par Soleil de Minuit » lun. 13 juil. 2009, 0:47
Voici ce que l’on peut lire dans le tome premier de « l ’Encyclopédie méthodique (Avec approbation et privilège du roi)» de 1784, à l’article « Fleurs de Lis »
« Dans la découverte faite à Tournay, en 1653, du tombeau de Childeric I, on y trouva l’anneau de ce prince, environ cent médailles d’or des premiers empereurs romains, deux cents autres médailles d’argent toutes rouillées, un javelot, un graphium avec fon ftylet & des tablettes, le tout garni d’or ; une figure en or d’une tête de bœuf avec un globe de criflal, & des abeilles auffi toutes d’or, au nombre de trois cents & plus. Cette riche dépouille fut donnée à l’archiduc Léopold, qui étoit pour lors gouverneur des Pays-Bas ; & après fa mort, Jean-Philippe de Schonborn, électeur de Cologne, fit préfent à Louis XIV, en 1665, de ces précieux reftes du tombeau d’un de fes prédéceffeurs : on les garde à la bibliothèque du roi.
M. Chifflet prétend donc prouver par ce monument, que les premières armes de nos rois étoient des abeilles & que des peintres & des fculpteurs mal-habiles ayant voulu les repréfenter, y avoient fi mal réuffi, qu’elles devinrent nos fleurs de lis, lorfque dans le douzième fiècle, la France & les autres états de la chrétienté prirent des armes blafonnées : mais cette conjecture nous paroit plus imaginaire que fondée : parce que, fuivant toute apparence, les abeilles de grandeur naturelle & d’or maffif, trouvées dans le tombeau de Childeric I n’étoient qu’un fymbole de ce prince, & non pas fes armes. Ainsi, la découverte qu’on a faite, en 1646, du tombeau de Childeric II, en travaillant à l’églife de S. Germain-des-Près, on trouva quantité de figures du ferpent à deux têtes, appelé par les Grecs amphifbène, lefquelles figures étoient fans doute le fymbole de Childeric II, comme les abeilles l’étoient de Childeric I. »
Plus récemment, le Professeur et académicien Jean-Tullard fait un sort à l’histoire des abeilles :
« Qui a fait coudre les Abeilles de Childéric ?
Ce sont de curieuses abeilles qui sont choisies et ce choix obéit à des considérations politiques.
Ici intervient un nouveau personnage, Vivant Denon, essentiel dans la vie artistique de l’Empire. Il avait été de l’expédition d’Egypte puis nommé en novembre 1802 directeur du Musée central des Arts, le Louvre. Il fut un véritable ministre des Beaux-Arts s’occupant de la frappe des médailles comme de l’élaboration de la colonne Vendôme et inspirant les enrichissements du Musée Napoléon. Comment n’aurait-il pas été mêlé au sacre ? C’est lui qui joue avec Joseph Gay, l’architecte lyonnais, le peintre Isabey qui dessine les armoiries impériales et l’orfèvre Biennais, un rôle déterminant dans la conception des abeilles. L’aigle faisait référence à Rome (rien à voir avec celui de l’Autriche ou de la Prusse), la couronne s’inspirait de Charlemagne, les abeilles se réclamèrent des Mérovingiens.
Parmi les bijoux retrouvés dans la tombe du père de Clovis, Childéric, en 1653, auraient figuré des abeilles. S’agissait-il d’abeilles plutôt que des grillons ou de cigales, symboles de la mort et de la résurrection ? Ou encore de mouches, l’expression d’abord employée ? Ou de symboles phalliques ? Difficile de juger. Le trésor fut volé en 1831 au cabinet des médailles. Mais Jean-Jacques Chifflet avait eu le temps de l’interpréter dans son « Anastasis Childeric I. Francorum regis, sive thesaurus sepulchralis. Tornaci Nerviorum effossus et commentario illustratus », publié à Anvers en 1655. Selon Chifflet le manteau de brocart de soie pourpre dont on avait retrouvé des restes dans la tombe aurait été couvert d’abeilles d’or. Les deux abeilles encore conservées portent sur l’envers des petits anneaux qui laisseraient supposer qu’elles ont été cousues sur une étoffe. De là à en conclure qu’elles étaient le symbole du roi franc Childéric, il n’y avait qu’un pas vite franchi. Trois cents abeilles d’or auraient été cousues sur le manteau royal. Les retrouver sur le manteau impérial était souligner la continuité de Childéric à Napoléon. D’autant qu’une tradition affirmait que les fleurs de lys de la monarchie venaient de la stylisation des abeilles mérovingiennes. De ce symbole Napoléon tirait sa légitimité.
