par Métazét » lun. 02 oct. 2006, 1:02
Bonjour Zef,
zefdebruz a écrit :Métazét a écrit :Pour ce qui est de l'ontologie sous-tendant cette matière, il est nécessaire (dans une perspective moniste) qu'elle rende possible l'existence de tous les phénomènes dont on s'accorde à dire qu'ils existent (c'est-à-dire, entre autres, la conscience), donc qu'elle les contienne, qu'elle soit plus "large" que ces phénomènes particuliers, qu'elle soit supérieur à eux ontologiquement. La définition de l'essence de la matière doit donc être telle qu'elle implique analytiquement, dans toute leur richesse, les définitions des plus "hautes" manifestations de la matière que sont la conscience, l'amour, la morale, le sens du sacré, etc.
Voilà la matière en laquelle je "crois".

Il ne s'agit pas pour moi de dire que - ontologiquement - le supérieur peut dériver de l'inférieur (ce qui n'est pas possible : la définition du segment ne peut pas permettre de déduire la définition du triangle), mais d'affirmer que la matière peut très bien être conçue de telle façon qu'elle satisfasse toutes les exigences ontologiques impliquées par l'existence et la possibilité de l'esprit.
Bien cordialement,
Mikaël
PS : Quelle est la différence entre la matière, telle que je la définis, et Dieu ? Je pense que toutes les manifestations de la matière sont objectivement appréhendables, au moins en principe. Ensuite, la matière - conformément à ce que l'on observe - n'est pas censée être bonne, agir pour nous si on la prie, sauver notre âme, etc. Elle est l'Être, mais n'est pas
un être.
A fortiori, elle n'est pas un être bon et providentiel qui soit la cause efficiente et finale du monde visible (elle n'est que la cause matérielle [tiens donc, voilà que le mot "matière" ressurgit !] et formelle de ce dernier).
Bonjour Metazet,
la matière en laquelle vous croyez donne matière à penser ! Votre analyse rejoint celle de Jacques Monod : la vie et la conscience émergeant du jeu des possibles, ces possibles étant si nombreux qu'ils renferment toutes les potentialités et aboutissent à la nécessité.
Si la vie humaine et ce qu'elle implique est le produit du hasard et de la nécessité ( ce qui reste une hypothèse non démontrée scientifiquement, les matérialistes pouvant toujours tenter d'en faire une théorie, elle ne repose sur...rien !)
Ca dépend de quel hasard et nécessité l'on parle. Scientifiquement, l'existence d'un hasard statistique et de lois relativement déterministes n'est guère contestable. Ontologiquement, et tant qu'on y est : Théologiquement, qui vous dit que le hasard et la nécessité ne sont pas les processus effectifs par lesquels Dieu a choisi de créer le monde ?
zefdebruz a écrit :cela le problème du pourquoi, du sens de la vie, ou plutôt une telle hypothèse postule l'absurdité de la vie...sans pour autant que cela pose difficulté aux adeptes de cette thèse qui vont trouver la cette vie belle et digne d'être vécue ( on se demande bien pourquoi ?), et d'en jouir au maximum. Le risque du matérialisme devient alors soit l'utilitarisme soit le nihilisme, et aucune de ces idéologie n'a jusqu'à présent porté du bon fruit pour l'humanité.
A contrario, Monod est allé jusqu'au bout de sa logique...puisqu'il s'est tiré une balle dans la tête.
Tout d'abord, le côté beau et moral d'une doctrine n'est pas forcément un argument en faveur de sa véracité : il serait beau et moral que le lion paise à côté de l'agneau, mais, à moins de revoir de fond en comble les acquis de la zoologie

, cela n'est pas la réalité.
Toutefois, l'hypothèse matérialiste bien comprise n'est pas si affreuse que cela malgré tout. L'ego particulier que nous sommes est certes dissout à la mort, néanmoins la conscience, en tant que phénomène général qui s'instancie provisoirement dans des individus séparés les uns des autres (et qui ont donc l'impression, à cause de la clôture phénoménologique engendrée par cette séparation, d'être uniques et singuliers), ne disparaît pas, tant qu'il existe des individus pour la recevoir. C'est une motivation à perpétuer l'espèce, et à être bon envers son prochain, avec lequel on ne forme finalement qu'une seule "personne" dont l'esprit est profondément dissocié (chaque individu est le locus d'un fragment de cet esprit).
