par Cgs » mer. 03 juin 2009, 13:26
Raistlin a écrit :
Pour ce qui est du "devoir" du citoyen, c'est une fumisterie : en effet, les votes blancs n'étant pas pris en compte, il est préférable - pour faire entendre sa voix - de s'abstenir que de voter blanc.
Permettez-moi, cher Raistlin, de ne pas être d'accord avec vous (pour une fois

). Lorsque le choix des candidats n'est pas acceptable pour soi, on peut l'exprimer via le vote "blanc". Il sert donc bien à quelque chose, et montre que l'on participe au système démocratique et à ses règles, même si l'on exprime le fait qu'aucun candidat ne nous sied.
Au contraire, observer le fait que quelqu'un n'aille pas voter ne renseigne en rien sur ce qu'il exprime comme opinion, car il ne s'est pas exprimé. Il peut très bien ne rien avoir à faire des élections européennes, ne pas avoir pu voter pour des raisons personnelles, refuser d'entrer dans le jeu démocratique et restaurer la monarchie de droit divin ou une dictature quelconque, estimer que seule la loi du plus fort est légitime et donc refuser pour cette raison de participer aux élections démocratiques, etc.
Bref, l'abstention n'a pas de signification claire.
Et pourtant - j'anticipe sur votre réponse - en termes de résultats et d'impact sur l'opinion, il vaut mieux se ranger du côté des abstentionnistes, car on en parle davantage dans les médias. Ceci est tout à fait vrai. Mais comment interpréter cette abstention ? Désintérêt de la politique ? Volonté de changer de système ? Perception de l'inutilité du fonctionnement démocratique ? On ne sait pas vraiment. Je ne vous rejoins donc pas lorsque vous affirmez qu'il vaut mieux s'abstenir pour faire entendre sa voix. Justement, de façon essentielle, quand on s'abstient, on n'exprime pas clairement son opinion.
A mon sens, le problème majeur de la démocratie est de ne pas tenir compte des votes "autres", dont les votes blancs (et nuls, aussi). En conséquence, l'abstention fausse l'expression de la volonté du populaire, et la représentativité en prend un coup. D'où des dérives, comme par exemple en France, où un élu ne représentant qu'une faible majorité de la population, ce qui conduit les mécontents à utiliser d'autres moyens que leur bulletin de vote pour s'exprimer (manifestations, violences, etc). L'expression "on est gouverné par la rue", est quand même assez représentative des imperfections de notre démocratie.
Les solutions ? Je ne sais pas. D'autres pays ont essayé des formes de démocraties aménagées : obligation de voter sous peine de sanction, référendums fréquents, etc.
D'ailleurs, y a-t-il un pays au monde où les votes blancs et nuls soient comptabilisés réellement ? (c'est-à-dire qu'il ne sont pas exclus pour les calculs de pourcentages qui déterminent le vainqueur d'une élection)
Bien à vous,
[quote="Raistlin"]
Pour ce qui est du "devoir" du citoyen, c'est une fumisterie : en effet, les votes blancs n'étant pas pris en compte, il est préférable - pour faire entendre sa voix - de s'abstenir que de voter blanc.
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Permettez-moi, cher Raistlin, de ne pas être d'accord avec vous (pour une fois :) ). Lorsque le choix des candidats n'est pas acceptable pour soi, on peut l'exprimer via le vote "blanc". Il sert donc bien à quelque chose, et montre que l'on participe au système démocratique et à ses règles, même si l'on exprime le fait qu'aucun candidat ne nous sied.
Au contraire, observer le fait que quelqu'un n'aille pas voter ne renseigne en rien sur ce qu'il exprime comme opinion, car il ne s'est pas exprimé. Il peut très bien ne rien avoir à faire des élections européennes, ne pas avoir pu voter pour des raisons personnelles, refuser d'entrer dans le jeu démocratique et restaurer la monarchie de droit divin ou une dictature quelconque, estimer que seule la loi du plus fort est légitime et donc refuser pour cette raison de participer aux élections démocratiques, etc.
Bref, l'abstention n'a pas de signification claire.
Et pourtant - j'anticipe sur votre réponse - en termes de résultats et d'impact sur l'opinion, il vaut mieux se ranger du côté des abstentionnistes, car on en parle davantage dans les médias. Ceci est tout à fait vrai. Mais comment interpréter cette abstention ? Désintérêt de la politique ? Volonté de changer de système ? Perception de l'inutilité du fonctionnement démocratique ? On ne sait pas vraiment. Je ne vous rejoins donc pas lorsque vous affirmez qu'il vaut mieux s'abstenir pour faire entendre sa voix. Justement, de façon essentielle, quand on s'abstient, on n'exprime pas clairement son opinion.
A mon sens, le problème majeur de la démocratie est de ne pas tenir compte des votes "autres", dont les votes blancs (et nuls, aussi). En conséquence, l'abstention fausse l'expression de la volonté du populaire, et la représentativité en prend un coup. D'où des dérives, comme par exemple en France, où un élu ne représentant qu'une faible majorité de la population, ce qui conduit les mécontents à utiliser d'autres moyens que leur bulletin de vote pour s'exprimer (manifestations, violences, etc). L'expression "on est gouverné par la rue", est quand même assez représentative des imperfections de notre démocratie.
Les solutions ? Je ne sais pas. D'autres pays ont essayé des formes de démocraties aménagées : obligation de voter sous peine de sanction, référendums fréquents, etc.
D'ailleurs, y a-t-il un pays au monde où les votes blancs et nuls soient comptabilisés réellement ? (c'est-à-dire qu'il ne sont pas exclus pour les calculs de pourcentages qui déterminent le vainqueur d'une élection)
Bien à vous,