Désignation d'un Pontife Romain

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Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Gaudens » ven. 10 nov. 2023, 20:06

?????????

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Perlum Pimpum » ven. 10 nov. 2023, 13:54

Olivier JC a écrit : jeu. 09 nov. 2023, 17:35 Reste à s'entendre par conséquent sur la notion d'élection. Là encore, pour prendre une hypothèse extrême, serait-il loisible à l'actuel évêque de Rome de décider que son successeur sera élu par votre serviteur ?

+

Vous avez, cher Olivier, l’art des questions difficiles.
J’avoue ne pas avoir, en l’état de mes réflexions, de conviction certaine à vous apporter en réponse.


Élire est choisir, que le choix soit d’un seul ou d’un collège électoral. Donc, dans la mesure où le pape a plénitude de juridiction et que le mode d’élection relève du droit ecclésiastique, il semblerait, à première vue, qu’il faille répondre affirmativement à votre question.

Mais on comprend immédiatement le risque extrême d’une telle position doctrinale. Aussi suis-je réduit à rechercher l’argumentaire pertinent à même de l’écarter. Je me risque donc à ce qui suit, sans en garantir la pleine orthodoxie.

L’élection du pape ayant toujours été le fait d’un collège, comment ne pas y voir sinon la preuve du moins l’indice que l’élection collégiale soit de droit divin, la composition du collège étant seule de droit ecclésiastique. En effet, « La coutume est une excellente interprète de la loi » (CIC 1917, canon 29) ; « La coutume est la meilleure interprète des lois » (CIC 1983, canon 27). En cette hypothèse, probable, l’acte pontifical restreignant le collège à un unique électeur sera nul de plein droit. Que faudra-t-il donc pour que cette composition de droit ecclésiastique du collège électoral satisfasse à l’exigence de droit divin d’une élection collégiale ? La question porte évidemment sur la quantité et la qualité des électeurs. Dans la mesure où le pape l’est de toute l’Église, il semble que son élection, qui concerne toute l’Église, doive relever d’un collège suffisamment représentatif de toute l’Église, ou du moins, puisque le pape est aussi évêque d’un diocèse (*), que ce diocèse soit suffisamment représenté.
[+] Texte masqué

(*) Car c’est de droit divin que le pape est évêque, de sorte que, comme évêque, il doit être incardiné à celui des diocèses où est implantée la chaire de saint Pierre (par ex. Antioche, Rome, Avignon, l’implantation de la chaire étant à la discrétion du pape, donc de droit ecclésiastique), l’élection incardinant qui l’accepte au lieu d’implantation du siège.
J’avoue n’être pas encore pleinement convaincu de mon propos, aussi dois-je vous demander un délai de réflexion.

:( :(

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Olivier JC » jeu. 09 nov. 2023, 17:35

Perlum Pimpum a écrit : jeu. 09 nov. 2023, 16:31À votre question demandant d’où nous saurions que le principe de l’élection est de droit divin, je vous réponds que cela se déduit, par raisonnement théologique, de la constitution divine de l’Église, étant strictement impossible que puissent se trouver simultanément deux papes formellement papes, pour les raisons précédemment exposées au paragraphe que vous citez.
Que le nouveau Souverain Pontife ne puisse être désigné tant que le Siège n'est pas vacant pour cette raison qu'il ne peut se trouver simultanément deux titulaires effectifs du pouvoir primatial me semble effectivement tout à fait convaincant et rattachant indubitablement ce principe à la constitution divine de l'Eglise.

Reste à s'entendre par conséquent sur la notion d'élection. Là encore, pour prendre une hypothèse extrême, serait-il loisible à l'actuel évêque de Rome de décider que son successeur sera élu par votre serviteur ?

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Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Perlum Pimpum » jeu. 09 nov. 2023, 16:31

Olivier JC a écrit : jeu. 09 nov. 2023, 15:34 Voilà qui est fort intéressant, bien qu'un peu court malheureusement. Si le principe de l'élection est de droit divin, où se situe le décret divin ? Cela vient-il en quelque manière des Ecritures, ou bien est-ce le constat que ce principe a toujours été respecté, sous les réserves évoquées pour Boniface II auxquelles vous avez apporté des éléments de réponse pertinents ? Auquel cas, dans quelle mesure cela peut-il être rattaché à la constitution divine de l'Eglise et non à une tradition apostolique ?
Bonjour Olivier,

En préalable à ma réponse, sachez d’abord que, contrairement à l’opinion de l’Aquinate, je ne tiens pas que la promulgation de la loi naturelle soit fonction de la prise de conscience qu’on en a, estimant tout au contraire que la loi naturelle est promulguée par Dieu, auteur des natures, par l’érection même des natures, à charge ensuite pour la raison humaine d’en découvrir les conclusions éloignées à l’aune des premiers principes de la moralité, évidents par eux-mêmes.