Je vous conseille la lecture de ce lien, pour comprendre de quoi je parle :
http://www.naturalism.org/death.htm
zefdebruz a écrit :Votre "croyance" a pour horizon le naturalisme moniste : la divination de la nature ou la naturalisation de Dieu, ce qui revient au même. Je vous comprends, je l'ai partagée jusqu'à un âge assez avancé.
Oui, c'est à peu près cela. Je pense même que l'on pourrait dire que je suis finalement plus panthéiste qu'athée
zefdebruz a écrit :Lorsque je dis que Dieu ne peut être "saisi" ou "appréhendé" , j'entends que l'homme ne peut parvenir à "découvrir" Dieu par les moyens de l'expérience sensible ou scientifique : devant le miracle de la vie et de l'extraordinaire du cosmos, l'homme peut s'extasier, il découvre "l'intelligibilité" de cet univers, qu'il y a une organisation de cet univers, qu'il obéit à des lois mathématiques et physique ,etc.
En même temps, l'homme découvre sa fragilité dans cet univers,sa vulnérabilité : il est sujet au changement, à la souffrance, à la mort. Si la matière était le suprême vecteur de l'organisation, on pourrait se demander pourquoi nous ne sommes pas immortel, pourquoi nous sommes sujet à la corruption. La matière étant elle même sujette à l'entropie, au changement et à la corruption, j'ai du mal à considérer qu'elle puisse être ce qu'Aristote appelait le moteur premier et immobile, qui serait la cause première de ce qui "existe", sans cause lui-même.
Comme je l'ai déjà suggéré, je distingue deux types de propriétés physiques :
- des propriétés extrinsèques, situées dans le devenir et l'espace, observables et soumises au changement et à la corruption
- des propriétés intrinsèques, inobservables, qui constituent le substrat des premières, leur base catégorielle comme on dit.
Même si une certaine intuition tend à nous les faire considérer comme intérieures, par opposition aux propriétés extrinsèques qui seraient extérieures, je pense qu'une telle image est trompeuse. Les propriétés intrinsèques de la matière ne sont pas situées dans l'espace-temps, elles
s'identifient à l'espace-temps et à ses lois les plus générales. Il serait peut-être plus juste de parler de propriétés relationnelles (extrinsèques) vs non-relationnelles (intrinsèques).
zefdebruz a écrit :Dieu Est : il n'ex-iste pas ! Et c'est pourquoi son ex-istence est indémontrable par l'expérience et le sensible car il échappe à notre horizon. Mais il laisse entrevoir sa présence à travers ses oeuvres créées dans laquelle on trouve de l'ordre, de la beauté , de l'harmonie, de l'intelligence. Dieu, immanent, présent mais comme caché dans sa création pour ne pas s'imposer à elle, et en même temps transcendant car situé sur un plan ontologique qui n'est pas le notre. C'est en ce Dieu, qui est au delà de la matière, et de tout ce qui existe, que je crois.
Bah, au fond, je crois qu'on emploie deux termes très différents et surtout très différemment connotés, pour parler de deux concepts assez semblables. Ce que j'appelle les lois les plus générales de l'espace-temps sont des présupposés métaphysiques de toute démarche scientifique réaliste. Parmi ces présupposés, on trouve bien l'intelligibilité de l'univers (sinon il ne sert à rien d'énoncer des hypothèses logico-mathématiques et à faire des prédictions empiriques), et donc un certain ordre. Là où je ne peux pas être d'accord, c'est au sujet de la beauté et de l'harmonie. Elles ne sont pas systématiques (c'est beau un tsunami qui ravage tout ? c'est beau un enfant qui naît avec des moignons à la place des membres, avec un bec de lièvre, avec deux têtes ?), et quand elles existent apparement, on peut les expliquer très facilement de manière scientifique (ainsi, parmi les membres d'une espèce donnée, ceux qui, génétiquement, sont prédisposés à trouver leur environnement beaucoup plus moche que beau ne sont pas motivés à y vivre et a fortiori a se reproduire et donc leurs gènes ne se transmettront pas ; ceux qui, génétiquement, sont prédisposés à globalement apprécier leur environnement, seront motivés à la vie et à la procréation et donc leurs gènes se transmettront).
