par Invité » mer. 27 mai 2009, 14:06
Steph, bonjour,
vous faites allusion aux Récits du Pèlerin Russe.
C'est tellement beau que je vous le transmets:
.....Pendant une semaine, je m'exerçai dans la solitude de mon jardin à l'étude de la prière intérieure, en suivant exactement les conseils du starets. Au début tout semblait aller bien. Puis, je ressentis une grande lourdeur, de la paresse, de l'ennui, un sommeil insurmontable et les pensées s'abattirent sur moi comme les nuages. J'allai chez le starets plein de chagrin et lui exposait mon état. Il me reçut avec bonté et me dit:
- Frère bien aimé, c'est la lutte que mène contre toi le monde obscur, car il n'est rien qu'il ne redoute tant que la prière du coeur. Il essaye de te gêner et de te donner le dégoût pour la prière. Mais l'ennemi n'agit que selon la volonté et la permission de Dieu, dans la mesure où cela nous est nécessaire. Il faut sans doute que ton humilité soit encore mise à l'épreuve....................................
Tu sais que la raison de tout homme est dans sa poitrine... A cette raison enlève donc toute pensée et donne lui le " Seigneur Jésus Christ, ayez pitié de nous" Efforce-toi de remplacer par cette invocation intérieure toute autre pensée et à la longue cela t'ouvrira sûrement le seuil de ton coeur..................
Voici un rosaire avec lequel tu pourras faire au début trois mille oraisons par jours. Debout, assis, couché ou en marchant, dis sans cesse, Seigneur Jésus Christ, ayez pitié de moi! Doucement et sans hâte. Et récite exactement trois mille oraisons par jour sans en ajouter ou retrancher aucune. C'est ainsi que tu parviendras à l'activité perpétuelle du coeur.
Je reçu avec joie ces paroles du starets et m'en retournai chez moi. Je me mis à faire exactement et fidèlement ce qu'il m'avait enseigné. Pendant deux jours, j'y eux quelque difficulté, puis cela devint si facile que lorsque je disais la prière, je sentais comme un besoin de la reprendre et elle coulait avec facilité et légèreté sans rien de la contrainte du début.
Je racontai cela au starets, qui m'ordonna de réciter six mille oraisons par jour et me dit:
Sois sans trouble et efforce-toi seulement de t'en tenir au nombre d'oraisons qui t'es prescrit: Dieu te fera miséricorde.
Pendant toute une semaine, je demeurai dans ma cabane solitaire à réciter chaque jour mes six mille oraisons sans me soucier de rien autre et sans avoir à lutter contre les pensées; j'essayais seulement d'observer exactement le commandement du starets. Qu'arriva-t-il? Je m"habituais si bien à la prière que, si je m'arrêtais un cours instant, je sentais un vide comme si j'avais perdu quelque chose; dès que je reprenais ma prière, j'étais de nouveau léger et heureux. Si je rencontrai quelqu'un, je n'avais plus envie de parler, je désirais seulement être dans la solitude et réciter la prière; tellement je m'y trouvais habitué au bout d'une semaine.
Le starets qui ne m'avait pas vu depuis dix jours vint lui même prendre de mes nouvelles. Je lui expliquai ce qui m'arrivai. Après m'avoir écouté, il me dit:
-Te voila habitué à la prière. Vois-tu, il faut maintenant garder l'habitude et la fortifier: ne perd pas de temps et, avec l'aide de Dieu, prends la résolution de réciter douze mille oraisons par jour; demeure dans la solitude , couche-toi un peu plus tard et viens me voir deux fois par mois.
Je me conformai aux ordres du starets et le premier jour, c'est à peine si je parvins à réciter douze mille oraisons que j'achevai tard dans la soirée. Le lendemain je le fis plus facilement et avec plaisir. Je ressentis d'abord de la fatigue, une sorte de durcissement de la langue et une raideur dans les mâchoires, mais sans rien de désagréablement, ensuite j'ai eu légèrement mal au palais, puis au pouce de la main gauche qui égrenait le rosaire, tandis que mon bras s'échauffait jusqu'au coude, ce qui produisit une sensation délicieuse. Et cela ne faisait que m'inciter à réciter encore mieux la prière. Ainsi pendant cinq jours j'exécutai fidèlement les douze mille oraisons et en même temps que l'habitude, je reçus l'agrément et le goût de la prière.
Un matin de bonne heure, je fus comme réveillé par la prière. Je commençais à dire mes oraisons du matin, mais ma langue s'y embarrassait et je n'avais d'autre désir que de réciter la prière de Jésus. Dès que je m'y fus mis je devins tout heureux, mes lèvres remuaient sans effort. Je passai toute la journée dans la joie. J'étais comme retranché de tout et me sentais d'un autre monde. Je terminais sans difficulté mes douze mille oraisons avant la fin du jour. J'aurais beaucoup voulu continuer, mais je n'osais dépasser le chiffre indiqué par le starets. Les jours suivants, je continuai d'invoquer le nom de Jésus Christ avec facilité et sans jamais me lasser.
