Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

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Trahison de Judas et reniement de Pierre

par etienne lorant » mar. 26 mars 2013, 10:25

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38.
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, au cours du repas qu'il prenait avec ses disciples, il fut bouleversé au plus profond de lui-même, et il attesta : " Amen, amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera. "
Les disciples se regardaient les uns les autres, sans parvenir à comprendre de qui Jésus parlait.
Comme il y avait à table, tout contre Jésus, l'un de ses disciples, celui que Jésus aimait, Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C'est celui à qui j'offrirai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l'Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit le sens de cette parole. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d'acheter ce qu'il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.
Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit aussitôt ; il faisait nuit.
Quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt.
Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi.
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je m'en vais, tu ne peux pas me suivre pour l'instant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois.



C'est à partir de ce dernier repas que Jésus va sortir du déroulement de l'histoire selon la conception humaine par laquelle tout a un commencement et une fin. Dieu en Jésus-Christ s'est manifesté aux hommes en entrant dans leur perception du temps - à présent, il va en sortir pour mieux y demeurer, non plus selon la chair, mais "en esprit et en vérité".
Voilà pourquoi en chaque Eucharistie nous célébrons en même temps, au même instant, la mort et la résurrection. C'est aussi la raison pour laquelle chaque parole de Jésus dans les Évangiles pour chaque temps et peut rejoindre chaque être humain au cour de sa propre vie.

Mais pour l'heure, les disciples ne comprennent pas. Judas lui-même comprend-il bien ce qu'il va faire ? Il n'est certes pas le personnage odieux, vulgaire, vénal et lâche qu'on s'est parfois plus à le le dépeindre. Mais il s'est certainement laissé gagner par le questionnement des autres juifs au sujet de Jésus.
Les pharisiens et les chefs des prêtres craignaient que, par ses déclarations, Jésus anéantisse leur conception de ce que doit être la relation à Dieu.
En outre, la réussite de Jésus ferait disparaître leurs privilèges et leur autorité sur le reste du peuple. Et donc, en livrant Jésus, Judas, soit deviendrait le héros qui a permis à Israël d'échapper à un grave danger, soit serait celui qui permit au Christ de se faire reconnaître comme Messie une fois pour toutes.
C'est en ce double calcul, me semble-t-il, que Satan prend possession de Judas.

La trahison de Pierre lui est également annoncée. Pierre n'est-il pas notre "modèle type" de pécheur ? Nous proclamons notre foi chaque dimanche, mais le ferions-nous encore aussi simplement si survenait une nouvelle persécution des chrétiens ?

Re: La personnalité mystérieuse de Judas

par Anne » jeu. 21 avr. 2011, 4:51

Göreme a écrit :Merci AnneT. Jusqu'à présent je n'avais jamais cherché à approfondir ces textes.


Moi non plus ! ;)
Heureusement que nous avons des exégètes sur notre forum ! :merci:
Sérieusement, l'exégèse m'intéresse mais je n'ai nullement la prétention d'être une exégète ! :>

Au plaisir ! :ciao:

Re: La personnalité mystérieuse de Judas

par lmx » mer. 20 avr. 2011, 23:37

Voici un autre développement dans la note de cette Bible p11 qui rejoint ce qu'a dit AnneT .

http://jesusmarie.free.fr/bible_fillion_actes.pdf

Re: La personnalité mystérieuse de Judas

par Göreme » mer. 20 avr. 2011, 22:08

Merci AnneT. Jusqu'à présent je n'avais jamais cherché à approfondir ces textes. Heureusement que nous avons des exégètes sur notre forum ! :merci:

Re: La personnalité mystérieuse de Judas

par Anne » mer. 20 avr. 2011, 21:50

Je vais faire plaisir à Cracboum et secouer un peu mes fagots exégétiques... ;)
[...] Pour la plupart des gens, les deux lopins de terre mentionnés dans les deux passages ci-dessus sont identiques et le "salaire de l’iniquité" des Actes 1:18 se réfère aux trente pièces d’argent de Matthieu 27:3-5. Cependant, nous avons les raisons ci-après de croire qu’il n’y a rien de tout cela:

1. Différents acheteurs

Les acheteurs du lopin de terre mentionné dans Matthieu 27 étaient différents de l’acheteur du lopin de terre de la référence citée dans les Actes 1. En fait, le lopin de terre mentionné dans Matthieu, fut acheté PAR LES GRANDS PRÊTRES (Matthieu 27:6-7). De l’autre côté, le lopin de terre mentionné dans Actes fut acheté par JUDAS (Actes 1:18).

