par Phileas Fogg » dim. 25 août 2013, 13:28
Bonjour
Pour vous montrer que mon affirmation : "La théologie répond donc de façon négative au fait que nous retrouvions les animaux qui ont partagés notre vie au Ciel" est juste, je vous revois à la Somme Théologique
mais certainement la question a t elle été traitée dans des articles de théologie.
1a Q76 Article III Si les âmes des animaux sans raison sont subsistantes ?
en voici le texte, avec des coupes et le commentaire du P Pegues.
L'argument sed contra cite un mot du livre des Dogmes de l'Eglise où il est dit (ch. xvi,xvii) que seul l'homme est tenu par nous comme ayant une urne subsistante ; quant aux âmes des animaux, elles ne sont pas subsistantes.
Au corps de l'article, saint Thomas débute par un court exposé historique de la question.
Aristote posa (de l'Ame) que seule, de toutes les opérations de l'âme, l'opération intellectuelle se fait sans organe corporel. Quant a la sensation et aux autres opérations qui suivent l'âme sensitive », telles que les passions du double appétit concupiscible et irascible, ou les mouvements dus à ce double appétit, « tout cela s'accomplit manifestement avec une certaine immutation du corps
Puis donc que l'âme sensilive n'a pas d'opération plus haute que l'opération du sens, « il s'ensuit — la chose- est manifeste — que l'âme sensitive n'a aucune opération qui lui appartienne en propre; toutes ses opérations appartiennent au composé », c'est-à-dire à l'âme et au corps réunis. « Par conséquent, et puisque les âmes des animaux sans raison n'ont pas d'opération qui leur appartienne en propre, il ne se peut pas qu'elles soient subsistantes; l'être et l'agir se suivent toujours, en effet, et sont corrélatifs l'un à l'autre ».
L'argument est décisif. On n'y a jamais répondu et on n'y répondra pas. Tant qu'on n'aura pas prouvé que penser et sentir ne font qu'un, ou que l'animal qui sent est aussi capable de penser, il demeurera établi que l'animal n'a aucune opération où le corps n'ait point de part. Or, que l'animal ne pense pas, nous en avons la preuve dans ce fait, que précisément c'est par là que l'homme se distingue de l'animal. Ce qui constitue la différence spécifique de l'être humain, comme saint Thomas va nous le rappeler à l'ad primum, c'est qu'il pense. Nul autre que lui, dans le monde matériel, ne pense. Outre que le consentement unanime de tous les peuples proclame cette vérité, deux signes inaliénables et incommunicables la confirment : ce sont la parole et le progrès. Seul, l'homme parle et progresse. Aucun autre animal ne parle; aucun ne progresse vraiment. Et si parfois, souvent même, se manifestent, dans les animaux, de merveilleux indices d'intelligence, si les animaux agissent intelligemment, c'est'qu'une intelligence plus haute et qui n'est pas en eux leur a donné une nature qui ne fait qu exécuter le plan tracé par elle. L'animal agit toujours de même façon; et placé dans les mêmes circontances, avec les mêmes dispositions subjectives, il agira toujours de même. De même qu'il ne progresse jamais, jamais non plus il ne se trompe, au sens formel de ce mot.
L'homme est seul capable d'erreur et de faute, comme il est seul capable de mérite et de progrès, précisément parce qu'il est pour quelque chose dans ce qu'il y a d'intelligent en ses actions.
L'animal n'y est pour rien. Ce qu'il y a d'intelligent en ses actions vient tout entier d'un autre. C'est plaqué eu lui, si l'on peut ainsi dire. Un art merveilleux parait en ses actions; mais cet art n'est pas de lui. L'art qui parait dans les actions de l'animal n'a rien d'original; il n'est qu'une traduction : la traduction sensible de fart divin.
II.
@Phileas Fogg, tout en étant d'accord avec la plupart de vos remarques, il reste que le Catéchisme de l'Eglise Catholique ne parle pas en substance de la vie après la mort des animaux :
En effet, des citations que vous avancez je n'en vois aucune qui n'affirme que les animaux soient au paradis. Cela devrait déjà nous mettre la puce à l'oreille si l'on peut dire.
Les citations du Catéchisme de l'Eglise catholique indiquent que les animaux sont faits pour nous, alors que nous sommes fais pour Dieu. Je l'avais dit ainsi :
Les animaux n'apportent rien à cette plénitude, ils sont crées pour la terre, comme la beauté de la nature, afin de nous aider dans notre chemin vers le Ciel.
