Crise des vocations

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Re: Crise des vocations

par Jeremy43 » mer. 26 févr. 2014, 14:54

Bonjour,
Nous constatons aujourd'hui les effets non d'une crise des années 1960, ni des réformes de l'Eglise, mais d'un travail en cours depuis la fin du XIXe siècle, patient mais efficace, pour saper la foi chrétienne.
C'est sûr, mais "l'application" du concile Vatican II a été l'occasion que le grand n'importe quoi, qui couvait sans aucun doute dans les esprits avant, se traduise dans les faits par tout simplement l'abomination dans l'Eglise dont les dégâts sont encore visibles aujourd'hui.

Aujourd'hui si on pratique la pénitence, si on est intransigeant sur la doctrine et si on souhaite une liturgie fastueuse et magnifique amenant un peu de Ciel sur terre, on est au mieux un affreux rétrograde.

Mais le bon signe c'est que chez les jeunes il n'y a plus du tout ce mouvement moderniste mais au contraire un "retour aux sources" et au sens du sacré. Dieu aura de toute façon quoiqu'il arrive toujours le dernier mot.

Re: Crise des vocations

par Suliko » mar. 25 févr. 2014, 12:54

Peccator a écrit :Karol Wojtyła, futur pape Jean-Paul I Iavait fait un petit voyage en France (et en Belgique) à la fin des années 1940, alors qu'il n'était encore que jeune prêtre, étudiant à Rome, pour voir les "nouvelles pratiques pastorales". Il avait conclu à l'urgence de cette nouvelle évangélisation car le pays était déjà fortement déchristianisé.

Nous constatons aujourd'hui les effets non d'une crise des années 1960, ni des réformes de l'Eglise, mais d'un travail en cours depuis la fin du XIXe siècle, patient mais efficace, pour saper la foi chrétienne.
Un peu facile comme analyse...
Bien sûr que tous les problèmes ne datent pas du dernier concile. La Révolution française portait déjà en son sein nombre d'idées antichrétiennes. Cependant, la déchristianisation amorcée déjà avant le concile n'est pas comparable à celle que l'Eglise a connue à partir des années 1965-1970. Pour un évêque des années cinquante, une pratique religieuse régulière par 60% des habitants était déjà une catastrophe, alors qu'aujourd'hui, ce serait un bonheur inespéré. Regardez les chiffres: vous verrez bien qu'il y a une corrélation indéniable entre la période conciliaire et postconciliaire et le déclin massif de la pratique religieuse.
Tant que les catholiques se voileront la face, rien ne pourra être résolu...
Je suis vraiment lasse de tous ces discours lénifiants...

Suliko

Re: Crise des vocations

par Peccator » mar. 25 févr. 2014, 2:20

Karol Wojtyła, futur pape Jean-Paul I Iavait fait un petit voyage en France (et en Belgique) à la fin des années 1940, alors qu'il n'était encore que jeune prêtre, étudiant à Rome, pour voir les "nouvelles pratiques pastorales". Il avait conclu à l'urgence de cette nouvelle évangélisation car le pays était déjà fortement déchristianisé.

Nous constatons aujourd'hui les effets non d'une crise des années 1960, ni des réformes de l'Eglise, mais d'un travail en cours depuis la fin du XIXe siècle, patient mais efficace, pour saper la foi chrétienne.

Re: Crise des vocations

par Louis P. » lun. 24 févr. 2014, 16:52

quelques indications (source: cef.fr et presse)

4 % de cathos pratiquants sur les 50% de français se disant cathos, 1 million de français qui vont à la messe 1 fois par mois minimum, c'est très peu.