2. Différente monnaie

La monnaie qui a été utilisée pour l’acquisition du lopin de terre mentionné dans Matthieu 27 était différente de la monnaie qui fut utilisée pour l’acquisition du lopin de terre mentionné dans Actes 1. En effet, l’acquisition du premier champ l’a été avec les trente pièces d’argent que Judas jeta dans le temple (Matthieu 27:5-7). En conséquence, le "salaire de l’iniquité" que Judas utilisa pour acquérir le lopin de terre (Actes 1:18) ne pouvait pas être les trente pièces d’argent, puisqu’il les jeta dans le temple et il était donc impossible qu’il puisse s’en servir.

Concernant l’identité et la source du "salaire d’iniquité", la phrase elle-même déclare que cela était obtenu malhonnêtement. La même phrase est également utilisée dans II Pierre 2:15 où les mêmes mots grecs sont traduits comme "salaire d’injustice". Donc, la référence renvoie aux dons que Balaam chérit (Nombres 22:7) et pour lesquels il désobéit à ce que Dieu lui commanda de faire[1]. Généralement donc, le "salaire d’iniquité" est un titre pour de l’argent mal acquis. Concernant donc le cas spécifique de Judas, Jean 12:6 le dit clairement qu’il "était voleur, et qu’il tenait la bourse; ET IL PRENAIT CE QU’ON Y METTAIT". Par conséquent, puisque Judas était voleur et qu’il utilisait ce qu’on mettait dans la bourse, nous pouvons aisément comprendre que l’argent mal acquis, le "salaire d’iniquité" des Actes 1:18, n’était rien d’autre que l’argent volé de la bourse. C’était avec cet argent que Judas acquit son lopin de terre.

3. Différents mots grecs

Un autre point qui jette la lumière sur la différence des deux lopins de terre est le fait de l’utilisation de deux différents mots grecs qui sont utilisés pour chacun des lopins de terre. Malheureusement, cela a échappé dans la traduction anglaise qui traduit tous les deux lopins de terre en une seule expression, à savoir "champ de sang". Néanmoins, le texte grec montre clairement qu’il n’y a que le lopin de terre dont référence est donnée dans Matthieu qui pouvait être caractérisé comme un champ. Effectivement, le mot grec utilisé est "agros" signifiant "champ".

Cependant, le mot grec utilisé dans Actes 1:19 est "chorion" qui veut dire "un endroit particulier, propriété, domaine foncier[2]". Donc, tandis que les prêtres et les anciens achetèrent un "agros", un champ, Judas acheta un "chorion", une propriété. Se basant sur le texte grec, ce que les prêtres achetèrent était appelé "agros de sang" tandis que ce que Judas acheta était appelé "chorion de sang".

4. Différentes raisons justifiant leurs noms

En plus de tout ce qui précède, les deux lopins de terre étaient respectivement appelés "agros de sang" (Matthieu 27:8) et "chorion de sang" (Actes 1:19) pour différentes raisons. En effet, le "agros de sang" que les grands prêtres achetèrent était appelé comme cela parce que c’était acheté au "prix de sang" (Matthieu 27:7, 9) c.-à-d. avec les trente pièces d’argent payé pour le sang du Seigneur Jésus Christ. Cependant, le "chorion de sang" que Judas acheta fut appelé comme cela parce que Judas s’y suicida (Actes 1:19).

5. Conclusion

De ce qui précède, il est évident que les Actes 1:15-20 et Matthieu 27:3-8 parlent de deux différents lopins de terre.

Matthieu 27 parle d’un champ, "agros", qui fut acheté par les prêtres avec les trente pièces d’argent que Judas jeta par terre. C’était appelé "agros de sang" parce que c’était acheté au "prix du sang" c.-à-d. avec les trente pièces d’argent payées pour le sang du Seigneur Jésus Christ.

