Le centenaire de la 'guerre de 14'

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La messe sur le front de 14-18

par Guillaume C. » mer. 24 févr. 2016, 13:16

Avec la commémoration du 100è anniversaire de la bataille de Verdun, plusieurs journaux et blogs ont ressorti quelques images d’archive de messes célébrées sur le front, l’occasion de prier pour le repos de l’âme de tous ceux qui sont morts et particulièrement ceux qui sont morts pour la France.

ICI

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Ignotus » dim. 18 janv. 2015, 11:15

Voici ce qu'écrivait ma mère à mon père le 29 novembre 1914:

<< ...les nouvelles sont excellentes, les Russes font de bonne besogne: voilà le commencement de la fin. Je compte les jours, en me disant: "C'est au plus tard pour mars". On dit que la vie sera très chère, après la guerre, pendant un moment.
... La vie monte dans des proportions insensées: Le sucre, le chocolat, ont doublé. Impossible de se procurer des lentilles, le thé devient rare, etc...etc...
... bien souvent le soir, en me couchant, toute seule, je pense à toi, à l'avenir incertain, aux bons souvenirs du passé, et je ne puis m'empêcher de pleurer en m'endormant... Jamais je n'aurais imaginé si dure épreuve. Voilà quatre mois que nous sommes séparés ! >>

Sans commentaires.

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Cinci » mer. 12 nov. 2014, 15:51

Un petit film d'une trentaine de minutes. Michel Collon. Très bien fait. On pense être gavé de reportage sur la guerre de 1914 et en visionnant celui-là on oublie tous les autres.

http://vimeo.com/99236165

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Cinci » dim. 24 août 2014, 20:10

https://www.youtube.com/watch?v=NcfkwKRBUUE

Julien Carette - "Si tu veux faire mon bonheur ...", l'air chanté est de Harry Fragson (1869-1913), du film La grande illusion, Jean Renoir.

[...]

Il y a une légère différence entre la guerre de 1914 et les sales guerres d'aujourd'hui. Il est évalué (je l'aurai lu, je ne me souviens plus à quel endroit) que le nombre de victimes civiles lors de la Grande guerre tournait autour d'un 5% du total des pertes. Autrement dit : les victimes se comptaient à 95% dans les rangs des militaires.

De nos jours, faudra souligner plutôt comment les conflits tuent à 90% des civils (femmes, enfants, vieillards, etc.). Ainsi, la guerre en Irak, en Syrie, les bombardements à Gaza ... Tous des civils qui écopent en fin de compte.

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Nanimo » lun. 18 août 2014, 19:55

Merci de votre réponse, Ignotus. Pour illustrer ce que je disais dans mon message précédent "l'impression de connaître tout cela de l'intérieur, quand en fait je suis née après la Seconde guerre mondiale" : dans l'émission ci-dessous, par moment, j'aurais presque pu parler en même temps que l'historien Jean-Yves Le Naour sur la Bataille des Dardanelles; je savais que les marins souffraient de dysenterie, que les Anglais et les Français avaient (déjà) recruté dans leurs colonies respectives, je connaissais les noms des ports de guerre en Méditerrannée, etc.
La Bataille des Dardanelles
(Émission de E. Bataillon, sur Rfi, diffusée le 09-08-2014)

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Ignotus » dim. 10 août 2014, 17:56

Nanimo a écrit :J'espère que vous aurez été quelques-uns à jeter un coup d'oeil sur le site de Fée Violine. J'y ai vu entre autres Mémoires de mon père. Le papa de Fée Violine a une phrase au sujet de la guerre de 14 que j'aurais pu dire. Je cite de mémoire : "les souvenirs de mon père sont les miens, car je les ai si souvent entendus". C'est vrai pour moi. Je connais la "Guerre de 14" et ce siècle terrible qu'a été le XXe s. un peu de l'intérieur et pourtant, je suis née après la Seconde guerre mondiale.
Je me demandais si d'autres forumeurs, parmi ceux qui sont nés après tous ces événements, ont une impression semblable.
Le site de fée Violine me plait beaucoup !
J'ai peu entendu mes parents parler de la guerre de 14. Cependant, j'ai appris beaucoup de choses grâce à leur correspondance que j'ai conservée, comme je l'ai écrit en ouvrant ce sujet.

