coeurderoy a écrit :Tous mes voeux pour ce beau travail : le Moyen Age, pétri de symbolisme, a parfois comparé l'abeille à la Vierge Marie qui, en son sein a fabriqué le Miel divin, c'est-à-dire le Précieux Corps du Sauveur...La cire vierge qui sert à fondre le cierge pascal représente aussi le Corps du Christ, la flamme symbolisant son âme embrasée de charité sous le souffle de l'Esprit...Jolies méditations quand vous soignerez vos petites protégées...
Fraternellement !
"Le cantique du miel"
Le miel est la parole du Christ.
L'or fondu de son amour.
L'au-delà du nectar.
La momie de la lumière du paradis.
La ruche est une chaste étoile,
Un puits d'ambre alimenté au rythme
Des abeilles. Le sein des campagnes
Tremblant d'arômes et de bourdonnements.
Le miel est l'épopée de l'amour,
La matérialité de l'infini,
L'âme et le sang plaintif des fleurs
Condensés à travers un autre esprit.
(Et le miel de l'homme est la poésie
Qui coule de son coeur endolori,
Rayon dont la cire est le souvenir,
Façonnée par l'abeille la plus intime.)
Le miel est la bucolique lointaine
Du pasteur, la flûte et les oliviers,
Le frère du gland et du lait
Qui régnait en l'âge d'or.
Comme le soleil du matin, le miel
A tout le charme de l'Eté
Et la fraicheur ancienne de l'Automne.
C'est le feuille morte et le blé.
Ô divine liqueur d'humilité
Aussi sereine qu'un vers primitif!
Tu es l'harmonie incarnée
Et la géniale essence du lyrisme.
Et toi dort la mélancolie,
Le secret du baiser et du cri.
Ô douceur! Le doux est ton attribut.
Doux comme le ventre des femmes,
Doux comme les yeux des enfants,
Doux comme l'ombre de la nuit,
Doux comme une voix
Ou comme un lys.
Soleil qui éclaire les pas
De celui qui porte la peine et la lyre,
Tu équivaux à toutes les beautés,
A la couleur, à la lumière, à la musique.
Ô divine liqueur de l'espérance
Où l'âme et la matière se marient
Dans un équilibre parfait,
Comme en l'hostie le corps du
Christ et sa lumière.
Tu es des fleurs l'achèvement suprême,
Ô liqueur en qui leurs âmes s'unissent!
Qui te goûte ne sait qu'il absorbe
L'essence dorée du lyrisme.
Frederico Garcia Lorca
Novembre 1918 - Grenade
[quote="coeurderoy"]Tous mes voeux pour ce beau travail : le Moyen Age, pétri de symbolisme, a parfois comparé l'abeille à la Vierge Marie qui, en son sein a fabriqué le Miel divin, c'est-à-dire le Précieux Corps du Sauveur...La cire vierge qui sert à fondre le cierge pascal représente aussi le Corps du Christ, la flamme symbolisant son âme embrasée de charité sous le souffle de l'Esprit...Jolies méditations quand vous soignerez vos petites protégées...
Fraternellement ![/quote]
"Le cantique du miel"
Le miel est la parole du Christ.
L'or fondu de son amour.
L'au-delà du nectar.
La momie de la lumière du paradis.
La ruche est une chaste étoile,
Un puits d'ambre alimenté au rythme
Des abeilles. Le sein des campagnes
Tremblant d'arômes et de bourdonnements.
Le miel est l'épopée de l'amour,
La matérialité de l'infini,
L'âme et le sang plaintif des fleurs
Condensés à travers un autre esprit.
(Et le miel de l'homme est la poésie
Qui coule de son coeur endolori,
Rayon dont la cire est le souvenir,
Façonnée par l'abeille la plus intime.)
Le miel est la bucolique lointaine
Du pasteur, la flûte et les oliviers,
Le frère du gland et du lait
Qui régnait en l'âge d'or.
Comme le soleil du matin, le miel
A tout le charme de l'Eté
Et la fraicheur ancienne de l'Automne.
C'est le feuille morte et le blé.
Ô divine liqueur d'humilité
Aussi sereine qu'un vers primitif!
Tu es l'harmonie incarnée
Et la géniale essence du lyrisme.
Et toi dort la mélancolie,
Le secret du baiser et du cri.
Ô douceur! Le doux est ton attribut.
Doux comme le ventre des femmes,
Doux comme les yeux des enfants,
Doux comme l'ombre de la nuit,
Doux comme une voix
Ou comme un lys.
Soleil qui éclaire les pas
De celui qui porte la peine et la lyre,
Tu équivaux à toutes les beautés,
A la couleur, à la lumière, à la musique.
Ô divine liqueur de l'espérance
Où l'âme et la matière se marient
Dans un équilibre parfait,
Comme en l'hostie le corps du
Christ et sa lumière.
Tu es des fleurs l'achèvement suprême,
Ô liqueur en qui leurs âmes s'unissent!
Qui te goûte ne sait qu'il absorbe
L'essence dorée du lyrisme.
Frederico Garcia Lorca
Novembre 1918 - Grenade