Actes 1 d’autre part parle d’une propriété, un domaine foncier, un "chorion", qui fut acheté par Judas avec le "salaire d’iniquité" c.-à-d. avec l’argent volé de la bourse. C’était appelé "chorion de sang" parce que Judas s’y suicida.

Tassos Kioulachoglou

Les deux "champs de sang"

(Basé sur l’analyse de E.W. Bullinger: The Companion Bible, Annexe 161: "Le rachat du “champ du Potier". L’ensemble des ouvrages de E.W. Bullinger est du domaine public)
Je ne l'ai retrouvé qu'en cache...

http://webcache.googleusercontent.com/s ... e-sang.htm

Ailleurs, on mentionne que Judas est tombé de son arbre après s'être pendu dans le-dit champs, que son corps en putréfaction s'est ouvert et que c'est alors que ses entrailles ont décidé de faire une apparition remarquée...

Vous faites ce que vous voulez de celle-là... :sonne:

Le calcul et la sueur du traître

par stephlorant » mer. 20 avr. 2011, 16:39

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26,14-25.
L'un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.


D'abord, convenir de la somme, ensuite cherchez l'occasion. Le travail de traître demande de l'application ! Ce qui me fait dire qu'il coule du front de l'homme autant de sueur quand il fait le mal que quand il fait le bien... mais la sueur de l'un sent meilleur que celle de l'autre !

C'est un dur métier de trahir, et c'est d'autant plus lourd que çà sent mauvais, qu'il faut s'y corrompre et s'y avilir (comme dans le fait de choisir un baiser amical comme signe de reconnaissance pour dire : "Allez-y, c'est lui !) Les traîtres ne sont jamais aimés - évidemment pas de ceux qu'ils ont donnés, mais pas non plus de ceux à qui ils vendent, car trahir sent partout la mort et le cadavre.

Or, dans quel but ? Pourquoi ? Judas, s'il avait volé dans la bourse commune, avait déjà dû se constituer un bon petit butin, tenu au secret, en attendant d'autres occasions. Mais peut-être a-t-il que son heure de gloire était enfin arrivée ! Peut-être espérait-il encore de forcer son maître à manifester sa puissance ? Comme il est difficile de pénétrer dans les méandres des pensées de Judas afin d'en dégager la motivation profonde !

Je songe à ce que j'ai lu parfois: "Après tout, Pierre aussi a
renié Jésus, et les autres se sont enfuis - l'un d'entre eux a même
laissé son vêtement : que des braves !" Et donc: pourquoi condamner le seul Judas ? Après tout, il fut l'instrument du destin! Sauf que si ce n'avait été Judas, il s'en fut trouvé un autre. Judas ne devait donc pas traîner. Il lui fallait trouver le bon moment pour s'éloigner des uns afin de s'approcher des autres. Tandis que Pierre à renié sous l'emprise de la panique, et que Jean et les autres se sont enfuis à l'heure la plus pénible du petit matin - j'aurais fui, moi aussi, et vite encore !

Finalement, ce qui distingue Judas parmi tous, c'est son calcul. Un calcul prolongé dans le temps. Un calcul comme une succession de chiffre 6 qui ne conduit jamais à 7 - voici pour le démon. Judas a certainement voulu aimer, mais à la fin il était plus fort en calcul qu'en amour. L'amour permet de se donner soi-même et de s'oublier, tandis le calcul pousse à tout évaluer et finalement, on s'y perd. Pierre a pleuré son reniement et fut pardonné; le calculateur s'est pendu: car se pendre, c'est dire encore
une fois : je ne puis être pardonné, puisque moi je ne vaux rien...

Je m'arrête ici, car ses pensées, les miennes, finiraient par me donner la chair de poule, c'est vraiment une descente dans les ténèbres et le Psaume 55 en est rempli...

