Christianisme et écologie

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Christianisme et écologie

Assises chrétiennes de l'écologie

par Fée Violine » jeu. 10 nov. 2011, 18:29

Du 11 au 13 novembre, à Saint-Étienne, il va se passer des choses intéressantes!!!

http://www.enviscope.com/News/Thematiqu ... 11726.html

la page facebook: http://www.facebook.com/pages/Assises-c ... 74?sk=wall

Il y aura Pierre Rabhi, Jean-Marie Pelt, Jean-Baptiste de Foucauld, Hervé Kempf, Mgr Stenger, Patrice de Plunkett, et plein d'autres gens bien.

J'aurais bien aimé y aller mais je serai prise ailleurs.

Re: Christianisme & Ecologie

par Invité » dim. 22 juin 2008, 22:42

Avez-vous-lu l'excellent numéro 1585 de la revue "Famille Chrétienne" ? , 31 mai - 6 juin 2008 :
en couverture : de la Bible à nos jours, l'écologie, un appel à la conversion

Les chrétiens devraient avoir plus à coeur de VIVRE sans polluer , ou en polluant le moins possible, et ce critère de respect de la création devrait être plus présent à nos esprits quand nous achetons quoi que ce soit.
Saint Paul nous dit : "quoi que vous fassiez, faites le pour la gloire de Dieu"

quand j'achète du papier recyclé même un peu plus cher que du papier ordinaire, je le fait pour préserver les forêts et encourager la filière du papier recyclé, je le fais pour la gloire de Dieu

quand j'achète des matériaux en bois certifiés FSC (gestion durable des forêts), je le fais pour la gloire de Dieu

quand j'utilise du papier WC fabriqué à partir de papier recyclé, je le fais pour la gloire de Dieu (eh ! oui ! TOUT ce que vous faites , a dit Saint Paul !!! )

quand j'achète de la nourriture bio, je le fais pour la santé de la terre, de ma famille, pour la préservation de la pureté de l'eau des nappes phréatiques, pour respecter la fertilité de la terre nourricière pour les générations présentes et futures, je le fais pour la gloire de Dieu

quand je me contente l'hiver de 18° c chez moi, et que je me sers de mon chauffage u bois plutôt que du radiateur électrique, je le fais pour la gloire de Dieu

quand je prend une petite douche plutôt qu'un grand bain, je le fais pour la gloire de Dieu

quand je ne consomme aucun produit animal le vendredi, je le fais pour réduire l'effet de serre et pour la gloire de Dieu (et aussi pour ma santé, qui fait partie de la gloire de Dieu)

quand je prend mon vélo, ou le bus, ou que je marche à pied plutôt que d'utiliser ma voiture, je le fais pour la gloire de Dieu

quand je trie mes ordures et que je fais mon compost pour mon jardin, je le fais, en communion avec soeur Emmanuelle, pour réduire le gaspillage des matières premières et la pollution de l'air due à l'incinération des ordures, je le fais pour la gloire de Dieu

quand je reprise mes vêtements, ou que j'en achète d'occasion au magasin "la Remise" du secours catholique, ou que je fais don de ceux qui ne me vont plus à ce même magasin, je fais cela pour la gloire de Dieu

quand je mange les fruits de mon jardin, je retrouve un parcelle du paradis terrestre originel : zéro traitement chimique, zéro pollution, zéro emballage, zéro transport, zéro déchets, zéro effet de serre, saveur maximale des fruits cueillis à maturité, harmonie totale avec la nature : je vois la gloire de Dieu !

Quand je fais tout cela pour la gloire de Dieu, j'agis en cohérence avec mes idéaux, mes aspirations profondes, l'idée que je me fais des exigences évangéliques, et cela me rend très heureuse.

Re: Christianisme & Ecologie

par Christophe » lun. 09 juin 2008, 8:22

A signaler, sur ce thème, la sortie récente du livre L'Ecologie, de la Bible à nos jours du journaliste Patrice de Plunkett. Je ne l'ai pas encore lu, mais les critiques sont très positives...

Voir l'interview donnée par l'auteur à Zenit :
http://www.zenit.org/article-18068?l=french

In Christo
Christophe

Re: Christianisme & Ecologie

par Hélène » lun. 09 juin 2008, 2:54

Aussi dans les religions païennes, la nature est divinisée. Ces dieux sont redoutables et doivent être amadoués...

C'est un peu ce qui se passe aujourd'hui. La "mère nature divinisée" se retourne "contre nous" dans des phénomènes violents provoqués par l'activité humaine. Une partie de cette humanité - qui a perdu son Père Créateur qui n'est pas à confondre avec la créature - a peur devant les forces de la nature qu'elle divinise et elle tente de l'amadouer... aussi bien se fondre dedans... ou plutôt se confondre avec... :>

Ce n'est plus une question de respect pour la création qui a Dieu pour Père et qui nous a été confiée mais une question de peur devant les forces de la nature qu'ils ont divinisée qui fait agir les pro-environnementalistes extrémistes, jusqu'à nier la dignité humaine dans certains cas.

Cordialement,
Hélène

Halte aux calomnies

par MB » lun. 09 juin 2008, 2:33

Avé

Une petite remarque en manière d'argumentaire à répondre aux anti-chrétiens, quand ils disent que le "croissez et multipliez" est à l'origine des dégâts environnementaux.

Ce type de reproche fait au christianisme est implicitement fondé sur l'idée que le paganisme est plus respectueux de la nature. Il est arrivé, de manière épisodique, que les Khmers verts se confondissent avec des partisans de la Wicca ou du néo-druidisme ; ou, de manière plus sinistre, avec les mouvements nazis autrefois. L'homme païen fantasmé a les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, il sait qu'il n'est qu'une partie de la nature au même titre que les brins d'herbe ou les supernovae, etc.

En réalité, les croyances liées aux religions païennes ne sont pas du tout favorables à la nature. Je pense naturellement aux Romains, que je connais le mieux : pour eux, la nature est une sorte de chaos qu'il faut combattre. L'homme civilisé se définit précisément par le fait que le monde dans lequel il vit, la cité, les campagnes cultivées, se pose contre la nature. Celle-ci représente ce qui est désordonné, sauvage, barbare (ce n'est pas pour rien que ces hommes vivent dans la forêt, les marais, les déserts). Les animaux qui nous paraissent aujourd'hui bien sympathiques, ou du moins estimables (ours et lions notamment) sont au contraire à combattre par tous les moyens, de manière réelle ou symbolique. Le lion est pour nous le roi des animaux ; pour eux, c'est presque un monstre.
A l'inverse, le monde humanisé doit être policé, ordonné ; mais ce polissage est un effort de tous les instants, il ne faut jamais le relâcher, à l'image de la barbe dont il faut répéter régulièrement et sans relâche le rasage.
On pourrait retrouver des problématiques semblables chez pas mal de peuples païens (et non des pseudo-païens de cabinet comme on en trouve en Occident depuis 150 ans).

Par conséquent, les environnementalistes forcenés sont trompent de cible. Le retournement du regard envers la nature brute est très romantique ; c'est un phénomène d'intellectuels, qui s'est peu à peu diffusé à toute la population. Et, du reste, l'idée d'une nature pure et innocente rejoint une certaine nostalgie adamique ; donc finalement, en étant écologistes, nous ne faisons que regretter, une fois de plus, le péché originel et montrer nos sympathies chrétiennes les plus profondément enfouies...