50 000 curés en 1970, 14 000 en 2011 (la moitié=7000 ont plus de 75ans) & 6000 en 2020 (dont le tiers plus de 75 ans donc 4000 servants actifs)....
en 2024-25 (-700/an de moyenne, net d'ordination annuel (+100)), les pretres seront une poignée avec le millier de cures etrangers pour 9000 paroisses ca va etre hard.

les moines sont plus que 6000 (-400 par an) & 24 000 moniales (-2000 /an)

baptemes, mariages religieux confirmations baissent bcp, ya que le diaconat qui grimpe fort.

pas question de desesperer, "dieu gère", mais les realites presentes et proches annoncent silencieusement un "ko" général en france entre 2024 et 2030... restera des oasis +/- fraiches qui donneront une eglise-communautariste et non plus civile-paroissiale, presque plus de temoins-temoignages, quoi....donc vocations encore plus rare en bout de periple:
ca va changer du tout au tout apres le papy boom de 2026 !

mais qui regrettera la disparition du clergé & abbayes ???
ce pays est apostat depuis longtemps largement totalement (98% en 2030, 1à2% de pratiquants), c'est son choix confirmé pour longtemps.

à première vue l'immense majorité s'en tape, et ça lui piquera les yeux.

Louis.

Re: Crise des vocations

par Zarus » jeu. 30 janv. 2014, 18:53

Anaisunivers a écrit :
Peccator a écrit :C'est tout à fait logique : pour entendre l'appel, mieux vaut grandir dans une famille qui va à la messe tous les dimanches, prie tous les jours en famille, envoie ses enfants être servants d'autel, et se réjouisse quand on parle d'avoir un fils prêtre, que dans une famille athée et/ou anticléricale. Tout simplement parce que dans le second cas, même si on finit par rencontrer Dieu et s'ouvrir à la foi, pour la prêtrise il est bien possible qu'il soit déjà trop tard.
Étrangement, je connais plus d'appelés qui n'ont pas le profil familial que vous décrivez, tout comme je connais des familles pratiquantes (et nombreuses !) dont aucune vocation ne sort. Alors !
Néanmoins, c'est sûr qu'un contexte favorable permet d'entendre un appel.

Cordialement,
In Christo,

Beaucoup de ces "familles pratiquantes" appartiennent à un néo-conservatisme basé sur les valeurs familiales traditionnelles et opposés au sexe libre, le "célibat par égoïsme",ect...; paradoxalement il est possible que le fait de voir un de leurs enfants ne pas procréer ne plaise pas tant que ça. (ou que cette éducation basé sur les valeurs de la famille n'encourage inconsciemment pas à ne pas fonder une famille)

Re: Crise des vocations

par Anaisunivers » jeu. 30 janv. 2014, 0:40

Peccator a écrit :C'est tout à fait logique : pour entendre l'appel, mieux vaut grandir dans une famille qui va à la messe tous les dimanches, prie tous les jours en famille, envoie ses enfants être servants d'autel, et se réjouisse quand on parle d'avoir un fils prêtre, que dans une famille athée et/ou anticléricale. Tout simplement parce que dans le second cas, même si on finit par rencontrer Dieu et s'ouvrir à la foi, pour la prêtrise il est bien possible qu'il soit déjà trop tard.
Étrangement, je connais plus d'appelés qui n'ont pas le profil familial que vous décrivez, tout comme je connais des familles pratiquantes (et nombreuses !) dont aucune vocation ne sort. Alors !
Néanmoins, c'est sûr qu'un contexte favorable permet d'entendre un appel.

Cordialement,
In Christo,

Re: Crise des vocations

par Zarus » mer. 29 janv. 2014, 23:50

Pourtant je vois que subtilement certains ont eu ce genre de pensées ici, même si ça plus l'air de subtils lapsus que d'autres choses.

Par contre, je démens votre accusation de mauvais esprit;, moi de mauvais esprit, de mauvaise foi ou moqueur ? que nenni, je suis l'humilité et la délicatesse dans les propos même.