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Nanimo » dim. 10 août 2014, 14:33

J'espère que vous aurez été quelques-uns à jeter un coup d'oeil sur le site de Fée Violine. J'y ai vu entre autres Mémoires de mon père. Le papa de Fée Violine a une phrase au sujet de la guerre de 14 que j'aurais pu dire. Je cite de mémoire : "les souvenirs de mon père sont les miens, car je les ai si souvent entendus". C'est vrai pour moi. Je connais la "Guerre de 14" et ce siècle terrible qu'a été le XXe s. un peu de l'intérieur et pourtant, je suis née après la Seconde guerre mondiale.
Je me demandais si d'autres forumeurs, parmi ceux qui sont nés après tous ces événements, ont une impression semblable.

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Cinci » mer. 06 août 2014, 5:41

Il y a des adresses url de fonds d'archives là-dedans : photos, lettres, films, etc.

http://www.ledevoir.com/societe/actuali ... e-en-ligne





Notre vie est un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit,
nous cherchons notre passage
Dans le ciel ou rien ne luit.

-Chanson des Gardes Suisse
1793
[+] Texte masqué
"Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place de Clichy. C'était après le déjeûner. Il veut me parler. Je l'écoute. "Restons pas dehors ! qu'il me dit. Rentrons!" [...]

Après la conversation est revenue sur le Président Poincaré qui s'en allait inaugurer, justement ce matin-là, une exposition de petits chiens; et puis, de fil en aiguille, sur Le Temps ou c'était écrit. "Tiens, voilà un maître journal, Le Temps !" qu'il me taquine Arhur Ganate, à ce propos."Y en a pas deux comme lui pour défendre la race française ! - elle en a bien besoin la race française, vu qu'elle n'existe pas !" que j'ai répondu moi pour montrer que j'étais documenté, et du tac au tac.

-Si donc, qu'il y en a une ! et une belle de race ! qu'il insistait lui, et même que c'est la plus belle race du monde, et bien cocu qui s'en dédit ! Et puis le voilà parti à m'engueuler. J'ai tenu ferme bien entendu.

-C'est pas vrai ! la race, ce que t'appelles comme ça, c'est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivi par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C'est ça la France et puis c'est ça les Français.

- Bardamu, qu'il me fait alors gravement, et un peu triste, nos pères nous valaient bien, n'en dis pas de mal ! ...

-T'as raison, Arthur, pour ça t'as raison ! Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours, ils nous valaient bien ! Tu peux le dire ! Npous ne changeons pas ! ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard que ça n'en vaut plus la peine. On est nés fidèles, on en crève nous autres ! Soldats gratuits, héros pour tout le monde et singes parlants, mots qui souffrent, on est nous les mignons du Roi misère. C'est lui qui nous possède ! Quand on est pas sages, il serre ... On a ses doigts autour du cou, ça gêne pour parler, faut bien faire attention si on tient à pouvoir manger ... C'est pas une vie ...

-Il y a l'amour, Bardamu!
- Arthur, l'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches et j'ai ma dignité moi ! que je lui réponds.
-Parlons-en de toi! T'es un anarchiste et puis voilà tout!

Un petit malin dans tous les cas, vous voyez ça d'ici et tout ce qu'il y avait d'avancé dans les opinions.

[...]

-Ton petit morceau ne tient pas devant la vie, j'en suis, moi, pour l'ordre établi et je n'aime pas la politique. Et d'ailleurs le jour ou la patrie me demanderas de verser mon sang pour elle, elle me trouvera moi bien sûr, et pas fainéant, prêt à le donner.
Voilà ce qu'il m'a répondu.