Fraternellement
MB

Re: Christianisme & Ecologie

par Geronimo » jeu. 22 mai 2008, 21:05

La procure participe à la diffusion des thèses eugénistes et malthusiennes :

http://www.laprocure.com

Merci à e-deo.net et alerte-environnement.org pour cette découverte


Le bonheur sans enfants est à la mode chez les bobos : fnac.com

:non:

Re: Christianisme & Ecologie

par Yves54 » mer. 26 déc. 2007, 19:52

Hélène a écrit :Suite de la série vidéo du père Verlinde sur l'idéologie écologique :

:arrow: Une nouvelle idéologie

J'hésitais à mettre cette intervention dans ce sujet ou dans celui du Nouvel Ordre Mondial de Geronimo...

Restons lucides...

Union de prière,
Hélène
Autant le lobby écologiste est dangereux, autant nous constatons que l'air de nos villes devient irrespirable. Ce n'est pas une situation normale et c'est pour cela que l'écologie (intelligente) ne doit pas être ignorer.

Re: Christianisme & Ecologie

par Hélène » mer. 26 déc. 2007, 18:44

Suite de la série vidéo du père Verlinde sur l'idéologie écologique :

:arrow: Une nouvelle idéologie

J'hésitais à mettre cette intervention dans ce sujet ou dans celui du Nouvel Ordre Mondial de Geronimo...

Restons lucides...

Union de prière,
Hélène

Re: Christianisme & Ecologie

par Charles » mar. 30 oct. 2007, 15:06

Il y a deux points a bien saisir dans cette problématique :

1. Tous les désastres écologiques de dimension planétaire sont liés à des pratiques qui n'ont rien à voir de près ou de loin avec le catholicisme. Que ce soit les désastres dans les pays anciennement communistes, en Asie ou dans les pays occidentaux. Marées noires, assèchement de la mer Caspienne, pollution urbaine, pollution de l'eau, déforestation, etc.

2. L'obsession de l'environnement renvoie à la mythologie. Les phénomènes naturels sont convoqués pour occulter les errements moraux et politiques des hommes. On le voit dans l'histoire romaine de Tite-Live avec l'explication donnée pour cacher le meurtre de Romulus par les sénateurs : qu'il aurait reçu la foudre lors d'un orage. On le voit dans la Bible avec la métaphore de l'inondation du Déluge pour dire sans le dire l'effondrement d'une société dans sa propre violence. On le voit dans la mythologie japonaise avec l'image de la boue dégoutant d'une pointe de lance pour dire sans le dire le sang humain versé dans la violence. Orage, éclair, inondation, boue... auxquels s'ajoutent incendies, épidémies, tremblements de terre, etc. etc.
Mais avec l'environnementalisme contemporain, ce même procédé est poussé à l'extrême : ce n'est plus seulement le péché de l'homme qui est occulté, c'est l'homme lui-même qui est nié. Il est décentré, relativisé et finalement expulsé.

L'homme qui consume et consomme les ressources naturelles et les objets, expulse le monde lui-même et la réaction symétrique environnementaliste est l'expulsion de l'homme. Ce sont deux expulsions symétriques qui se répondent l'une à l'autre. La première projette le salut de l'homme par la négation du monde, la seconde projette le salut du monde par la négation de l'homme.

Le catholicisme est étranger à la négation du monde comme à celle de l'homme. Et je ne pense pas aujourd'hui qu'il puisse y faire quelque chose du point de vue pratique. Ces négations sont les conséquences du péché originel, du mal entré avec lui dans la Création. Ce que propose le catholicisme, c'est de choisir la sainteté et d'être admis dans une Terre nouvelle que Dieu a préparé pour nous selon "Car voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle" (Isaïe 65, 17), "Ce sont de nouveaux cieux et une terre nouvelle que nous attendons selon sa promesse" (2 Pierre 3, 16) et "Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus." (Apocalypse 21, 1). Nous ne nions ni l'homme ni le monde, mais nous savons que ce monde passera et nous croyons dans le projet que Dieu a sur l'homme.

Re: Christianisme & Ecologie

par Hélène » lun. 29 oct. 2007, 18:55

Une "petite parenthèse" du père Verlinde avant la suite :

:arrow: Gaïa

Bon cinéma ! :)

Re: Christianisme & Ecologie

par Hélène » jeu. 25 oct. 2007, 14:22

Suite de l'excellente série vidéo sur l'écologie du père Verlinde : Écologie profonde

Éclairant. J'ai hâte de voir le prochain épisode !

Dans le Christ-Jésus,
Hélène

Re: Christianisme & Ecologie

par Hélène » dim. 07 oct. 2007, 15:26

Suite des réflexions sur l'écologie avec le père Verlinde :

L'écologie environnementaliste et utilitariste

Hélène

Re: Christianisme & Ecologie

par Serge BS » mar. 25 sept. 2007, 17:30

.../...

La prise de conscience de la fragilité de l'environnement pris dans sa globalité est désormais une évidence partagée par tous. Toute véritable action en matière d'environnement ne peut donc être que globale et se doit de concerner tous les acteurs de la vie économique et sociale, acteurs qui sont tous, chacun à sa manière, des acteurs de l'environnement tel qu'il est défini, c'est-à-dire comme l'ensemble des facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, esthétiques et autres, constituant le cadre dans lequel un organisme exerce ses activités. Une politique de l'environnement réaliste doit donc concerner tous les citoyens, qu'ils agissent en tant que travailleurs, consommateurs, électeurs, etc.... Il n'est pas nécessaire de se lancer dans de nouvelles politiques ambitieuses, les solutions sont souvent simples et peu coûteuses, même si des efforts sont nécessaires, et même s'il est nécessaire de maintenir des sanctions à l'égard de ceux qui se refusent à respecter leur environnement, c'est-à-dire leur prochain au sens chrétien du terme, leurs voisins, et ... eux-mêmes; celui qui pollue l'air plus que nécessaire doit bien comprendre qu'il est aussi un consommateur de cet air et donc sa propre victime.... Faire passer ce message est fondamental. Bien faire en matière d'environnement ne coûte pas toujours cher, mais il faut faire preuve d'imagination.....

L'économie de marché et l'environnement peuvent êtrecompatibles, mais cela nécessite un renforcement du rôle de l'État comme arbitre de la vie sociale; comme un arbitre de football peut donner un carton jaune ou expulser un joueur, l'État doit pouvoir de manière indépendante et souveraine, sous contrôle de la Justice qui est l'une des composantes de son pouvoir, avertir et sanctionner -parfois très durement- ceux qui ne jouent pas le jeu de l'environnement. Il s'agit en fait d'être des et non pas des comme le sont malheureusement certains mouvements qui, nés d'une bonne volonté et d'un réel besoin, ne sont plus que des machines électorales pour lesquelles l'environnement n'est qu'un alibi. L'environnement est donc un élément fondamental tant de la politique que de l'économie, et il ne doit en aucun cas être un otage, une excuse ou un prétexte à des volontés politiques. N'oublions jamais que l'homme a toujours su s'adapter rapidement à son environnement et à ses modifications ; mais n'oublions pas non plus que cette rapidité même de l'homme à l'adaptation et de perception peut le conduire à sa perte, tout comme elle peut se révéler trop lente face aux dégâts causés à la planète, puisque nous ne vivons pour l'instant que les conséquences des pollutions du milieu du ... XIXème siècle (ce qui laisse augurer de l'avenir si rien n'est fait !) ! Une véritable politique de l'environnement ne doit donc pas se faire contre l'homme, mais elle ne peut pas non plus se faire contre la nature ! L'environnement n'est ni Vert, ni de Gauche, ni de Droite, ni du Centre ... Il appartient à tous. Il est neutre politiquement. Il est au dessus des Partis et des mouvances politiques..... Il est neutre économiquement. Il est au dessus des Écoles et du marché....