J'allais voir le starets et lui racontai tout cela en détail. Lorsque j'eus fini, il me dit:
-Dieu t'a donné le désir de prier et la possibilité de le faire sans peine. C'est là un effet naturel produit par l'exercice et l'application constante, de même une machine dont on lance peu à peu le volant continue ensuite de tourner d'elle-même, mais pour qu'elle reste en mouvement, il faut la graisser et lui donner parfois un nouvel élan. Tu vois maintenant de quelles facultés merveilleuses le Dieu ami des hommes a doué notre nature sensible elle-même; et tu as connu les sensations extraordinaires qui peuvent naître même dans l'âme pécheresse dans la nature impure que n'illumine pas encore la grâce. Mais quel degré de perfection, de joie et de ravissement n'atteint pas l'homme lorsque le Seigneur le veut bien lui révéler la prière spirituelle spontanée et purifier son âme de ses passions. C'est un état inexprimable et la révélation de ce mystère est un avant goût de la douceur céleste. C'est le don que reçoivent ceux qui cherchent le Seigneur dans la simplicité d'un coeur débordant d'amour!
Désormais je te permets de récité autant d'oraisons que tu le veux, essaie de consacrer tout le temps de la veille à la prière et invoque le nom de Jésus sans plus compter, t'en remettant humblement à la volonté de Dieu, et espérant en son secours; il ne t'abandonnera pas et dirigera ta route.
Obéissant à cette règle, je passais tout l'été à réciter sans cesse la prière de Jésus et je fus tout à fait tranquille. Durant mon sommeil, je rêvais parfois que je récitais la prière. Et, pendant la journée, lorsque qu'il m'arrivais de rencontrer des gens, ils me semblaient aussi aimables que s'ils avaient été de ma famille. Mais je ne restais pas avec eux. Les pensées s'étaient apaisées et je ne vivais qu'avec la prière; je commençais à incliner mon esprit à l'écouter et parfois mon coeur ressentait de lui-même comme une chaleur et une grande joie. Lorsqu'il m'arrivait d'entrer dans une église, le long service de la solitude me paraissait court et ne me lassait plus comme auparavant. La cabane solitaire me semblait un palais splendide et je ne savais comment remercier Dieu de m'avoir envoyé, à moi pauvre pécheur, un starets à l'enseignement si bienfaisant.
Steph, bonjour,
vous faites allusion aux Récits du Pèlerin Russe.
C'est tellement beau que je vous le transmets:
.....[i]Pendant une semaine, je m'exerçai dans la solitude de mon jardin à l'étude de la prière intérieure, en suivant exactement les conseils du starets. Au début tout semblait aller bien. Puis, je ressentis une grande lourdeur, de la paresse, de l'ennui, un sommeil insurmontable et les pensées s'abattirent sur moi comme les nuages. J'allai chez le starets plein de chagrin et lui exposait mon état. Il me reçut avec bonté et me dit:
- Frère bien aimé, c'est la lutte que mène contre toi le monde obscur, car il n'est rien qu'il ne redoute tant que la prière du coeur. Il essaye de te gêner et de te donner le dégoût pour la prière. Mais l'ennemi n'agit que selon la volonté et la permission de Dieu, dans la mesure où cela nous est nécessaire. Il faut sans doute que ton humilité soit encore mise à l'épreuve....................................
Tu sais que la raison de tout homme est dans sa poitrine... A cette raison enlève donc toute pensée et donne lui le " Seigneur Jésus Christ, ayez pitié de nous" Efforce-toi de remplacer par cette invocation intérieure toute autre pensée et à la longue cela t'ouvrira sûrement le seuil de ton coeur..................
Voici un rosaire avec lequel tu pourras faire au début trois mille oraisons par jours. Debout, assis, couché ou en marchant, dis sans cesse, Seigneur Jésus Christ, ayez pitié de moi! Doucement et sans hâte. Et récite exactement trois mille oraisons par jour sans en ajouter ou retrancher aucune. C'est ainsi que tu parviendras à l'activité perpétuelle du coeur.
Je reçu avec joie ces paroles du starets et m'en retournai chez moi. Je me mis à faire exactement et fidèlement ce qu'il m'avait enseigné. Pendant deux jours, j'y eux quelque difficulté, puis cela devint si facile que lorsque je disais la prière, je sentais comme un besoin de la reprendre et elle coulait avec facilité et légèreté sans rien de la contrainte du début.
Je racontai cela au starets, qui m'ordonna de réciter six mille oraisons par jour et me dit:
Sois sans trouble et efforce-toi seulement de t'en tenir au nombre d'oraisons qui t'es prescrit: Dieu te fera miséricorde.
