par coeurderoy » mer. 29 juil. 2009, 8:03
Bonjour Etienne et Soleil de Minuit,
"Le temps du monastère" n'est sans doute pas le même pour le retraitant, plongé une semaine dans ce bain spirituel ou pour le moine âgé ayant porté la chaleur du jour...
Ma première retraite (à 26 ans), courte, fut pour moi effusion de paix, joie, lumière : pendant plusieurs semaines je pus ressentir de façon sensible combien mon regard, mes pensées, ma sensibilité, mes gestes étaient transformés... La louange montait incessamment à mes lèvres, sans effort, je me jetais (évidement) avec délices dans "le spirituel", de façon sans doute égoïste, en tout cas je cherchais Dieu de toutes mes fibres...La paix et la certitude éprouvées dans l'adoration eucharistique font alors vraiment pâlir toutes fausses lumières et fausses joies. Les activités humaines me semblaient absurdes, triviales, les visages tristes et fermés, bref le "retour au soi-disant réel" (qui est bien réel mais ne devrait pas exclure les réalités spirituelles) fut vraiment dur.
J'avoue, aujourd'hui encore conserver la nostalgie de ce temps où le Seigneur m'appelait peut-être. Mais qui sait...La vie communautaire, aux témoignages que j'ai pu lire, se charge vite d'apporter à moines et moniales les épreuves que l'on peut connaître en famille, en société, et les périodes d'aridité et de nuit spirituelle sont peut-être plus douloureuses à vivre en milieu clos...Au moment du massacre des moines de l'Atlas, je me suis demandé par ailleurs si j'étais prêt au sacrifice suprême...
J'ai pu connaître à nouveau des grâces sensibles (non recherchées et vraiment inopinées) lors d'une retraite au centre jésuite du Châtelard, en 2000, retraite importante pour moi car j'y approfondissais le mystère de l'Eglise, comprenais enfin combien nous sommes tous solidaires, dans la grâce et le péché, responsables à notre échelle de la santé du corps mystique...
Le "temps du monastère" relève bien d'une autre dimension : le Seigneur ayant tout loisir de frapper à la porte de notre âme si agitée et frivole en temps normal. La prière communautaire et les grâces qui pleuvent dans la liturgie font sentir la force de la communion des saints.
Une tentative de vie en communauté nouvelle en 2002 fut en revanche absolument catastrophique : jamais je ne me suis senti aussi seul et abandonné de ma vie, impression d'une usine à spirituel managée à l'américaine, agitation, jeunisme, incompréhension des "frères" et du "Berger" face à une dépression subite.
Comme Soleil de Minuit, la contemplation de la Nature m'apaise profondément (la forêt de Compiègne, déserte dès qu'on s'enfonce un peu, et ses chênes centenaires me disent beaucoup sur la beauté, la justice et l'harmonie de l'ordre divin). J'y vais surtout pour méditer, reprendre souffle, mais pas pour me "libérer" car le péché est en moi-même et je contribue, hélas, à la médiocrité et futilité du monde, je ne le sais que trop, ; en tout cas la vision des oiseaux, des branches, vertes ou mortes, la variété des essences, des paysages, me rappelle que notre Dieu est profondément bon, juste et saint...
Cordialement !
Bonjour Etienne et Soleil de Minuit,
"Le temps du monastère" n'est sans doute pas le même pour le retraitant, plongé une semaine dans ce bain spirituel ou pour le moine âgé ayant porté la chaleur du jour...
Ma première retraite (à 26 ans), courte, fut pour moi effusion de paix, joie, lumière : pendant plusieurs semaines je pus ressentir de façon sensible combien mon regard, mes pensées, ma sensibilité, mes gestes étaient transformés... La louange montait incessamment à mes lèvres, sans effort, je me jetais (évidement) avec délices dans "le spirituel", de façon sans doute égoïste, en tout cas je cherchais Dieu de toutes mes fibres...La paix et la certitude éprouvées dans l'adoration eucharistique font alors vraiment pâlir toutes fausses lumières et fausses joies. Les activités humaines me semblaient absurdes, triviales, les visages tristes et fermés, bref le "retour au soi-disant réel" (qui est bien réel mais ne devrait pas exclure les réalités spirituelles) fut vraiment dur.
J'avoue, aujourd'hui encore conserver la nostalgie de ce temps où le Seigneur m'appelait peut-être. Mais qui sait...La vie communautaire, aux témoignages que j'ai pu lire, se charge vite d'apporter à moines et moniales les épreuves que l'on peut connaître en famille, en société, et les périodes d'aridité et de nuit spirituelle sont peut-être plus douloureuses à vivre en milieu clos...Au moment du massacre des moines de l'Atlas, je me suis demandé par ailleurs si j'étais prêt au sacrifice suprême...
J'ai pu connaître à nouveau des grâces sensibles (non recherchées et vraiment inopinées) lors d'une retraite au centre jésuite du Châtelard, en 2000, retraite importante pour moi car j'y approfondissais le mystère de l'Eglise, comprenais enfin combien nous sommes tous solidaires, dans la grâce et le péché, responsables à notre échelle de la santé du corps mystique...
Le "temps du monastère" relève bien d'une autre dimension : le Seigneur ayant tout loisir de frapper à la porte de notre âme si agitée et frivole en temps normal. La prière communautaire et les grâces qui pleuvent dans la liturgie font sentir la force de la communion des saints.
Une tentative de vie en communauté nouvelle en 2002 fut en revanche absolument catastrophique : jamais je ne me suis senti aussi seul et abandonné de ma vie, impression d'une usine à spirituel managée à l'américaine, agitation, jeunisme, incompréhension des "frères" et du "Berger" face à une dépression subite.
Comme Soleil de Minuit, la contemplation de la Nature m'apaise profondément (la forêt de Compiègne, déserte dès qu'on s'enfonce un peu, et ses chênes centenaires me disent beaucoup sur la beauté, la justice et l'harmonie de l'ordre divin). J'y vais surtout pour méditer, reprendre souffle, mais pas pour me "libérer" car le péché est en moi-même et je contribue, hélas, à la médiocrité et futilité du monde, je ne le sais que trop, ; en tout cas la vision des oiseaux, des branches, vertes ou mortes, la variété des essences, des paysages, me rappelle que notre Dieu est profondément bon, juste et saint...
Cordialement !