Et j’applique ceci aussi à la loi divine surnaturelle positive. À votre question demandant d’où nous saurions que le principe de l’élection est de droit divin, je vous réponds que cela se déduit, par raisonnement théologique, de la constitution divine de l’Église, étant strictement impossible que puissent se trouver simultanément deux papes formellement papes, pour les raisons précédemment exposées au paragraphe que vous citez.



Je m’attendais d’ailleurs que vous m’objecteriez avoir procédé, au § suivant celui que vous citez, à un cercle vicieux, puisque je déduisais, au § précédent, de l’impossibilité que deux papes puissent être simultanément formellement tels, pour conclure que l’impossibilité d’élire validement un pape tant que le siège n’est pas vacant est manifestement de droit divin, pour ensuite, au § suivant, partir de cette impossibilité pour l’étendre à un cas où les papes ne sont pas simultanément formellement papes.

Je pensais donc que vous m’objecteriez qu’à supposer l’hypothèse qu’un pape désigne son successeur (donc l’élise) en précisant l’élection ne pouvoir prendre effet que suite à sa renonciation ou son trépas et à l’acceptation consécutive par le récipiendaire, la dualité des papes sera exclue, et l’attentât contre la divine constitution de l’Église écarté.

Je vous aurais alors répondu que l’objection ne vaut pas, la validité de l’élection n’étant pas fonction de son acceptation. Si donc le nominé est validement élu, aucune disposition juridique ne peut l’empêcher d’accepter immédiatement la charge, puisqu’il est déjà élu. Le simple fait qu’il ne puisse l’accepter du vivant de son prédécesseur prouve l’incapacité absolue qu’un pape puisse nommer son successeur. La condition que l’élection ne puisse prendre effet qu’après son acceptation consécutive à la vacance du siège est donc nulle de droit divin. Et si la condition suspendant l’accession au souverain pontificat n’est pas relative à l’acceptation mais à l’élection, la chose est encore plus manifeste, le nominê n’ayant pas le pouvoir de s’élire lui-même.



Cordialement.

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Toto2 » jeu. 09 nov. 2023, 15:48

Bonjour,

Merci Perlum Pimpum pour vos citations appropriées, que je n'avais pas trouvées, et qui permettent de résoudre la question

Cordialement

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Olivier JC » jeu. 09 nov. 2023, 15:34

Bonjour,
Perlum Pimpum a écrit : jeu. 09 nov. 2023, 12:12Le mode d’élection n’est que de droit ecclésiastique, mais le principe de l’élection est de droit divin. Or l’impossibilité d’élire validement un pape tant que le siège n’est pas vacant est manifestement de droit divin. En effet, admette la validité d’une telle élection en l’absence de vacance du siège, c’est admettre que deux papes formellement papes puissent simultanément régner, en nêgation de la divine constitution de l’Église, la plénitude de juridiction du pape sur l’ensemble de l’Église étant niée par la concurrence même des deux prétendus titulaires de cette juridiction primatiale. Et comment l’unité de la communion ecclésiale pourrait-elle se trouver, si l’obédience va simultanément à deux papes concurrentiels.
Voilà qui est fort intéressant, bien qu'un peu court malheureusement. Si le principe de l'élection est de droit divin, où se situe le décret divin ? Cela vient-il en quelque manière des Ecritures, ou bien est-ce le constat que ce principe a toujours été respecté, sous les réserves évoquées pour Boniface II auxquelles vous avez apporté des éléments de réponse pertinents ? Auquel cas, dans quelle mesure cela peut-il être rattaché à la constitution divine de l'Eglise et non à une tradition apostolique ?