zefdebruz a écrit :Imaginez maintenant 2 hommes marchant dans un désert que nul n'a jamais foulé : ils trouvent une montre au milieu de ce désert. Le premier en conclut que quelqu'un est déjà passé par là, mais l'autre lui soutient que ce n'est qu'une hypothèse, que le jeu des possibles, du hasard et de la nécessité plaide pour une autre hypothèse, à une agrégation particulière de matière sous cette forme !
Un observateur sensé le prendrait pour un doux dingue. Comparez maintenant une seule cellule vivante à côté de cette mécanique : un abîme de complexité organisationnelle les sépare. N'évoquons même pas l'homme avec sa conscience !
Je ne comprend pas : quelques lignes avant, vous dites que Dieu est indémontrable par l'expérience et par le sensible, puis là, en quelques lignes, vous récusez tout cela.
S'il est rationnel de conclure, en voyant la montre dans le désert, qu'elle est l'oeuvre d'un horloger, c'est parce que nous savons que les horlogers existent et qu'ils créent des montres. Non seulement nous l'avons appris, mais nous pouvons le vérifier. Pour que de la complexité d'une cellule vivante et de la conscience de l'homme l'on puisse rationnellement conclure que c'est un dieu qui les a créés, il faudrait que l'on sache déjà,
préalablement, que un ou des dieux existent (or c'est précisément ce que cet argument veut montrer !) et qu'ils créent des cellules vivantes et des êtres conscients. Sinon, l'analogie ne peut fonctionner.
Bien cordialement,
Mikaël
Bonjour Zef,
[quote="zefdebruz"][quote="Métazét"]Pour ce qui est de l'ontologie sous-tendant cette matière, il est nécessaire (dans une perspective moniste) qu'elle rende possible l'existence de tous les phénomènes dont on s'accorde à dire qu'ils existent (c'est-à-dire, entre autres, la conscience), donc qu'elle les contienne, qu'elle soit plus "large" que ces phénomènes particuliers, qu'elle soit supérieur à eux ontologiquement. La définition de l'essence de la matière doit donc être telle qu'elle implique analytiquement, dans toute leur richesse, les définitions des plus "hautes" manifestations de la matière que sont la conscience, l'amour, la morale, le sens du sacré, etc.
Voilà la matière en laquelle je "crois". :) Il ne s'agit pas pour moi de dire que - ontologiquement - le supérieur peut dériver de l'inférieur (ce qui n'est pas possible : la définition du segment ne peut pas permettre de déduire la définition du triangle), mais d'affirmer que la matière peut très bien être conçue de telle façon qu'elle satisfasse toutes les exigences ontologiques impliquées par l'existence et la possibilité de l'esprit.
Bien cordialement,
Mikaël
PS : Quelle est la différence entre la matière, telle que je la définis, et Dieu ? Je pense que toutes les manifestations de la matière sont objectivement appréhendables, au moins en principe. Ensuite, la matière - conformément à ce que l'on observe - n'est pas censée être bonne, agir pour nous si on la prie, sauver notre âme, etc. Elle est l'Être, mais n'est pas [i]un[/i] être. [i]A fortiori[/i], elle n'est pas un être bon et providentiel qui soit la cause efficiente et finale du monde visible (elle n'est que la cause matérielle [tiens donc, voilà que le mot "matière" ressurgit !] et formelle de ce dernier).[/quote]
Bonjour Metazet,
la matière en laquelle vous croyez donne matière à penser ! Votre analyse rejoint celle de Jacques Monod : la vie et la conscience émergeant du jeu des possibles, ces possibles étant si nombreux qu'ils renferment toutes les potentialités et aboutissent à la nécessité.