Re: Crise des vocations

par Peccator » mer. 29 janv. 2014, 23:36

Zarus, vous faites du mauvais esprit :non:


C'est tout à fait logique : pour entendre l'appel, mieux vaut grandir dans une famille qui va à la messe tous les dimanches, prie tous les jours en famille, envoie ses enfants être servants d'autel, et se réjouisse quand on parle d'avoir un fils prêtre, que dans une famille athée et/ou anticléricale. Tout simplement parce que dans le second cas, même si on finit par rencontrer Dieu et s'ouvrir à la foi, pour la prêtrise il est bien possible qu'il soit déjà trop tard.

Il est donc normal qu'on croise beaucoup plus de prêtres dans le premier cas que dans le second...

La vocation, c'est un appel, ce n'est pas une compulsion irrésistible. Il ne suffit pas que Dieu appelle, encore faut-il l'entendre et accepter.

Re: Crise des vocations

par Zarus » mer. 29 janv. 2014, 23:23

Ah bon Dieu est surtout présent dans les familles, sympa pour ceux qui ont pas de famille chrétienne. :clown:

Décidement, le catholicisme c'est qu'une histoire de bonnes familles apparemment.

Re: Crise des vocations

par jean_droit » mer. 29 janv. 2014, 12:56

Témoignage lu dans Belgicatho :

http://belgicatho.hautetfort.com/archiv ... 83619.html
La vocation n'est pas l'effet du hasard...

En témoigne ce témoignage d'un séminariste qui sera prochainement ordonné et qui souligne l'importance d'un milieu familial croyant et pratiquant :

Extraits de l'interview de Vincent Drouguet (sur le site du diocèse de Liège):

Votre vie familiale dans votre jeunesse vous a-t-elle aidé à vouloir devenir prêtre ?

J’ai passé ma jeunesse à Julémont, près de Blegny, dans un petit hameau d’une quinzaine de maisons. Mes parents étaient pratiquants et nous avions comme ligne de conduite à suivre : assister à la messe dominicale et faire sa Profession de foi. Puis, nous étions libres de choisir notre avenir. J’ai un frère qui compte deux ans de moins que moi –j’ai également une sœur et un frère plus jeunes d’une dizaine d’années– et, proche de lui, je l’ai souvent trouvé à mes côtés dans mon parcours. Si mes parents n’étaient pas impliqués directement dans la paroisse, ils allaient à la messe tous les dimanches et vivaient en parfaite conformité avec leur foi. Maman, mère au foyer, touche à tout dans le domaine de l’art –poterie, peinture, sculpture, vitraux…- nous a éveillés à la foi à travers les arts. (...)

Vos parents et d’autres personnes ont-ils joué un rôle dans l’orientation de votre vie ?

Un jour, alors que je devais avoir 21 ans, mon papa me demanda si j’étais heureux. Je sentais bien que quelque chose me manquait, que je n’allais pas faire de la photo toute ma vie. Inconsciemment cette réflexion me mettait sur la voie de la prêtrise. Et ma maman –merci d’avoir eu cette gentillesse, cette lucidité, cette intelligence du cœur- m’a conseillé d’aller voir un prêtre. Ma pratique religieuse était tombée bas même si je n’ai jamais coupé les ponts, mais j’attendais des signes… sans attendre vraiment. Mon cœur était toujours ouvert, ou plutôt entrouvert, j’étais dans le domaine des recherches sur l’homme qui m’ont amené à me poser des questions sur Dieu. J’ai été à l’abbaye de Wavreumont vers un jeune prêtre –son papa était le meilleur ami de mon grand-père– souffrant de sclérose en plaques. Je le voyais si fragile dans sa chaise roulante, devant moi, si faible aussi. Il ne m’a rien caché de ce que pouvait comporter mon cheminement vers le séminaire et la vie de prêtre : 7 ans d’études, une vie solitaire sans famille d’accueil, dans un presbytère vide, parfois froid, mais solidaire, en relation avec Dieu. Alors que les ambiances, les émotions m’avaient souvent envahi, il m’a fait voir que j’étais loin de la prière, de la foi. J’ai aussi été frappé par la profondeur de la prière en Communauté. Une petite sœur de Sainte Thérèse, qui habitait mon village et revenait d’un voyage en mission, m’a un jour interpellé au sortir de la messe. Je ne l’avais jamais vue. Elle m’a capté dans son regard qui semblait me transpercer pour atteindre mon âme. Puis elle m’a dit à l’oreille : Ne penserais-tu pas un jour devenir prêtre ? J’étais sous le choc et maman m’a même demandé si j’allais bien. (...)