Pendant toute une semaine, je demeurai dans ma cabane solitaire à réciter chaque jour mes six mille oraisons sans me soucier de rien autre et sans avoir à lutter contre les pensées; j'essayais seulement d'observer exactement le commandement du starets. Qu'arriva-t-il? Je m"habituais si bien à la prière que, si je m'arrêtais un cours instant, je sentais un vide comme si j'avais perdu quelque chose; dès que je reprenais ma prière, j'étais de nouveau léger et heureux. Si je rencontrai quelqu'un, je n'avais plus envie de parler, je désirais seulement être dans la solitude et réciter la prière; tellement je m'y trouvais habitué au bout d'une semaine.
Le starets qui ne m'avait pas vu depuis dix jours vint lui même prendre de mes nouvelles. Je lui expliquai ce qui m'arrivai. Après m'avoir écouté, il me dit:
-Te voila habitué à la prière. Vois-tu, il faut maintenant garder l'habitude et la fortifier: ne perd pas de temps et, avec l'aide de Dieu, prends la résolution de réciter douze mille oraisons par jour; demeure dans la solitude , couche-toi un peu plus tard et viens me voir deux fois par mois.
Je me conformai aux ordres du starets et le premier jour, c'est à peine si je parvins à réciter douze mille oraisons que j'achevai tard dans la soirée. Le lendemain je le fis plus facilement et avec plaisir. Je ressentis d'abord de la fatigue, une sorte de durcissement de la langue et une raideur dans les mâchoires, mais sans rien de désagréablement, ensuite j'ai eu légèrement mal au palais, puis au pouce de la main gauche qui égrenait le rosaire, tandis que mon bras s'échauffait jusqu'au coude, ce qui produisit une sensation délicieuse. Et cela ne faisait que m'inciter à réciter encore mieux la prière. Ainsi pendant cinq jours j'exécutai fidèlement les douze mille oraisons et en même temps que l'habitude, je reçus l'agrément et le goût de la prière.
Un matin de bonne heure, je fus comme réveillé par la prière. Je commençais à dire mes oraisons du matin, mais ma langue s'y embarrassait et je n'avais d'autre désir que de réciter la prière de Jésus. Dès que je m'y fus mis je devins tout heureux, mes lèvres remuaient sans effort. Je passai toute la journée dans la joie. J'étais comme retranché de tout et me sentais d'un autre monde. Je terminais sans difficulté mes douze mille oraisons avant la fin du jour. J'aurais beaucoup voulu continuer, mais je n'osais dépasser le chiffre indiqué par le starets. Les jours suivants, je continuai d'invoquer le nom de Jésus Christ avec facilité et sans jamais me lasser.
J'allais voir le starets et lui racontai tout cela en détail. Lorsque j'eus fini, il me dit:
-Dieu t'a donné le désir de prier et la possibilité de le faire sans peine. C'est là un effet naturel produit par l'exercice et l'application constante, de même une machine dont on lance peu à peu le volant continue ensuite de tourner d'elle-même, mais pour qu'elle reste en mouvement, il faut la graisser et lui donner parfois un nouvel élan. Tu vois maintenant de quelles facultés merveilleuses le Dieu ami des hommes a doué notre nature sensible elle-même; et tu as connu les sensations extraordinaires qui peuvent naître même dans l'âme pécheresse dans la nature impure que n'illumine pas encore la grâce. Mais quel degré de perfection, de joie et de ravissement n'atteint pas l'homme lorsque le Seigneur le veut bien lui révéler la prière spirituelle spontanée et purifier son âme de ses passions. C'est un état inexprimable et la révélation de ce mystère est un avant goût de la douceur céleste. C'est le don que reçoivent ceux qui cherchent le Seigneur dans la simplicité d'un coeur débordant d'amour!
Désormais je te permets de récité autant d'oraisons que tu le veux, essaie de consacrer tout le temps de la veille à la prière et invoque le nom de Jésus sans plus compter, t'en remettant humblement à la volonté de Dieu, et espérant en son secours; il ne t'abandonnera pas et dirigera ta route.
Obéissant à cette règle, je passais tout l'été à réciter sans cesse la prière de Jésus et je fus tout à fait tranquille. Durant mon sommeil, je rêvais parfois que je récitais la prière. Et, pendant la journée, lorsque qu'il m'arrivais de rencontrer des gens, ils me semblaient aussi aimables que s'ils avaient été de ma famille. Mais je ne restais pas avec eux. Les pensées s'étaient apaisées et je ne vivais qu'avec la prière; je commençais à incliner mon esprit à l'écouter et parfois mon coeur ressentait de lui-même comme une chaleur et une grande joie. Lorsqu'il m'arrivait d'entrer dans une église, le long service de la solitude me paraissait court et ne me lassait plus comme auparavant. La cabane solitaire me semblait un palais splendide et je ne savais comment remercier Dieu de m'avoir envoyé, à moi pauvre pécheur, un starets à l'enseignement si bienfaisant.[/i]