Il ne faut enfin pas oublier que toute proclamation d'une société sans déchets, sans risques, sans nuisances n'est que mensonge, ne relève que de la démagogie et de la méconnaissance élémentaire de la nature elle-même. Le monde n'est pas bon et idyllique par nature; la nature n'est pas un Éden que l'homme chercherait à détruire : elle est cruelle en tous ses éléments qu'ils soient biologiques, climatiques ou géologiques. L'homme n'est pas là pour la dominer comme il le croit au sens matériellement humain, mais bien au sens divin ! il la subit comme tout être vivant... Il peut chercher à la domestiquer, il doit la respecter, mais il ne la maîtrisera jamais car elle est d'une essence autre dont il n'est qu'un produit et qu'un élément, et ce même s'il est le sommet de la Création. L'activité humaine peut détruire la nature et menacer la propre survie de l'espèce humaine, mais la nature elle-même génère des actions qui la conduisent elle-même à sa transformation. L'homme doit surtout veiller à ne pas modifier de manière trop sensible cette autorégulation de la nature, c'est-à-dire qu'il doit être respectueux de l'environnement. les interactions entre l'homme, ses activités, la nature, l'environnement et la santé sont réelles; c'est là le sens de la volonté d'assurer un développement durable, c'est-à-dire de mettre en place de nouvelles façons de penser les actes de production et de consommation, en aucun cas de remettre en cause le progrès. Progrès et nature ne sont pas a priori antinomiques et exclusifs l'un de l'autre; progrès et nature sont complémentaires... La nature elle-même progresse, a progressé et progressera sans l'intervention de l'homme. Renoncer au progrès et au bien-être au motif d'un pseudo-état de nature intemporel et figé n'est qu'une aberration, qu'une dérive d'idée sans aucune conscience des réalités, non seulement de l'homme et de la société, mais aussi de la nature elle-même. Pervertir le rôle de l'homme dans la nature est donc contre-nature, contre Dieu lui-même qui a confié la Terre à l'homme; réfléchir sur les rapports de l'activité humaine à l'environnement est par contre nature, donc relevant du divin. Le rôle d'une politique globale et raisonnée de l'environnement est donc d'assurer l'harmonie entre le progrès humain et la nature, en aucun cas de les opposer, l'homme étant un élément de la nature dont il dépend, ... ce qu'il ne doit jamais oublier !

Les cinq principes prioritaires découlant du Sommet de Rio constituent les cinq clés de toute politique humaine et raisonnée de l'environnement, et ce sont eux qui doivent piloter toute politique globale de l'environnement. La prise en compte du caractère d'intérêt général de la protection de l'environnement et de l'usage raisonné et raisonnable des ressources naturelles, l'application réaliste du principe pollueur-payeur, le droit du public à l'information, le droit d'agir en justice, le principe de précaution -et son corollaire qu'est le principe de prévention- sont autant d'impératifs qui s'imposent, non seulement aux hommes politiques mais à la société humaine dans sa globalité et dans sa diversité. Les grands principes de l'environnement sont tous des principes chrétiens; ceci est particulièrement évident lorsque l'on médite le commandement d'Amour du prochain que nous a donné le Christ, mais transparaît aussi au fil desProverbes, et notamment du premier recueil salomonien [Pr 10-21; 22, 1-16], ou encore dans le Deutéronome.

Ces principes s'imposent donc à tous les chrétiens qui ont donc pour devoir sacré de participer par leurs paroles, par leurs actions et dans leur vie à la préservation de la nature et de l'environnement, fruits de la création. En veut-on quelques exemples ?
- précaution: cf. Ep 5, 15 …
- précaution et avantages/charges : Lc 14, 28 …
- responsabilité : Dt 20,19 …
- responsabilité et pollueur-payeur : Jr 2, 23…
- correction par priorité à la source : Mt 7, 3 & 5…
- développement soutenable : Mt 16, 26 ; Jc 2, 14-16…, mais aussi : Jean-Paul II, Sollicitudo Rei Socialis, Éd. Mediaspaul, Paris, 1988, n. 34, pp. 67-68 ; Christifideles Laici, Éd. Mediaspaul, Paris, 1988, n. 43, page 131…
Ces paroles -et bien d'autres encore, notamment celles tirées des Encycliques publiées depuis Jean XXIII- sont à méditer et imposent au chrétien, dans le sens du message de 1971 de Paul VI et des écrits de Jean-Paul II, à repenser leur vie à l'aune de la nature, donc de Dieu, la nature étant la Création elle-même, la Création étant la première manifestation du dessein de Dieu sur le monde et sur l'homme (Catéchisme de l'Église Catholique, Centurion/Cerf/Fleurus-Mame, Paris, 1998, éd. définitive, page 762).

Nous devons vivre l’environnement comme un service de Gloire rendu à Dieu, comme une résonance du Cantique des créatures et comme une synthèse vivante de la perception de la faiblesse de l'homme face au monde, qui lui a été donné en héritage par Dieu et qu'il donnera lui-même en héritage à ses enfants, et face à Dieu lui-même. Il suffit parfois de rappeler quelques idées simples, de rappeler ce qu'est le rôle de l'homme dans la nature…

Lorsque l'on évoque les grands principes de l'environnement, il faut enfin toujours éviter les fantasmes, toujours garder à l'esprit et surtout comprendre que nul investissement -à la condition qu'il soit réfléchi et fondé sur des principes clairs- n'est fait à fonds perdus, et surtout que l'approche globale et non plus sectorielle s'impose, d'où le rôle fondamental de l'éducation, non seulement celle des enfants, mais aussi celle des peuples et de leurs dirigeants; cette globalité -qui induit la connaissance et le respect mutuel des diverses sociétés humaines- doit tenir compte des diversités culturelles et économiques existantes -d'où la permanence de l'idée de libre choix et la seule réelle vitalité de la préservation de l'environnement dans les seules sociétés démocratiques-, mais sans jamais oublier que la création, l'irrationnel, l'inattendu et la démesure -comme le rappelle souvent Federico Mayor- sont les caractères qui font l'homme, l'homme dont il ne faut jamais oublier la réalité de la fonction et le pourquoi, l'homme n'étant jamais aussi rationnel qu'une loi ou qu'un territoire. Relisons donc la Déclaration de Venise du 7 mars 1986 -publiée sous l'égide de l’UNESCO, et cessons d'opposer tradition et science, développons une véritable recherche transdisciplinaire et recherchons des modes nouveaux d'éducation, non plus rompant avec le passé, mais assurant la passerelle entre ce même passé et les créations du progrès. Dans tous les cas, l'économie, le droit, l'histoire, la philosophie, la culture ne sont que des éléments d'une réponse globale à la problématique des atteintes à l'environnement...