Les points du catéchisme de l'Eglise Catholique que vous citez indiquent que les animaux n'ont pas de droits : c'est nous qui avons des devoirs à leur égard : celui de ne pas les faire souffrir inutilement par exemple. Il est indiqué qu'il sont à notre service : leur fin n'est pas la béatitude mais de nous aider à y arriver c'est à dire dans notre chemin sur terre.
D'autres catéchismes font il références aux animaux : je n'ai pas regardé.
Le catéchisme ayant pour objet de transmettre les éléments de base de la Foi, ceux qui sont nécéssaires notamment à la reception des sacrements, ils ne traitent pas de tout, loin de là.
Au contraire, il me semble que la Genèse, parle de l'âme des animaux (sens de souffle, "pneuma" ?), et Saint Paul parle de TOUTE la Création qui gémit dans l'attente de la Nouvelle Création. Et le Credo n'affirme-t-il pas que le Christ a sauvé TOUTE la Création, l'Univers... ?
Je ne vois pas dans cette citation que l'on parle d'animaux au paradis ni comment vous pouvez l'inférer.
C'est à la limite de la mauvaise foi : voici le texte :
Rom 8,18. Car j'estime que les souffrances du temps présent n'ont pas de proportion avec la gloire à venir qui sera manifestée en nous.
Rom 8,19. Aussi la créature attend-elle d'une vive attente la manifestation des enfants de Dieu.
Rom 8,20. Car la créature a été assujettie à la vanité, non pas volontairement, mais à cause de Celui qui l'a assujettie avec espérance;
Rom 8,21. en effet, la créature aussi sera elle-même délivrée de cet asservissement à la corruption, pour participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.
Rom 8,22. Car nous savons que toute créature gémit et est dans le travail de l'enfantement jusqu'à cette heure;
Rom 8,23. Et non seulement elle, mais nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, attendant l'adoption des enfants de Dieu, la rédemption de notre corps.
St Paul fait une distinction mais il semble bien qu'elle soit en nous, de même qu'il parle ailleurs du viel homme.
Quand bien même on prendrait cette sentence hors contexte, c'est à dire pour un simple apophtegme donc sans valeur théologique, que la création gémisse dans l'attente de la réalisation des temps cela ne dit rien sur la place que chacun aura dans cette création nouvelle.
Dans ce forum on gémit dans l'attente de la résolution de la crise de l'IBP et des Franciscains de l'Immaculée, sans que personne n'en soit membre. Mais parce que nous cherchons le bien, la gloire de Dieu.
La création gémit aprés la consommation des temps, cela ne veut pas dire qu'elle attend pour elle la consommation des temps, pour son profit, mais comme St Jean Baptiste et le Christ, parce que les temps présents sont au service de ceux à venir.
Pour ne pas en sortir, St Thomas donne un commentaire de cet epitre aux romains, dans lequel il explique le sens de l'attente mais aussi ce qu'on doit comprendre par créature.
J'aurai spontanément entendu le deuxième, et vous la troisiéme.
Après avoir dit et démontré que nous sommes délivrés par la grâce de Jésus-Christ, l’Apôtre assigne ici la cause du délai de la vie immortelle, qui est l’héritage des enfants de Dieu: c’est qu’il nous faut souffrir avec Jésus-Christ pour devenir les associés de sa gloire. Et comme l’on pouvait dire qu’un tel héritage était onéreux, puisqu’on n’y peut parvenir qu’en passant par les épreuves, il fait voir l'excellence de la gloire future comparativement aux souffrances du temps présent.
I° Il énonce sa proposition;
II° il la prouve, à ces mots (verset 19): "Aussi la créature attend, etc."
Toutefois il faut remarquer que cette expression: "Créature," peut être prise ici dans un triple sens:
1° Pour les hommes justes, qui sont appelés spécialement créatures de Dieu, ou parce qu’ils persévèrent dans le bien dans lequel ils ont été créés, ou, en raison de leur excellence, parce que toutes les créatures, dans un certain sens, leur sont soumises (Jacques I, 18): " C’est volontairement qu’il nous a engendrés par la parole de la vérité, afin que nous fussions comme les premices de ses créatures. Or "cette créature," c’est-à-dire l’homme juste, "attend la manifestation de la gloire des enfants de Dieu, comme une récompense qui lui a été promise (Tite, II, 13): "Attendant toujours la félicité que nous espérons, et l’avènement glorieux du grand Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ."
