par perceval87 » sam. 23 mai 2009, 15:34
Pour ceux qui sont sensibles aux écrits de maurice Zundel: Deux témoignages sur le dialogue interreligieux:
1- "Au cœur de la Trinité: Maurice Zundel dans « Emerveillement et Pauvreté » nous fait entrer dans l'expérience de François d'Assise: « Dieu est Dieu parce qu'il n'a rien ». « Le témoignage de saint François jaillit ici de source. Saint François d'Assise est précisément le chrétien qui a fait l'expérience de la Trinité - sans s'en douter, d'ailleurs - au degré suprême, puisque la pauvreté est devenue pour lui, le centre même de son adoration. Il est absolument inconcevable que saint François ait embrassé la pauvreté avec une telle passion, qu'il l'ait considérée comme sa fiancée et comme son épouse, qu’« Il lui ait décerné le titre de ‘Dame Pauvreté’... et lui ait donné une telle place, une place unique, qui est celle même de Dieu, sans que la pauvreté ait été pour lui Dieu même. C'est la raison pour laquelle cet homme, unique dans l'histoire chrétienne, qui n'est aucunement théologien, est le plus grand docteur de l'Eglise. C'est lui qui, dans son ingénuité, a pu aller au bout de cette image de Dame Pauvreté, c'est-à-dire de l'identité entre la Trinité et la Pauvreté. » (M. Zundel) « Dans cette démission absolue où toute appropriation possessive est radicalement exclue, la Divinité se présente comme l'antipossession dont la seule attache à l'être est l'amour qui en fait don » (dans la préface de ce livre). Cette dernière phrase mériterait d'être creusée : Si en Dieu la seule attache à l'être est l'amour qui continuellement fait don de cet être et donc s'en appauvrit, le quitte sans cesse, passe par "le non-être" pourrait-on dire, n'y a-t-il pas là une piste pour le dialogue avec nos amis bouddhistes? "C'est du tout au rien que nous chasse l'Amour", écrivait Hadewich d'Anvers, mystique flamande du 13ème siècle."Ecrit par Sr. Christine Daine, osc Monastère des Clarisses…
et
2- "Le dialogue interreligieux, vécu comme une relation, et non comme une fusion, ne conduit pas à un quelconque syncrétisme fade. Au contraire, assumer la différence renvoie le chrétien que je suis au cœur de sa foi, au cœur du mystère divin, à un Dieu qui vit au plus intime de Lui-même la kénose.
D'un Dieu qui ne s'approprie rien, qui est tout entier accueil et don, dans sa vie interpersonnelle, comme dans sa relation au créé. Ou, selon la belle formule de Maurice Zundel, “ la Trinité, c'est la pauvreté de Dieu”. L'unité, en Dieu, est unité d'un Vivant, elle est dans la relation, l'échange incessant, la communion, l'amour. Il en est de même de l'unité, et de la vie, du genre humain. Nous avons été créés, à l'image de Dieu, pour nous accueillir les uns les autres, nous enrichir de nos différences et apprendre à nous aimer... Le dialogue nous permet de nous connaître, de nous estimer, de nous respecter, et, également, de nous enrichir les uns par les autres. Il nous fait entrer, progressivement, dans un monde fraternel et relationnel, un monde vivant à l'image de Dieu Lui-même…"
Le père Jacques Levrat
Pour ceux qui sont sensibles aux écrits de maurice Zundel: Deux témoignages sur le dialogue interreligieux:
1- "Au cœur de la Trinité: Maurice Zundel dans « Emerveillement et Pauvreté » nous fait entrer dans l'expérience de François d'Assise: « Dieu est Dieu parce qu'il n'a rien ». « Le témoignage de saint François jaillit ici de source. Saint François d'Assise est précisément le chrétien qui a fait l'expérience de la Trinité - sans s'en douter, d'ailleurs - au degré suprême, puisque la pauvreté est devenue pour lui, le centre même de son adoration. Il est absolument inconcevable que saint François ait embrassé la pauvreté avec une telle passion, qu'il l'ait considérée comme sa fiancée et comme son épouse, qu’« Il lui ait décerné le titre de ‘Dame Pauvreté’... et lui ait donné une telle place, une place unique, qui est celle même de Dieu, sans que la pauvreté ait été pour lui Dieu même. C'est la raison pour laquelle cet homme, unique dans l'histoire chrétienne, qui n'est aucunement théologien, est le plus grand docteur de l'Eglise. C'est lui qui, dans son ingénuité, a pu aller au bout de cette image de Dame Pauvreté, c'est-à-dire de l'identité entre la Trinité et la Pauvreté. » (M. Zundel) « Dans cette démission absolue où toute appropriation possessive est radicalement exclue, la Divinité se présente comme l'antipossession dont la seule attache à l'être est l'amour qui en fait don » (dans la préface de ce livre). Cette dernière phrase mériterait d'être creusée : Si en Dieu la seule attache à l'être est l'amour qui continuellement fait don de cet être et donc s'en appauvrit, le quitte sans cesse, passe par "le non-être" pourrait-on dire, n'y a-t-il pas là une piste pour le dialogue avec nos amis bouddhistes? "C'est du tout au rien que nous chasse l'Amour", écrivait Hadewich d'Anvers, mystique flamande du 13ème siècle."Ecrit par Sr. Christine Daine, osc Monastère des Clarisses…
et
2- "Le dialogue interreligieux, vécu comme une relation, et non comme une fusion, ne conduit pas à un quelconque syncrétisme fade. Au contraire, assumer la différence renvoie le chrétien que je suis au cœur de sa foi, au cœur du mystère divin, à un Dieu qui vit au plus intime de Lui-même la kénose.
D'un Dieu qui ne s'approprie rien, qui est tout entier accueil et don, dans sa vie interpersonnelle, comme dans sa relation au créé. Ou, selon la belle formule de Maurice Zundel, “ la Trinité, c'est la pauvreté de Dieu”. L'unité, en Dieu, est unité d'un Vivant, elle est dans la relation, l'échange incessant, la communion, l'amour. Il en est de même de l'unité, et de la vie, du genre humain. Nous avons été créés, à l'image de Dieu, pour nous accueillir les uns les autres, nous enrichir de nos différences et apprendre à nous aimer... Le dialogue nous permet de nous connaître, de nous estimer, de nous respecter, et, également, de nous enrichir les uns par les autres. Il nous fait entrer, progressivement, dans un monde fraternel et relationnel, un monde vivant à l'image de Dieu Lui-même…"
Le père Jacques Levrat