Dans tous les cas, toute approche de l'environnement ne peut se faire que dans une vision sacrée de la Terre, notre soeur et notre mère comme le rappelait et le rappelle aujourd'hui encore Saint François d'Assise..., Saint François d'Assise dont la simplicité de coeur et l'idée du bonheur devraient nous inspirer, tout comme l'idéal d'amour d'une Thérèse de Lisieux -cet amour qui est tout, qui embrase tous les temps et tous les lieux parce qu'il est éternel, cet amour du prochain qui est le seul commandement que nous ait laissé ésus-Christ-, mais aussi son message d'humilité, doit éclairer nos coeurs au moment de prendre des décisions graves, non pas pour le seul présent, mais aussi pour le futur, pour l'avenir de l'oeuvre de Dieu... Tout cela constitue un message d'optimisme, mais pas d'optimisme béat, mais bien plus espérance toujours renouvelée en Dieu.

Bref, cessons de nous lamenter sur le passé, et, comme nous le demande Jean-Paul II, cessons d'avoir peur ! La vie n'est faite que de leçons du passé ! La vie est comme un tapis roulant où défilent des bougies que nous devons allumer... Cherchons surtout à allumer les bougies qui passent devant nous et cessons de ne regarder que les bougies oubliées ou les bougies à venir; à ne regarder que les bougies de l'avenir, on en oublie celle du présent. Cessons donc de nous lamenter et préoccupons nous du temps présent, laissant les bougies oubliées à la Providence de Dieu..., ce qui ne doit cependant pas nous elmpêcher d'agir, bien au contraire ! Pensons donc correction des erreurs du passé... Pensons donc précaution et prévention au présent pour l'avenir, mais ne soyons pas les esclaves du temps passé, sur lequel on ne peut plus revenir... N'ayons plus peur ! Osons ! Osons, car comme le dit Yahvé à Salomon :

"Pour toi, si tu marches devant moi..., dans l'innocence du coeur et la droiture, si tu agis selon tout ce que je te commande et si tu observes mes lois et mes ordonnances, je maintiendrai pour toujours ton trône royal (...); mais si vous m'abandonnez, vous et vos fils, si vous n'observez pas les commandements et les lois que je vous ai proposés, (...), ce Temple que j'ai consacré à mon Nom, je le rejetterai de ma présence... " [1 R 9, 4-7].

Osons, mais en dignes enfants du Seigneur, libres mais surtout responsables !


" 37. A côté du problème de la consommation, la question de l'écologie, qui lui est étroitement connexe, inspire autant d'inquiétude. L'homme, saisi par le désir d'avoir et de jouir plus que par celui d'être et de croître, consomme d'une manière excessive et désordonnée les ressources de la terre et sa vie même. A l'origine de la destruction insensée du milieu naturel, il y a une erreur anthropologique, malheureusement répandue à notre époque. L'homme, qui découvre sa capacité de transformer et en un sens de créer le monde par son travail, oublie que cela s'accomplit toujours à partir du premier don originel des choses fait par Dieu. Il croit pouvoir disposer arbitrairement de la terre, en la soumettant sans mesure à sa volonté, comme si elle n'avait pas une forme et une destination antérieures que Dieu lui a données, que l'homme peut développer mais qu'il ne doit pas trahir. Au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l'oeuvre de la création, l'homme se substitue à Dieu et, ainsi, finit par provoquer la révolte de la nature, plus tyrannisée que gouvernée par lui .

En cela, on remarque avant tout la pauvreté ou la mesquinerie du regard de l'homme, plus animé par le désir de posséder les choses que de les considérer par rapport à la vérité, et qui ne prend pas l'attitude désintéressée, faite de gratuité et de sens esthétique, suscitée par l'émerveillement pour l'être et pour la splendeur qui permet de percevoir dans les choses visibles le message de Dieu invisible qui les a créées. Dans ce domaine, l'humanité d'aujourd'hui doit avoir conscience de ses devoirs et de ses responsabilités envers les générations à venir.

38. En dehors de la destruction irrationnelle du milieu naturel, il faut rappeler ici la destruction encore plus grave du milieu humain, à laquelle on est cependant loin d'accorder l'attention voulue. Alors que l'on se préoccupe à juste titre, même si on est bien loin de ce qui serait nécessaire, de sauvegarder les habitats naturels des différentes espèces animales menacées d'extinction, parce qu'on se rend compte que chacune d'elles apporte sa contribution particulière à l'équilibre général de la terre, on s'engage trop peu dans
la sauvegarde des conditions morales d'une " écologie humaine " authentique. Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme qui doit en faire usage dans le respect de l'intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté. Dans ce contexte, il faut mentionner les problèmes graves posés par l'urbanisation moderne, la nécessité d'un urbanisme soucieux de la vie des personnes, de même que l'attention qu'il convient de porter à une " écologie sociale " du travail.

L'homme reçoit de Dieu sa dignité essentielle et, avec elle, la capacité de transcender toute organisation de la société dans le sens de la vérité et du bien. Toutefois, il est aussi conditionné par la structure sociale dans laquelle il vit, par l'éducation reçue et par son milieu. Ces éléments peuvent faciliter ou entraver sa vie selon la vérité. Les décisions grâce auxquelles se constitue un milieu humain peuvent créer des structures de péché spécifiques qui entravent le plein épanouissement de ceux qu'elles oppriment de différentes manières. Démanteler de telles structures et les remplacer par des formes plus authentiques de convivialité constitue une tâche qui requiert courage et patience .

39. La première structure fondamentale pour une " écologie humaine " est
la famille, au sein de laquelle l'homme reçoit des premières notions déterminantes concernant la vérité et le bien, dans laquelle il apprend ce que signifie aimer et être aimé et, par conséquent, ce que veut dire concrètement être une personne. On pense ici à la famille fondée sur le mariage, où le don de soi réciproque de l'homme et de la femme crée un milieu de vie dans lequel l'enfant peut naître et épanouir ses capacités, devenir conscient de sa dignité et se préparer à affronter son destin unique et irremplaçable. Il arrive souvent, au contraire, que l'homme se décourage de réaliser les conditions authentiques de la reproduction humaine, et il est amené à se considérer lui-même et à considérer sa propre vie comme un ensemble de sensations à expérimenter et non comme une oeuvre à accomplir. Il en résulte un manque de liberté qui fait renoncer au devoir de se lier dans la stabilité avec une autre personne et d'engendrer des enfants, ou bien qui amène à considérer ceux-ci comme une de ces nombreuses " choses " que l'on peut avoir ou ne pas avoir, au gré de ses goûts, et qui entrent en concurrence avec d'autres possibilités.

Il faut en revenir à considérer la famille comme
le sanctuaire de la vie. En effet, elle est sacrée, elle est le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée contre les nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d'une croissance humaine authentique. Contre ce qu'on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie.

