par etienne lorant » ven. 26 déc. 2008, 13:17
"Comme il fait froid chez vous !", me disent les rares clients de ce lendemain de Noël. C'est vrai, il fait froid et ce n'est pas le petit chauffage à bain d'huile qui arrange vraiment le problème. Néanmoins, je suis ici, c'est ma place, et je travaille. Mais c'est devenu un travail à double niveau: d'abord celui qui m'incombe comme "devoir d'état", mais aussi celui qui reste caché et qui consiste, dans la prière, avec mes membres raides et mes doigts gourds, de manifester une sorte de communion d'esprit avec les sans-abris croisés dans la rue. Je sais qu'on peut penser: voilà donc un bourgeois catholique qui s'offre un petit frisson sans grand risque ! En réalité, depuis quelques jours que je portais des chaussettes montant jusqu'aux genoux, j'avais attrapé des sortes d'allergies au niveau des chevilles dont une s'est même mise à saigner faiblement, mais cela m'a inquiété; aujourd'hui, je n'ai pas mis ses protections de laines. Sans doute aussi que mon état d'esprit de ces derniers temps fait le reste : depuis quelques temps, j'éprouve moins cette espèce d'ivresse intérieure de l'âme qui m'attirait vers l'autel et qui fait mon bonheur. La nuit dernière, même après cette magnifique messe de Minuit depuis Ivry, j'ai replongé sur le matin dans une angoisse très pénible concernant "les fins dernières". Or, ce n'est du tout de moi de songer à la mort, et pour retrouver ma joie, je suis prêt à n'importe quoi - ce n'est pas tant à imiter les pauvres que je tends, ni à à acquérir des vertus, mais simplement retrouver le Jésus que j'aime et dont j'ai besoin en tout temps... merci de prier que le Père me Le rende !
"Comme il fait froid chez vous !", me disent les rares clients de ce lendemain de Noël. C'est vrai, il fait froid et ce n'est pas le petit chauffage à bain d'huile qui arrange vraiment le problème. Néanmoins, je suis ici, c'est ma place, et je travaille. Mais c'est devenu un travail à double niveau: d'abord celui qui m'incombe comme "devoir d'état", mais aussi celui qui reste caché et qui consiste, dans la prière, avec mes membres raides et mes doigts gourds, de manifester une sorte de communion d'esprit avec les sans-abris croisés dans la rue. Je sais qu'on peut penser: voilà donc un bourgeois catholique qui s'offre un petit frisson sans grand risque ! En réalité, depuis quelques jours que je portais des chaussettes montant jusqu'aux genoux, j'avais attrapé des sortes d'allergies au niveau des chevilles dont une s'est même mise à saigner faiblement, mais cela m'a inquiété; aujourd'hui, je n'ai pas mis ses protections de laines. Sans doute aussi que mon état d'esprit de ces derniers temps fait le reste : depuis quelques temps, j'éprouve moins cette espèce d'ivresse intérieure de l'âme qui m'attirait vers l'autel et qui fait mon bonheur. La nuit dernière, même après cette magnifique messe de Minuit depuis Ivry, j'ai replongé sur le matin dans une angoisse très pénible concernant "les fins dernières". Or, ce n'est du tout de moi de songer à la mort, et pour retrouver ma joie, je suis prêt à n'importe quoi - ce n'est pas tant à imiter les pauvres que je tends, ni à à acquérir des vertus, mais simplement retrouver le Jésus que j'aime et dont j'ai besoin en tout temps... merci de prier que le Père me Le rende !