Quel fut le déclic qui vous a décidé d’entrer au séminaire ?

Un ami, comme moi très branché sur le questionnement de la vie, m’amena à Lourdes. Là, j’ai vraiment aimé ce que je faisais. L’avant-dernier jour du pèlerinage, alors que la canicule avait envahi la ville et même la grotte, je me suis décidé vers 2 heures du matin à aller prier la Vierge -lui confiant mes questions sur ma vie future et mon désir d’être heureux- alors qu’une dizaine de personnes étaient encore présentes. Ma prière était sincère, elle venait du fond de mon cœur, ce n’était pas du vent. Au moment où je demande à Marie de m’éclairer, je sens physiquement comme un souffle émanant de la Vierge qui m’effleure dans une douce chaleur. Pour moi, c’était le cœur de Marie qui me parlait. Plus jamais je n’ai ressenti cela. J’ai eu par la suite d’autres signes, moins surnaturels que ce soir-là, mais mon cœur était enfin préparé et depuis, la prière est mon livre de chevet. Peu après, lors de la Journée des Vocations, j’ai été sensible à cette brochure que je retournais sans cesse pendant la messe, regardant fixement ce titre : Prêtre pourquoi pas ? Avant d’aller rencontrer notre évêque, lors d’un repas en tête-à-tête avec mes parents je leur ai annoncé mon intention d’entrer au séminaire.

Mes parents m’ont dit qu’ils m’accompagneraient sur mon chemin, dans mon ministère, soulignant que c’était un choix très engageant mais que le plus grand bonheur des parents est de voir leur enfant heureux. (...)

Re: Crise des vocations

par Jeremy43 » mar. 12 nov. 2013, 19:05

Bonsoir,
Dans ma paroisse au Cameroun, chaque jour de la semaine il y a trois messes ( le matin, à midi et le soir) , et le dimanche il y en a 4. Et à toutes les messes, l'église est pleine.
Vous avez de la chance, en France rurale, il y a la messe tous les dimanches quand on a de la chance. Ici, sur un ensemble paroissial couvrant plus d'une vingtaine de communes, aucune messe en semaine dans des Eglises.

Re: Crise des vocations

par Belin » mar. 12 nov. 2013, 18:38

je constate qu'il y a effectivement une sérieuse crise de vocation en France. Dans ma paroisse au Cameroun, chaque jour de la semaine il y a trois messes ( le matin, à midi et le soir) , et le dimanche il y en a 4. Et à toutes les messes, l'église est pleine. Et pendant les grandes solennités ( Noel, Pâques etc ) si tu viens en retard, tu restes debout et souvent hors de l'église.

Re: Crise des vocations

par Peccator » mar. 12 nov. 2013, 12:11

Suliko a écrit :Sans vouloir manquer de charité, ces évêques qui refusent les communautés traditionalistes ou plus généralement dynamiques devraient avoir honte!! C'est un forme de suicide spirituel qu'ils préconisent et c'est très grave, étant donné la situation religieuse de nos pays.
Entièrement d'accord avec vous. Comment peut-on estimer que les chrétiens sont mieux sans prêtre qu'avec ?
En tout cas, c'est typiquement le genre de choses qui me font perdre toute estime pour notre clergé...
Ne mettons pas tout le monde dans le même lot. Ce n'est là que la décision d'une poignée d'évêques, et non la politique générale des évêques de France. Heureusement.