Dans ce domaine, le génie de l'homme semble s'employer plus à limiter, à supprimer ou à annuler les sources de la vie, en recourant même à l'avortement, malheureusement très diffusé dans le monde, qu'à défendre et à élargir les possibilités de la vie elle-même. Dans l'encyclique
Sollicitudo rei socialis, ont été a dénoncés les campagnes systématiques contre la natalité qui, fondées sur une conception faussée du problème démographique dans un climat de " manque absolu de respect pour la liberté de décision des personnes intéressées ", les soumettent fréquemment " à d'intolérables pressions 3 pour les plier à cette forme nouvelle d'oppression " . Il s'agit de politiques qui étendent leur champ d'action avec des techniques nouvelles jusqu'à parvenir, comme dans une " guerre chimique ", à empoisonner la vie de millions d'êtres humains sans défense.

Ces critiques s'adressent moins à un système économique qu'à un système éthique et culturel. En effet, l'économie n'est qu'un aspect et une dimension dans la complexité de l'activité humaine. Si elle devient un absolu, si la production et la consommation des marchandises finissent par occuper le centre de la vie sociale et deviennent la seule valeur de la société, soumise à aucune autre, il faut en chercher la cause non seulement et non tant dans le système économique lui-même, mais dans le fait que le système socio-culturel, ignorant la dimension éthique et religieuse, s'est affaibli et se réduit alors à la production des biens et des services .

On peut résumer tout cela en réaffirmant, une fois encore, que la liberté économique n'est qu'un élément de la liberté humaine. Quand elle se rend autonome, quand l'homme est considéré plus comme un producteur ou un consommateur de biens que comme un sujet qui produit et consomme pour vivre, alors elle perd sa juste relation avec la personne humaine et finit par l'aliéner et par l'opprimer .

40. L'Etat a le devoir d'assurer la défense et la protection des biens collectifs que sont le milieu naturel et le milieu humain dont la sauvegarde ne peut être obtenue par les seuls mécanismes du marché. Comme, aux temps de l'ancien capitalisme, l'Etat avait le devoir de défendre les droits fondamentaux du travail, de même, avec le nouveau capitalisme, il doit, ainsi que la société,
défendre les biens collectifs qui, entre autres, constituent le cadre à l'intérieur duquel il est possible à chacun d'atteindre légitimement ses fins personnelles.

On retrouve ici une nouvelle limite du marché : il y a des besoins collectifs et qualitatifs qui ne peuvent être satisfaits par ses mécanismes ; il y a des nécessités humaines importantes qui échappent à sa logique ; il y a des biens qui, en raison de leur nature, ne peuvent ni ne doivent être vendus ou achetés. Certes, les mécanismes du marché présentent des avantages solides : entre autres, ils aident à mieux utiliser les ressources ; ils favorisent les échanges de produits ; et, surtout, ils placent au centre la volonté et les préférences de la personne, qui, dans un contrat, rencontrent celles d'une autre personne. Toutefois, ils comportent le risque d'une " idolâtrie " du marché qui ignore l'existence des biens qui, par leur nature, ne sont et ne peuvent être de simples marchandises.
" (Jean-Paul II, Centesimus Annus).

Re: Christianisme & Ecologie

par Serge BS » mar. 25 sept. 2007, 17:29

.../...

Il est donc utile de préciser la notion si mal comprise de domination, puisque Dieu a donné la terre aux hommes pour qu'ils la dominent. Rappelons que le verbe dominer vient du latin dominari [il s'agit ici de l'infinitif de dominor , qui signifie "être maître", "dominer", "commander", "régner", aussi bien au propre qu'au figuré (source : F. Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Hachette, Paris, 1934, rééd. 1967, page 555), qui découle lui-même du mot dominus, le maître... Le sens donné ici au verbe dominer n'est pas seulement chrétien, puisque, à titre d'exemple, il faut se souvenir que Cicéron a utilisé le verbe dominari dans son Tusculanae discutationes : Deus dominans in nobis, "Dieu qui règne en nous" ; le sens donné est celui de la manière dont Dieu règne sur l'homme. Comme Dieu nous domine, est notre maître, l'homme est le maître de la terre qu'il domine, mais pas dans le sens d'un écrasement, d'une supériorité matérielle, mais dans un sens d'Amour, dans celui d'une supériorité ontologique. Dominer doit s'interpréter ici dans le sens de l'exercice d'une influence prépondérante et non pas dans celui d'un esclavage ou d'un asservissement; il y a cependant une légère différence entre le lien de l'homme à Dieu et celui de la nature à l'homme puisque l'homme chrétien, conscient et libre, choisit volontairement sa soumission à Dieu dont il est le serviteur dans l'Amour, alors que la nature n'a pas conscience de son lien à l'homme. C'est pour cela que l'homme doit respecter la nature car il est doté de conscience au contraire de la nature qui, certes "fille de Dieu" par la Création, n'en a pas conscience. L'homme n'est donc que le dépositaire de l'oeuvre de Dieu qu'il doit respecter en tout, tout comme Dieu nous respecte et nous guide, car, comme l'avait rappelé le Pape Jean-Paul II :

"L'homme -homme et femme- est le seul être parmi les créatures du monde visible que Dieu Créateur "ait voulu pour lui-même" : c'est donc une personne. Être une personne signifie tendre à la réalisation de soi...; cela ne peut s'accomplir qu'"à travers un don désintéressé de soi". Le modèle d'une interprétation de la personne est Dieu même comme Trinité, comme communion de Personnes. Dire que l'homme est créé à l'image et à la ressemblance de ce Dieu, c'est dire aussi que l'homme est appelé à exister "pour" autrui, à devenir don. Cela concerne tout être humain, femmes et hommes qui le mettent en oeuvre selon les particularités propres à chacune et à chacun... " (Jean Paul II, Lettre apostolique "Mulieris dignitatem" , 15 août 1988, point 7)

L'un des fondements de la notion actuelle de développement durable, qui tient en le fait que notre descendance nous confie la terre, doit s'interpréter ici comme une notion chrétienne, surtout lorsque ce qui précède est lu au regard de l'éternité de Dieu, de l'espérance de la Résurrection et de la mission de humaine" croissance et multiplication" confiée par Dieu aux hommes. Il faut ici réfléchir sur la transcendance, lien de l'homme à Dieu, en la transposant à la relation de la nature à l'homme, tout en complétant l'analyse par celle de l'idée de descendance -lien du Père au Fils et celle du concept de procession. Disposer de la nature tout en la respectant est difficile, car imposant la responsabilité, mais Dieu, ayant façonné l'homme à son image, n'a pas voulu que la vie de l'homme soit forcément facile (Gn 3, 16-17, et l'homme se trouve -de par sa conscience et de par la parcelle de Dieu qui réside en lui- face à la nature dans la même situation que l'homme riche face au Royaume de Dieu, même s'il faut bien lire et comprendre les sens - et aussi les applications quotidiennes - de [Mt 19, 23-24], Dieu n'interdisant pas la richesse, ne faisant pas de discrimination entre riches et pauvres (Jc 2, 1-13), mais rappelant qu'elle peut, mal comprise, écarter, par les tentations et les facilités qu'elle induit, l'homme de sa voie qui est celle de la recherche du Salut (Jc 4, 13-17)... Tout ceci est en fait résumé par ces mots admirables du Pape Jean XXIII :