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Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Perlum Pimpum » jeu. 09 nov. 2023, 12:12

Bonjour Toto,

Toto2 a écrit : mer. 08 nov. 2023, 19:38 Perlum Pimpum, vous écrivez :
si la nomination n’est effective qu’à la vacance du siège, le siège étant vacant, n’est aucun pape régnant pour nommer validement.
Vraie question : supposons que le Pape François nomme Gérard évêque de Lyon, à compter du 1er décembre 2023. Supposons que le pape François décède le 15 novembre, et que le 1er décembre, il n'y ait eu aucune élection du nouveau Pape. Gérard prendra-t-il son poste à Lyon le 1er décembre 2023, nonobstant la vacance du Siège apostolique ? Pour moi, oui, les actes d'un Pape, même à date d'effet ultérieure à son décès, sont censés s'appliquer tant qu'un nouveau Pape ne les a pas infirmés. Il est tout à fait possible aussi que je me trompe.
Mais si j'ai raison, si le Pape François nomme Albert évêque de Rome à compter du 20 novembre et décède le 15 novembre, je ne vois pas en quoi la vacance du Siège apostolique empêcherait la validité de l'acte de nomination.
Je ne dis évidemment pas que le Pape pourrait nommer son successeur : je me borne à indiquer que j'ai un doute quant à la recevabilité de cet argument (il en existe heureusement d'autres), mais je reconnais que je ne suis pas du tout un expert sur la question.

:arrow: CIC 1983, Canon 143 §1 : « Le pouvoir ordinaire s’éteint par la perte de l’office auquel il est attaché. »

  • Canons liés

    C. 991 CCEO/1990 : « §1. Le pouvoir ordinaire se perd par la perte de l'office auquel il est attaché. »

    C. 208 CIC/1917 : « Conformément à la règle du can.. 183 p. 2, le pouvoir ordinaire ne s'éteint pas par la disparition du droit de celui qui a conféré l'office auquel le pouvoir est lié; mais ce pouvoir cesse par la perte de l'office auquel il est attaché; il est suspendu à la suite d'un appel légitimement interjeté, à moins que cet appel n'ait un effet purement dévolutif, tout en tenant compte des can. 2264 ; can. 2284. »

:arrow: CIC 1983, Canon 153 §1. « La provision d’un office qui n’est pas vacant en droit est nulle de plein droit et n’est pas validée par une vacance subséquente. » CIC 1983, Canon 153 §3. « La promesse de conférer un office, quel qu’en soit l’auteur, ne produit aucun effet juridique »

  • Canons liés

    C. 943 CCEO/1990 « §1. La provision d'un office qui n'est pas vacant en droit, est nulle de plein droit et elle n'est pas validée par une vacance subséquente de l'office. » « §3. La promesse de conférer un office, quel qu'en soit l'auteur, n'a aucun effet canonique.« 

    C. 150 CIC/1917 « §1. L'attribution d'un office qui n'est pas vacant de droit, suivant les règles ducan. 183 p. 1 est par le fait même invalide ; elle n'est pas validée par une vacance subséquente. » « §2. La promesse d'attribuer un office, quel que soit son auteur, ne produit aucun effet juridique.« 



Toto2 a écrit : mer. 08 nov. 2023, 19:38 Le dictionnaire de la théologie catholique, article "ÉLECTION DES PAPES I. Le mode d'élection à la papauté est-il de droit divin ? II. Le pape peut il choisir son successeur?", répond à vos deux questions :

1. le mode d'élection du Pape n'est pas une règle de droit divin
Le mode d’élection n’est que de droit ecclésiastique, mais le principe de l’élection est de droit divin. Or l’impossibilité d’élire validement un pape tant que le siège n’est pas vacant est manifestement de droit divin. En effet, admette la validité d’une telle élection en l’absence de vacance du siège, c’est admettre que deux papes formellement papes puissent simultanément régner, en nêgation de la divine constitution de l’Église, la plénitude de juridiction du pape sur l’ensemble de l’Église étant niée par la concurrence même des deux prétendus titulaires de cette juridiction primatiale. Et comment l’unité de la communion ecclésiale pourrait-elle se trouver, si l’obédience va simultanément à deux papes concurrentiels.

Pour éviter l’objection, Olivier a envisagé que l’acceptation de l’élection fut consécutive au trépas du pape ayant nominé. Mais comment celui qui n’est pas encore pape, et qui est censé ne le devenir que suite à son acceptation de sa désignation par son prédécesseur, pourrait-il, en acceptant une charge dont il n’est pas encore titulaire, donner une quelconque valeur juridique à un acte de nomination de soi invalide puisque constitutif d’une élection au souverain pontificat en l’absence de vacance du siège apostolique ? C’est strictement impossible car contraire à la divine constitution de l’Église, comme démontré au § précédent.

