par etienne lorant » lun. 13 avr. 2009, 18:09
D'un point de vue général, le concept de Pesanteur désigne les forces en présence dans l'univers, des forces aveugles auxquelles rien n'échappe: la force de la gravité, la force des vents, le mouvement des planètes, le déplacement secret des plaques tectoniques, la puissance des vagues, qui emportent les navires mais les engloutissent aussi, etc.
Chez l'homme, la Pesanteur se manifeste comme une disposition à dominer "autant qu'il peut dominer". Lorsqu'elle s'engage dans la guerre d'Espagne, elle écrit à Bernanos pour lui faire part de ce constat: une fois mis en possession de sa pleine puissance, l'homme ne peut qu'en abuser: "Des hommes apparemment courageux, au milieu d'un repas plein de camaraderie, racontaient avec un bon sourire fraternel, combien ils avaient tué de prêtres ou de "fascistes" (...) J'ai eu le sentiment que lorsque les autorités temporelles ou spirituelles ont mis une catégorie d'êtres humains en dehors de ceux dont la vie a un prix, il n'est rien de plus naturel à l'homme que de tuer. Quant on sait qu'il est possible de tuer sans risquer ni châtiment ni blâme, on tue".
Simone se retirera d'Espagne sans avoir jamais tué quiconque, un simple accident l'ayant contrainte à abandonner cet engagement qui ne lui ressemblait guère... Mais elle constate la Pesanteur en elle-même lors de fortes crises de migraine, qui la poussent à s'en prendre aux autres. Elle analyse ce phénomène comme suit: la douleur crée un vide en celui qui souffre; celui-ci ne se tient plus en lui-même; faire du mal, cela revient à "combler ce vide en soi en le créant chez autrui"; c'est étendre son pouvoir sur l'autre pour se soulager de son impuissance.
J'ai été ahuri de la simplicité du constat que fait d'Adolf Hitler dans "Mein Kampf" - qui correspond de manière frappante à la vision de la jeune juive: "Dans un monde où les planètes et les soleils suivent des trajectoires circulaires, où des lunes tournent autour des planètes où la force règne partout et seule en maîtresse de la faiblesse - qu'elle contraint à la servir docilement ou qu'elle brise, l'homme ne peut pas relever de lois spéciales. Hitler lui aussi constate les forces en action dans le monde, mais au lieu d'en tirer une leçon de morale, il affiche qu'étant donné cet état de fait, il est normal qu'un régime politique fasse usage du maximum de force en sa possession...
D'un point de vue général, le concept de Pesanteur désigne les forces en présence dans l'univers, des forces aveugles auxquelles rien n'échappe: la force de la gravité, la force des vents, le mouvement des planètes, le déplacement secret des plaques tectoniques, la puissance des vagues, qui emportent les navires mais les engloutissent aussi, etc.
Chez l'homme, la Pesanteur se manifeste comme une disposition à dominer "autant qu'il peut dominer". Lorsqu'elle s'engage dans la guerre d'Espagne, elle écrit à Bernanos pour lui faire part de ce constat: une fois mis en possession de sa pleine puissance, l'homme ne peut qu'en abuser: "Des hommes apparemment courageux, au milieu d'un repas plein de camaraderie, racontaient avec un bon sourire fraternel, combien ils avaient tué de prêtres ou de "fascistes" (...) J'ai eu le sentiment que lorsque les autorités temporelles ou spirituelles ont mis une catégorie d'êtres humains en dehors de ceux dont la vie a un prix, il n'est rien de plus naturel à l'homme que de tuer. Quant on sait qu'il est possible de tuer sans risquer ni châtiment ni blâme, on tue".
Simone se retirera d'Espagne sans avoir jamais tué quiconque, un simple accident l'ayant contrainte à abandonner cet engagement qui ne lui ressemblait guère... Mais elle constate la Pesanteur en elle-même lors de fortes crises de migraine, qui la poussent à s'en prendre aux autres. Elle analyse ce phénomène comme suit: la douleur crée un vide en celui qui souffre; celui-ci ne se tient plus en lui-même; faire du mal, cela revient à "combler ce vide en soi en le créant chez autrui"; c'est étendre son pouvoir sur l'autre pour se soulager de son impuissance.
J'ai été ahuri de la simplicité du constat que fait d'Adolf Hitler dans "Mein Kampf" - qui correspond de manière frappante à la vision de la jeune juive: "Dans un monde où les planètes et les soleils suivent des trajectoires circulaires, où des lunes tournent autour des planètes [u]où la force règne partout et seule en maîtresse de la faiblesse - qu'elle contraint à la servir docilement ou qu'elle brise, l'homme ne peut pas relever de lois spéciales[/u]. Hitler lui aussi constate les forces en action dans le monde, mais au lieu d'en tirer une leçon de morale, il affiche qu'étant donné cet état de fait, il est normal qu'un régime politique fasse usage du maximum de force en sa possession...