Pas question de reproduire telles quelles les abeilles (si abeilles il y a) de Childéric. Vivant Denon et Isabey stylisèrent ces insectes en déployant leurs ailes pour leur donner l’apparence d’une fleur de lys. Napoléon n’était plus seulement l’héritier des Mérovingiens et des Carolingiens, mais aussi des Capétiens. Par la suite on revint aux abeilles traditionnelles, thème décoratif au même titre que l’aigle ou le N entouré de lauriers. »
Les chercheurs postérieurs considérèrent que du fait de la méconnaissance générale de l’art mérovingien au XVIème, le trésor du tombeau de Childéric I avait été mal interprété et l’abbé Cochet, grand archéologue normand qui réétudia le tombeau de Childéric I au XIXème siècle d’ironiser sur les travaux de Chifflet : « Tout hérissé de grec et de latin, tout saupoudré de noms d'auteurs et d'extraits ce livre n'est guère qu'une nouvelle pierre sépulcrale scellée sur la tombe du roi franc ».
Le grand médiéviste Laurent Theis dans son « Clovis » paru en 1996, date du 1500ème anniversaire du Baptême, passant en revue les différentes explications concurrentes concernant les armes mérovingiennes conclut : « Quoi qu’il en soit, la présence des crapauds l’emporte largement sur celle des croissants. Outre la majorité des textes qui traitent de l’origine des fleurs de lys, on la retrouve sur des miniatures, des tapisseries, par exemple celle que le duc de Bourgogne Jean Sans Peur offrit au dauphin Louis de Guyenne, le fils aîné de Charles VI, mort prématurément en 1415 ».
Nous pouvons donc conclure que Chifflet, plus archéologisant qu’archéologue dans un siècle ignorant tout de l’art mérovingien, s’est trompé de bonne foi en faisant des abeilles, qui n’étaient que l’emblème personnel de Childéric I, les armoiries des Mérovingiens, mais qu’en revanche la récupération du symbole par, somme toute, un usurpateur ayant usurpé d’autres usurpateurs, est une manoeuvre politique frauduleuse qui par une étrange ironie de l’histoire a fait choux blanc, puisque Bonaparte n’a pas endossé les insignes mérovingiens, mais seulement l’emblème personnel de Childéric I. Entre parenthèses notez que dans le tombeau de Childéric II ce ne sont pas des abeilles que l’on a retrouvées, mais des amphisbènes, c’est à dire des serpents monstrueux munis d’une deuxième tête sur leur queue...
Il est aussi intéressant de voir dans les écrits comment, dès lors que l’étau monarchique commence à se desserrer, que la menace de l’embastillement sur simple cachet du roi s’éloigne et que l’imprimatur royal n’est plus de mise, les langues commencent à se délier et la recherche historico-héraldique progresse.
Au sujet des anachronismes militaires et vestimentaires des représentations et figurations médiévales, on ne peut pas dire qu’ils constituent véritablement un obstacle à l’identification des personnages. Si par exemple vous regardez la tapisserie ou peinture murale des 9 preux, celle du château d’Anjony ou une autre, vous avez trois héros de l’antiquité, trois héros vétérotestamentaires et trois héros de la chrétienté, couvrant deux milles ans d’histoire si l’on tient compte de la chronologie biblique, pourtant les harnois, caparaçons et armes ne diffèrent guère d’un preux à l’autre, tout est de facture médiévale, mais vous avez la possibilité d’identifier les personnages par un caractère armorial distinctif, ainsi le roi David, le poète des Psaumes , arborant la lyre, ou encore Godefroy de Bouillon fermant la marche avec sa bannière parsemée de croix du Saint-Sépulcre.
Faut-il aussi rappeler qu’à l’époque médiévale les patronymes étaient bien souvent aussi des toponymes, l’attachement à la terre et la rareté des mutations rendant possible l’identification d’un homme avec son « locus », le cas échéant son royaume, son fief ou son apanage. Lorsque le roi battait le rappel de ses vassaux il pouvait fort bien s’exclamer: « Flandres, Bourgogne, Artois etc... à moi ! » et lorsque «Jérusalem approchait » c’était le roi Baudouin qui faisait mouvement.
Le deuxième problème sous-jacent aux armes crapaudières déformées et niées est effectivement celui de l’origine d’une telle symbolique, et j’en ferais probablement un prolongement à mes recherches. Nous tenons de Frédégaire la légende des origines, à savoir l’accouplement monstrueux et adultérin entre la femme de Clodion et une créature marine, dieu ou démon ou autre, l’ayant possédée alors qu’elle était au bain. Il faut mettre cette légende en parallèle avec le souci obsessionnel des Mérovingiens de préserver la pureté de leur sang, c’est ainsi que le premier cercle de consanguinité ou parentèle s’intégrait verticalement à la Sippe royale, ensemble généalogique se ramifiant en une origine commune. La légende serait-elle donc la transcription d’une origine d’outre-mer de la Sippe royale que les armoiries amphibiennes viendraient confirmer ?