« Si l'insulte me venait d'un ennemi,
je pourrais l'endurer ;
si mon rival s'élevait contre moi,
je pourrais me dérober.
Mais toi, un homme de mon rang,
mon familier, mon intime !
Que notre entente était bonne,
quand nous allions d'un même pas dans la maison de Dieu !
Un traître a porté la main sur ses amis,
profané son alliance :
il montre un visage séduisant,
mais son cœur fait la guerre ;
sa parole est plus suave qu'un parfum,
mais elle est un poignard. »

Re: La personnalité mystérieuse de Judas

par Göreme » mer. 20 avr. 2011, 9:52

Judas avec ses faits et gestes, semble être la démonstration de comment Satan intervient dans une vie d'homme. Il avait été choisi, comme les 11 autres, pour être apôtre. Avec eux il a vécu la vie et les miracles de Jésus. Mais, pour 30 pièces d'argent, il a vendu son Maître .

La fin de Judas ? Selon St.Matthieu (27,5), pris de remords, il se pendit après sa trahison. Il aurait voulu rendre les pièces, mais les grands prêtres rejetèrent cet argent.
Selon les Actes des Apôtres (1,18), Judas a acquis un champ avec le salaire de son crime. Lorsqu'il se rendit dans ce champs, il chuta et se rompit le corps de telle manières que ses entrailles se répandirent alentours. Ce champ, appelé jusqu'alors "champ du potier", a pris depuis le nom de "champ du sang"

Pendant Sa passion, deux apôtres ont trahi Jésus : Simon-Pierre qui a prétendu ne pas le connaitre (avant le chant du coq) et Judas, qui l'a vendu (en lui donnant un baiser). Le premier s'est cependant libéré de ses fautes, en pleurant et en se livrant au pardon du Christ (la confession). Le second a assumé l'entière responsabilité de son acte et a voulu effacer sa faute par un geste d'autopunition (suicide).

Ces 2 récits du Nouveau Testament quant à la mort de Judas, apparaissent contradictoires, mais le sont-ils vraiment? Y aurait-il une autre explication ?

Re: La personnalité mystérieuse de Judas

par St Paul » mer. 20 avr. 2011, 7:17

Bonjour à tous,
Bravo stephlorant, très belle initiative de pardonner à ceux qui nous en déçu :clap:
Merci pour ces belles paroles
Cordialement

Re: La personnalité mystérieuse de Judas

par Anne » mar. 19 avr. 2011, 20:35

Merci Étienne pour cette méditation pleine de finesse et de justesse, comme toujours ! :>

Je n'avais pas songé à ce parallèle entre LA trahison et les "petites" trahisons que nous avons à subir tous les jours...

La personnalité mystérieuse de Judas

par stephlorant » mar. 19 avr. 2011, 7:56

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38.

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, au cours du repas qu'il prenait avec ses disciples, il fut bouleversé au plus profond de lui-même, et il attesta : " Amen, amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera. "
Les disciples se regardaient les uns les autres, sans parvenir à comprendre de qui Jésus parlait.
Comme il y avait à table, tout contre Jésus, l'un de ses disciples, celui que Jésus aimait,
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C'est celui à qui j'offrirai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l'Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit le sens de cette parole.
Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d'acheter ce qu'il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.
Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit aussitôt ; il faisait nuit.
Quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt.
Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi.
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je m'en vais, tu ne peux pas me suivre pour l'instant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Des contes très modernes circulent sur la personnalité de Judas: il ne faudrait plus le considérer comme le personnage veule, lâche et corrompu qui se serait glissé dans l'entourage de Jésus afin de profiter de la popularité de son maître. Mais on est allé jusqu'à présenter un "traître prédestiné, choisi par Dieu afin que s'accomplissent les Ecritures !"

Il n'empêche que, comme à tous les autres disciples, Jésus a donné des pouvoirs pour chasser les démons, guérir les malades, mais aussi annoncer la bonne nouvelle du Royaume ! A lui aussi, fut confiée la bourse commune, dont il est peu question dans les textes d'Evangile, car le Seigneur faisait peu de cas de l'argent - ou plutôt, il en relevait le 'potentiel de danger' pour l'âme.

Dans le film "Jésus de Nazareth", de Zefirelli, Judas est présenté comme un homme qui avait des ambitions politiques, qui croyait à un renversement par le Christ des autorités du Sanhédrin comme de celles des Romains; il aurait nourri le projet de jouer un rôle de premier plan dans le futur 'gouvernement' du Christ en Israël. C'est une image de Judas beaucoup plus élaborée et je la crois fort plausible. Tout à la fin, constatant qu'en dépit de ses pouvoirs, Jésus allait laisser agir contre lui-même ses ennemis les plus acharnés, il aurait joué son va-tout en le livrant. Ce portrait de Judas me paraît beaucoup plus crédible.