"Il (Dieu) a créé l'univers en y déployant la munificence de sa sagesse et de sa bonté. Comme dit le Psalmiste : " Seigneur, Seigneur, que ton nom est magnifique sur la terre (Ps 8, 1), que tes oeuvres sont nombreuses ! Tu les as accomplies avec sagesse (Ps 103, 24) ". Et il a créé l'homme intelligent et libre à son image et ressemblance (voir Gn 1, 26), l'établissant maître de l'univers : " Tu l'as fait de peu inférieur aux anges; de gloire et d'honneur tu l'as couronné; tu lui a donné pouvoir sur les œuvres de tes mains, tu as mis toutes choses sous ses pieds " (Ps 8, 5-6). " (Jean XXIII, Pacem in Terris, Centurion, Paris, 1963, n. 3, pp. 35-36)

Le chrétien, gérant de la Création que Dieu créateur lui a confiée, a donc pour devoir suprême de sauvegarder la faune, et tout ce qui lui sert de support, c'est-à-dire la flore et la terre elle-même, car il existe une solidarité totale entre toutes les œuvres de la Création, entre toutes les créatures, ayant toutes le même Créateur, toutes étant ordonnées dans la gloire de Dieu (CEC, n. 344). Toutes les créatures sont ainsi, en dépit de leurs diversités et inégalités, interdépendantes dans le dessein de Dieu, n'existant qu'en dépendance les unes des autres pour se compléter mutuellement au service les unes des autres (CEC, n. 340). Cette idée de solidarité, qui est une vertu éminemment chrétienne (CEC, n. 1948), est en fait celle du développement soutenable, se retrouvant tout au long du Cantique des créatures attribué à Saint François d'Assises (texte extrait de : Th. Desbonnets & D. Vorreux, Saint François d'Assise. Documents écrits et premières biographies, Éd. Franciscaines, Paris, 2ème éd. 1981, pp. 168-170], texte écrit vers 1225-1226, voici plus de sept siècles [ce texte a été écrit vers 1225-1226; il est à lire en relation avec [Ps 148, 1-5]) :

"Très haut, tout puissant et bon Seigneur, à toi louange, gloire, honneur, et toute bénédiction;
à toi seul ils conviennent, ô Très-Haut, et nul homme n'est digne de te nommer.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
il est beau, rayonnant d'une grande splendeur, et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l'air et pour les nuages, pour l'azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu, par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux, indomptable et fort.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les herbes.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi; qui supportent épreuves et maladies :
heureux, s'ils conservent la paix, car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel;
heureux ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté, car la seconde mort ne pourra leur nuire.
Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le en toute humilité !
"

Le lien entre la nécessaire préservation de la terre et les excès de l'humaine : excès" action humaine n'est donc pas né des seules revendications "vertes" du début des années soixante-dix -même si leur influence a été fondamentale dans notre temps car ayant poussé les hommes à se réveiller, à rouvrir les yeux-, les Saints les ayant devancé, l'Église elle-même les ayant devancé avec la Constitution pastorale Gaudium et Spes du 7 décembre 1965 sur l'Église dans le monde de ce temps, Dieu lui-même les ayant devancé "au soir" du déluge, et le passage précédemment cité de la Genèse [Gn 9, 9-10] est en lui-même la définition la plus simple mais aussi la plus complète du principe de développement soutenable qui est par essence même l'un des premiers principes chrétiens, car lié à l'Alliance avec Dieu ; comme l'Amour est le devoir du chrétien, l'Alliance est la nature du croyant, nature qu'il ne peut contrarier au risque de briser le fragile équilibre du monde, mais aussi de déplaire à Dieu, car l'opération de la nature présuppose toujours des principes créés, et c'est ainsi que les produits de la nature sont appelés des créatures (Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, I, Q. 45, art. 8, sol. 4) ; le chrétien doit au contraire se réjouir de la Création, la respecter, car Dieu aime toutes ses créatures (Ps 145, 9) et prend soin de chacune. Ceci est d'ailleurs rappelé en permanence au chrétien, hier, aujourd'hui et demain :

"Bénis le Seigneur, mon âme. Seigneur, mon Dieu, tu es si grand... À jamais soit la gloire de Dieu, que Dieu se réjouisse en ses œuvres... " (Ps 104, 1.31)
"Que la terre bénisse le Seigneur : qu'elle le chante et l'exalte éternellement ! " (Dn 3, 74)
"...Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures... Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit.... " (Saint François d'Assise, Cantique des créatures, 3.9)
"Mon Dieu, combien je dois aimer toutes les créatures, animées et inanimées, puisque toutes sont sorties de vos mains... L’œuvre de votre volonté... de quel amour, de quel respect il faut l'entourer ! de quels yeux émus il faut la regarder ! de quelles mains respectueuses, tremblantes, il faut la toucher !... " (Frère Charles de Jésus, Oeuvres spirituelles, Le Seuil, Paris, nvlle. éd. 1992, p. 55)

Dieu a donc confié la terre aux hommes non pas pour qu'ils la détruisent mais pour qu'ils l'embellissent [v. Jn 15, 8]... Le devoir du chrétien est donc certes d'utiliser la terre et ses richesses, mais aussi de la préserver, de l'embellir, de la faire fructifier, afin de parachever l'œuvre divine de la Création, l'homme n'ayant en rien le droit de détruire l’œuvre de Dieu, tous ceux qui s'y sont essayé, les derniers fils des antéchrists (sur la définition des antéchrists, lire : 1 Jn 2, 18-23) Hitler et Staline, ayant lamentablement échoué. Vatican II a d'ailleurs bien précisé que c'est le propre de la personne humaine de n'accéder vraiment et pleinement à l'humanité que par la culture, c'est-à-dire en cultivant les biens et les valeurs de la nature. Toutes les fois qu'il est question de vie humaine, nature et culture sont aussi étroitement liées que possible (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n. 53, § 1, Centurion, Paris, 1967, page 284). Culture, nature, vie humaine sont donc intimement liés. Et pourtant....

"Le cosmos a été créé et confié par Dieu à l'être humain, qui occupe une place centrale dans le monde, afin qu'il le gouverne avec sagesse et responsabilité, en respectant l'ordre que Dieu a établi dans sa création. " (A. Sodano Cardinal, Écologie et développement dans la vision chrétienne, Intervention à la Conférence de Rio-de-Janeiro, in : La documentation Catholique, 2 & 16 août 1992, n° 2055, pp. 728-729).

Être chrétien, c'est donc avoir conscience que Dieu, dans son infini Amour, a effacé ce péché originel, tout en nous laissant libres par nos actes et par nos actions de retomber dans le péché si nous ne suivons pas ses préceptes... N'est-il pas affirmé par ce que l’on appelle la sagesse populaire que le Diable est son maître - le diable étant ici une image philosophique du mal, ne devant donc pas être ici confondu avec l'Ange déchu -, cette affirmation devant s'interpréter non pas ex abrupto mais à la lumière de la citation suivante de Saint Thomas d'Aquin :

" Aucun être n’est dit mauvais par participation ; il est dit mauvais au contraire par manque de participation. Il n’y a donc pas lieu de ramener le mal à quelque chose qui serait le mal par essence " (Thomas d’Aquin, Somme théologique, I, Q. 49, art. 3, sol. 4) ,

citation qui met bien en lumière le péché par omission du Confiteor ? Par delà, la seule citation qui précède doit conduire à s'interroger au regard de la dégradation de l'environnement et de la problématique du développement, ces deux fléaux modernes étant en effet souvent plus le fait d'une démission, d'une non participation -quelle qu'en soit la nature- que d'un engagement au service de l'humanité ; cela permet de comprendre la grande variété - pour ne s'en tenir qu'à cet exemple - des attitudes des grandes entreprises chimiques, certaines négligeant l'environnement et le développement - comme ce fut le cas de l'Union Carbide à Bhopal en 1984 - alors que d'autres ont une véritable politique de l'environnement et du développement humain....