Je réitère donc ce que j’écrivais tantôt : si la nomination n’est effective qu’à la vacance du siège, le siège étant vacant, n’est aucun pape régnant pour nommer validement ; tandis que si le pape est encore régnant, il ne peut nommer son successeur sans attenter à la divine constitution de l’Église : de droit divin, la nomination est invalide.



Toto2 a écrit : mer. 08 nov. 2023, 19:38 2. Un pape n'a pas à choisir son successeur. Sur votre exemple, qui est un cas manifestement unique, le DTC relève que :
saint Félix IV (526-530) choisit pour coadjuteur un prêtre romain, Boniface, et le désigna aux suffrages des électeurs pour sa succession.
Mais il ne le nomma pas lui-même définitivement. Du moins, cela n’est pas démontré.
Le reste de l'article montre qu'il faut faire la différence entre une désignation "je nomme Bidule comme mon successeur, que cela vous plaise ou non" et une recommandation "il me plairait que vous envisagiez sérieusement l'hypothèse de Bidule comme pape, mais bien sûr votre vote est libre et vous pouvez décider de prendre quelqu'un d'autre".
Il est d’abord évident que si Boniface II n’a pas été traité en intrus, c’est qu’une fraction du collège électoral a ratifié le souhait de Félix IV. Mais remarquez que cette fraction était minoritaire, la majorité du collège électoral ayant élu pape Dioscore. De sorte qu’en bonne logique Boniface II n’était qu’un anti-pape. Conséquemment, il y eut schisme, Boniface étant sacré au Latran, Dioscore à la basilique Constantinienne. Mais remarquez encore que Dioscore est mort 28 jours après son élection, consécutivement à quoi Boniface a obtenu, en faisant pression, la « rétractation humiliante » (aux dires des historiens) de ceux ayant voté pour Dioscore, par laquelle ils reconnaissaient Boniface comme pape en désavouant leur précédent choix. C’est en cette reconnaissance, équiparée à une élection, que le pontificat de Boniface II trouve son fondement.

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Olivier JC » jeu. 09 nov. 2023, 9:34

Bonjour,

Je vous remercie, Toto2, pour les précisions apportées par le DTC, notamment concernant Boniface II.

Il semble donc que les modalités de désignation du Souverain Pontife ne relève pas de la constitution divine de l'Eglise, i.e. qu'elles ne relèvent pas d'une décision ou orientation posée par Notre Seigneur.

Je relève qu'hormis le cas de Boniface II (et peut-être les premiers papes, l'historiographie étant limitée les concernant), la désignation par voie d'élections par l'Eglise de Rome au suffrage direct ou indirect est une constante. S'agissant de Boniface II, quoiqu'il en soit de la discussion présentée par le DTC, la décision de Félix IV a été plus que contestée.

Il semble cependant plus que délicat de voir dans cette quasi-unanimité une tradition apostolique faute de la moindre preuve historiographique allant dans ce sens.

Dès lors, il me semble difficile de poser la moindre limite à ce que le Souverain Pontife peut faire en la matière, si ce n'est la nécessaire reconnaissance de la personne désignée conformément au droit comme le légitime évêque de Rome par l'Eglise universelle. En d'autres termes, dans l'hypothèse limite évoquée, le Souverain Pontife pourrait désigner son successeur mais il ne pourrait l'imposer.

Quant à prétendre qu'il ne pourrait désigner son propre successeur, à défaut de loi divine le prohibant directement ou indirectement, une objection ne pourrait relever que du droit naturel. Je ne vois pas laquelle. La pratique a montré qu'il pouvait y avoir un pape régnant et un pape émérite. Je ne vois pas ce qui s'opposerait, en droit, à ce qu'il y ait un pape régnant et un pape coadjuteur.

+

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Toto2 » jeu. 09 nov. 2023, 0:35

Altior a écrit : mer. 08 nov. 2023, 22:04
Par ailleurs, en dépit de mon opinion plus que réservée sur l'actuel Pape régnant, je ne crois pas que le Pape soit le principal problème de l'Église de nos jours.
Bonsoir

C'est ce que je dis à mon frère. C'est un point de désaccord entre nous ; il est persuadé que l'Eglise ira beaucoup mieux avec un autre pape, je me tue à lui dire qu'il se pourrait fort bien qu'il regrette le pape François une fois le successeur élu.
Mon ancien vicaire disait que Mgr Marx était progressiste, mais qu'il louvoyait, il pouvait lui arriver de faire un pas sur le côté ou même en arrière, d'émettre des nuances, tandis que son successeur à la tête de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Bätzing, est beaucoup plus radical apparemment : pro diaconesse, pro célibat optionnel des prêtres, pro bénédiction des couples de personnes de même sexe. En revanche, Mgr Bâtzing s'est exprimé contre le fait que des gens impliqués dans l'AfD accomplissent des tâches d'Eglise.

