par Dieu, au Paradis. Dieu l'appela, et ce fut comme si la colline s'ouvrait, et Adam en sortit peu à peu. LÃ , il n'y avait pas d'arbre, simplement des petites fleurs. J'avais vu également les animaux sortir chacun de la terre, un par espèce, et les femelles s'en détacher.

J'ai vu Adam emporté au loin, dans un jardin situé très haut, le Paradis. Dieu conduisit les animaux devant Adam, au Paradis, et Adam leur donna un nom et ils le suivirent et ils jouaient autour de lui. Tout lui était soumis avant le péché Eve n'avait pas encore été tirée de lui. Tous les animaux auxquels il avait donné un nom le suivirent plus tard sur la terre.

Je vis Adam dans le Paradis, non loin de la source au milieu du jardin il semblait sortir du sommeil, parmi les fleurs et les plantes Il était auréolé d'une lueur blanche, mais son corps était plus proche de la chair que de l'esprit. Il ne s'étonnait de rien, ni de soi-mème, et se promenait parmi les arbres et les animaux, comme s'il était habitué à tout, comme quelqu'un qui inspecte ses champs.

Je vis Adam près d'une colline, allongé près de l'eau sous un arbre, le bras gauche replié sous la joue Dieu fit tomber le sommeil sur lui et, souriant très doucement, Adam fut ravi en extase.

Alors Dieu tira Eve du côté droit d'Adam, à l'en droit où Jésus fut plus tard percé par la lance Je vis Eve fine et petite elle devint rapidement plus grande, jusqu'à atteindre sa taille définitive et être parfaitement belle. Sans le péché originel, tous les hommes seraient ainsi nés au cours d'un doux sommeil La colline se fendit en deux et je vis apparaître, du côté d'Adam, un roc comme composé de cristaux de pierres précieuses, et du côté d'Eve une vallée toute blanche, comme recouverte de petits fruits blancs et fins comme du froment.

Lorsqu'Eve eut été formée, je vis que Dieu donnaitë ou plutôt répandait, quelque chose sur Adam. C'était comme si, du front, de la bouche, de la poitrine et des mains de Dieu, qui apparaissait sous figure humaine, s'écoulaient des flots de lumière qui se réunissaient en un globe éclatant : ce globe entra dans le côté droit d'Adam, d'où Eve avait été tirée. Adam seul reçut ceci : c'était le germe de la bénédiction de Dieu. Dans cette bénédiction était une trinité. La bénédiction qu'Abraham reçut de l'ange était identique, apparaissant sous la même forme, mais pas aussi lumineuse.

Eve se tenait radieuse devant Adam, et Adam lui tendit la main. Ils étaient comme deux enfants, indiciblement beaux et nobles. Ils étaient tout brillants, revêtus de rayons comme d'une gaze. Je voyais un large flot de lumière sortir de la bouche d'Adam, et sur son front comme une auréole de majesté. Autour de sa bouche hait un soleil de rayons, qu'il n'y avait pas chez Eve. Je vis leur coeur, exactement comme celui des hommes maintenant, mais des rayons enveloppaient leurs poitrines, et au milieu du coeur de chacun je voyais une auréole brillante, dans laquelle se tenait une petite figure qui semblait serrer quelque chose dans la main je pense que cela représentait la troisième Personne de la Divinité. De leurs mains et de leurs pieds aussi je vis jaillir des rayons lumineux. Leurs cheveux retombaient de la tête en cinq mèches lumineuses, deux à partir des tempes, deux derrière les oreilles et une de l'arrière de la tête.

J'ai toujours eu le sentiment que les portes du corps humain avaient été ouvertes par les Plaies de Jésus, qu'elles avaient été refermées par le péché originel et que Longin avait ouvert au côté de Jésus la Porte de la nouvelle naissance à la vie éternelle.

