L'appel de Matthieu

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Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste

par etienne lorant » sam. 21 sept. 2013, 9:31

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,1-7.11-13.
Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu :
ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour; ayez à cœur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix.
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous.
Chacun d'entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l'a partagée. Et les dons qu'il a faits aux hommes, ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent.
De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies, et que se construise le corps du Christ.
Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l'unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »



Cy Aelf, Paris

Saint Matthieu fait partie d'un de ces dons que Dieu a fait à son peuple. En venant dans le monde, Jésus n'est pas venu désigner des responsables comme cela se pratique à la manière humaine. Ou bien, le candidat qui se présente à une élection populaire va-t-il commencer sa campagne en déclarant au public toutes ses faiblesses, ses erreurs, ses mauvais penchants et ses fautes, tout en demandant que l'on vote pour lui ? Bien sûr que non. Mais ses adversaires, qui ne sont pas meilleurs que lui, vont chercher dans son passé des traces de ses manquements. C'est ainsi que cela se passe sur la terre, en sorte que celui qui est choisi à la fin, à qui l'on donne le pouvoir, n'est que le reflet des personnes - tout aussi pécheresses - qui l'ont élu.

Avec le Seigneur, cela ne se passe pas ainsi, car Lui sait combien tous nous sommes mauvais et défaillants. Il a donc choisi Matthieu, le collecteur d'impôt, l'homme qui s'enrichit en récoltant de l'argent pour l'occupant romain. Car Matthieu n'est ni plus ni moins coupable devant Dieu que tous les autres. Mais voilà: il se convertit à l'appel de Jésus. Et celui et celle qui se convertissent ne sont plus les mêmes personnes qu'elles furent. Leur vie est nouvelle. Elle n'est plus orientée vers la terre, mais vers le ciel et vers le Père. N'en doutons pas: les converti(e)s qui sont parmi nous changent la vie de leurs proches du simple fait qu'ils sont toujours en train de chercher eux-mêmes à devenir meilleurs.

Saint Paul lui-même, qui explique dans sa lettre comment est organisé le "peuple saint", est devenu apôtre après avoir été persécuteur. Son zèle à lui provient de ce qu'il souffre toujours - il en parle de temps à autre - du fait de ce qu'il fut l'ennemi juré des premiers chrétiens, qu'il voulait réduire quitte à les anéantir. Ainsi, il y a parmi les hommes et les femmes, ceux et celles qui sont nés pour la mort - ou bien qui marchent vers la Vie.

La vocation de Matthieu

par etienne lorant » ven. 21 sept. 2012, 9:47

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Je me suis demandé quel point commun pouvait bien relier l'Evangile d'hier, celui de la conversion de la "femme de la ville, la pécheresse" avec le texte de ce matin, l'appel de Matthieu. Ce dernier ne se confie pas, c'est le moins qu'on puisse dire. Il parle de lui-même comme de quelqu'un d'autre. Mais, au fond, ainsi sont tous les convertis: ils gardent la même apparence, mais ils sont autres. Me mettre à sa place n'a pas été difficile : cet homme était complètement coincé entre les Romains, ses maîtres qui le méprisaient sans doute autant que les Juifs et pour la même raison : c'était un collecteur d'impôts mais d'abord un "collabo".

Du point de vue matériel, il avait réussi, mais du point de vue de l'homme intérieur, Matthieu devait se sentir complètement coincé dans son rôle et dans sa "malédiction publique". Car du temps de Jésus, la société juive classait les individus assez radicalement. Marie-Madeleine était une "pécheresse publique" - et Matthieu, donc ! Un voleur à la solde de l'occupant - détesté part tous, mais craint comme la peste ! Comme tout le monde, il avait entendu parler de Jésus et de sa double réputation de "prophète débonnaire" et je suis certain qu'il avait désiré le rencontrer.

Puis, je me suis mis à rêver que la même chose se passe dans toutes les vies de tous les pécheurs: Jésus vient pour tous et il apporte avec lui la délivrance. Et beaucoup de convertis le diront ainsi: "J'avais demandé un verre d'eau, et c'est une fontaine qui a jailli en moi !"