Justement la guerre approchait de nous deux sans qu'on s'en soye rendu compte et je n'avais plus la tête très solide. Cette brève mais vivace discussion m'avait fatigué. Et puis j'étais ému parce que le garçon m'avait un peu traité de sordide à cause du pourboire. Enfin, nous nous réconciliâmes [...]
[+] Texte masqué
[...]

Une fois qu'on y est, on y est bien. Ils nous firent monter à cheval et puis au bout de deux mois qu'On était là-dessus, remis à pied. Peut-être à cause que ça coûtait trop cher. Enfin, un matin, le colonel cherchait sa monture, son ordonnance était parti avec, on ne savait ou, dans un petit endroit sans doute ou les balles passaient moins facilement qu'au milieu de la route. Car c'est là précisément qu'on avait fini par se mettre, le colonel et moi, au beau milieu de la route, moi tenant son registre ou il inscrivait ses ordres.

Tout au loin sur la chaussée, aussi loin qu'on pouvait voir, il y avait deux points noirs, au milieu, comme nous, mais c'était deux Allemands bien occupés à tirer depuis un bon quart d'heure. [...] J'avais toujours été bien aimable et bien polis avec eux. Je les connaissais un peu les Allemands, j'avais même été à l'école chez eux, étant petit, aux environ de Hanovre. J'avais parlé leur langue. C'était alors une masse de petits crétins gueulards avec des yeux pâles et furtifs comme ceux des loups; on allait toucher ensemble des filles après l'école dans les bois d'alentour, et on tirait aussi à l'arbalète et au pistolet qu'on achetait même quatre marks. On buvait de la bière sucrée. Mais de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler d'abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un abîme. Trop de différence.


[...]

"Dans une histoire pareille, il n'y a rien à faire, il n'y a qu'à foutre le camp!" que je me disais. Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres, à un millimètre peut-être des tempes, venaient vibrer l'un derrière l'autre ces longs fils d'acier tentants que tracent des balles qui veulent vous tuer, dans l'air chaud d'été. Jamais je ne m'étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense et universelle moquerie.

Je n'avais que vingt ans d'âge à ce moment-là. Fermes désertes au loin, des églises vides et ouvertes, comme si les paysans étaient partis de ces hameaux pour la journée, tous, pour une fête à l'autre bout du canton, et qu'ils nous eussent laissé en confiance tout ce qu'ils possédaient, leur campagne, les charrettes, brancards en l'air, leurs champs, leurs enclos, la route, les arbres et même les vaches, un chien avec sa chaîne, tout, quoi. Pour qu'on se trouve bien tranquille à faire ce qu'on voulait pendant leur absence.

Ça avait l'air gentil de leur part. "Tout de même, s'ils n'étaient pas ailleurs - que je me disais - s'il y avait encore eu du monde par ici, on ne serait sûrement pas conduits de cette ignoble façon! aussi mal! Mais il n'y avait plus personne pour nous surveiller! Plus que nous, comme des mariés qui font des cochonneries quand tout le monde est parti.

Je me pensais aussi (derrière un arbre) que j'aurais bien voulu le voir ici moi, le Déroulède dont on m'avait tant parlé, m'expliquer comment il faisait, lui, quand il prenait une balle en plein bidon. Ces Allemands accroupis sur la route, têtus et tirailleurs, tiraient mal, mais ils semblaient avoir des balles à en revendre, des pleins magasins sans doute. La guerre, décidément, n'était pas terminée !"



[...]

Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir sur le talus, des petites lettres du général qu'il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d'elles, il n'y avait donc l'ordre d'arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d'en haut qu'il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu'on s'était trompé ? Que c'était des manoeuvres pour rire qu'on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! "Continuez, colonel, vous êtes dans la bonne voie!" Voilà sans doute ce que lui écrivait le général des Entrayes, de la division, notre chef à tous, dont il recevait une enveloppe chaque cinq minutes, par un agent de liaison, que la peur rendait chaque fois plus vert et foireux. J'en aurais fait mon frère peureux à ce garçon-là! Mais on n'avait pas le temps de fraterniser non plus.

