par etienne lorant » jeu. 18 déc. 2008, 17:06
Dans la soirée d'hier, je n'ai pas pu m'empêcher de balancer par dessus ma tête "Le miroir intérieur" (le Journal de Julien Green 50-54). Ce matin, pas entièrement réveillé, j'ai voulu le récupérer avec une règle, sous le divan-lit, mais bien sûr je n'ai fait que le pousser un peu plus loin et le rendre plus difficile d'accès. Bref. J'ai été mécontent de découvrir dans ma lecture une forme de puritanisme sous-jacent que je n'aurais pas cru. Dans ce passage était rapportée une entrevue entre l'auteur, sa soeur Anne, ainsi que Robert (dont certains biographes précisent le nom et croient pouvoir dire plus encore), avec un jeune religieux trouvé très "mystique" par les uns et les autres. Comme la conversation était tombée sur le point sensible du "péché de la chair" (que Julien Green réduit trop vite à la sexualité), le jeune prêtre leur répond sans tergiverser et à tous en même temps: "Si ce sujet vous fait tant souffrir, pourquoi ne pas opter pour la chasteté, purement et simplement ?" Cette question, un peu trop cirecte, un peu trop simple, soulève des réactions diverses, mais je me souviens très bien d'avoir compris: "Il est trop jeune, il ne sait pas de quoi il parle".
C'est cela qui m'a mis hors de moi. Je réponds: "Non, il n'est pas trop jeune, et tous nous savons de très bien de quoi il parle quand il dit: "la chasteté, purement et simplement !"
Je dirai que dans mon expérience, j'ai d'abord choisi le célibat, et ensuite la chasteté.
Le célibat, c'est assez simple à obtenir (même si j'ai fait en sorte de garder mes amitiés féminines, car mes échecs sentimentaux auraient pu me pousser dans une misogynie injuste et perverse, peut-être.) Quant à la chasteté, il y a loin de la coupe aux lèvres, et cela demeure une veille de chaque jour. Celui qui confesse s'être masturbé et croit en être quitte ainsi se trompe lourdement. A mon sens, il y a des regards impurs qui vont bien au-delà de l'autosatisfaction solitaire... Quant à identifier le "péché de la chair" à l'union sexuelle, autant dire que nous sommes "tous nés dans le péché"... ce que je ne peux pas accepter. Il y a de très beaux amours, et d'ailleurs Dieu les inspire !
Lorsque j'aurai récupéré mon livre, je citerai le passage, et je me corrigerai avec plaisir s'il y a lieu.
Dans la soirée d'hier, je n'ai pas pu m'empêcher de balancer par dessus ma tête "Le miroir intérieur" (le Journal de Julien Green 50-54). Ce matin, pas entièrement réveillé, j'ai voulu le récupérer avec une règle, sous le divan-lit, mais bien sûr je n'ai fait que le pousser un peu plus loin et le rendre plus difficile d'accès. Bref. J'ai été mécontent de découvrir dans ma lecture une forme de puritanisme sous-jacent que je n'aurais pas cru. Dans ce passage était rapportée une entrevue entre l'auteur, sa soeur Anne, ainsi que Robert (dont certains biographes précisent le nom et croient pouvoir dire plus encore), avec un jeune religieux trouvé très "mystique" par les uns et les autres. Comme la conversation était tombée sur le point sensible du "péché de la chair" (que Julien Green réduit trop vite à la sexualité), le jeune prêtre leur répond sans tergiverser et à tous en même temps: "Si ce sujet vous fait tant souffrir, pourquoi ne pas opter pour la chasteté, purement et simplement ?" Cette question, un peu trop cirecte, un peu trop simple, soulève des réactions diverses, mais je me souviens très bien d'avoir compris: "Il est trop jeune, il ne sait pas de quoi il parle".
C'est cela qui m'a mis hors de moi. Je réponds: "Non, il n'est pas trop jeune, et tous nous savons de très bien de quoi il parle quand il dit: "la chasteté, purement et simplement !"
Je dirai que dans mon expérience, j'ai d'abord choisi le célibat, et ensuite la chasteté.
Le célibat, c'est assez simple à obtenir (même si j'ai fait en sorte de garder mes amitiés féminines, car mes échecs sentimentaux auraient pu me pousser dans une misogynie injuste et perverse, peut-être.) Quant à la chasteté, il y a loin de la coupe aux lèvres, et cela demeure une veille de chaque jour. Celui qui confesse s'être masturbé et croit en être quitte ainsi se trompe lourdement. A mon sens, il y a des regards impurs qui vont bien au-delà de l'autosatisfaction solitaire... Quant à identifier le "péché de la chair" à l'union sexuelle, autant dire que nous sommes "tous nés dans le péché"... ce que je ne peux pas accepter. Il y a de très beaux amours, et d'ailleurs Dieu les inspire !
Lorsque j'aurai récupéré mon livre, je citerai le passage, et je me corrigerai avec plaisir s'il y a lieu.