L'Evangile, quant à lui, s'en tient à montrer combien un traître est quelqu'un de proche. Il dévoile combien l'on peut s'étonner et souffrir d'avoir été trahi par une personnes que nous avions choisie et traitée avec un grand respect. Je l'ai souvent écrit : on n'est jamais mieux trahi que par ceux que l'on aime ! La trahison est un mot affreux car elle signifie un renversement soudain et brutal de la confiance en une personne aimée. Or, si l'Evangile retient cela, c'est parce que c'est cela qui compte. D'ailleurs, Judas est le seul à quitter le repas de l'institution de l'Eucharistie et la bouchée de pain qu'il avale, au lieu de l'unir à Jésus et aux autres apôtres, fait entrer le démon en lui.

Je trouve qu'au cours de cette journée, il serait bon de nous souvenir des amitiés perdues, de ceux que nous avons aimés mais qui nous ont trompés, des membres de nos familles qui se sont écartés, de nos collègues de travail qui ont essayé de nous voler la place par des procédés peu honnêtes, et combien d'autres. Prions pour eux aussi, afin que le désespoir un jour n'entre point en eux pour les conduire à leur perte...

Re: Judas, le traître, l'un des nôtres !

par Kerniou » dim. 07 nov. 2010, 18:45

Merci pour vos réflexions sur la trahison, Etienne, elles me parlent et touchent profondément.
Je ne connaissais pas cette phrase de Simone Weill. Je vais la noter et la méditer.
Nul n'est tout noir, nul n'est tout blanc, nous sommes tous des pêcheurs qui sont amenés à pardonner et à être pardonnés.

Re: Judas, le traître, l'un des nôtres !

par christiane » dim. 07 nov. 2010, 18:27

Très beau partage, Bruno.

Judas, le traître, l'un des nôtres !

par etienne lorant » sam. 06 nov. 2010, 19:34

Hier...
J'ai songé ce vendredi à la trahison de Judas. Je me suis souvenu de la figure que certains films lui confèrent... mais en y réfléchissant, cela ne tient pas la route. L'imagerie populaire a eu beau conférer à Judas la figure-type du traître, un homme au visage par avance marqué d'infamie, au regard fuyant, à l'agitation révélatrice, ou que sais-je encore, je constate que l'Évangile, quant à lui, nous montre un proche du Seigneur, proche comme tous les autres.

D'ailleurs, au cours du repas, il ne devait pas être attablé loin du Maître puisque que c'est de lui qu'il reçoit bouchée à manger. Geste si simple, affectueux, que cette bouchée de pain d'abord trempée, puis remise: on dirait une mère donnant la cuillerée de soupe à son enfant ! Les autres disciples ont vu cela, mais personne n'a vu clair, car en fait, c'est à ce moment-là que tout bascule dans l'esprit de Judas. Mais comment ? Qui le dira, qui l'expliquera ? Le signe de cette bouchée me rappelle tout de suite le psaume 54:

Si l’insulte me venait d’un ennemi,
je pourrais l’endurer ;
si mon rival s’élevait contre moi,
je pourrais me dérober.

Mais toi, un homme de mon rang,
mon familier, mon intime !
Que notre entente était bonne,
quand nous allions d’un même pas
dans la maison de Dieu !

et il me semble que sa traduction est que "l'on n'est jamais mieux trahi que par ceux que l'on aime". En effet, le caractère monstrueux de la trahison ne procède pas de l'acte en lui-même, mais du renversement brutal de l'affection qui unissait les deux parties.

Du coup, l'autre trahison, celle de Pierre, pourrait être mise sur le même plan. Et l'on pourrait même plaider en faveur de Judas que celui-ci, du moins, ne s'était pas engagé à donner sa vie ! Mais je ne relève ce point que pour démontrer encore combien porter un jugement est moins simple qu'il paraît.