[...]

Je venais de découvrir d'un coup la guerre tout entière. J'étais dépucelé. Faut être à peu près seul devant elle comme je l'étais à ce moment-là pour bien la voir la vache, en face et de profil. On venait d'allumer la guerre entre nous et ceux d'en face, et à présent ça brûlait! Comme le courant entre les deux charbons, dans la lampe à arc. Et il n'était pas près de s'éteindre, le charbon! On y passerait tous, le colonel comme les autres, tout mariole qu'il semblait être, et sa carne ne ferait pas plus de rôti que la mienne quand le courant d'en face lui passerait entre les deux épaules.




Combien de temps faudrait-il qu'il dure leur délire pour qu'ils s'arrêtent épuisés, les monstres ?

[...]

Le colonel déambulait à deux pas. J'allais lui parler. Jamais je ne l'avait fait. C'était le moment d'oser. Là ou nous en étions il n'y avait plus rien à perdre. [...] Je lui expliquerais alors les choses telles que je les concevais. On verrait ce qu'il en pensait, lui. Le tout c'est qu'on s'explique dans la vie.

[...]

J'allais faire cette démarche décisive quand, à l'instant même, arriva vers nous au pas de gymnastique, fourbu, dégingandé, un cavalier à pied (comme on disait alors) [...] Il bredouillait et semblait éprouver un mal inouï, ce cavalier, à sortir d'un tombeau et qu'il en avait tout mal au coeur. Il n'aimait donc pas les balles ce fantôme lui non plus? Les prévoyait-il comme moi ?

-Qu'est-ce que c'est? l'arrêta net le colonel, brutal, dérangé, en jetant dessus ce revenant une espèce de regard en acier.

L'homme arriva tout de même à sortir de sa bouche quelque chose d'articulé :

-Le colonel des logis Barousse vient d'être tué, mon colonel, qu'il dit tout d'un trait.
-Et alors?
-Il a été tué en allant chercher le fourgon à pain sur la route des Etrapes, mon colonel!
-Et alors?
-Il a été éclaté par un obus!
-Et alors, nom de Dieu!
-Et voilà, mon colonel ...
-C'est tout?
- Oui, c'est tout, mon colonel.
-Et le pain ? demanda le colonel.

Ce fut la fin de ce dialogue parce que je me souviens bien qu'il a eu le temps tout juste de dire : "Et le pain ?" et puis ce fut tout. Après ça, rien que du feu et puis du bruit avec. Mais alors un de ces bruits comme on ne croirait jamais qu'il en existe. [...] le bruit est resté longtemps dans ma tête, et puis les bras et les jambes qui tremblaient comme si quelqu'un vous les secouait de par-derrière. Ils avaient l'air de me quitter, et puis ils me sont restés quand même mes membres. Dans la fumée qui piquait les yeux encore pendant longtemps, l'odeur pointue de la poudre et du soufre qui nous restait, comme pour tuer les punaises et les puces de la terre entière. [...]

Tout de suite après ça j'ai pensé au maréchal des logis Barousse qui venait d'éclater comme l'autre nous l'avait appris. C'était une bonne nouvelle. "Tant mieux ! que je pensais tout de suite ainsi. C'est une charogne de moins dans le régiment". Il avait voulu me faire passer en Conseil pour une boîte de conserve. "Chacun sa guerre" que je me dis.