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Altior » mer. 08 nov. 2023, 22:04

Olivier JC a écrit : mer. 08 nov. 2023, 15:06
Jusqu'où le Souverain Pontife, dont il est acquis qu'il lui est loisible de modifier les règles de désignation de son successeur comme le rappelle S. Jean-Paul II dans la Constitution Universi Dominici Gregis, peut-il aller
Il peut aller loin. Vous êtes, sans doutes, au courant du fait que dans la plus grande partie du premier millénaire le Pape était choisi par le vote des chrétiens de Rome, parfois même par acclamations.
De même, vous vous rappeler peut-être que le pape Jean Paul II avait changé la majorité nécessaire, en passant de la majorité qualifiée de deux tiers à la majorité simple. Pour que le pape suivant, Benoît VI, revienne à la formule de deux tiers.

Pour aller jusqu'à la caricature, le Souverain Pontife peut-il décider qu'il lui revient de désigner son successeur ?
Non, là c'est la ligne rouge.

Par ailleurs, en dépit de mon opinion plus que réservée sur l'actuel Pape régnant, je ne crois pas que le Pape soit le principal problème de l'Église de nos jours. Oui, il a eu des affirmations et même des démarches critiquables, voire modernistes, mais il est moins moderniste que le curé de mon coin. Moins moderniste que mon évêque du lieu. Moins moderniste que la plupart des évêques de France. Cela se voit bien aux derniers conciles/synodes. Rappelez-vous que le Pape a dû mettre quelques bémols aux hurluberleries votées aux Synode sur l'Amazonie et, sans doutes, il devra faire de même au "Synode sus la synodalité". Dites merci que c'est Franciscus Pp à Rome, le prochain pourrait être Reinhard Marx.

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Toto2 » mer. 08 nov. 2023, 20:28

Bonjour Perlum Pimpum (et autre),

Veuillez noter que mon message s'est immiscé, postérieurement au vôtre d'un point de vue au vôtre, mais antérieurement au vôtre d'un point de vue géométrique

J'en profite pour dire que la thèse du "l'acte d'un pape décédé doit être ratifié par le pape suivant pour prendre effet" est, réflexion faite, également logique. Je ne sais pas ce qu'il en est en vrai.

Merci

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Perlum Pimpum » mer. 08 nov. 2023, 20:09

Olivier JC a écrit : mer. 08 nov. 2023, 18:24 Je suis perplexe face à votre réponse... Le Souverain Pontife ne reçoit sa juridiction de personne sinon de Notre Seigneur Lui-même au moment prescrit par le droit ecclésiastique, à savoir à ce jour et selon le canon 332 par l'acceptation de son élection.
Et comment pourrait-il accepter sa nomination si le pape l’ayant précédemment nommé est passé à trépas ? Vous supposez que la nomination puisse perdurer à ce trépas, de sorte que le nominé n’ait plus qu’à l’accepter, là où je dis que le trépas rend la nomination caduque. Le point en litige mérite vérification. J’essaierais de voir ça en soirée ou demain.

Olivier JC a écrit : mer. 08 nov. 2023, 18:24 Vous usez de la facilité de l'ironie pour éviter, manifestement, de reconnaître votre ignorance en la matière (je ne vous la reproche pas, je la partage)...

Il semble cependant que ce soit tout à fait possible puisque déjà survenu. Boniface II fut en effet désigné par son prédécesseur Félix IV, non sans contestations cependant, et il reste à ce jour regardé comme ayant été un légitime évêque de Rome (c'est d'ailleurs à lui que le second Concile d'Orange de 529 doit son approbation pontificale).
Quant à Boniface II, j’ignorais le fait, et vais me renseigner.