Il y a dans ma mémoire la trace d'une ou deux trahisons que j'ai subies et dont j'ai gardé une certaine amertume... Le pardon est toujours difficile, il doit être reconduit d'année en année et j'aurai difficile jusqu'à la fin. Mais je n'éprouve plus de révolte, car je me dis désormais, comme Simone Weil, qu'il faut accepter de "souffrir injustement pour les souffrances que nous avons injustement causées". Curieusement mes propres traîtrises (il y en a forcément eu quelques-une) semblent échapper à l'examen de ma conscience: mon miroir a de ces oublis fâcheux...

Le péché de Judas

par etienne lorant » mar. 30 mars 2010, 16:17

Ce que tu fais, fais-le vite !"

Au moment où Judas a goûté le pain de Vie, il s'est pour lui seul, à cause de sa faute cachée, de ses rêveries malsaines de pouvoir et d'argent, transformé en pain de mort. Livrer Jésus, tous auraient pu le faire, et d'ailleurs, ils se sont regardés les uns les autres en se disant "Serait-ce moi ? " Même Pierre qui assure pouvoir mourir avec son maître, était capable de livrer Jésus. A ce moment-là, tout était possible. Il faut se souvenir que le Christ avait laissé aux disciples de nombreux signes (dont la Transfiguration, et aussi la résurrection de Lazare), mais il est dit, dans plusieurs passages, qu'ils ne comprenaient pas. Marthe, la soeur de Lazare, énonce très simplement l'idée que tous se font au sujet de la résurrection. Jésus lui dit : "Ton frère ressuscitera." Et elle répond: "Je sais qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour." Et si l'on disposait d'une bande sonore de sa déclaration, nul doute qu'on percevrait son soupir: le dernier jour semble infiniment lointain !

C'est dire la confusion et le trouble dans lesquels ils ont tous plongé, lorsque Jésus a dit : "L'un de vous va me livrer". Jésus ne commandite pas le crime, et il n'y a pas chez Judas une sorte de prédestination à accomplir l'Histoire (c'est fou ce qu'on peut lire !), mais il lui révèle simplement le poids qui a fondu dans son coeur, cette espèce de "détermination-sans-amour" qui est l'intention de pécher... Chacun d'entre nous, hélas, sait ce qu'il en est...

En réalité, nous aussi nous avons livré Jésus et nous le faisons encore lorsque nous nous détournons du souffle qui anime notre coeur. Il existe pourtant un remède que Jésus lui-même nous a laissé. Il nous faut répéter comme Jésus: "Seigneur, non comme je veux, mais comme Toi Tu veux !", car nous déclarons ainsi qu'en dépit de notre misère, nous Lui faisons confiance, nous Lui remettons notre esprit. C'est cela que Dieu attend pour nous faire miséricorde - et si nous sommes bien disposés à faire Sa volonté, si nous croyons vraiment que c'est ce qu'il y a de meilleur pour nous, alors nous pouvons prétendre à la sainteté même.

Le tort de Judas, finalement, c'est de s'être pendu: car nous ne pouvons juger nous-mêmes. L'histoire du bon larron en est la preuve: il s'est repenti et s'est retrouvé "aujourd'hui même" dans le paradis. Puissions nous, dès ce monde, entrer dans la Joie du Père qui a veillé chaque jour notre retour ...

Re: Judas aussi, pour qu'on ne doute pas de l'Amour !

par etienne lorant » mer. 08 juil. 2009, 14:32

Cher Coeurderoy,

En dépit des ennuis de santé qu'il me cause, mon agresseur fait évidemment partie de ces âmes qui ont un urgent besoin de miséricorde. Quand j'ai médité cet incident, en fin de journée, je me suis dit que le Seigneur me l'avait envoyé - comme de nombreux autres en de nombreuses années, et la seule différence, c'est que lui a manifesté ce besoin de manière plus "frappante" que les autres. En définitive, quoi qu'il arrive on en trouve trace dans la parole de Jésus. J'ai songé notamment à celle-ci: "Si j'ai mal parlé, tu as raison de me frapper. Mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?" Devant le serviteur du grand-prêtre, qui venait de le gifler, Jésus est resté imperturbable. Je suis plus sensible de mes nerfs, mais j'ai constaté tout de même que cet enragé qui m'a mordu n'a pas pu déchirer ma peau: elle était protégée !

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