J'ai vu les mèches lumineuses, rayons sur la tête d'Adam, comme sa plénitude, son auréole, l'achèvement des autres rayonnements et cette auréole retrouve sa place sur les âmes et les corps glorieux. Nos cheveux sont cette gloire déchue, éteinte, obscurcie, et la comparaison entre notre chair actuelle et celle d'Adam avant la chute est du même ordre que celle de nos cheveux avec les rayons qui couronnaient Adam.

Adam tendit la main à Eve ils quitèent le lieu de la création d'Eve pour se promener dans le Paradis, contemplant tout avec bonheur. Ce lieu de la création d'Eve était le plus élevé du Paradis, tout y était splendeur et lumière, plus que partout ailleurs.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
ancilla
Censor
Censor
Messages : 155
Inscription : lun. 06 juil. 2009, 2:24
Localisation : sur le coeur de Jésus
Contact :

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par ancilla »

Merci Etienne Lorant pour ces textes beaux et si tragique de la chute des anges!cela porte a une serieuse réflexion!d'être toujours vigilant,car maintenant le combat contre ces anges tombés nous concernent tous,nous enfant du Père Céleste,le diable rôde comme un lion rugissant pour voir qui il va dévorer!perdre une âme!
il faut prendre toute l'armure de Dieu pour déjouer ses plans et résister a ses tentations si subtiles,heureusement la sainte bible nous enseigne comment être et resté Vainqueur pour la gloire de Dieu.
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

La suite, qui aborde la faute originelle, m'a laissé assez perplexe, mais je suis fasciné par ces descriptions dont on se dit qu'il faudrait lire et relire avant de bien comprendre...


l'Arbre de la Vie et l'Arbre de la Connaissance

Au milieu du jardin lumineux, je vis une étendue d'eau avec une île qui était reliée à la berge par un isthme. Cette île et l'isthme étaient plantés d'arbres très beaux. mais au milieu de l'île se dressait un Arbre magnifique. qui dominait tous les autres et en même temps les protégeait. Ses racines constituaient le sol de l'île. Il recouvrait toute l'île et se dressait de toute sa hauteur et largeur jusqu'à une cime très fine. Ses branches s'étendaient très droit, portant des rameaux qui s élançaient vers le ciel comme autant de petits arbres comparables. Les feuilles étaient fines, les fruits jaunes étaient protégés par une cosse de feuilles, comme les roses qui s'ouvrent à peine. L'Arbre avait quelque chose de semblable au cèdre. Je ne me souviens pas avoir vu Adam ou Eve ou des animaux sur l'île prés de l'Arbre. sinon de très beaux oiseaux blancs. majestueux. que j'entendais chanter dans les branches. Cet Arbre était l'Arbre de la Vie.

Juste devant l'isthme qui menait à l'île se dressait l'Arbre de la Connaissance. Le tronc en était écailleux comme celui des palmiers les feuilles poussaient directement sur le tronc. très grandes et larges. ayant un peu la forme de semelles de chaussures. Cachés au creux des feuilles. les fruits pendaient par grappes de cinq un en avant et les quatre autres groupés autour de la tige du premier. Les fruits. jaunes. avaient moins l'aspect d'une pomme que celui d'une poire ou d'une figue : ils avaient cinq côtes et leur germe ressemblait à un nombril. l'intérieur de ces fruits était mou comme celui des figues. couleur de sucre brun, avec des veines rouge sang.

L'Arbre était plus large en haut qu'en bas. il jetait des branches qui s'enfonçaient profondément dans la terre. Je vois encore cette espèce d'arbres dans des pays chauds. Il jette en terre ses branches, comme des pousses. qui s enracinent et forment de nouveaux arbres. qui se reproduisent de la même façon, si bien qu'un tel arbre constitue souvent un abri sur un grand espace qu'occupent de nombreuses familles.

