par coloquinte » lun. 29 juin 2009, 22:20
Bonsoir,
Je remonte ce fil un peu ancien

, dont j'ai trouvé la problématique intéressante.Il se trouve que, d'origine andalouse, j'ai été interpellée fortement par ces thèmes.Il est vrai que le vocabulaire espagnol, surtout dans cette région, est truffé de vocabulaire arabe.Vrai aussi qu'il existe encore dans les montagnes andalouses des variantes dialectales de l'arabe (très anecdotiques....ce ne sont d'ailleurs pas des langues officielles, dans ce pays qui en compte 5 pourtant)....vrai que les gens le portent souvent sur leur figure.Vrai que mon propre grand-père parle arabe (et pourtant je ne l'ai pas élevé comme ça!

).Pour autant, il est tout aussi vrai que par une sorte de haine de soi, on a fortement, à mon avis, exagéré la portée de la présence musulmane, surtout on l'a d'une certaine façon "romantisée" (voui, je sais, c'est un néologisme)...(Je parle ici de ce que j'ai vu dans le système scolaire français, et non espagnol, que j'ai eu la joie, l'honneur et l'avantage de ne jamais fréquenter!)..le système de dhimmitude est porté aux nues, alors que celui de la "limpieza de sangre"(une discrimination ethnique qui empêchait l'accès aux descendants de Juifs et de musulmans à certaines fonctions publiques à partir de la période des Rois Catholiques), qui en est la continuation en fait, ou au moins l'exact pendant , est descendu en flèche....c'est tout de même curieux ce deux poids deux mesures, comme si on était plus exigeant moralement avec qui nous "ressemble" au niveau civilisationnel, qu'avec celui que l'on perçoit comme "étranger".J'ai tenté de relire il y a peu un ouvrage de Roger Garaudy, qui a sa propre fondation à Cordoue, intitulé
La España musulmana (je ne sais s'il existe en français), je me suis assez vite arrêtée, cet homme nous propose une vision fantasmatique complètement de la conquête de l'Espagne (les Espagnols n'auraient jamais eu conscience d'être colonisés, en 850 il ne le savaient encore pas, ça prouve!La conquête ayant commencé en 711 et la Reconquista en 718 avec la bataille de Covadonga, bataille dont il nie l'existence parce que son récit traditionnel fourmille d'éléments mythiques....on croit rêver).En attendant, j'ai eu l'impression fort désagréable que la vision retravaillée de cet homme quant à cette période avait bien imbibé les milieux universitaires hispanisants en France (et moi-même j'avais souscrit à cette fiction à un moment!La honte sur moi!)
Une collègue (
española de pura cepa) m'avait dit, au début de ma carrière, que des pays arabes finançaient pas mal de projets en Andalousie (il n'est qu'à voir comme le vert est archi présent sur les chaînes de télé locales, type
canal sur, alors que traditionnellement, pour une autre population andalouse, les gitans, c'est la couleur du malheur....on trouve cette symbolique dans les poèmes de Federico García Lorca notamment), je ne voulais pas trop le croire, mais j'ai des doutes aujourd'hui.
Cela n'enlève rien aux apports ou redécouvertes faits par les "arabes" (les espagnols disent "maures", parce que de toute façon ce n'étaient pas en majorité des arabes, souvent des berbères par exemple), mais appelle à ne pas sombrer dans une espèce de vision romantique d'un âge d'or fantasmé complètement.
Bonsoir,
Je remonte ce fil un peu ancien :incertain: , dont j'ai trouvé la problématique intéressante.Il se trouve que, d'origine andalouse, j'ai été interpellée fortement par ces thèmes.Il est vrai que le vocabulaire espagnol, surtout dans cette région, est truffé de vocabulaire arabe.Vrai aussi qu'il existe encore dans les montagnes andalouses des variantes dialectales de l'arabe (très anecdotiques....ce ne sont d'ailleurs pas des langues officielles, dans ce pays qui en compte 5 pourtant)....vrai que les gens le portent souvent sur leur figure.Vrai que mon propre grand-père parle arabe (et pourtant je ne l'ai pas élevé comme ça! :zut: ).Pour autant, il est tout aussi vrai que par une sorte de haine de soi, on a fortement, à mon avis, exagéré la portée de la présence musulmane, surtout on l'a d'une certaine façon "romantisée" (voui, je sais, c'est un néologisme)...(Je parle ici de ce que j'ai vu dans le système scolaire français, et non espagnol, que j'ai eu la joie, l'honneur et l'avantage de ne jamais fréquenter!)..le système de dhimmitude est porté aux nues, alors que celui de la "limpieza de sangre"(une discrimination ethnique qui empêchait l'accès aux descendants de Juifs et de musulmans à certaines fonctions publiques à partir de la période des Rois Catholiques), qui en est la continuation en fait, ou au moins l'exact pendant , est descendu en flèche....c'est tout de même curieux ce deux poids deux mesures, comme si on était plus exigeant moralement avec qui nous "ressemble" au niveau civilisationnel, qu'avec celui que l'on perçoit comme "étranger".J'ai tenté de relire il y a peu un ouvrage de Roger Garaudy, qui a sa propre fondation à Cordoue, intitulé [i]La España musulmana[/i] (je ne sais s'il existe en français), je me suis assez vite arrêtée, cet homme nous propose une vision fantasmatique complètement de la conquête de l'Espagne (les Espagnols n'auraient jamais eu conscience d'être colonisés, en 850 il ne le savaient encore pas, ça prouve!La conquête ayant commencé en 711 et la Reconquista en 718 avec la bataille de Covadonga, bataille dont il nie l'existence parce que son récit traditionnel fourmille d'éléments mythiques....on croit rêver).En attendant, j'ai eu l'impression fort désagréable que la vision retravaillée de cet homme quant à cette période avait bien imbibé les milieux universitaires hispanisants en France (et moi-même j'avais souscrit à cette fiction à un moment!La honte sur moi!)
Une collègue ([i]española de pura cepa[/i]) m'avait dit, au début de ma carrière, que des pays arabes finançaient pas mal de projets en Andalousie (il n'est qu'à voir comme le vert est archi présent sur les chaînes de télé locales, type [i]canal sur[/i], alors que traditionnellement, pour une autre population andalouse, les gitans, c'est la couleur du malheur....on trouve cette symbolique dans les poèmes de Federico García Lorca notamment), je ne voulais pas trop le croire, mais j'ai des doutes aujourd'hui.
Cela n'enlève rien aux apports ou redécouvertes faits par les "arabes" (les espagnols disent "maures", parce que de toute façon ce n'étaient pas en majorité des arabes, souvent des berbères par exemple), mais appelle à ne pas sombrer dans une espèce de vision romantique d'un âge d'or fantasmé complètement.