Quant au colonel, lui, je ne lui voulait pas de mal. Lui pourtant aussi il était mort. Je ne le vis plus tout d'abord. C'est qu'il avait été déporté sur le talus, allongé sur le flanc par l'explosion et projeté jusque dans les bras du cavalier à pied, fini lui aussi. [...] Le colonel avait son ventre ouvert, il en faisait une sale grimace. Ça avait dû lui faire du mal ce coup-là au moment ou c'était arrivé. "Tant pis pour lui ! S'il était parti dès les premières balles, ça ne lui serait pas arrivé".



[+] Texte masqué
"C'était donc dans une prairie d'août qu'on distribuait alors toute la viande du régiment -ombrée de cerisiers et brûlée déjà par la fin de l'été. Sur des sacs et des toiles de tentes largement étendues et sur l'herbe même, il y en avait pour des kilos et des kilos de tripes étalées, de gras en flocons jaûnes et pâles, des moutons éventrés avec leurs organes en pagaïe, suintant en ruisselets ingénieux dans la verdure d'alentour, un boeuf entier sectionné en deux, pendu à l'arbre et sur lequel s'escrimaient encore en jurant les quatre bouchers du régiment pour lui tirer des morceaux d'abattis. On gueulait ferme entre les escouades à propos de graisse, et de rognons surtout, au milieu des mouches comme on en voit que dans ces moments-là, importantes et musicales comme des oiseaux.

Et puis du sang encore et partout, à travers l'herbe, en flaques molles et confluentes qui cherchaient la bonne pente. On tuait le dernier cochon quelque part plus loin. Déjà quatre hommes et un boucher se disputaient certaines tripes à venir.
-C'est toi eh vendu! qui l'a étouffé hier l'aloyau! ...

J'ai eu le temps encore de jeter deux ou trois regards sur ce différend alimentaire, tout en m'appuyant contre un arbre et j'ai dû céder à une immense envie de vomir, et pas qu'un peu, jusqu'à l'évanouissement.

On m'a bien ramené jusqu'au cantonnement sur une civière, mais non sans profiter de l'occasion pour me barboter mes deux sacs en toile cachou. Je me suis réveillé dans une autre engueulade du brigadier. La guerre ne passait pas.


- Le voyage au bout de la nuit

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Cinci » mar. 05 août 2014, 2:19

L'entrée en guerre d'un individu : le cas de Céline.

Séminaire de l'Institut Historique Allemand - un document d'une durée de 2 heures

https://www.youtube.com/watch?v=CSowshoiePU

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Cinci » mar. 05 août 2014, 2:15

Les riches heures de l'empereur François-Joseph ...

https://www.youtube.com/watch?v=Uy-OYs43cdw

(musique - iconographie)

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Cinci » lun. 04 août 2014, 15:03

Dieu veut-il la guerre? Docu TV sur Protestantisme et Grande Guerre


"Dieu veut-il la guerre"?

Cette question grave, qui a hanté temples, églises, mosquées et synagogues au fil des siècles, est aussi au coeur des rapports entre protestantisme et Première Guerre Mondiale, que l'émission Présence Protestante se propose de traiter au travers d'un documentaire en trois volets, diffusés sur France 2 les dimanches 3, 10 et 17 août 2014 à 10H du matin.

François Stuck, réalisateur, s'explique ci-dessous dans un teaser vidéo.

http://www.youtube.com/watch?v=CmsLiVqg7Ls

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Zarus » mar. 29 juil. 2014, 17:41

gerardh a écrit :________

Bonjour,

J'ai entendu cette anecdote d'un soldat de 14-18 revenu dans son village à l'occasion d'une permission et qui avait été invité à parler de la guerre devant des écoliers. Il s'était borné à leur dire : "la guerre c'est de la m...".


__________
Et je trouve qu'il avait raison.
Montrer l'horreur de la guerre vaut mieux que de faire passer les soldats du camp des "gentils" pour des héros, un peu moins de patriotisme nous aurait fait éviter quelques conflits après la seconde guerre mondiale.

