par MB » dim. 29 nov. 2009, 21:32
Avé
Je ne connais pas assez les conditions des pèlerinages avant la croisade, l'histoire religieuse, etc. mais en attendant, quelques observations un peu géopolitiques.
Au début du 11ème siècle, voilà les grandes puissances en jeu :
- le califat chiite fatimide d'Egypte, qui règne également sur la Syrie, la Terre sainte, et une partie de la côte africaine.
- l'Empire byzantin, qui est à ce moment au sommet de sa puissance. Il a reconquis l'Italie méridionale, la Sicile, tout ce qui est au Sud du Danube, Antioche, la Crète, Chypre, et une expédition a même poussé, à la fin du siècle précédent, jusqu'à quelques dizaines de km de Jérusalem.
- le califat de Bagdad joue un rôle très effacé : il est dominé par les Bouyides qui sont plutôt centrés sur le monde persan.
L'essentiel des grandes relations du moment se fait donc entre Byzantins et Fatimides. Il se trouve que les empereurs et les califes se connaissent bien ; cela fait déjà plusieurs siècles qu'ils sont en relation, et ce sont des adversaires qui s'estiment et se respectent, tout en maintenant des relations le plus souvent cordiales.
La situation religieuse est la suivante : en général, les califes fatimides sont relativement tolérants vis-à-vis des autres religions. Naturellement, cette "tolérance" est à entendre dans un sens assez restrictif, comme c'est la norme à l'époque un peu partout ; cependant, les non-musulman jouent un rôle assez important dans les affaires publiques. Les évolutions dépendent en fait des califes : Al-Hâkim (996-1021), que les sources sunnites (donc hostiles) décrivent comme "fou", est d'esprit assez fermé et fait même détruire le Saint-Sépulcre. Cependant, quelques années plus tard, l'église est reconstruite aux termes d'un accord passé entre l'empereur byzantin Constantin Monomaque et son interlocuteur musulman.
La grande perturbation a lieu à partir du milieu du siècle avec l'irruption des Turcs. Petit rappel à tout hasard : les Turcs ne sont pas originaires de l'actuelle Turquie (qui à l'époque est l'une des deux moitiés de l'empire byzantin), mais d'Asie centrale. Ils se sont emparés du monde persan à partir des années 1040, et ont remplacé les Bouyides en prenant la tutelle du calife de Bagdad. Ils fondent alors un empire qu'on appelle "seldjoukide". Celui-ci est vite en contact avec les Fatimides d'une part, qui sont refoulés de Syrie et de Terre sainte vers l'Egypte, et les Byzantins d'autre part, qui sont battus en 1071 à l'Est de l'Anatolie (bataille de Mantzikert). Le long déclin des Byzantins commence à ce moment-là : ils perdent peu à peu le contrôle d'une grande partie de l'Anatolie et de l'Asie mineure. Autrement dit, à partir de ce moment, la puissance chrétienne de la région commence à être refoulée, et n'est plus capable de dicter ses conditions à la région.
A noter encore qu'au moment où les Croisés arrivent devant Jérusalem, la ville vient d'être reprise par les Fatimides aux Seldjoukides.
Voilà ! Le reste, par contre, je le connais moins...
Amicalement
MB
Avé
Je ne connais pas assez les conditions des pèlerinages avant la croisade, l'histoire religieuse, etc. mais en attendant, quelques observations un peu géopolitiques.
Au début du 11ème siècle, voilà les grandes puissances en jeu :
- le califat chiite fatimide d'Egypte, qui règne également sur la Syrie, la Terre sainte, et une partie de la côte africaine.
- l'Empire byzantin, qui est à ce moment au sommet de sa puissance. Il a reconquis l'Italie méridionale, la Sicile, tout ce qui est au Sud du Danube, Antioche, la Crète, Chypre, et une expédition a même poussé, à la fin du siècle précédent, jusqu'à quelques dizaines de km de Jérusalem.
- le califat de Bagdad joue un rôle très effacé : il est dominé par les Bouyides qui sont plutôt centrés sur le monde persan.
L'essentiel des grandes relations du moment se fait donc entre Byzantins et Fatimides. Il se trouve que les empereurs et les califes se connaissent bien ; cela fait déjà plusieurs siècles qu'ils sont en relation, et ce sont des adversaires qui s'estiment et se respectent, tout en maintenant des relations le plus souvent cordiales.
La situation religieuse est la suivante : en général, les califes fatimides sont relativement tolérants vis-à-vis des autres religions. Naturellement, cette "tolérance" est à entendre dans un sens assez restrictif, comme c'est la norme à l'époque un peu partout ; cependant, les non-musulman jouent un rôle assez important dans les affaires publiques. Les évolutions dépendent en fait des califes : Al-Hâkim (996-1021), que les sources sunnites (donc hostiles) décrivent comme "fou", est d'esprit assez fermé et fait même détruire le Saint-Sépulcre. Cependant, quelques années plus tard, l'église est reconstruite aux termes d'un accord passé entre l'empereur byzantin Constantin Monomaque et son interlocuteur musulman.
La grande perturbation a lieu à partir du milieu du siècle avec l'irruption des Turcs. Petit rappel à tout hasard : les Turcs ne sont pas originaires de l'actuelle Turquie (qui à l'époque est l'une des deux moitiés de l'empire byzantin), mais d'Asie centrale. Ils se sont emparés du monde persan à partir des années 1040, et ont remplacé les Bouyides en prenant la tutelle du calife de Bagdad. Ils fondent alors un empire qu'on appelle "seldjoukide". Celui-ci est vite en contact avec les Fatimides d'une part, qui sont refoulés de Syrie et de Terre sainte vers l'Egypte, et les Byzantins d'autre part, qui sont battus en 1071 à l'Est de l'Anatolie (bataille de Mantzikert). Le long déclin des Byzantins commence à ce moment-là : ils perdent peu à peu le contrôle d'une grande partie de l'Anatolie et de l'Asie mineure. Autrement dit, à partir de ce moment, la puissance chrétienne de la région commence à être refoulée, et n'est plus capable de dicter ses conditions à la région.
A noter encore qu'au moment où les Croisés arrivent devant Jérusalem, la ville vient d'être reprise par les Fatimides aux Seldjoukides.
Voilà ! Le reste, par contre, je le connais moins...
Amicalement
MB