Si la vie humaine et ce qu'elle implique est le produit du hasard et de la nécessité ( ce qui reste une hypothèse non démontrée scientifiquement, les matérialistes pouvant toujours tenter d'en faire une théorie, elle ne repose sur...rien !)[/quote]
Ca dépend de quel hasard et nécessité l'on parle. Scientifiquement, l'existence d'un hasard statistique et de lois relativement déterministes n'est guère contestable. Ontologiquement, et tant qu'on y est : Théologiquement, qui vous dit que le hasard et la nécessité ne sont pas les processus effectifs par lesquels Dieu a choisi de créer le monde ? :)
[quote="zefdebruz"]cela le problème du pourquoi, du sens de la vie, ou plutôt une telle hypothèse postule l'absurdité de la vie...sans pour autant que cela pose difficulté aux adeptes de cette thèse qui vont trouver la cette vie belle et digne d'être vécue ( on se demande bien pourquoi ?), et d'en jouir au maximum. Le risque du matérialisme devient alors soit l'utilitarisme soit le nihilisme, et aucune de ces idéologie n'a jusqu'à présent porté du bon fruit pour l'humanité.
A contrario, Monod est allé jusqu'au bout de sa logique...puisqu'il s'est tiré une balle dans la tête. [/quote]
Tout d'abord, le côté beau et moral d'une doctrine n'est pas forcément un argument en faveur de sa véracité : il serait beau et moral que le lion paise à côté de l'agneau, mais, à moins de revoir de fond en comble les acquis de la zoologie :), cela n'est pas la réalité.
Toutefois, l'hypothèse matérialiste bien comprise n'est pas si affreuse que cela malgré tout. L'ego particulier que nous sommes est certes dissout à la mort, néanmoins la conscience, en tant que phénomène général qui s'instancie provisoirement dans des individus séparés les uns des autres (et qui ont donc l'impression, à cause de la clôture phénoménologique engendrée par cette séparation, d'être uniques et singuliers), ne disparaît pas, tant qu'il existe des individus pour la recevoir. C'est une motivation à perpétuer l'espèce, et à être bon envers son prochain, avec lequel on ne forme finalement qu'une seule "personne" dont l'esprit est profondément dissocié (chaque individu est le locus d'un fragment de cet esprit).
Je vous conseille la lecture de ce lien, pour comprendre de quoi je parle : [url]http://www.naturalism.org/death.htm[/url]
[quote="zefdebruz"]Votre "croyance" a pour horizon le naturalisme moniste : la divination de la nature ou la naturalisation de Dieu, ce qui revient au même. Je vous comprends, je l'ai partagée jusqu'à un âge assez avancé.[/quote]
Oui, c'est à peu près cela. Je pense même que l'on pourrait dire que je suis finalement plus panthéiste qu'athée :)
[quote="zefdebruz"]Lorsque je dis que Dieu ne peut être "saisi" ou "appréhendé" , j'entends que l'homme ne peut parvenir à "découvrir" Dieu par les moyens de l'expérience sensible ou scientifique : devant le miracle de la vie et de l'extraordinaire du cosmos, l'homme peut s'extasier, il découvre "l'intelligibilité" de cet univers, qu'il y a une organisation de cet univers, qu'il obéit à des lois mathématiques et physique ,etc.
En même temps, l'homme découvre sa fragilité dans cet univers,sa vulnérabilité : il est sujet au changement, à la souffrance, à la mort. Si la matière était le suprême vecteur de l'organisation, on pourrait se demander pourquoi nous ne sommes pas immortel, pourquoi nous sommes sujet à la corruption. La matière étant elle même sujette à l'entropie, au changement et à la corruption, j'ai du mal à considérer qu'elle puisse être ce qu'Aristote appelait le moteur premier et immobile, qui serait la cause première de ce qui "existe", sans cause lui-même.[/quote]
Comme je l'ai déjà suggéré, je distingue deux types de propriétés physiques :
- des propriétés extrinsèques, situées dans le devenir et l'espace, observables et soumises au changement et à la corruption
- des propriétés intrinsèques, inobservables, qui constituent le substrat des premières, leur base catégorielle comme on dit.