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par gerardh » mar. 29 juil. 2014, 16:37

________

Bonjour,

J'ai entendu cette anecdote d'un soldat de 14-18 revenu dans son village à l'occasion d'une permission et qui avait été invité à parler de la guerre devant des écoliers. Il s'était borné à leur dire : "la guerre c'est de la m...".


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Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Ignotus » mar. 29 juil. 2014, 11:20

Bonjour
Je vous invite à lire le journal du 29 juillet 1914:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2 ... aro%201914
Le décalage est impressionnant entre la Une sur le procès Caillaux, et la foudre qui va s'abattre sur l'Europe...
Il semble que "les gens" n'étaient pas trop inquiets encore ?
Pourtant, la mobilisation sera décrétée dans 3 jours...

Re: Bientôt: Le centenaire de la 'guerre de 14'

par Cinci » ven. 11 juil. 2014, 19:44

Remarque :

«Quand la guerre éclata, les technocrates en uniforme se trouvèrent dans l'obligation de commander. [...] ils évitèrent la débâcle en jetant simplement des masses de soldats face à l'ennemi. Ce n'était pas la réaction d'hommes en proie à la panique. Ils étaient parfaitement sereins et persuadés d'agir pour le mieux. Longtemps avant 1914, ils s'étaient déjà préparés à cette stratégie. Dès 1909, Douglas Haig [commandant en chef des forces britanniques durant le conflit] avait parlé d'une longue guerre où on aurait raison de l'ennemi à l'usure. A la tête de l'école de guerre en Angleterre, Robertson décourageait systématiquement toute pensée originale, qui n'avait à son avis «aucun rapport avec la besogne ardue et sanglante de masses d'hommes s'évertuant à s'entre-tuer». Seul Foch avait réfléchi sur une stratégie qu'il avait consignée. Il croyait pourtant lui aussi qu'il fallait expédier des cohortes de soldats à l'assaut de l'ennemi.

L'étendue des carnages inutiles perpétrés pendant la Première Guerre mondiale provoqua confusion et colère dans la population.

En 1918, on avait atteint le chiffre de 68 millions d'hommes. Tout au long de la guerre , les états-majors ne cessèrent de clamer que cela ne suffirait pas. Ils firent chuter ministres et gouvernements à force de manipuler les informations pour donner l'impression qu'ils n'avaient jamais suffisamment d'hommes à leur disposition. 68 millions de soldats représentait indiscutablement un triomphe d'organisation, le monde n'avait jamais rien vu de tel. En vérité, les généraux manquaient de recrues pour jouer les différents rôles de leurs scénarios de bataille. Ils en réclamaient toujours davantage.

Avant la campagne de la Somme sous le commandement de Foch, le général Fayolle écrivait : «La bataille dont il rêve n'a aucun sens. Elle ne permettra même pas de faire une percée». (cf Gambiez) 1 250 000 hommes périrent de part et d'autre lors de cette campagne. Les français à eux seuls tirèrent 6,5 millions d'obus.»

- John Saül



Juste pour le bombardement britannique initial en prélude à l'ouverture de l'offensive sur la Somme :
  • «... the artillery concentration totalled over 1500 guns - a gun to every twenty yards of front, wich was a record at that time
On n'arrête pas le progrès matériel. Un an plus tard, en préparation de l'offensive de la fin de l'été 1917 dans les Flandres :
  • «... the offensive was launched on july 31st - after over 3000 guns had poured four and a half million shells on the German defences
  • - Sir Basil Liddell Hart, The War in Outline 1914-1918, London, Faber and Faber limited, 24 Russell Square, 1936


Gambiez Général F. et Suire Colonel M., Histoire de la Première Guerre mondiale, Paris, Fayard, 1968, p.216. L'ouvrage donne les chiffres suivants concernant les soldats français tués pendant la Première Guerre mondiale :

1914 : 300 000 en 4 mois et demi.
1915 : 31 000 par mois
1916 : 21 000 par mois
1917 : 13 500 par mois
1918 : 21 000 par mois

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