par Cinci » ven. 12 mai 2017, 18:40
Question très intéressante. Merci!
- Comment?
Eh bien, peut-être amener les protestants à contempler le fait que le mystère de la sainteté "extraordinaire" de Marie n'est en fait que le mystère de la sainteté de l'Église.
Le problème principal des protestants (je dis ce que je pense) c'est le scandale que leur pose l'idée qu'une Église bien définie, très bien circonscrite dans l'espace, personnalisable avec un toit, une adresse précise; et par-dessus tout qu'elle puisse être déclarée "sainte" quand elle ne le mériterait pas, lorsque tous les honneur qu'on lui ferait seraient usurpés!
Le choc est violent entre la "figure du Christ" qui nous est proposée dans les textes évangéliques, puis la réalité concrète qui est celle des hommes réels (et misérables!; tous les pauvres types) qui entrent dans l'Église pour la composer, pour ensuite la gouverner sur terre.
Oui, mais ...
On est bien d'accord pour accepter Dieu, pour accepter Jésus ... Oui, mais tant que Jésus reste un idéal lointain, très pur assurément, parfait, éthéré. Oui, tant que Jésus ne me dérange pas. Jésus en haut est parfait. Dans ma tête, il est excellent. Mais devoir toucher du doigt le Christ dans la chair même d'individus imparfaits semblables à moi : Je ne marche plus! Ça, ce serait faire une idole de la créature,dira-t-on. La réaction protestante est ainsi faite. C'est le refus de l'Église dans son acception humaine, matérielle, historique, concrète, délimitée, joignable parce que l'on pourrait aller frapper à sa porte, palpable dans ses sacrements matériels. éprouvable dans l'autorité aussi dont Dieu l'aurait revêtue, etc.
Et alors Marie
Marie c'est un être humain semblable à nous justement. Marie est la plus sainte de tous et toutes. Pas parce qu'elle le méritait. Parce que Dieu l'aura aimé (Lui, le premier) d'un amour de prédilection spéciale depuis toujours. Et Dieu l'aime ainsi parce qu'elle est la plus pauvre, la plus dépourvue en talents naturels, en moyens de se gonfler d'elle-même, de s'infatuer.
Marie c'est celle qui possède à la fois une vive conscience de sa petitesse, de son indignité foncière et de son néant. et qui fait pourtant l'expérience véritable d'être aimée d'une manière formidable par le Créateur de l'univers. Son élévation témoigne de l'amour qui est celui de Dieu pour nous autres qui sommes du néant. Marie représente l'antidote véritable à ce poison qu'est l'orgueil spirituel. C'est pourquoi on en parle comme de celle qui écrase la tête du serpent (... le diable et toute sa morgue, sa pompe). Elle est le contre-diable. Elle est celle qui rend possible l'Église littéralement. Nous, nous avons besoin d'elle et parce que c'est nous qui ne sommes pas encore saints, ou assez saints, ou encore trop épris de nous-mêmes, insuffisamment conscients de notre petitesse, encore trop incapables d'accepter la Parole de Dieu jusqu'au bout, incapables de souffrir le déshonneur qui nous serait infligé à devoir écouter le prêtre, à s'abaisser à devoir ...
Quand on parle de Marie, on parle de ce que Dieu fait à travers elle ou au travers sa médiation. C'est Dieu qui élève Marie. Et c'est précisément cela que les protestants ne veulent pas comprendre ou qu'ils refusent d'entendre.
Question très intéressante. Merci!
- Comment?
Eh bien, peut-être amener les protestants à contempler le fait que le mystère de la sainteté "extraordinaire" de Marie n'est en fait que le mystère de la sainteté de l'Église.
Le problème principal des protestants (je dis ce que je pense) c'est le scandale que leur pose l'idée qu'une Église bien définie, très bien circonscrite dans l'espace, personnalisable avec un toit, une adresse précise; et par-dessus tout qu'elle puisse être déclarée "sainte" quand elle ne le mériterait pas, lorsque tous les honneur qu'on lui ferait seraient usurpés!
Le choc est violent entre la "figure du Christ" qui nous est proposée dans les textes évangéliques, puis la réalité concrète qui est celle des hommes réels (et misérables!; tous les pauvres types) qui entrent dans l'Église pour la composer, pour ensuite la gouverner sur terre.
[b]Oui, mais ...
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On est bien d'accord pour accepter Dieu, pour accepter Jésus ... Oui, mais tant que Jésus reste un idéal lointain, très pur assurément, parfait, éthéré. Oui, tant que Jésus ne me dérange pas. Jésus en haut est parfait. Dans ma tête, il est excellent. Mais devoir toucher du doigt le Christ dans la chair même d'individus imparfaits semblables à moi : Je ne marche plus! Ça, ce serait faire une idole de la créature,dira-t-on. La réaction protestante est ainsi faite. C'est le refus de l'Église dans son acception humaine, matérielle, historique, concrète, délimitée, joignable parce que l'on pourrait aller frapper à sa porte, palpable dans ses sacrements matériels. éprouvable dans l'autorité aussi dont Dieu l'aurait revêtue, etc.
Et alors Marie
Marie c'est un être humain semblable à nous justement. Marie est la plus sainte de tous et toutes. Pas parce qu'elle le méritait. Parce que Dieu l'aura aimé (Lui, le premier) d'un amour de prédilection spéciale depuis toujours. Et Dieu l'aime ainsi parce qu'elle est la plus pauvre, la plus dépourvue en talents naturels, en moyens de se gonfler d'elle-même, de s'infatuer.
Marie c'est celle qui possède à la fois une vive conscience de sa petitesse, de son indignité foncière et de son néant. et qui fait pourtant l'expérience véritable d'être aimée d'une manière formidable par le Créateur de l'univers. Son élévation témoigne de l'amour qui est celui de Dieu pour nous autres qui sommes du néant. Marie représente l'antidote véritable à ce poison qu'est l'orgueil spirituel. C'est pourquoi on en parle comme de celle qui écrase la tête du serpent (... le diable et toute sa morgue, sa pompe). Elle est le contre-diable. Elle est celle qui rend possible l'Église littéralement. Nous, nous avons besoin d'elle et parce que c'est nous qui ne sommes pas encore saints, ou assez saints, ou encore trop épris de nous-mêmes, insuffisamment conscients de notre petitesse, encore trop incapables d'accepter la Parole de Dieu jusqu'au bout, incapables de souffrir le déshonneur qui nous serait infligé à devoir écouter le prêtre, à s'abaisser à devoir ...
Quand on parle de Marie, on parle de ce que Dieu fait à travers elle ou au travers sa médiation. C'est Dieu qui élève Marie. Et c'est précisément [u]cela[/u] que les protestants ne veulent pas comprendre ou qu'ils refusent d'entendre.