Re: Crise des vocations

par Suliko » dim. 10 nov. 2013, 20:13

La baisse du nombre de prêtres commence à se faire cruellement sentir, surtout dans les diocèses qui refusent de faire appel aux communautés dynamiques, qu’elles soient traditionalistes ou non.
Sans vouloir manquer de charité, ces évêques qui refusent les communautés traditionalistes ou plus généralement dynamiques devraient avoir honte!! C'est un forme de suicide spirituel qu'ils préconisent et c'est très grave, étant donné la situation religieuse de nos pays.
En tout cas, c'est typiquement le genre de choses qui me font perdre toute estime pour notre clergé...

Suliko

Re: Crise des vocations

par jean_droit » dim. 10 nov. 2013, 0:35

Voilà une petite réflexion sur les ADAP rencontrée dans Croire :

http://www.croire.com/Definitions/Mots- ... ans-pretre
Les célébrations dominicales sans prêtre

Le nombre de prêtre décline le nombre des messes aussi. Mais de nombreux laïcs des équipes liturgiques assurent la conduite de célébrations dominicales sans prêtres. Quelles sont-elles ? Quels en sont les enjeux ?

Il est révolu le temps où chaque clocher avait son prêtre. Il est loin le temps ou presque toutes les églises proposaient au moins une messe le dimanche. Aujourd’hui, des paroisses comptent dans certains diocèses 80 voir 90 clochers – voire plus encore ! Les territoires des secteurs, des doyennés, des paroisses s’étendent et s’étendent encore, à la faveur de restructurations successives des espaces géographiques aux dimensions de plus en plus importantes, rendant difficile les déplacements des fidèles et… des curés.

Il faut donc penser autrement le dimanche, tout en tenant que la célébration eucharistique dominicale demeure et demeurera toujours l’idéal pour rassembler la communauté. Elle est "la source et le sommet" de la vie chrétienne. C’est la célébration du Mystère Pascal – la mort et la Résurrection du Seigneur –, le cœur de notre foi. Elle donne accès à la vraie nourriture donnée par le Christ et qui ouvre à la vie éternelle. Enfin elle permet le rassemblement, dans l'obéissance au Christ, des fidèles pour le célébrer et former eux-mêmes ce corps du Christ qui est l'Église.

La prise en compte sérieuse de la réalité de la situation présente permet – grâce au souci des chrétiens de célébrer le jour du Seigneur malgré la pénurie de prêtre – la mise en place de propositions. Ces rassemblements dominicaux sont essentiels pour préserver la vie ecclésiale locale, ils répondent au principe premier de l’Eglise : rassembler les baptisés et célébrer le jour du Seigneur.

Différentes propositions ont été faites depuis une trentaine d’années pour proposer des célébrations sans ministre ordonné. Des évaluations "à l’usage" ont permis de réorienter les pratiques, de corriger ou d’encourager les expériences pour que soit sauf un bénéfice pastoral, spirituel et théologique, pour tous.

Hier, les Adap

La première expérience fut celle des ADAP :les Assemblées dominicales en l’absence de prêtres. Ces ADAP, lancées dans les années 80, ont très vite modifié leur nom dans les années 90, ainsi le second "A" du sigle a évolué, désignant non plus l’absence mais l'attente (de prêtre).

Ce petit changement, qui pourrait sembler anodin, répondait à un vrai problème que soulevaient les ADAP : celui des ministères. Qui convoque ? Qui préside ? Au nom de quoi ? Selon quelle délégation ? Quelle légitimité ? Quelle formation ? Pour un mandat de combien de temps ? Qui évalue ? Qui corrige ? Qui conduit ?

Nous étions au cœur de la question du ministère ordonné qui ne peut être remplacé comme cela. Il s’agit d’une question ecclésiologique profonde qui interroge le sens même de l’eucharistie.