Voici ce que l’on peut lire dans le tome premier de « l ’Encyclopédie méthodique (Avec approbation et privilège du roi)» de 1784, à l’article « Fleurs de Lis »
« Dans la découverte faite à Tournay, en 1653, du tombeau de Childeric I, on y trouva l’anneau de ce prince, environ cent médailles d’or des premiers empereurs romains, deux cents autres médailles d’argent toutes rouillées, un javelot, un graphium avec fon ftylet & des tablettes, le tout garni d’or ; une figure en or d’une tête de bœuf avec un globe de criflal, & des abeilles auffi toutes d’or, au nombre de trois cents & plus. Cette riche dépouille fut donnée à l’archiduc Léopold, qui étoit pour lors gouverneur des Pays-Bas ; & après fa mort, Jean-Philippe de Schonborn, électeur de Cologne, fit préfent à Louis XIV, en 1665, de ces précieux reftes du tombeau d’un de fes prédéceffeurs : on les garde à la bibliothèque du roi.
[b]M. Chifflet prétend donc prouver par ce monument, que les premières armes de nos rois étoient des abeilles[/b] & que des peintres & des fculpteurs mal-habiles ayant voulu les repréfenter, y avoient fi mal réuffi, qu’elles devinrent nos fleurs de lis, lorfque dans le douzième fiècle, la France & les autres états de la chrétienté prirent des armes blafonnées : [b]mais cette conjecture nous paroit plus imaginaire que fondée : parce que, fuivant toute apparence, les abeilles de grandeur naturelle & d’or maffif, trouvées dans le tombeau de Childeric I n’étoient qu’un fymbole de ce prince, & non pas fes armes[/b]. Ainsi, la découverte qu’on a faite, en 1646, du tombeau de Childeric II, en travaillant à l’églife de S. Germain-des-Près, on trouva quantité de figures du ferpent à deux têtes, appelé par les Grecs amphifbène, lefquelles figures étoient fans doute le fymbole de Childeric II, comme les abeilles l’étoient de Childeric I. »
Plus récemment, le Professeur et académicien Jean-Tullard fait un sort à l’histoire des abeilles :
« Qui a fait coudre les Abeilles de Childéric ?
Ce sont de curieuses abeilles qui sont choisies et ce choix obéit à des considérations politiques.
Ici intervient un nouveau personnage, Vivant Denon, essentiel dans la vie artistique de l’Empire. Il avait été de l’expédition d’Egypte puis nommé en novembre 1802 directeur du Musée central des Arts, le Louvre. Il fut un véritable ministre des Beaux-Arts s’occupant de la frappe des médailles comme de l’élaboration de la colonne Vendôme et inspirant les enrichissements du Musée Napoléon. Comment n’aurait-il pas été mêlé au sacre ? C’est lui qui joue avec Joseph Gay, l’architecte lyonnais, le peintre Isabey qui dessine les armoiries impériales et l’orfèvre Biennais, un rôle déterminant dans la conception des abeilles. L’aigle faisait référence à Rome (rien à voir avec celui de l’Autriche ou de la Prusse), la couronne s’inspirait de Charlemagne, les abeilles se réclamèrent des Mérovingiens.
Parmi les bijoux retrouvés dans la tombe du père de Clovis, Childéric, en 1653, auraient figuré des abeilles. [b]S’agissait-il d’abeilles plutôt que des grillons ou de cigales, symboles de la mort et de la résurrection ? Ou encore de mouches, l’expression d’abord employée ? Ou de symboles phalliques ? Difficile de juger. Le trésor fut volé en 1831 au cabinet des médailles. Mais Jean-Jacques Chifflet avait eu le temps de l’interpréter dans son « Anastasis Childeric I. Francorum regis, sive thesaurus sepulchralis. Tornaci Nerviorum effossus et commentario illustratus », publié à Anvers en 1655.[/b] Selon Chifflet le manteau de brocart de soie pourpre dont on avait retrouvé des restes dans la tombe aurait été couvert d’abeilles d’or. Les deux abeilles encore conservées portent sur l’envers des petits anneaux qui laisseraient supposer qu’elles ont été cousues sur une étoffe. De là à en conclure qu’elles étaient le symbole du roi franc Childéric, il n’y avait qu’un pas vite franchi. Trois cents abeilles d’or auraient été cousues sur le manteau royal. Les retrouver sur le manteau impérial était souligner la continuité de Childéric à Napoléon. D’autant qu’une tradition affirmait que les fleurs de lys de la monarchie venaient de la stylisation des abeilles mérovingiennes. De ce symbole Napoléon tirait sa légitimité.