2° On peut entendre par créature la nature humaine elle-même, qui est dépendante des biens de la grâce, nature qui, dans les pécheurs, n'est pas encore justifiée mais informe, et, dans les hommes justifiés, est en partie restaurée par la grâce, et toutefois encore imparfaite, par comparaison avec un autre état plus parfait qu’elle doit recevoir dans la gloire. Ainsi donc "la créature," c’est-à-dire nous-mêmes, en tant qu’on nous considère relativement aux biens de la nature, "attend la manifestation de la gloire des enfants de Dieu;" et cela, pour nous aussi, se fait par la grâce: comme quand nous disons que la matière attend la forme, ou que les couleurs attendent l’image pour se compléter, ainsi que l’explique la Glose (Job XIV, 14): "Durant les jours durant lesquels maintenant je combats, j’attends que mon changement vienne."
3° On peut encore appliquer ce mot à la créature sensible elle-même, par exemple aux éléments de ce monde (Sagesse XIII, 5): "Par la grandeur, par la beauté de la créature, le Créateur peut être connu et devenir visible."
Or "cette créature," ainsi considérée, "attend" de deux manières; car l’attente de la créature sensible, en tant qu’elle est l’oeuvre de Dieu, est ordonnée pour une fin, et cela de deux manières.
Premièrement, en tant que Dieu lui imprime certaine forme et comme une vertu naturelle, par laquelle elle est dirigée vers une fin naturelle: comme si l’on disait, par exemple, que l’arbre attend sa fructification et le feu son centre vers lequel il s’élève.
Secondement, en tant que Dieu la dirige vers une fin qui excède sa forme naturelle; car de même que le corps humain sera revêtu d’une forme surnaturelle et glorieuse, ainsi, dans cette gloire des enfants de Dieu, toute créature sensible recevra comme une gloire nouvelle, selon ce passage de l’Apocalypse (XXI, 1): "Je vis un ciel nouveau et une nouvelle terre." Dans ce sens, la créature sensible "attend la manifestation de la gloire des enfants de Dieu.
Et le Credo n'affirme-t-il pas que le Christ a sauvé TOUTE la Création, l'Univers... ?
Dans celui que j'ai chanté ce matin, il y avait pourtant bien marqué : Qui propter nos homines et propter nostram salutem : Pour
nous les hommes et pour
notre salut... Vous pensez que le Christ a souffert pour sauver des cailloux ?
Bonjour
Pour vous montrer que mon affirmation : "La théologie répond donc de façon négative au fait que nous retrouvions les animaux qui ont partagés notre vie au Ciel" est juste, je vous revois à la Somme Théologique
mais certainement la question a t elle été traitée dans des articles de théologie.
1a Q76 Article III Si les âmes des animaux sans raison sont subsistantes ?
en voici le texte, avec des coupes et le commentaire du P Pegues.
[quote]L'argument sed contra cite un mot du livre des Dogmes de l'Eglise où il est dit (ch. xvi,xvii) que seul l'homme est tenu par nous comme ayant une urne subsistante ; quant aux âmes des animaux, elles ne sont pas subsistantes.
Au corps de l'article, saint Thomas débute par un court exposé historique de la question.
Aristote posa (de l'Ame) que seule, de toutes les opérations de l'âme, l'opération intellectuelle se fait sans organe corporel. Quant a la sensation et aux autres opérations qui suivent l'âme sensitive », telles que les passions du double appétit concupiscible et irascible, ou les mouvements dus à ce double appétit, « tout cela s'accomplit manifestement avec une certaine immutation du corps
Puis donc que l'âme sensilive n'a pas d'opération plus haute que l'opération du sens, « il s'ensuit — la chose- est manifeste — que l'âme sensitive n'a aucune opération qui lui appartienne en propre; toutes ses opérations appartiennent au composé », c'est-à-dire à l'âme et au corps réunis. « Par conséquent, et puisque les âmes des animaux sans raison n'ont pas d'opération qui leur appartienne en propre, il ne se peut pas qu'elles soient subsistantes; l'être et l'agir se suivent toujours, en effet, et sont corrélatifs l'un à l'autre ».
L'argument est décisif. On n'y a jamais répondu et on n'y répondra pas. Tant qu'on n'aura pas prouvé que penser et sentir ne font qu'un, ou que l'animal qui sent est aussi capable de penser, il demeurera établi que l'animal n'a aucune opération où le corps n'ait point de part. Or, que l'animal ne pense pas, nous en avons la preuve dans ce fait, que précisément c'est par là que l'homme se distingue de l'animal. Ce qui constitue la différence spécifique de l'être humain, comme saint Thomas va nous le rappeler à l'ad primum, c'est qu'il pense. Nul autre que lui, dans le monde matériel, ne pense. Outre que le consentement unanime de tous les peuples proclame cette vérité, deux signes inaliénables et incommunicables la confirment : ce sont la parole et le progrès. Seul, l'homme parle et progresse. Aucun autre animal ne parle; aucun ne progresse vraiment. Et si parfois, souvent même, se manifestent, dans les animaux, de merveilleux indices d'intelligence, si les animaux agissent intelligemment, c'est'qu'une intelligence plus haute et qui n'est pas en eux leur a donné une nature qui ne fait qu exécuter le plan tracé par elle. L'animal agit toujours de même façon; et placé dans les mêmes circontances, avec les mêmes dispositions subjectives, il agira toujours de même. De même qu'il ne progresse jamais, jamais non plus il ne se trompe, au sens formel de ce mot.