La réplique de Jésus aux pharisiens, quant à elle, est tout à fait celle d'un bon juif - il les renvoie aux Écritures qui disent : "C'est la miséricorde que je veux, non pas les sacrifices". Cela vaut aussi pour nous, selon la manière dont nous pratiquons notre foi. Si nous en restons à la stricte pratique des sacrements, nous n'avons encore rien fait. Si nous nous limitons aux sacrements, nous sommes comme des soldats bien entraînés, dont l'uniforme est impeccable, et qui sont fiers de leur enseigne: le problème, c'est qu'ils n'ont jamais été "au feu"... pourtant, l'époque que nous vivons fera le tri entre nous, j'en suis de plus en plus convaincu.

.

Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu

par etienne lorant » mer. 22 sept. 2010, 11:12

Eh bien, j'étais loin de me douter ! Outre vos encouragements, j'ai reçu le sacrement de réconciliation ce matin.

Il faut que je vous raconte: dans la journée d'hier, j'avais croisé Fabien qui n'en a plus que pour deux mois à vivre (il est dans sa trentaine): on ne l'a pas gardé à l'hôpital, car les métastases de son cancer ont gagné le reste de l'organisme. Il a de forts anti-douleurs. Comme il était à une table, avec les autres éméchés habituels, je me suis assis pour lui parler et j'ai dû accepter une, puis deux, puis la troisième tournée. Rentré chez moi, j'ai bu un verre d'eau tiède avec du sel, et j'ai mis les deux doigts dans la bouche: résultat immédiat... dans la cuvette des toilettes. Mais ce genre de pratique... je ne suis pas certain qu'elles soient licites, mêmes si
l'intention est bonne. Mon confesseur me l'a d'ailleurs fortement déconseillée.

En tout cas, à l'absolution, comme d'habitude, je me suis senti envahi d'Amour comme au jour de ma conversion et la Joie fut de nouveau si forte que je n'ai plus pu parler durant dix minutes.

Jésus est bon.

Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu

par Antoine Marie » mer. 22 sept. 2010, 10:44

Bonjour Etienne,

Je prie pour vous, pour que le Seigneur vous donne la Paix et la Joie.
Fraternellement

Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu

par christiane » mer. 22 sept. 2010, 6:41

Etienne, tu peux compter sur ma prière fervente.

Bon courage !
Christiane

Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu

par MAELYS » mar. 21 sept. 2010, 20:36

en union de priére Etienne :oui:

Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu

par etienne lorant » mar. 21 sept. 2010, 17:50

christiane a écrit :Merci, Etienne, pour ce bel enseignement. Je suis très indulgente pour les petits travers des autres, c'est pour cela qu'ils me pardonnent très facilement.

Excellente soirée pour toi.

Christiane
Prie pour moi, chère Chrisitiane, car c'est ma deuxième année d'isolement dans l'ancienne maison de famille, et j'ai souvent le sentiment que je peux mourrir d'isolement et de désolation. Je comprens difficilement que mes soeurs me fassent confiance pour la gestion tout en m'ignorant complètement depuis... plus de dix mois, je crois. Je suis... qui ? Le dernier des Foucart, ou le dernier des Mohicans ?

Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu

par christiane » mar. 21 sept. 2010, 17:26

Merci, Etienne, pour ce bel enseignement. Je suis très indulgente pour les petits travers des autres, c'est pour cela qu'ils me pardonnent très facilement.

Excellente soirée pour toi.

Christiane

21 septembre : Vocation de Matthieu

par etienne lorant » mar. 21 sept. 2010, 10:47

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

C'est surtout le dernier paragraphe qui m'a frappé aux oreilles ce matin : Jésus cite le prophète Osée: Os 6:6- "C'est la miséricorde qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes". Mais cette citation m'a renvoyé également à Isaïe: "Que m'importent vos innombrables sacrifices, dit Yahvé. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; je ne me réjouis pas du sang des taureaux, des agneaux et des boucs". Le Psaume (50) est encore plus explicite:
"Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé."
Et donc, conclut Jésus: "Je ne veux pas de ceux qui se croient justifiés par leurs pratiques, mais les pécheurs qui se repentent.

Cette conversion de Matthieu est remplie de l'enseignement de la miséricorde divine. Cela ne m'étonne guère que je sois tombé sur cette homélie du père Cantalamessa, Prédicateur de la Maison Pontificale,
qui en parle si bien et dont je cite un extrait:

"Jésus justifie son attitude envers les pécheurs en disant qu'ainsi agit le Père céleste, a rappelé le père Cantalamessa. A ses opposants, il leur rappelle la Parole de Dieu dans les prophètes: "Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices" (Mt 9, 13)"; la miséricorde est en effet le trait le plus saillant du Dieu de l’alliance et est présente dans toute la Bible".