à quelque distance de l'Arbre de la Connaissance, sur la droite. je vis une petite colline arrondie. doucement inclinée. constituée de cristaux rouges lumineux et de toutes sortes de pierres précieuses elle était garnie de degrés en forme de cristaux. Tout autour d'elle croissaient des arbres élancés. suffisamment hauts pour cacher quelqu'un qui se fût trouvé sur la colline d autres plantes et végétaux poussaient alentour. Ces arbres et ces plantes avaient des fleurs et des fruits vivaces et multicolores.

à quelque distance de l'Arbre de la Connaissance, sur la gauche. je vis une dépression. une petite vallée. Elle était couverte comme d'une terre blanche, délicate. ou de brume. et de fleurettes et de grains blancs. à cet endroit aussi croissaient toutes sortes de plantes, mais elles étaient sans couleurs et portaient quelque chose qui ressemblait plus à de la poussière qu'à des fruits.

C'était comme si ces deux endroits avaient une relation entre eux, comme si la colline devait être déposée dans la vallée : elles étaient comme la semence et le champ. Ces deux endroits me parurent sacrés. Je les voyais tous deux lumineux, surtout la colline. Entre eux et l'Arbre de la Connaissance poussaient toutes sortes de petits arbustes et de buissons. Tout ceci, comme du reste toute la nature, était comme transparent et en lumière. Ces deux endroits étaient les lieux de séjour de nos premiers parents. L'Arbre de la Connaissance était comme une séparation entre eux. Je pense que Dieu leur a attribué ces lieux après la création d'Eve et au début, je les vis assez peu se promener ensemble. Je les voyais se promenant chacun à sa place, sans aucune convoitise.

Les animaux étaient d'une grâce inexprimable, tout lumineux. et servaient Adam et Eve. Chaque animal, suivant son espèce, avait son séjour, son gîte, ses sentiers. ses limites, et tous ces cercles d'évolution renfermaient en eux un grand mystère d'ordre et d'harmonie divine.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

le péché et ses conséquences
1 - Le Péché originel

Je vis Adam et Eve se promener pour la première fois dans le Paradis. Les animaux venaient à leur rencontre et les escortaient, s'attachant davantage à Eve qu'à Adam... Eve s'occupait en général beaucoup plus qu'Adam de la terre et des créatures, elle regardait plus souvent le sol autour d'elle, et semblait plus curieuse. Adam était plus calme, plus tourné vers Dieu.

Parmi tous les animaux, il s'en trouvait un qui s'attacha plus que tous les autres à Eve c'était une bête extrèmement familière, enjôleuse et docile je n'en connais aucune à quoi je puisse la comparer. Cette bête était en effet toute lisse et mince, comme si elle n'avait pas d'os. ses pattes de derrière étaient courtes et elle marchait debout.

1. Note : Dans Gen. 3.1s. le serpent est présenté comme l'animal le plus rusé des champs. Mais il est montré non pas tant comme animal que comme créature diabolique qui mène nos premiers parents à la chute par sa ruse... Le serpent se dresse en paroles contre Dieu. en L'accusant de mensonge, et il se révèle en même temps comme l'ennemi des hommes en poussant par ses discours Adam et Eve à la révolte contre la volonté de Dieu ;

Sa queue pointue traînait sur le sol. et elle avait de petites pattes courtes. très haut. près de la tête. Sa tête était ronde et exprimait une ruse remarquable : cette bête avait une langue fine toujours en mouvement. La couleur de son ventre, de sa poitrine et de sa gorge était à peu près blanc jaunâtre. et tout son des était tacheté de brun, presque comme une anguille. Cette bête avait environ la taille d'un enfant de dix ans. Elle tournait toujours autour d'Eve. si docile et folâtre. si agile et si curieuse de tout et de rien qu'Eve éprouvait beaucoup de plaisir en sa compagnie. Mais pour moi. cette bête avait je ne sais quoi d'effrayant. et je la vois toujours aussi distinctement. Je n'ai pas vu qu'Adam ou Eve l'aient touchée. Il y avait avant le péché une grande distance entre l'homme et les animaux et je n'ai jamais vu nos premiers parents toucher un animal et si les animaux étaient plus confiants envers l'homme ils n'en restaient pas moins à l'écart.

