par coeurderoy » dim. 21 juin 2009, 1:21
Est-ce parce que mes aïeux vivaient près d'Epernay et que c'est près de Port-à-Binson que la berline royale, de retour de Varennes, rencontra les membres de l'Assemblée Nationale venus à sa rencontre, est-ce l'amour du voyage et de la route, celui des grandes vacances, de l'intimité d'une famille fuyant la ville grondeuse en direction de l'Est, ou, plus certainement les épisodes troublants et inquiétants de cette journée fatale de la Révolution....toujours-est-il que chaque 21 juin je me remémore ce "voyage de Montmédy" écourté pour rester dans l'Histoire sous le nom de "Fuite à Varennes". La lecture des ouvrages de Lenôtre, Castelot, Girault de Coursac, Dumas et bien d'autres qui empruntèrent la route champenoise, s'arrêtèrent aux relais, scrutèrent le paysage, me laisse un sentiment obscur et troublant. La vérité semble ne jamais vraiment pouvoir réussir à émerger de cette affaire...
Je suis (forcément...) du côté des fugitifs traqués, sans doute trahis, j'imagine leurs espoirs au fur-et-à mesure que les lieues se multipliaient entre leur équipage et la capitale. A Châlons, en fin d'après-midi, on se croyait à l'abri de tout danger... Quelques lieues plus loin, à Poste-de-Somme-Vesle : personne, aucun hussard, aucun relais prêt... la blancheur de la plaine crayeuse de la Champagne, blafarde, poussiéreuse, et la peur qui vous étreint... Des visages harassés, des enfants épuisés, la chaleur de l'habitacle surchauffé, l'angoisse qui monte en attendant le final qui, comme pour Jésus, se joue dans les ténèbres d'une nuit malfaisante...
Je songe à eux en cette nuit du 20 au 21 juin, comme chaque année depuis trente ans déjà...étrange cette manie des dates. Peut-être l'aspect familial de l'évènement historique me touche-t-il davantage d'ailleurs : le roi aidant le dauphin à "jeter de l'eau" (uriner...) dans un vase de voyage, le relais à Chaintrix où il donne au maître de poste Jean de Lagny, royaliste qui l'a reconnu, une écuelle aujourd'hui encore conservée par ses descendants, les prières et l'espérance de Madame Elisabeth réconfortant sa belle-soeur, la simplicité et bonté des différents membres de la famille royale étonnant par leur courage et leur naturel des sujets surpris de voir une famille unie et aimante...
Il y a 218 ans à cette heure-ci ils avaient réussi à trahir la vigilance de leurs geôliers, quittaient la capitale haineuse et dangereuse et allaient vivre vingt quatre heures de liberté sans étiquette, sans espions...Des parents soucieux de la vie de leurs enfants...
Il faut que je "creuse" et trouve pourquoi cette date clef me fascine tant depuis juin 1979 très exactement....
Est-ce parce que mes aïeux vivaient près d'Epernay et que c'est près de Port-à-Binson que la berline royale, de retour de Varennes, rencontra les membres de l'Assemblée Nationale venus à sa rencontre, est-ce l'amour du voyage et de la route, celui des grandes vacances, de l'intimité d'une famille fuyant la ville grondeuse en direction de l'Est, ou, plus certainement les épisodes troublants et inquiétants de cette journée fatale de la Révolution....toujours-est-il que chaque 21 juin je me remémore ce "voyage de Montmédy" écourté pour rester dans l'Histoire sous le nom de "Fuite à Varennes". La lecture des ouvrages de Lenôtre, Castelot, Girault de Coursac, Dumas et bien d'autres qui empruntèrent la route champenoise, s'arrêtèrent aux relais, scrutèrent le paysage, me laisse un sentiment obscur et troublant. La vérité semble ne jamais vraiment pouvoir réussir à émerger de cette affaire...
Je suis (forcément...) du côté des fugitifs traqués, sans doute trahis, j'imagine leurs espoirs au fur-et-à mesure que les lieues se multipliaient entre leur équipage et la capitale. A Châlons, en fin d'après-midi, on se croyait à l'abri de tout danger... Quelques lieues plus loin, à Poste-de-Somme-Vesle : personne, aucun hussard, aucun relais prêt... la blancheur de la plaine crayeuse de la Champagne, blafarde, poussiéreuse, et la peur qui vous étreint... Des visages harassés, des enfants épuisés, la chaleur de l'habitacle surchauffé, l'angoisse qui monte en attendant le final qui, comme pour Jésus, se joue dans les ténèbres d'une nuit malfaisante...
Je songe à eux en cette nuit du 20 au 21 juin, comme chaque année depuis trente ans déjà...étrange cette manie des dates. Peut-être l'aspect familial de l'évènement historique me touche-t-il davantage d'ailleurs : le roi aidant le dauphin à "jeter de l'eau" (uriner...) dans un vase de voyage, le relais à Chaintrix où il donne au maître de poste Jean de Lagny, royaliste qui l'a reconnu, une écuelle aujourd'hui encore conservée par ses descendants, les prières et l'espérance de Madame Elisabeth réconfortant sa belle-soeur, la simplicité et bonté des différents membres de la famille royale étonnant par leur courage et leur naturel des sujets surpris de voir une famille unie et aimante...
Il y a 218 ans à cette heure-ci ils avaient réussi à trahir la vigilance de leurs geôliers, quittaient la capitale haineuse et dangereuse et allaient vivre vingt quatre heures de liberté sans étiquette, sans espions...Des parents soucieux de la vie de leurs enfants...
Il faut que je "creuse" et trouve pourquoi cette date clef me fascine tant depuis juin 1979 très exactement....