Pour pré-conclure, et sans autres commentaires, on déplorera l'effacement contemporain du mot nature devant les mots écologie et environnement ; je ne parle même pas de la quasi-disparition du mot si beau de Création… Cette action d'effacement entamée depuis plusieurs années n'est peut-être pas innocente. On ne parle plus de la nature, mais de concepts soit trop généraux, soit détournés de leur sens premier, comme s'il était honteux de parler de la nature, oeuvre de Dieu. Il s'agit là d'une question de fond s'inscrivant dans la nouvelle crise de conscience en soi encore plus que de modernité que connaissent les sociétés occidentales, l'homme s'interrogeant aujourd'hui sur ses limites, sur son identité, sur sa dépendance à l'autre et au monde. L'abandon de la vision de la nature à conduit l'homme au développement d'une idée de surnature, cette dernière n'étant plus le lieu de l'épanouissement de l'homme mais plus simplement son réservoir de ressources, ce qui est détournement de la nature de la nature

" ..Nous devons nous rappeler que nous ne sommes que des administrateurs du patrimoine commun de la planète. La dignité de l'homme, qui est l'unique créature de ce monde en mesure de se préoccuper des diverses espèces, du milieu qui l'entoure, et de ses frères, doit le porter non seulement à protéger l'équilibre global de la terre mais à transcender toute organisation de la société dans le sens de la vérité et du bien (Jean-Paul II, Centesimus annus, 1er mai 1991, n. 38). Dieu veuille que la Conférence de Rio puisse donner à nos contemporains de nouvelles raisons d'espérer, de croire et d'aimer " (Cardinal Sodano, op. cit., point 7)

.../...

Re: Christianisme & Ecologie

par Serge BS » mar. 25 sept. 2007, 17:27

Face aux critiques faites au Christianisme, et plus particulièrement au Catholicisme, en matière d’environnement, qu'en est-il vraiment ? Et si le message divin des Écritures et de la Révélation avait été trahi ? Et s'il avait été détourné de son sens pour justifier, parfois même au nom de Dieu -suprême ironie-, les atteintes à l'environnement et à l'homme ? Il est donc utile de rappeler ce qu’est véritablement ce message, de préciser sa portée environnementale et de relire les grands principes régissant les politiques de l'environnement à la lumière de la nomos (de la Loi) et de la Révélation chrétienne. N’oublions pas que dans le cadre de la Révélation, Dieu a quelque chose à dire aux hommes. Pour ce faire, il s'est révélé à eux en s'incarnant en Jésus-Christ. Dieu se montrant aux hommes -et s'adressant directement à eux-, la Révélation est donc, dans sa manifestation humaine, vérité vivante et absolue, car divine non pas en essence, mais en principe même ! N’oublions pas que la Révélation est pour le chrétien une vérité absolue, mais vivante. Dieu avait, a quelque chose à dire aux hommes, et il s'est révélé à eux en s'incarnant en son Fils Jésus-Christ ! Or trop, y compris parmi les chrétiens, l’oublient !

Il est nécessaire au chrétien de penser l'environnement à l'aune de l'Alliance -tant ancienne(s) que Nouvelle- et des quatre grands fondements du Christianisme que sont l'Amour, la Foi, l'Espérance et la Charité.

Souvenons-nous aussi, avant d’aller plus loin, que l’environnement est ambivalent, à la fois problème et sensation, et, s'il ne peut être conçu que comme la couleur que la société cherche un jour à donner aux activités humaines (D. Dron, Environnement et choix politiques, Flammarion,Paris, coll. Dominos, 1995, page 6), ou que comme un fait de nature, il est indéniable que ces deux caractères sont autant d'éléments fondamentaux de sa définition. Dans un cas, l’environnement est perçu comme un constat subit, dans l’autre comme une finalité… Il n’est cepdnant ni qu’une sensation, ni qu’une mystique, ni que de la matière ! L'environnement est fondamental, mais il est aussi ambiguë; il est donc nécessaire de le définir. Comme le rappelle le Doyen Prieur, l'environnement est composé de l'ensemble des conditions de vie de l'homme tels qu'ils sont ou tels qu'ils sont ressentis" (M. Prieur, Droit de l'environnement, Dalloz, Paris, 2ème éd., 1991, page 3). L'environnement est donc centré sur l'homme, d’où la démonstration du lien à la démographie sur lequel certains s’interrogeaient, mais il est aussi variable selon sociétés, les cultures, les morales et les époques. La notion d'environnement est donc une fonction ambivalente puisque à la fois objective -un milieu, un cadre de vie, ...- et subjective - des sentiments, des perceptions des conditions de vie...-. La fonction environnement peut donc être quantifiée par la formule E = f(dV, B, M), soit la combinaison de la perception des données de la vie du groupe biologique humain (dV), de l'espace bâti (B) et du milieu ambiant (M); elle est donc différente de la fonction nature qui peut être résumée par la fonction N = f(dV, dG, M), la vie des autres groupes biologiques (dG) se substituant à l'espace bâti (B).

L'environnement est donc une fonction principalement humaine car intégrant des éléments de subjectivitéliés à la conscience du groupe biologique dominant et de son organisation interne, et ce à la différence de l'écologie qui exclue a priori l’homme en tant qu'élément fondamental de l'espace puisque correspondant à l'étude des êtres vivants quels qu'ils soient en fonction du milieu naturel où ils vivent et des rapports qui s'établissent entre ces organismes et le milieu. Les notions d’environnement et d'écologie sont ainsi des notions proches mais néanmoins basées sur des postulats différents, en particulier en ce qui concerne la place de l'homme dans le cadre de l'interrelation des êtres vivants et de leurs rapports aux milieux : l'écologie est une science, l'environnement la combinaison de faits et de sensations.

Pour en revenir au Christianisme, la logique de développement soutenable, ce lien entre environnement et développement est par nature même principe chrétien comme l'avait d'ailleurs rappelé le Pape Jean-Paul II, en particulier dans sa lettre encyclique Centesimus Annus. Il est en effet faux d'affirmer comme trop de personnes à la suite de la critique de Lynn White jr que la sauvegarde de l'environnement passe par un rejet de la version occidentale du Christianisme et que le christianisme, en contraste absolu vis-à-vis des anciens paradigmes et des religions asiatiques, non seulement a instauré un dualisme entre la nature et l'homme, tout en insistant sur le fait que ce serait la volonté de Dieu que l’homme exploite la nature à ses propres fins… (L. White, "The historical roots of our ecological crisis, in : Science, n° 3767, 10 mars 1967, pp. 1203-1207, publication de la communication faite le 26 décembre 1966 à l'American Association for the Advancement of Science) ; non seulement de telles assertions, trop souvent reprises, sont mensongères, mais elles traduisent de plus une réelle incompréhension et une méconnaissance certaine du message du Christ.