Lorsqu'Adam et Eve revinrent à l'endroit lumineux. une silhouette éclatante. comme celle d'un homme majestueux aux cheveux blancs étincelants. vint à eux et sembla leur donner tout ce qui les entourait. leur désignant tout en quelques mots. et aussi leur ordonner quelque chose. Ils n'avaient nulle crainte. mais écoutaient avec candeur. Lorsque cette silhouette disparut. ils parurent plus satisfaits. plus heureux. ils semblaient mieux comprendre et découvrir un ordre plus grand en toutes choses : et ils en éprouvaient une très vive reconnaissance. mais Adam plus qu'Eve. qui pensait à son bonheur et à ces choses plus qu'à la reconnaissance car elle n'était pas aussi tournée vers Dieu qu'Adam. son âme se penchait plus vers la nature. Je crois qu'ils se sont promenés trois fois dans le Paradis.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

Le péché originel (suite)

Puis je vis Adam sur la colline lumineuse où il avait été plongé dans le sommeil, lorsque Dieu tira la femme de son côté : il rendait grâce et s'émerveillait. Il se tenait tout seul sous les arbres. Quant à Eve, je la vis s'approcher de l'Arbre de la Connaissance, comme si elle voulait se tenir prés de lui. La bête était de nouveau près d'elle, encore plus folâtre et plus agile : Eve fut toute conquise par le serpent et se complut particulièrement en sa compagnie. Alors le serpent grimpa dans l'Arbre, assez haut pour que sa tête fût à la hauteur de celle d'Eve il s'agrippa au tronc avec ses pattes et. tournant la tête vers Eve, il lui parla. Il lui dit que si Adam et elle mangeaient de ce fruit de l'Arbre, ils deviendraient libres et ne seraient plus des esclaves qu'ils connaîtraient la façon dont ils se multiplieraient.

Adam et Eve avaient déjà reçu de Dieu l'ordre de se multiplier. Mais j'appris qu'ils ne connaissaient pas les desseins de Dieu à ce sujet, et que, s'ils les avaient sus et avaient néanmoins péché, la Rédemption eét été impossible.

Dès lors, Eve ne cessa de penser à ce que lui avait dit la bête, et elle s'enflamma du désir d'en savoir plus il se passa en elle quelque chose qui l'abaissait, et j'en frémis. Alors elle se tourna vers Adam, qui se tenait paisiblement sous les arbres, et l'appela, et il vint Eve courut à lui, puis fit demi-tour il y avait en elle une hésitation et un trouble. Elle marcha, comme si elle voulait dépasser l'Arbre, mais elle s'en approcha, du côté gauche, et se tint derrière le tronc, recouverte de ses longues feuilles tombantes.

L'Arbre était plus touffu au sommet, et ses longues branches flexibles recouvertes de feuilles retombaient jusqu'à terre. à l'endroit où se tenait Eve. un fruit particulièrement beau pendait.

Lorsqu'Adam arriva près d'elle. Eve lui prit le bras et lui fit part de ce qu'avait dit cette bête qui parlait. et Adam écouta aussi. Lorsqu'Eve prit le bras d'Adam. c était la première fois qu'elle le touchait : lui ne la toucha pas. mais tout devint plus obscur autour d'eux.

Je vis que la bête montrait le fruit sans oser toutefois le cueillir pour Eve. Mais lorsqu'Eve convoita le fruit. La bête le cueillit et le lui tendit : c'était le fruit d'une grappe de cinq. le plus beau. celui qui se trouvait au milieu des autres.