Pas question de reproduire telles quelles les abeilles (si abeilles il y a) de Childéric. [b]Vivant Denon et Isabey stylisèrent ces insectes en déployant leurs ailes pour leur donner l’apparence d’une fleur de lys.[/b] Napoléon n’était plus seulement l’héritier des Mérovingiens et des Carolingiens, mais aussi des Capétiens. Par la suite on revint aux abeilles traditionnelles, thème décoratif au même titre que l’aigle ou le N entouré de lauriers. »
Les chercheurs postérieurs considérèrent que du fait de la méconnaissance générale de l’art mérovingien au XVIème, le trésor du tombeau de Childéric I avait été mal interprété et l’abbé Cochet, grand archéologue normand qui réétudia le tombeau de Childéric I au XIXème siècle d’ironiser sur les travaux de Chifflet : « [b]Tout hérissé de grec et de latin, tout saupoudré de noms d'auteurs et d'extraits ce livre n'est guère qu'une nouvelle pierre sépulcrale scellée sur la tombe du roi franc[/b] ».
Le grand médiéviste Laurent Theis dans son « Clovis » paru en 1996, date du 1500ème anniversaire du Baptême, passant en revue les différentes explications concurrentes concernant les armes mérovingiennes conclut : « Quoi qu’il en soit, [b]la présence des crapauds l’emporte largement[/b] sur celle des croissants. Outre la majorité des textes qui traitent de l’origine des fleurs de lys, on la retrouve sur des miniatures, des tapisseries, par exemple celle que le duc de Bourgogne Jean Sans Peur offrit au dauphin Louis de Guyenne, le fils aîné de Charles VI, mort prématurément en 1415 ».
Nous pouvons donc conclure que Chifflet, plus archéologisant qu’archéologue dans un siècle ignorant tout de l’art mérovingien, s’est trompé de bonne foi en faisant des abeilles, qui n’étaient que l’emblème personnel de Childéric I, les armoiries des Mérovingiens, mais qu’en revanche la récupération du symbole par, somme toute, un usurpateur ayant usurpé d’autres usurpateurs, est une manoeuvre politique frauduleuse qui par une étrange ironie de l’histoire a fait choux blanc, puisque Bonaparte n’a pas endossé les insignes mérovingiens, mais seulement l’emblème personnel de Childéric I. Entre parenthèses notez que dans le tombeau de Childéric II ce ne sont pas des abeilles que l’on a retrouvées, mais des amphisbènes, c’est à dire des serpents monstrueux munis d’une deuxième tête sur leur queue...
Il est aussi intéressant de voir dans les écrits comment, dès lors que l’étau monarchique commence à se desserrer, que la menace de l’embastillement sur simple cachet du roi s’éloigne et que l’imprimatur royal n’est plus de mise, les langues commencent à se délier et la recherche historico-héraldique progresse.
Au sujet des anachronismes militaires et vestimentaires des représentations et figurations médiévales, on ne peut pas dire qu’ils constituent véritablement un obstacle à l’identification des personnages. Si par exemple vous regardez la tapisserie ou peinture murale des 9 preux, celle du château d’Anjony ou une autre, vous avez trois héros de l’antiquité, trois héros vétérotestamentaires et trois héros de la chrétienté, couvrant deux milles ans d’histoire si l’on tient compte de la chronologie biblique, pourtant les harnois, caparaçons et armes ne diffèrent guère d’un preux à l’autre, tout est de facture médiévale, mais vous avez la possibilité d’identifier les personnages par un caractère armorial distinctif, ainsi le roi David, le poète des Psaumes , arborant la lyre, ou encore Godefroy de Bouillon fermant la marche avec sa bannière parsemée de croix du Saint-Sépulcre.
Faut-il aussi rappeler qu’à l’époque médiévale les patronymes étaient bien souvent aussi des toponymes, l’attachement à la terre et la rareté des mutations rendant possible l’identification d’un homme avec son « locus », le cas échéant son royaume, son fief ou son apanage. Lorsque le roi battait le rappel de ses vassaux il pouvait fort bien s’exclamer: « Flandres, Bourgogne, Artois etc... à moi ! » et lorsque «Jérusalem approchait » c’était le roi Baudouin qui faisait mouvement.
Le deuxième problème sous-jacent aux armes crapaudières déformées et niées est effectivement celui de l’origine d’une telle symbolique, et j’en ferais probablement un prolongement à mes recherches. Nous tenons de Frédégaire la légende des origines, à savoir l’accouplement monstrueux et adultérin entre la femme de Clodion et une créature marine, dieu ou démon ou autre, l’ayant possédée alors qu’elle était au bain. Il faut mettre cette légende en parallèle avec le souci obsessionnel des Mérovingiens de préserver la pureté de leur sang, c’est ainsi que le premier cercle de consanguinité ou parentèle s’intégrait verticalement à la Sippe royale, ensemble généalogique se ramifiant en une origine commune. La légende serait-elle donc la transcription d’une origine d’outre-mer de la Sippe royale que les armoiries amphibiennes viendraient confirmer ?