Un autre problème de ces ADAP s’inscrivait dans la structure même de ces célébrations qui ressemblaient, bien souvent, à "des messes sans prêtres". Toute la structure de la messe était conservée en tout point, excepté bien sûr la prière eucharistique, mais en conservant la distribution de la communion prise dans la Réserve. Dans l’esprit de beaucoup de fidèles la messe sous sa forme habituelle devenait… accessoire.

Or une bonne théologie de la liturgie exige une consommation par l’assemblée, présente à la messe célébrée, des hosties consacrées pour elle. En effet ces dons (le pain et le vin) sont associés à la vie des fidèles présents. Ces dons sont les fruits de leur vie, de leur travail… et ce sont ces mêmes dons qui, après l’appel de l’Esprit et la Consécration leur sont rendus, devenus Corps et Sang du Christ pour être consommés.

Un troisième problème est celui de l’essoufflement. Les équipes liturgiques prennent de l’âge et peinent à se renouveler dans beaucoup d’endroits. Les célébrations sont parfois trop typées et marquées par la manière de faire de quelques-uns, qui à terme risque de renfermer l’assemblée sur elle-même.

Une évolution fut/est nécessaire.

Aujourd'hui, les Assemblées du dimanche

Pour tenir les enjeux essentiels de l’assemblée le dimanche dans des lieux privés d’eucharistie, de nouvelles pistes sont aujourd’hui explorées en tenant compte des enseignements, positifs ou non, que l’expérience des ADAP a apportés. Ces rassemblement dominicaux sont accompagnés par une équipe de laïcs formés et légitime en communion avec toute l’Eglise et sous la responsabilité du curé.

Il n’est plus question de proposer des structures de "messes allégées".

Ces rassemblements en Eglise organisent leur prière à partir de la Parole de Dieu. Elle est proclamée et méditée, en communion avec toute l’Eglise et toutes les communautés.

Les mises en œuvres sont variées.

La célébration de la Parole à partir de la liturgie des heures

Il s’agit, pour être en communion avec l’Eglise, de reprendre tout simplement la prière du Peuple chrétien (concile Vatican II, Constitution sur la liturgie au numéro 100). Ce sont les Vêpres, les Laudes ou encore l’Office des Lectures.

Les célébrations de la Parole

Dans ces célébrations, la mise en œuvre autour de la Parole est très soignée : procession de l’Evangéliaire, mise en valeur de l’ambon,… Les lectures proclamées étant les textes du dimanche suivis d’un temps de réception de la parole : silence, partage, méditation, témoignage, etc.

Des temps de Lectio Divina

Ces temps de Lectio Divina se calquent sur la pratique très ancienne de l’Eglise d’une lecture lente et méditative d’un texte biblique.

Ces célébrations des assemblées dominicales permettent une vie ecclésiale locale. Elles ne sont pas compliquées à exécuter. Elles sont animées le plus souvent par des laïcs (ou des diacres permanents), elles sont aussi la marque d'une implication concrète d'une mise en œuvre de la "coresponsabilité partagée entre les clercs et les laïcs dans l’Eglise" rappelée par Benoît XVI lors de la 4e assemblée générale du Forum international de l’action catholique en août 2012.

Du travail s'annonce

Une grande tâche s’annonce aujourd’hui dans l’Eglise de France et dans toutes les régions concernées, pour tenir la vie des communautés paroissiales. Ce chantier comprend essentiellement la question de la formation des laïcs (biblique, chants, animations, liturgie,…) ; l’appel de nouvelles personnes dans les jeunes générations pour un renouvellement, et enfin l’acceptation du nécessaire changement et de ses conséquences directes sur les habitudes, les souvenirs et pour certains les... regrets. Il est nécessaire aussi d'aider les communautés ayant le moins de ressources à une mise en œuvre concrète.

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