par MB » lun. 12 févr. 2007, 1:53
Bonsoir
Voltaire est un peu l'archétype de l'intello compromis avec le pouvoir et ses propres idées. Le comportement qu'il a eu avec la tsarine Catherine II a par exemple été une infamie (j'écris en ta faveur si tu m'envoies des fourrures). On peut dire que, de ce point de vue, il est un peu l'ancêtre d'Aragon ou de Sartre. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il ait écrit tout cela.
Après, il me paraît peu judicieux de généraliser ces déclarations aux "Lumières" en général. Ce n'est pas honnête intellectuellement : les Lumières, ça veut dire beaucoup de choses, et on ne peut pas les réduire à un seul homme. Les positions politiques, artistiques et personnelles de Voltaire et de Rousseau sont légèrement différentes, me semble-t-il. Et que dire de Vico, Kant, Schleiermacher, Smith... ? On crée un modèle artificiel de "lumières", une espèce de reconstruction a posteriori, et on calque sur ce modèle ce qu'on sait des gens de cette époque ; en procédant ainsi, on tombe dans une modélisation qui me paraît très surfaite. Sans compter que toutes les productions intellectuelles de cette époque ne sont pas le fait que de quelques hommes ; il y en a beaucoup d'autres.
Exemple canonique : Montesquieu peut être revendiqué, à juste titre dans chacun des deux cas, par des traditionalistes comme par des libéraux ; Rousseau, par des démocrates comme par des léninistes. Que faire alors ? Les ranger dans une case commune ?
Pour le relativisme (et là je réponds à Prof), je crois qu'on en a déjà pas mal causé dans bien des fils du salon "philosophie". A lire !
Fraternellement
MB
Bonsoir
Voltaire est un peu l'archétype de l'intello compromis avec le pouvoir et ses propres idées. Le comportement qu'il a eu avec la tsarine Catherine II a par exemple été une infamie (j'écris en ta faveur si tu m'envoies des fourrures). On peut dire que, de ce point de vue, il est un peu l'ancêtre d'Aragon ou de Sartre. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il ait écrit tout cela.
Après, il me paraît peu judicieux de généraliser ces déclarations aux "Lumières" en général. Ce n'est pas honnête intellectuellement : les Lumières, ça veut dire beaucoup de choses, et on ne peut pas les réduire à un seul homme. Les positions politiques, artistiques et personnelles de Voltaire et de Rousseau sont légèrement différentes, me semble-t-il. Et que dire de Vico, Kant, Schleiermacher, Smith... ? On crée un modèle artificiel de "lumières", une espèce de reconstruction a posteriori, et on calque sur ce modèle ce qu'on sait des gens de cette époque ; en procédant ainsi, on tombe dans une modélisation qui me paraît très surfaite. Sans compter que toutes les productions intellectuelles de cette époque ne sont pas le fait que de quelques hommes ; il y en a beaucoup d'autres.
Exemple canonique : Montesquieu peut être revendiqué, à juste titre dans chacun des deux cas, par des traditionalistes comme par des libéraux ; Rousseau, par des démocrates comme par des léninistes. Que faire alors ? Les ranger dans une case commune ?
Pour le relativisme (et là je réponds à Prof), je crois qu'on en a déjà pas mal causé dans bien des fils du salon "philosophie". A lire !
Fraternellement
MB