Je vis alors qu'Eve s'approcha d'Adam avec le fruit et le lui donna. et que sans son consentement à lui. il n y aurait pas eu de péché. Je vis que le fruit semblait s ouvrir dans la main d'Adam qui parut y voir des Images. C'était comme s'ils avaient révélation de ce qu'ils devaient ignorer. L'intérieur du fruit était couleur de sang et parcouru de veines. Je vis qu'Adam et Eve s'obscurcissaient et qu'ils se tassaient dans leur taille. L'éclat du soleil sembla se ternir. La bête sauta de l'arbre et je la vis s'enfuir à quatre pattes. Mais je n'ai pas vu qu'Adam et Eve aient mangé le fruit avec leur bouche. comme nous faisons : le fruit disparut entre eux.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

Le péché originel

Je vis qu'Eve avait déjà péché lorsque le serpent était dans l'Arbre. car elle lui avait remis sa volonté. Je compris à ce sujet quelque chose que je suis incapable d exprimer en paroles : c'était comme si le serpent représentait la forme. le symbole de leur volonté. comme celui d'un être par lequel ils pouvaient tout faire et tout atteindre. Et Satan se glissa en cela.

Le péché ne se trouva pas accompli par le seul usage du fruit défendu, mais ce fruit renferme en soi la faculté d'une reproduction tout arbitraire, reproduction dans l'ordre des sens, qui sépare de Dieu. Aussi, ayant consomme ce fruit dans la désobéissance, l'homme se sépara de Dieu. et la concupiscence s'implanta en lui, et par lui dans toute la nature humaine. Cette usurpation des propriétés du fruit eut en l'homme, qui voulut ainsi satisfaire son désir propre, de funestes conséquences : la division. La déchéance de la nature, le péché et la mort.

Apres la création d'Eve, Dieu avait accordé à Adam une bénédiction porteuse d'une faculté permettant à l'homme de se reproduire dans la sainteté et la pureté - cette bénédiction fut retirée à Adam à cause de l'usage qu'il fit du fruit défendu, car je vis le Seigneur passer derrière Adam lorsque celui-ci quitta sa colline pour rejoindre Eve et lui retirer quelque chose : et il me sembla que le Salut du monde devait sortir de ce que Dieu avait repris à Adam

Note :

- l'union charnelle ne constitue nullement le péché originel qui, ainsi que le souligne Anne Catherine Emmerick, est avant tout désobéissance et faute dans l'ordre spirituel. La forme actuelle de la reproduction n est qu'une conséquence du péché originel.
Ce que Dieu avait retranché d'Adam devint le "dépôt sacré" dont il sera question dès le chap. 12.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

Le péché originel (c'est long mais je lis en même temps que vous !)

J'ai vu l'intérieur de l'homme, tous ses organes, comme l'image de toutes les créatures et de leurs relations entre elles 7 il récapitule en lui toutes choses, des astres jusqu'aux plus petits animaux, comme si ceux-ci étaient par la chute de l'homme tombés eux-mèmes dans le corporel et le périssable 8. Tout ceci s harmonisait en l'homme, mais il brisa cette harmonie et dut désormais travailler, lutter et souffrir à cause de sa faute Je ne peux exprimer cela plus clairement. car Je suis moi-mème un membre de l'humanité déchue.

L'homme a été créé pour combler les rangs laissés vides par les anges rebelles. Sans le péché originel, il se fut multiplie Jusqu'à ce que le genre humain atteignit le nombre des anges déchus, et la création eét alors été achevée. Si Adam et Eve avaient vécu une seule génération sans pécher, ils ne seraient jamais plus tombes ensuite. Je suis assurée que le monde ne finira pas tant que le nombre des anges rebelles ne sera pas obtenu et que tout le froment n'aura pas été séparé de la balle.

Note :

Crée à l'image de Dieu et à sa ressemblance l'homme récapitule en soi toute harmonie mystérieuse de l'univers (NdT)
8. Le péché est un désordre qui. non seulement lèse celui qui le commet mais atteint toute l'harmonie du plan divin de la Création. (NdT)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

La lecture qui suit m'a poussé à l'adoration de l'infaillibilité de Dieu au travers du "labeur" de la providence. Et j'ai également songé de nouveau à "Tout concourt au bien pour celui qui croit !", qui est pour moi une très puissante oraison lorsque je me retrouve dans l'adversité.