:)

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Toto2 » mer. 08 nov. 2023, 19:38

Olivier JC a écrit : mer. 08 nov. 2023, 15:06

Jusqu'où le Souverain Pontife, dont il est acquis qu'il lui est loisible de modifier les règles de désignation de son successeur comme le rappelle S. Jean-Paul II dans la Constitution Universi Dominici Gregis, peut-il aller sans se heurter à une règle minimale relevant de la constitution divine de l'Eglise et, comme telle, qu'il ne serait pas en son pouvoir d'amender, abroger ou contredire ?

Pour aller jusqu'à la caricature, le Souverain Pontife peut-il décider qu'il lui revient de désigner son successeur ?

+
Bonsoir,

Le dictionnaire de la théologie catholique, article "ÉLECTION DES PAPES I. Le mode d'élection à la papauté est-il de droit divin ? II. Le pape peut il choisir son successeur?", répond à vos deux questions :

1. le mode d'élection du Pape n'est pas une règle de droit divin

2. Un pape n'a pas à choisir son successeur. Sur votre exemple, qui est un cas manifestement unique, le DTC relève que :
saint Félix IV (526-530) choisit pour coadjuteur un prêtre romain, Boniface, et le désigna aux suffrages des électeurs pour sa succession.
Mais il ne le nomma pas lui-même définitivement. Du moins, cela n’est pas démontré.
Le reste de l'article montre qu'il faut faire la différence entre une désignation "je nomme Bidule comme mon successeur, que cela vous plaise ou non" et une recommandation "il me plairait que vous envisagiez sérieusement l'hypothèse de Bidule comme pape, mais bien sûr votre vote est libre et vous pouvez décider de prendre quelqu'un d'autre".

Perlum Pimpum, vous écrivez :
si la nomination n’est effective qu’à la vacance du siège, le siège étant vacant, n’est aucun pape régnant pour nommer validement.
Vraie question : supposons que le Pape François nomme Gérard évêque de Lyon, à compter du 1er décembre 2023. Supposons que le pape François décède le 15 novembre, et que le 1er décembre, il n'y ait eu aucune élection du nouveau Pape. Gérard prendra-t-il son poste à Lyon le 1er décembre 2023, nonobstant la vacance du Siège apostolique ? Pour moi, oui, les actes d'un Pape, même à date d'effet ultérieure à son décès, sont censés s'appliquer tant qu'un nouveau Pape ne les a pas infirmés. Il est tout à fait possible aussi que je me trompe.
Mais si j'ai raison, si le Pape François nomme Albert évêque de Rome à compter du 20 novembre et décède le 15 novembre, je ne vois pas en quoi la vacance du Siège apostolique empêcherait la validité de l'acte de nomination.
Je ne dis évidemment pas que le Pape pourrait nommer son successeur : je me borne à indiquer que j'ai un doute quant à la recevabilité de cet argument (il en existe heureusement d'autres), mais je reconnais que je ne suis pas du tout un expert sur la question.

Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Olivier JC » mer. 08 nov. 2023, 18:24

Perlum Pimpum a écrit : mer. 08 nov. 2023, 18:06Il faudrait donc qu’à l’instant de son trépas, le pape soit encore vivant (pour conférer la juridiction), mais déjà mort (pour éviter la dualitè des papes).
Je suis perplexe face à votre réponse... Le Souverain Pontife ne reçoit sa juridiction de personne sinon de Notre Seigneur Lui-même au moment prescrit par le droit ecclésiastique, à savoir à ce jour et selon le canon 332 par l'acceptation de son élection.

Vous usez de la facilité de l'ironie pour éviter, manifestement, de reconnaître votre ignorance en la matière (je ne vous la reproche pas, je la partage)...

Il semble cependant que ce soit tout à fait possible puisque déjà survenu. Boniface II fut en effet désigné par son prédécesseur Félix IV, non sans contestations cependant, et il reste à ce jour regardé comme ayant été un légitime évêque de Rome (c'est d'ailleurs à lui que le second Concile d'Orange de 529 doit son approbation pontificale).

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Re: Désignation d'un Pontife Romain

par Perlum Pimpum » mer. 08 nov. 2023, 18:06

Il faudrait donc qu’à l’instant de son trépas, le pape soit encore vivant (pour conférer la juridiction), mais déjà mort (pour éviter la dualitè des papes). Bref, vous ressuscitez ici votre instant des morts-vivants, qui me fait toujours autant rire. Mieux, en cet instant grand-guignolesque, vous aurez deux papes, votre mort étant encore vivant, et vivant encore pape, concurremment à l’autre…

:roule:

Je vous ai connu mieux inspiré. :D

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