Le Christianisme n'a en effet jamais élevé en dogme la supériorité absolue de l'homme sur la nature, ce qui est contraire aux idées même d'Alliance et d'Amour du prochain, et ce même si l'homme a été créé à l'image de Dieu et même s'il a reçu pour mission de soumettre la Terre. D'ailleurs, Lynn White lui-même était obligé de faire référence à Saint François d'Assise, et d'admettre -même si ses commentaires sont faux- que l'idée développée par ce Saint fondamental du catholicisme est porteuse d'avenir par la vision proposée de la relation entre l'homme et la nature. C'est ce que rappelait le Père Bernard Przewozny, directeur du Centre franciscain d'étude de l'environnement de Rome, lorsqu'il écrivait en 1990 :

"Comme de nombreux auteurs l'ont démontré, la recherche d'un modèle alternatif du rapport de l'homme à son environnement est inspirée par une démarche peu honnête. Dans le cas de White, Toynbee, et d'autres, ce modèle est basé sur l'animisme primitif. Cette démarche est peu honnête car elle attribue la responsabilité du désastre écologique non seulement à la judéo-chrétienne, mais au monothéisme " (B. J. Przewozny, La dimensione culturale ed etica della crisi ambientale, in : Volto della Terra, volto di Dio, Quaderni di Città di Vita, Firenze, 1990, page 29).

Jean-Paul II lui-même n'avait-il pas écrit :

"L'homme saisi par désir d'avoir et de jouir plus que par celui d'être et de croîtreconsomme d'une manière excessive et désordonnée les ressources de la terre et de sa vie même. À l'origine de la destruction insensée du milieu naturel, il y a une erreur anthropologique… L'homme, qui découvre sa capacité de transformer et en un sens de créer le monde par son travail, oublie que cela s'accomplit toujours à partir du premier don originel des choses fait par Dieu. Il croit pouvoir disposer arbitrairement de la terre... Au lieu de son rôle de collaborateur de Dieu dans l'œuvre de la création, l'homme se substitue à Dieu et, ainsi, finit par provoquer la révolte de la nature, plus tyrannisée que gouvernée par lui.... En dehors de la destruction irrationnelle du milieu naturel, il faut rappeler ici la destruction encore plus grave du milieu humain... Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme qui doit en faire usage dans le respect de l'intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté " (Centesimus Annus, Cerf, Paris, 1991, pp. 76-78) ?

Ce n'est donc pas la soumission des hommes à Dieu qui est la cause de la dégradation de l'environnement, mais justement l'oubli par ces mêmes hommes de Dieu, donc l'oubli par les hommes modernes du sens de transcendance de Dieu par rapport à l'homme, mais aussi de l'homme par rapport au reste de la Création divine (cf. Luyckx (M.), Les religions face à la science et la technologie. Églises et éthiques après Prométhée, Commission des Communautés européennes, Bruxelles, novembre 1991). C'est l'idée que voulait faire passer Jean-Paul II dans son Message pour la Paix du 1er janvier 1990 lorsqu'il parlait de la nécessité d'un univers en harmonie, d'un vrai cosmos pourvu d'une intégrité propre et d'un équilibre interne dynamique (La Documentation Catholique, n° 1997, 7 janvier 1990, page 10). Ces mots de Jean-Paul II sont en fait la clé de lecture de tout ce document, ils en sont le thème central, car imposant une réflexion vraie sur la liberté, sur l'éthique et surtout sur le rôle de l'homme dans la Création.

La doctrine théologique de la transcendance se trouve en fait au centre de toute la conception chrétienne de l'environnement, puisqu'au cœur de la question de la Création; en effet, Dieu n'est pas dans le monde comme un principe vital animant tous les êtres vivants, mais comme créateur et maître de l'univers. De plus, la transcendance, relation personnelle avec Dieu, traduit le mouvement par lequel la conscience vise l'objet qui, tout en étant en corrélation avec ses actes, lui est radicalement extérieur, ce qu'est Dieu, d'où les principes de grâce et de révélation.

D'autres que Lynn White jr ont attaqué le christianisme et l'ont accusé de tous les maux. Ainsi, le cardinal Ratzinger, bref Benoît XVI, avait-il déploré que le Club de Rome ait développé une critique du christianisme qui serait la racine de cette civilisation du pillage (J. Ratzinger, Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, Fayard, Paris, 1986, page 43), alors que Drewermann a repris ces accusations en affirmant : " Pour le dire en termes très tranchants : la religion désertique de l'Ancien Testament, élevée par christianisme au rang de message d'une Église universelle, pourrait en effet désertifier le monde entier " (Le progrès meurtrier, Stock, Paris, 1993, page 136)... Mais là encore, ils relèvent plus une ignorance totale ou malveillante du message chrétien que d'une lecture critique, raisonnée et sensée du même message.

Maintenant, pour ce qui est plus strictement de la sauvegarde de la nature, de ce que je préfère appeler, tant cela impose de responsabilités, de la sauvegarde de la Création, souvenons-nous que, dès l'origine des temps, Dieu a donné la terre à l'homme, pour qu'il la soumette , mais non pour qu'il la détruise....

"Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ; .... " (Gn 1, 28)

Ce qui précède doit se lire dans l'esprit même de la Création puisque Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa (Gn 1, 27 ; 5, 2. Par ces mots, Dieu a posé le statut de l'homme; par ces mots, Dieu a posé l'équilibre entre ce statut de l'homme et celui de la Création : l'homme est à l'image de Dieu et le rapport de l'homme à Dieu est unique, propre à l'homme, couronnement de la Création. Par delà même sa Création (Gn 1, 27), Dieu a donc placé l'homme au sommet de cette même Création (Gn 1, 28). L'homme a ainsi pour mission de poursuivre la Création, mais pas n'importe comment : avec conscience et responsabilité.... Tout acte de l'homme, toute action humaine doit donc se lire à l'aune de ces mots, à l'aune de ce statut splendide et difficile. Soumission, servitude ne doivent cependant pas s'interpréter dans le sens péjoratif d'esclavage, de domination, mais plutôt dans celui de continuation de l’œuvre de Dieu, donc de préservation des espèces – d’où la biodiversité qui n’est pas un "zoo des espèces disparues" mais une fin de l’homme -, de progrès dans les conditions de vie, mais aussi de sauvegarde de labeauté du monde, bref de la Création; continuateur et gardien de la Création, l'homme ne doit donc pas détruire, la destruction étant antinomique à la Création Dieu a soumis les êtres animés à l'homme, pour qu'il les domine, non pas pour qu'il les détruise, l'Alliance noachite liant plus tard Dieu et aux hommes et aux êtres animés qui peuplent la Terre :

"Voici que j'ai établi mon alliance avec vous et avec vos descendants après vous, et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, bestiaux, toutes bêtes sauvages avec vous, bref tout ce qui est sorti de l'arche, tous les animaux de la terre (Gn 9, 9-10) .... Voici le signe de l'alliance que j'institue entre moi et vous et tous êtres vivants qui sont avec vous pour les générations à venir (Gn 9, 12)..."

La préservation de la faune et des espèces est donc plus qu'un acte moral, c'est aussi un devoir spirituel du croyant car rompre les équilibres de la Création est rupture de l'Alliance avec Dieu. L'homme n'est donc que le dépositaire de l’œuvre de Dieu qu'il doit respecter en tout, tout comme Dieu nous respecte et nous guide. Même après le péché originel, cette Alliance est maintenue, et elle nous engage toujours au présent.

.../...

Haut