Promesses de rédemption

J'eus alors des visions sur le mystère de la Rédemption comme Promesse jusqu'à son accomplissement à la fin des temps je vis aussi des images des obstacles qui se dressaient contre ce mystère. Finalement, je vis au-dessus du roc étincelant une grande église majestueuse, l'Eglise Catholique une et Sainte, qui porte en son sein le vivant Salut du monde entier. Il y avait en toutes ces visions une merveilleuse unité de relation et de progression. même les obstacles, même les fruits du mal. même ce qui était rejeté par les anges, devait servir au développement du plan de salut. C'est ainsi que je vis le Temple ancien surgir d'en-bas il ressemblait à l'Eglise Sainte, mais n'avait pas de tour. Il était fort grand, mais fut repoussé sur le côté par les anges et bascula. Je vis une grande coupe en forme de coquillage. qui apparut et voulut forcer les portes du Temple mais elle fut jetée sur le côté 6.

Je vis une large tour à étages (une pyramide égyptienne) dont les multiples portes se refermaient sur des personnages comme Abraham et les enfants d'Israël. Cela signifiait leur captivité en Egypte. Cette pyramide fut repoussée, comme une autre tour égyptienne à étages qui symbolisait l'astrologie et la divination. Je vis ensuite un temple égyptien, également écarté et qui s'écroula.

Note :

5 Préfiguration de la prière. qui obtint la réalisation de la Promesse, et de la Consécration. épanouissement de cette Promesse. (NdT)

6. Symbole des légendes païennes et des cultes idolâtriques (précision d Anne Catherine Emmerick ).

Finalement, j'eus la vision de ce qui se passait sur la terre : Dieu faisait savoir à Adam qu'une Vierge apparaîtrait et lui rapporterait le Salut perdu. Mais Adam ne savait pas quand cet événement devait se produire c'est pourquoi je le vis plus tard fort triste de voir qu'Eve ne lui donnait que des garçons, jusqu'à ce qu'elle mit au monde une fille.

J'ai vu Noé et son sacrifice, au cours duquel il reçut la bénédiction de Dieu. J'ai eu ensuite des visions sur Abraham, sur sa bénédiction, sur l'annonce d'Isaac. J'ai vu cette bénédiction se transmettre d'aîné en aine, toujours sous la forme d'un sacrement. J'ai vu Moïse, comment il reçut le mystère du dépôt sacré au cours de la nuit précédant l'Exode, ce que seul Aaron savait. J'ai vu ce dépôt mystérieux dans l'Arche d'Alliance : seuls les grands-prêtres et quelques saints eurent. par révélation divine, connaissance de ce secret. C'est ainsi que j'ai contemplé la transmission de ce mystère dans toute la lignée de Jésus-Christ, jusqu'à Joachim et Anne, le couple le plus pur et le plus saint de tous les temps, qui donna naissance à Marie la Vierge Immaculée. Et c'est Marie finalement qui fut elle-même l'Arche d Alliance, le Tabernacle du mystère.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
André
Censor
Censor
Messages : 123
Inscription : jeu. 29 janv. 2009, 21:30

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par André »

Très instructifs :)



Mais
Alors Dieu tira Eve du côté droit d'Adam, à l'en droit où Jésus fut plus tard percé par la lance Je vis Eve fine et petite elle devint rapidement plus grande, jusqu'à atteindre sa taille définitive et être parfaitement belle. Sans le péché originel, tous les hommes seraient ainsi nés au cours d'un doux sommeil
Cela veut dire que pour avoir des enfants il n'y aurait pas eu besoin d'avoir des relations sexuelles au paradis ? :hypocrite:
Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Matthieu 19:14
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par etienne lorant »

