Bonjour,
Personne n'a dit le contraire, mais selon moi il y a une évidence qui est niée, obeïr à Dieu implique renoncer aux biens "mondains" pour son Amour qui équivaut à souffrir.
Si vous voulez chercher à renoncer aux biens du monde pour Dieu, signifie chercher à souffrir par Amour pour Dieu, pour moi les deux sont équivalents.
Je ne sais pas ce qu'il en est en Afrique (je crois que vous y vivez), mais ici en France c'est l'inverse qui est extrêmement dur pour un chrétien un peu fervent, vivre dans le monde est affreux, il y a du mal partout et sans cesse, que ce soit dans la bouche des hommes (et des enfants !), sur les murs des bâtiments, dans les publicités, les livres etc... Le monde n'est pas tentant, il est effrayant ! c'est un martyr de vivre cette vie quand on est chrétien et je pèse mes mots. Je me demande vraiment comment font nos frères et soeurs qui vivent en ville. Un coeur un tant soit peu ouvert et tendre vit dans un désert dans ce monde, il y a bien quelques oasis ici ou là chez des personnes restées simples et bonnes, mais globalement c'est un champ de ronces.
- Dire que Jésus ne s'est pas flagellé lui même est un jeux subtil à mon avis. En effet Il aurait bien pu empêcher son supplice s'il avait voulu. Pour prendre une comparaison si je sais que ce jour telle personne viendra chez moi me tuer, si en plus j'ai la possibilité de me défendre avec la certitude de le vaincre et si malgré tout cela je reste chez moi et je me laisse assassiner, alors je me suis suicidé. On aura beau utilisé des arguments comme quoi je n'ai pas moi même pris la corde pour me la passer au cou, mais en regardant très bien les choses, mon assassinat est bel et bien un suicide.
Jésus a laissé le mal se déchaîner contre Lui comme Il nous l'a appris (si quelqu'un vous frappe, tendez l'autre joue), Jésus a même répondu au mal par le bien en implorant la miséricorde de son Père avant de mourir, ça n'a rien d'un suicide, c'est un témoignage rendu à la Vérité (mais qui était effectivement un suicide aux yeux des hommes qui y ont assisté et qui ne croyaient pas en Lui).
Souffrances inutiles? d'un point de vue humain la souffrance de Jésus était inutile, c'est dans la Foi qu'on reconnait qu'elle a été utile
Même d'un point de vue humain la souffrance de Jésus est utile, le Christianisme ne serait pas ce qu'il est sans la Croix. On ne peut pas passer à côté de la Croix sans être touché, même un petit peu.
Pour reprendre votre exemple, si quelqu'un se frappe le doigt avec un marteau, si cet acte ne peut pas l'empêcher d'accomplir toutes ses obligations de charité, et s'il l'a fait avec l'intention de s'unir à la passion de Jésus alors sa souffrance n'est pas inutile selon la Foi, car il a tout simplement renoncé à un bien être corporel par amour pour Jésus.
Il n'a pas renoncé à un bien être corporel (par exemple préférer un quignon de pain sec à un gâteau au chocolat), il a méprisé sa chair qui est un don de Dieu au même titre que son âme et son esprit en pensant qu'il pouvait ajouter quoique ce soit à la Passion du Christ, c'est une manifestation de l’orgueil à plus d'un titre :
- croire qu'on peut ajouter quoique ce soit à la Passion du Christ, c'est à dire qu'on peut être utile (ce qui ne veut pas dire que Dieu, dans sa Bonté, ne nous associe pas à la Passion de son Fils pour nous tresser une couronne de Gloire, mais nous n'avons certainement pas à nous en glorifier en prenant les devant).
- croire qu'il peut faire ce qu'il veut de sa chair, c'est à dire gérer soit même son destin, c'est le péché originel et c'est un grave affront à Dieu. Comment ferait-il demain si Dieu lui demandait d'aller soigner les malades ? le Christ ne nous a-t-il pas dit de ne pas tenter Dieu ?
Vous verrez difficilement un saint ou un docteur de l'Eglise dans ses enseignements relativiser le dolorisme selon une tendance actuelle dans l'Eglise, par contre vous verrez beaucoup exalter la souffrance comme moyen privilégié pour accéder au salut. S'il y a un tel consensus au sein de ses icônes de notre Foi, selon moi je conseillerais plutôt de demander à Dieu la grâce pour avoir une vision nouvelle sur la croix.
L'Eglise aujourd'hui relativise le péché et le fait que nous sommes par nature mauvais et que nous avons besoin, comme toute mauvaise bête, de refréner nos mauvaises penchants, c'est le sens de l'ascèse et des messages délivrés par Saint-Paul.
Le dolorisme c'est accorder de la valeur à la souffrance, Peccator et moi ne disons à aucun moment que la souffrance n'a pas de valeur, simplement que cette valeur ce n'est pas nous qui la donnons car la souffrance n'est pas un but.
Penser qu'en se faisant du mal, on est utile, qu'on participe à la Passion du Christ, c'est à dire que notre souffrance a de la valeur en tant que telle, c'est de l’orgueil et c'est le meilleur moyen de s'éloigner de Dieu.
Ce qui a de la valeur, c'est l'amour qu'on donne car là où est l'amour, il y a Dieu, là on peut donc y aller sans se poser de question car on est sûr que nos actes auront de la valeur devant Dieu, l'amour peut nécessiter parfois de supporter des souffrances mais la souffrance n'est jamais une fin en soit.
En enfer il y a plein de souffrances, ce sont d'ailleurs des souffrances éternelles, mais Dieu n'y est pas.
Ce qu'il faudrait, c'est connaître la position officielle de l'Eglise sur ce thème et s'y référer dans l'obéissance.