L'homme est seul capable d'erreur et de faute, comme il est seul capable de mérite et de progrès, précisément parce qu'il est pour quelque chose dans ce qu'il y a d'intelligent en ses actions.
L'animal n'y est pour rien. Ce qu'il y a d'intelligent en ses actions vient tout entier d'un autre. C'est plaqué eu lui, si l'on peut ainsi dire. Un art merveilleux parait en ses actions; mais cet art n'est pas de lui. L'art qui parait dans les actions de l'animal n'a rien d'original; il n'est qu'une traduction : la traduction sensible de fart divin.
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II.
[quote]@Phileas Fogg, tout en étant d'accord avec la plupart de vos remarques, il reste que le Catéchisme de l'Eglise Catholique ne parle pas en substance de la vie après la mort des animaux : [/quote]
En effet, des citations que vous avancez je n'en vois aucune qui n'affirme que les animaux soient au paradis. Cela devrait déjà nous mettre la puce à l'oreille si l'on peut dire.
Les citations du Catéchisme de l'Eglise catholique indiquent que les animaux sont faits pour nous, alors que nous sommes fais pour Dieu. Je l'avais dit ainsi : [i]Les animaux n'apportent rien à cette plénitude, ils sont crées pour la terre, comme la beauté de la nature, afin de nous aider dans notre chemin vers le Ciel.[/i]
Les points du catéchisme de l'Eglise Catholique que vous citez indiquent que les animaux n'ont pas de droits : c'est nous qui avons des devoirs à leur égard : celui de ne pas les faire souffrir inutilement par exemple. Il est indiqué qu'il sont à notre service : leur fin n'est pas la béatitude mais de nous aider à y arriver c'est à dire dans notre chemin sur terre.
D'autres catéchismes font il références aux animaux : je n'ai pas regardé.
Le catéchisme ayant pour objet de transmettre les éléments de base de la Foi, ceux qui sont nécéssaires notamment à la reception des sacrements, ils ne traitent pas de tout, loin de là.
[quote]Au contraire, il me semble que la Genèse, parle de l'âme des animaux (sens de souffle, "pneuma" ?), et Saint Paul parle de TOUTE la Création qui gémit dans l'attente de la Nouvelle Création. Et le Credo n'affirme-t-il pas que le Christ a sauvé TOUTE la Création, l'Univers... ? [/quote]
Je ne vois pas dans cette citation que l'on parle d'animaux au paradis ni comment vous pouvez l'inférer.
C'est à la limite de la mauvaise foi : voici le texte :
[quote]
Rom 8,18. Car j'estime que les souffrances du temps présent n'ont pas de proportion avec la gloire à venir [b]qui sera manifestée en nous[/b].
Rom 8,19.[b] Aussi la créature attend-elle [/b]d'une vive attente[b] la manifestation des enfants de Dieu[/b].
Rom 8,20. [b]Car la créature a été assujettie à la vanité[/b], non pas volontairement, mais à cause de Celui qui l'a assujettie avec espérance;
Rom 8,21. [b]en effet, la créature aussi sera elle-même délivrée de cet asservissement à la corruption, pour participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.
Rom 8,22. Car nous savons que toute créature gémit [/b]et est dans le travail de l'enfantement jusqu'à cette heure;
Rom 8,23. Et non seulement elle, mais nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, attendant l'adoption des enfants de Dieu, la rédemption de notre corps.
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St Paul fait une distinction mais il semble bien qu'elle soit en nous, de même qu'il parle ailleurs du viel homme.
Quand bien même on prendrait cette sentence hors contexte, c'est à dire pour un simple apophtegme donc sans valeur théologique, que la création gémisse dans l'attente de la réalisation des temps cela ne dit rien sur la place que chacun aura dans cette création nouvelle.
Dans ce forum on gémit dans l'attente de la résolution de la crise de l'IBP et des Franciscains de l'Immaculée, sans que personne n'en soit membre. Mais parce que nous cherchons le bien, la gloire de Dieu.