Je ne me prononce pas car j'ai constaté que de multiples interprétations sont possibles, et selon que l'on adopte telle ou telle narration, il y a toujours plus de mystère après qu'avant ! Néanmoins, sur base de ce qui a été raconté jusqu'ici, l'homme et la femme étaient extraordinairement plus "nobles", plus transparents, limpides et vrais que ce qu'ils sont de nos jours !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Vision d'AC Emmerich de l'enfant-Jésus et des Docteurs

Message non lu par etienne lorant »

Les parents avaient coutume pendant le voyage d'aller de côté et d'autre avec les gens de leur pays, et à ce voyage ci, le cinquième que faisait Jésus, ils savaient qu'il allait toujours avec les jeunes gens de Nazareth. Or Jésus cette fois s'était séparé de ses compagnons aux environs du mont des Oliviers et ceux ci croyaient qu'il s'était réuni à ses parents qui venaient à leur suites mais il était allé vers le côté de Jérusalem qui regarde Bethléem, dans cette hôtellerie où la sainte Famille avait logé avant la purification de Marie. La sainte Famille le croyait en avant avec les autres personnes de Nazareth, tandis que ceux ci croyaient qu'il suivait avec ses parents. Jusqu'au retour tous se trouvèrent ensemble à Gophna, Marie et Joseph furent extraordinairement inquiets de son absence. Ils retournèrent aussitôt à Jérusalem ; sur la route et à Jérusalem, ils s'enquirent de lui partout, mais ils ne purent pas le trouver d'abord parce qu'il n'avait pas été là où ils séjournaient d'habitude. Jésus avait passé la nuit dans l'hôtellerie de la porte de Bethléem où ses parents et lui étaient connus.
S'étant réuni là à plusieurs jeunes gens, il était allé avec eux dans deux écoles de la ville : le premier jour dans l'une, le second jour dans l'autre. Le troisième jour il avait été le matin, dans une troisième école près du temple et l'après midi, dans le temple même où ses parents le trouvèrent. Ces écoles étaient de différente espèce et toutes n'étaient pas précisément des écoles où l'on enseignât la loi : on y enseignait aussi d'autres sciences. La dernière était dans le voisinage du temple et on y formait des prêtres et des lévites.

Jésus, par ses demandes et ses réponses, jeta les maîtres et les rabbins dans un tel étonnement et même dans un tel embarras qu'ils se proposèrent le troisième jour après midi de faire humilier l'enfant Jésus sur différents points par les rabbins les plus savants, dans le temple même et du haut de la chaire. Les docteurs et les scribes se concertèrent ensemble pour cela : car d'abord ils avaient pris plaisir à l'entendre ; puis ils s'étaient irrités contre lui. Ceci eut lieu à l'endroit où l'on enseignait publiquement, au milieu du vestibule du temple devant le sanctuaire, dans la salle ronde où Jésus enseigna encore plus tard. Je vis là Jésus assis sur un grand siège qu'il ne remplissait pas tout entier à beaucoup près. Il était entouré d'une quantité de vieux Juifs revêtus d'habits sacerdotaux. Ils écoutaient attentivement et paraissaient pleins de dépit : je craignais qu'ils ne voulussent mettre la main sur lui. Le siège où il était assis était orné de têtes brunes semblables à des têtes de chiens : elles étaient d'un brun verdâtre et le haut était reluisant, avec un reflet jaune. Des têtes et des figures du même genre ornaient plusieurs longues tables ou dressoirs placés latéralement dans cet endroit du temple et qui étaient couverts d'offrandes. Cette pièce était si vaste et si remplie de monde qu'on n'avait pas le sentiment qu'on fût dans une église.

Comme Jésus dans les écoles avait fait usage pour ses réponses et ses explications d'exemples de toute espèce, tires des choses naturelles, des arts et des sciences, on avait réuni ici des hommes versés dans ces différentes branches des connaissances humaines : comme ils commençaient, chacun de son côté, à disputer avec Jésus, il leur dit que ces sortes de discussions n'étaient pas précisément à leur place dans le temple, mais que pourtant il leur répondrait même ici, parce que telle était la volonté de son Père. Ils ne comprirent pas qu'il entendait parler de son Père céleste, mais ils crurent que Joseph lui avait ordonné de faire montre de toutes ses connaissances.