"Être miséricordieux apparaît ainsi comme un aspect essentiel du fait d'être "à l'image et la ressemblance de Dieu", a-t-il signalé.

« Mais le plus surprenant, a souligné le prédicateur, est que Dieu éprouve de la joie à être miséricordieux ». Il cite l’exemple de la parabole du fils prodigue et celle de la brebis perdue.

Etant donné que nous avons reçu la miséricorde de Dieu gratuitement, nous devons donc nous aussi à notre tour faire preuve de miséricorde, sinon, « elle nous sera enlevée », a affirmé le père Cantalamessa, citant le récit évangélique du serviteur auquel Dieu a remis une dette immense (dix mille talents !) mais qui refuse à son tour de remettre sa dette à son propre serviteur « qui lui devait la modique somme de cent deniers ».

« Si la miséricorde divine est l’origine de tout et si c’est elle qui exige et rend possible la miséricorde des uns envers les autres, le plus important pour nous est de faire une expérience renouvelée de la miséricorde de Dieu » a exhorté le père Cantalamessa en soulignant qu’il s’agit de « l’expérience pascale par excellence ».

« Dans la vie de l’Eglise comme dans celle de Jésus doivent resplendir à la fois la miséricorde des mains et celle du cœur – aussi bien les œuvres de miséricorde que les ‘entrailles de miséricorde’ », en réagissant « par le pardon », qui est une dimension fondamentale dans les relations humaines.

Image

Samedi - Vocation de Matthieu

par etienne lorant » ven. 15 janv. 2010, 19:34

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,13-17.

Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde.
Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Que s'est-il passé dans le coeur de "Lévi, fils d'Alphée" ? Quelle est cette parole, convaincante au-delà de tout, qui pousse aussitôt Lévi à devenir Matthieu, à quitter le poste profitable auquel il a accédé par relations avec l'occupant romain ... et cela pour suivre, on ne sait où l'homme de Nazareth ? Il a suffi de deux mots et d'un regard. C'est un moment exceptionnel dans une vie. C'est la même chose que de tomber amoureux, sauf qu'il s'agit d'un réveil en Dieu, d'un relèvement d'Amour ! Un banquet improvisé est organisé et tous les amis du collecteur d'impôts font la fête à celui qui vient, ainsi, en quelques instants à peine, de changer de mode de vie, mais aussi d'être. Jésus se tient au milieu d'eux, ce qui choque les scribes car, à leurs yeux, en frayant avec cette populace, Jésus montre qu'il n'est pas des leurs.

Ici,des échos d'autres paroles de Jésus me reviennent en tête. La justification du père au fils aîné, dans la parabole de l'enfant prodigue: "Il fallait bien se réjouir et festoyer, car ton frère était perdu et il est retrouvé, il était mort et il revenu à la vie !" Et encore Symeon à Marie: "Ton enfant sera l'occasion de chute et de relèvement pour beaucoup en Israël" - et combien d'autres par lesquelles Jésus cherche à faire comprendre que le temps est déjà accompli, que le Royaume est là "au milieu de vous".

Et moi qui écris, c'est vrai que j'y suis ? S'il m'arrive d'en douter, c'est à cause de la peine que je dois supporter. Cependant, je connais que mon salut est venu, que j'étais un malade que le médecin est venu trouver. J'ai été guéri du monde, mais le Seigneur n'a pas permis que je quitte le monde avant d'avoir servi. "Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs"... s'il fallait tenir un compte exact des grâces que les hommes peuvent obtenir de Jésus, je dirais comme l'apôtre: "Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi."

Comme écrit justement Bernanos : "si notre Dieu était celui des païens ou des philosophes (pour moi, c’est la même chose) il pourrait bien se réfugier au plus haut des cieux, notre misère l’en précipiterait. Mais vous savex que le nôtre est venu au-devant. Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter des verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe? Cela est déjà fait Jésus, on peut le reconnaître ou le détester, on peut le renier, on peut le flageller, le condamner à mort, lui cracher au visage et finalement le faire mourir sur une croix... peu importe, cela est déjà fait!"

Re: Money, money, money

par etienne lorant » ven. 25 sept. 2009, 18:28

Libremax a écrit :Sa vocation est aussi pleinement justifiée par ce qu'il devient par la suite: de collecteur d'impôt, il deviendra un minutieux collecteur de la Parole en composant son évangile au sein de l'Eglise de Jérusalem.
Voici une pensée très inspirée et que j'aime beaucoup !