La création gémit aprés la consommation des temps, cela ne veut pas dire qu'elle attend pour elle la consommation des temps, pour son profit, mais comme St Jean Baptiste et le Christ, parce que les temps présents sont au service de ceux à venir.
Pour ne pas en sortir, St Thomas donne un commentaire de cet epitre aux romains, dans lequel il explique le sens de l'attente mais aussi ce qu'on doit comprendre par créature.
J'aurai spontanément entendu le deuxième, et vous la troisiéme.
[quote]Après avoir dit et démontré que nous sommes délivrés par la grâce de Jésus-Christ, l’Apôtre assigne ici la cause du délai de la vie immortelle, qui est l’héritage des enfants de Dieu: c’est qu’il nous faut souffrir avec Jésus-Christ pour devenir les associés de sa gloire. Et comme l’on pouvait dire qu’un tel héritage était onéreux, puisqu’on n’y peut parvenir qu’en passant par les épreuves, il fait voir l'excellence de la gloire future comparativement aux souffrances du temps présent.
I° Il énonce sa proposition;
II° il la prouve, à ces mots (verset 19): "Aussi la créature attend, etc."
Toutefois il faut remarquer que cette expression: "Créature," peut être prise ici dans un triple sens:
1° [b]Pour les hommes justes[/b], qui sont appelés spécialement créatures de Dieu, ou parce qu’ils persévèrent dans le bien dans lequel ils ont été créés, ou, en raison de leur excellence, parce que toutes les créatures, dans un certain sens, leur sont soumises (Jacques I, 18): " C’est volontairement qu’il nous a engendrés par la parole de la vérité, afin que nous fussions comme les premices de ses créatures. Or "cette créature," c’est-à-dire l’homme juste, "attend la manifestation de la gloire des enfants de Dieu, comme une récompense qui lui a été promise (Tite, II, 13): "Attendant toujours la félicité que nous espérons, et l’avènement glorieux du grand Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ."
2° [b]On peut entendre par créature la nature humaine elle-même, qui est dépendante des biens de la grâce, nature qui, dans les pécheurs, n'est pas encore justifiée mais informe, et, dans les hommes justifiés, est en partie restaurée par la grâce, et toutefois encore imparfaite, par comparaison avec un autre état plus parfait qu’elle doit recevoir dans la gloire[/b]. [b]Ainsi donc "la créature," c’est-à-dire nous-mêmes, en tant qu’on nous considère relativement aux biens de la nature, "attend la manifestation de la gloire des enfants de Dieu;" [/b]et cela, pour nous aussi, se fait par la grâce: comme quand nous disons que la matière attend la forme, ou que les couleurs attendent l’image pour se compléter, ainsi que l’explique la Glose (Job XIV, 14): "Durant les jours durant lesquels maintenant je combats, j’attends que mon changement vienne."
3° [b]On peut encore appliquer ce mot à la créature sensible elle-même, par exemple aux éléments de ce monde [/b](Sagesse XIII, 5): "Par la grandeur, par la beauté de la créature, le Créateur peut être connu et devenir visible."
[b]Or "cette créature," ainsi considérée, "attend" de deux manières; car l’attente de la créature sensible, en tant qu’elle est l’oeuvre de Dieu, est ordonnée pour une fin, et cela de deux manières.[/b]
[b]Premièrement, en tant que Dieu lui imprime certaine forme et comme une vertu naturelle, par laquelle elle est dirigée vers une fin naturelle: [/b]comme si l’on disait, par exemple, que l’arbre attend sa fructification et le feu son centre vers lequel il s’élève.
[b]Secondement, en tant que Dieu la dirige vers une fin qui excède sa forme naturelle; car de même que le corps humain sera revêtu d’une forme surnaturelle et glorieuse, ainsi, dans cette gloire des enfants de Dieu, toute créature sensible recevra comme une gloire nouvelle,[/b] selon ce passage de l’Apocalypse (XXI, 1): "Je vis un ciel nouveau et une nouvelle terre." Dans ce sens, la créature sensible "attend la manifestation de la gloire des enfants de Dieu.[/quote]
[quote]Et le Credo n'affirme-t-il pas que le Christ a sauvé TOUTE la Création, l'Univers... ? [/quote]
Dans celui que j'ai chanté ce matin, il y avait pourtant bien marqué : Qui propter nos homines et propter nostram salutem : Pour [i]nous les hommes[/i] et pour [i]notre[/i] salut... Vous pensez que le Christ a souffert pour sauver des cailloux ?