Jésus répondit et enseigna sur la médecine et il décrivit tout le corps humain d'une façon inconnue aux plus savants d'entre eux : il fit de même pour l'astronomie, l'architecture, l'agriculture, la géométrie et l'arithmétique, la science du droit, en un mot pour tout ce qui fut mis en avant il ramena tout d'une façon si ingénieuse à la loi et à la promesse, aux prophéties, au temple et aux mystères du culte et du sacrifice que les uns étaient saisis d'admiration, les autres confus et dépités, et cela alternativement tous fussent couverts de confusion et outrés de dépit : ce qui venait surtout de ce qu'ils entendaient des choses qu'ils n'avaient jamais sues, ni jamais comprises de cette sorte.

Il y avait déjà deux heures qu'il enseignait ainsi, lorsque Joseph et Marie vinrent aussi dans le temple et s'enquirent de leur enfant près de quelques lévites qu'ils connaissaient. ils apprirent alors qu'il était avec les scribes dans la salle où l'on enseignait. Comme ce n'était pas un lieu où il leur fût permis d'entrer, ils y envoyèrent le lévite pour prier Jésus de venir, mais Jésus leur fit dire qu'il voulait finir d'abord ce qu'il avait à faire. Marie fut très attristée de ce qu'il ne venait pas tout de suite. C'était la première fois qu'il faisait sentir à ses parents qu'il avait à obéir à d'autres ordres encore qu'aux leurs. il continua à enseigner pendant une bonne heure, et quand tous eurent été réfutés et confondus au grand dépit de la plupart d'entre eux, il quitta la salle et vint trouver ses parents dans le parvis des Israélites et des femmes. Joseph était intimidé et étonné : il ne disait rien. Mais Marie s'approcha de Jésus et lui dit : " Mon fils, pourquoi en as tu agi ainsi envers nous, voilà que ton père et moi nous te cherchions tout affligés.
Mais Jésus était encore plein de gravité et il répondit : "Pourquoi me cherchiez vous ? ne saviez vous pas que je dois m'occuper des affaires de mon Père, "ils ne comprirent pas cela et se remirent en route avec lui pour revenir. Les assistants étaient tout étonnés et les regardaient avec curiosité. J'étais très inquiète, craignant qu'ils ne se saisissent de l'enfant, car j'en vis quelques uns pleins de colère. Mais à ma grande surprise, ils laissèrent la sainte Famille se retirer tranquillement : la foule pressée autour d'eux s'ouvrit pour les laisser passer. je vis tout cela très en détail, et j'entendis la plus grande partie de ses instructions, mais la souffrance et les soucis font que je ne puis pas tout retenir. Son enseignement fit un grand effet chez tous les scribes : quelques uns en prirent note comme d'une chose remarquable. On en parla beaucoup de divers côtés, et il y eut à ce sujet bien des bavardages et des mensonges. Mais ils tinrent secrète entre eux toute la manière dont la chose s'était passée, ils parlèrent de Jésus comme d'un enfant inconsidéré qu'on avait remis a sa place : il avait de belles facultés, disaient ils, mais cela avait encore besoin d'être poli par l'éducation.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
Géraldine
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 2103
Inscription : lun. 21 nov. 2011, 15:08
Localisation : Province du Hainaut Occidental Belgique.

Re: Visions d'AC Emmerich - La création

Message non lu par Géraldine »

Quel magnifique récit de la Création......on croirait presque voir tout en images, tant la description est détaillée.....merci, Etienne.
Dernière modification par Géraldine le mer. 15 févr. 2012, 11:33, modifié 1 fois.
Dirigátur, Domine, orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo.
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 9 invités