Re: Money, money, money

par Libremax » ven. 25 sept. 2009, 17:35

Sa vocation est aussi pleinement justifiée par ce qu'il devient par la suite: de collecteur d'impôt, il deviendra un minutieux collecteur de la Parole en composant son évangile au sein de l'Eglise de Jérusalem.

Re: Money, money, money

par etienne lorant » mar. 22 sept. 2009, 10:18

Chez Matthieu, c'est vrai qu'il y a l'aspect "collabo de l'occupant", et cela ne fait que l'enfoncer dans le jugement d'autrui comme étant un pécheur. Mais malgré tout, la question de l'argent, à mes yeux en tout cas, prédomine. D'abord à cause de la parole de Jésus: "Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent." (Mt 6 24) - et il y a aussi: "Là où est ton coeur, là aussi ton trésor". Ensuite, il y a la vocation du jeune homme riche. Ce dernier, au contraire de Matthieu, est un Juif honorable. C'est quelqu'un qui donne aux oeuvres - et sans doute la dime (10 pour cent de tous ses revenus - comme çà se pratique encore aux Etats-Unis); bref, aux yeux de tous, s'il y a un juste, c'est lui. Mais quelle que soit sa bonne volonté, sa situation mondaine est trop importante pour qu'il se mette à suivre Jésus. Ce serait merveilleux, je crois, que l'argent soit vraiment à sa place dans nos portefeuilles comme un simple outil parmi d'autres - comme un téléphone portable, par exemple. Seulement, il y a une telle différence ! L'argent est un outil de rêve: si j'en mets beaucoup de côté, je serai à l'abri; si je gagne au lotto, je n'aurai plus besoin de travailler... Pour combien de gens, le compte en banque n'est-il pas le substitut d'un bonheur auquel ils n'ont pu accéder ? Et il y a tant de choses à acheter !

En tout cas, la vocation de Matthieu est pleinement "vérifiée" par l'abandon qu'il fait de sa charge. Et puis évidemment, quand Jésus dit: "Je suis venu appeler, non pas les justes mais les pécheurs", en réalité il n'y a aucun juste qui assiste à la scène, mais simplement des personnes qui se croient justes parce qu'elles respectent certaines règles. Mais qui est juste ? Qui est en mesure de condamner Matthieu ou de jeter la première pierre à la femme adultère ? Jésus est venu appeler ceux qui, en eux-mêmes, veulent bien admettre qu'ils sont pécheurs.

Re: Money, money, money

par Fée Violine » mar. 22 sept. 2009, 1:04

C'est Zachée (publicain converti lui aussi) qui rembourse ce qu'il a volé.
Je pense que l'interprétation d'Etienne (et de Philémon S.) n'est pas incompatible avec celle de MB. Il y a le contexte historique, mais il y a surtout le fait que l'argent d'une façon générale pose problème.

Re: Money, money, money

par philémon.siclone » lun. 21 sept. 2009, 23:54

Donc en fait, saint Matthieu est un genre de Louis de Funès dans la Folie des grandeurs...

C'est vrai que c'est difficile d'accepter de devoir accorder le salut à ceux qui ruinent et pillent la société, comme c'est le cas actuellement des banquiers, actionnaires, spéculateurs, affairistes mondialistes, industriels, promoteurs, professionnels de l'immobilier, grands distributeurs, et marchands de toute sorte, qui gonflent les prix, poussent les consommateurs à l'endettement le plus extrême, achètent aux producteurs au plus bas prix, délocalisent l'activité, importent en bénéficiant de la complicité des institutions nationales et européennes. Cette bande de voleurs qui acculent des peuples entiers à la servitude économique, au désespoir, à l'angoisse du chômage et de la vie chère, et les réduisent dans des conditions de vie toujours plus difficile, alors que eux s'en mettent plein les poches, comme c'est difficile de leur pardonner, comme on voudrait bien les voir traîner à la potence, comme on aimerait bien les étrangler de nos propres mains si l'on pouvait.

Oui, vraiment, l'argent, c'est ce qui pardonne le moins. Peut-être bien Jésus a choisi saint Matthieu pour cette raison.

Au fait Etienne, dans quel passage des Evangiles voit-on saint Matthieu dédommager ses anciens débitteurs ? ça ne me dit rien.

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