Même si une certaine intuition tend à nous les faire considérer comme intérieures, par opposition aux propriétés extrinsèques qui seraient extérieures, je pense qu'une telle image est trompeuse. Les propriétés intrinsèques de la matière ne sont pas situées dans l'espace-temps, elles [b]s'identifient[/b] à l'espace-temps et à ses lois les plus générales. Il serait peut-être plus juste de parler de propriétés relationnelles (extrinsèques) vs non-relationnelles (intrinsèques).
[quote="zefdebruz"]Dieu Est : il n'ex-iste pas ! Et c'est pourquoi son ex-istence est indémontrable par l'expérience et le sensible car il échappe à notre horizon. Mais il laisse entrevoir sa présence à travers ses oeuvres créées dans laquelle on trouve de l'ordre, de la beauté , de l'harmonie, de l'intelligence. Dieu, immanent, présent mais comme caché dans sa création pour ne pas s'imposer à elle, et en même temps transcendant car situé sur un plan ontologique qui n'est pas le notre. C'est en ce Dieu, qui est au delà de la matière, et de tout ce qui existe, que je crois.[/quote]
Bah, au fond, je crois qu'on emploie deux termes très différents et surtout très différemment connotés, pour parler de deux concepts assez semblables. Ce que j'appelle les lois les plus générales de l'espace-temps sont des présupposés métaphysiques de toute démarche scientifique réaliste. Parmi ces présupposés, on trouve bien l'intelligibilité de l'univers (sinon il ne sert à rien d'énoncer des hypothèses logico-mathématiques et à faire des prédictions empiriques), et donc un certain ordre. Là où je ne peux pas être d'accord, c'est au sujet de la beauté et de l'harmonie. Elles ne sont pas systématiques (c'est beau un tsunami qui ravage tout ? c'est beau un enfant qui naît avec des moignons à la place des membres, avec un bec de lièvre, avec deux têtes ?), et quand elles existent apparement, on peut les expliquer très facilement de manière scientifique (ainsi, parmi les membres d'une espèce donnée, ceux qui, génétiquement, sont prédisposés à trouver leur environnement beaucoup plus moche que beau ne sont pas motivés à y vivre et a fortiori a se reproduire et donc leurs gènes ne se transmettront pas ; ceux qui, génétiquement, sont prédisposés à globalement apprécier leur environnement, seront motivés à la vie et à la procréation et donc leurs gènes se transmettront).
[quote="zefdebruz"]Imaginez maintenant 2 hommes marchant dans un désert que nul n'a jamais foulé : ils trouvent une montre au milieu de ce désert. Le premier en conclut que quelqu'un est déjà passé par là, mais l'autre lui soutient que ce n'est qu'une hypothèse, que le jeu des possibles, du hasard et de la nécessité plaide pour une autre hypothèse, à une agrégation particulière de matière sous cette forme !
Un observateur sensé le prendrait pour un doux dingue. Comparez maintenant une seule cellule vivante à côté de cette mécanique : un abîme de complexité organisationnelle les sépare. N'évoquons même pas l'homme avec sa conscience ! [/quote]
Je ne comprend pas : quelques lignes avant, vous dites que Dieu est indémontrable par l'expérience et par le sensible, puis là, en quelques lignes, vous récusez tout cela.
S'il est rationnel de conclure, en voyant la montre dans le désert, qu'elle est l'oeuvre d'un horloger, c'est parce que nous savons que les horlogers existent et qu'ils créent des montres. Non seulement nous l'avons appris, mais nous pouvons le vérifier. Pour que de la complexité d'une cellule vivante et de la conscience de l'homme l'on puisse rationnellement conclure que c'est un dieu qui les a créés, il faudrait que l'on sache déjà, [b]préalablement[/b], que un ou des dieux existent (or c'est précisément ce que cet argument veut montrer !) et qu'ils créent des cellules vivantes et des êtres conscients. Sinon, l'analogie ne peut fonctionner.
Bien cordialement,
Mikaël