par zélie » mar. 02 juin 2009, 21:18
Merci Etienne! Je ne connaissais pas ce passage de la bible

et je n'avais même pas idée que la bible en parle à cet endroit et de cette façon, même si le thème d'honorer ses parents et de protéger sa famille sont des thèmes chers à la bible.
Ce texte et votre méditation me plongent dans mes souvenirs.
D'abord, cela me réjouit car j'ai essuyé de multiples deuils ces dernier mois, et l'un d'eux était un oncle, coureur, macho, un brin matador quoi. En fin de vie, ma tante, une sainte femme, patiente et maternelle comme un ange, devint sénile. Ce mari maquignon, qui y avait toujours tiré dessus pour la faire bosser comme un cheval de trait la soigna admirablement, à la stupéfaction générale de tout l'entourage. Quand cette femme mourut, il reprit sa vie de matamore, fier sur ses mollets serrés comme un coq sur ses ergots. Puis il mourut d'un cancer qui l'emporta en moins d'une lune. S'il n'avait pas été à son tour l'ange de sa femme, je me serais fait beaucoup de souci pour un tel être, qui ne se gênait pas pour m'effleurer les seins quand j'étais ado (je lui ai envoyé aussi sec mon pater pas content, ce fut fini). Mais de l'avoir vu sous un autre jour m'a révélé combien un être qu'on croyait perdu peut finalement devenir meilleur, et maintenant, au lieu de me faire du souci pour lui, je sais qu'il est près de Dieu, et qu'il ne cessera pas de s'en approcher au fur et à mesure de sa purification,
"Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée,
et elle relèvera ta maisonsi elle est ruinée par le péché".
Un autre souvenir est relié à ma trinité de mères. Il est d'usage dans les familles du sud, où rien n'a changé depuis un million d'années pour paraphraser Nino Ferrer, de conserver près de soi, tous les ancêtres; pour les enfants, c'est le pied intégral, quatre générations vous roulent les "r" dans les oreilles comme autant d'histoires médiévales. Entre autres, nous avons soigné, solidairement, trois adorables aïeux, qui bien sûr ont fini par mourir. Mais autant de nuits de veille furent autant de gestes d'amour, de prières pour aider leur départ, de mots pour les rassurer, les bercer. Mes parents épuisés n'ont jamais abandonné la partie; et à chaque fois que la fatigue nous terrassait sur un tabouret et qu'on se réveillait tordu comme un olivier, on se disait: "ils sont là, encore un jour, encore un, merci le Ciel". Tant qu'ils sont là... la mémoire est là, les racines sont là, le dialecte est là, les vieilles pierres parlent, chaque lézard nous chuchote un souvenir suave; même les scorpions faisaient partie de la symphonie de souvenirs de leur vie centenaire. Perdre son ascendant est un arrachement bien plus profond qu'il n'y paraît, parce que ce sont nos ascendants qui nous portent, même après leur ventre... Ils sont le lien vers ce bout d'infini qui nous échappe, le passé enfui. Quand je pense à eux aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de penser que le jour de mon arrivée là-haut, on reprendra notre conversation sur les âges ancestraux à l'endroit exact où on s'était arrêté, quelque part sur une charrette de foin tirée par un cheval gavé d'avoine et piqué comme du vinaigre...
Merci Etienne! Je ne connaissais pas ce passage de la bible :oops: et je n'avais même pas idée que la bible en parle à cet endroit et de cette façon, même si le thème d'honorer ses parents et de protéger sa famille sont des thèmes chers à la bible.
Ce texte et votre méditation me plongent dans mes souvenirs.
D'abord, cela me réjouit car j'ai essuyé de multiples deuils ces dernier mois, et l'un d'eux était un oncle, coureur, macho, un brin matador quoi. En fin de vie, ma tante, une sainte femme, patiente et maternelle comme un ange, devint sénile. Ce mari maquignon, qui y avait toujours tiré dessus pour la faire bosser comme un cheval de trait la soigna admirablement, à la stupéfaction générale de tout l'entourage. Quand cette femme mourut, il reprit sa vie de matamore, fier sur ses mollets serrés comme un coq sur ses ergots. Puis il mourut d'un cancer qui l'emporta en moins d'une lune. S'il n'avait pas été à son tour l'ange de sa femme, je me serais fait beaucoup de souci pour un tel être, qui ne se gênait pas pour m'effleurer les seins quand j'étais ado (je lui ai envoyé aussi sec mon pater pas content, ce fut fini). Mais de l'avoir vu sous un autre jour m'a révélé combien un être qu'on croyait perdu peut finalement devenir meilleur, et maintenant, au lieu de me faire du souci pour lui, je sais qu'il est près de Dieu, et qu'il ne cessera pas de s'en approcher au fur et à mesure de sa purification,
"Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée,
et elle relèvera ta maisonsi elle est ruinée par le péché".
Un autre souvenir est relié à ma trinité de mères. Il est d'usage dans les familles du sud, où rien n'a changé depuis un million d'années pour paraphraser Nino Ferrer, de conserver près de soi, tous les ancêtres; pour les enfants, c'est le pied intégral, quatre générations vous roulent les "r" dans les oreilles comme autant d'histoires médiévales. Entre autres, nous avons soigné, solidairement, trois adorables aïeux, qui bien sûr ont fini par mourir. Mais autant de nuits de veille furent autant de gestes d'amour, de prières pour aider leur départ, de mots pour les rassurer, les bercer. Mes parents épuisés n'ont jamais abandonné la partie; et à chaque fois que la fatigue nous terrassait sur un tabouret et qu'on se réveillait tordu comme un olivier, on se disait: "ils sont là, encore un jour, encore un, merci le Ciel". Tant qu'ils sont là... la mémoire est là, les racines sont là, le dialecte est là, les vieilles pierres parlent, chaque lézard nous chuchote un souvenir suave; même les scorpions faisaient partie de la symphonie de souvenirs de leur vie centenaire. Perdre son ascendant est un arrachement bien plus profond qu'il n'y paraît, parce que ce sont nos ascendants qui nous portent, même après leur ventre... Ils sont le lien vers ce bout d'infini qui nous échappe, le passé enfui. Quand je pense à eux aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de penser que le jour de mon arrivée là-haut, on reprendra notre conversation sur les âges ancestraux à l'endroit exact où on s'était arrêté, quelque part sur une charrette de foin tirée par un cheval gavé d'avoine et piqué comme du vinaigre...