par camino » mer. 25 mars 2009, 12:02
Honte, le mot est lâché, la honte, ce fiel venimeux qui gâte le goût de tout bonheur terrestre. Parce qu'enfin, qu'il vienne d'un doute, qu'il ait ou non une bonne raison, qu'il puisse ou pas laisser notre coeur tranquille à force de prière, qu'il se nettoie d'une larme ou d'un éclat de rire, ou qu'il souille à jamais ce que nous pensions encore avoir de pur en nous, quelle place faut-il laisser à ce sentiment.
N'est-il pas l'illustration d'un sentiment pire encore, l'orgueil, ce faux ami qui nous fait croire en notre valeur tout en la diminuant à mesure qu'il participe à la constater ?
Car enfin un jour ou l'autre, tous autant que nous sommes, voilà que nous posons un genoux à terre. Toujours, une seconde, une heure ou une vie, nous sentons sur nos épaules l'écrasante vérité de notre faiblesse, l'incommensurable étendue de nos lâchetés, de nos contradictions, de ces petits compromis de la conscience dont le total fait, tel le kilo de plumes de nos souvenirs d'école, autant de douleur que la chape de plomb de nos péchés les plus lourds.
ö Dieu oui que nous avons honte, et que nous avons raison d'avoir honte. Et que cette honte, que ce rouge à notre front qui exprime si bien les tourments qui s'y dissimulent, est encore un supplice à nos coeurs, car voilà, la honte est orgueil.
Disons-nous la vérité ? La honte nous vient, du peu de portée de nos actes, de nos engagements, de nos convictions. Comme il doit avoir raison ce vieux dicton qui prétend que si l'on en connaissait les motivations profondes, bien de nobles actions nous sembleraient condamnables. Orgueil, orgueil, encore orgueil. Et c'est encore fierté que de demander pardon au seigneur, c'est encore oser s'adresser à lui. C'est encore devoir mesurer notre faiblesse à la force de sa miséricorde.
Et c'est encore orgueil que de le reconnaître, de le sentir si bien ancré en nous, d'oser regarder en face dans le miroir pourtant si indulgent de nos consciences, le reflet décevant de nos pires aspirations. Comme nous sommes médiocrement punis, à ces heures, d'y vouloir trouver plus que nous n'y mettons !
Il est juste à côté, ce temps où je voyais en chaque croyant cette étrange contrition, cette gêne semblant originelle et qui semblait si loin du bonheur que suggérait leur chant. Aujourd'hui peut-être, et demain qui sait, je vous dis Véronique fermez donc la porte à ce qui peut être de l'orgueil, et face à ce qu'il reste de honte, de n'être "que" ce que vous êtes, priez donc le Seigneur qui seul est infaillible.
Puisque votre gêne vient aujourd'hui de ne point prier quand "tout va bien", et si par "bonheur" la vie vous épargne en ce moment un chagrin qui nous rappelle si douloureusement notre condition, priez maintenant et louez notre Seigneur. Et si vous n'y pensez pas, si emportée par l'insouciance vous remisez votre chapelet dans l'optique de prochains soucis, ne le reprenez pas sans joindre quelques prières de remerciement au milieu de vos doléances :-).
Bien à vous.
Camino.
Honte, le mot est lâché, la honte, ce fiel venimeux qui gâte le goût de tout bonheur terrestre. Parce qu'enfin, qu'il vienne d'un doute, qu'il ait ou non une bonne raison, qu'il puisse ou pas laisser notre coeur tranquille à force de prière, qu'il se nettoie d'une larme ou d'un éclat de rire, ou qu'il souille à jamais ce que nous pensions encore avoir de pur en nous, quelle place faut-il laisser à ce sentiment.
N'est-il pas l'illustration d'un sentiment pire encore, l'orgueil, ce faux ami qui nous fait croire en notre valeur tout en la diminuant à mesure qu'il participe à la constater ?
Car enfin un jour ou l'autre, tous autant que nous sommes, voilà que nous posons un genoux à terre. Toujours, une seconde, une heure ou une vie, nous sentons sur nos épaules l'écrasante vérité de notre faiblesse, l'incommensurable étendue de nos lâchetés, de nos contradictions, de ces petits compromis de la conscience dont le total fait, tel le kilo de plumes de nos souvenirs d'école, autant de douleur que la chape de plomb de nos péchés les plus lourds.
ö Dieu oui que nous avons honte, et que nous avons raison d'avoir honte. Et que cette honte, que ce rouge à notre front qui exprime si bien les tourments qui s'y dissimulent, est encore un supplice à nos coeurs, car voilà, la honte est orgueil.
Disons-nous la vérité ? La honte nous vient, du peu de portée de nos actes, de nos engagements, de nos convictions. Comme il doit avoir raison ce vieux dicton qui prétend que si l'on en connaissait les motivations profondes, bien de nobles actions nous sembleraient condamnables. Orgueil, orgueil, encore orgueil. Et c'est encore fierté que de demander pardon au seigneur, c'est encore oser s'adresser à lui. C'est encore devoir mesurer notre faiblesse à la force de sa miséricorde.
Et c'est encore orgueil que de le reconnaître, de le sentir si bien ancré en nous, d'oser regarder en face dans le miroir pourtant si indulgent de nos consciences, le reflet décevant de nos pires aspirations. Comme nous sommes médiocrement punis, à ces heures, d'y vouloir trouver plus que nous n'y mettons !
Il est juste à côté, ce temps où je voyais en chaque croyant cette étrange contrition, cette gêne semblant originelle et qui semblait si loin du bonheur que suggérait leur chant. Aujourd'hui peut-être, et demain qui sait, je vous dis Véronique fermez donc la porte à ce qui peut être de l'orgueil, et face à ce qu'il reste de honte, de n'être "que" ce que vous êtes, priez donc le Seigneur qui seul est infaillible.
Puisque votre gêne vient aujourd'hui de ne point prier quand "tout va bien", et si par "bonheur" la vie vous épargne en ce moment un chagrin qui nous rappelle si douloureusement notre condition, priez maintenant et louez notre Seigneur. Et si vous n'y pensez pas, si emportée par l'insouciance vous remisez votre chapelet dans l'optique de prochains soucis, ne le reprenez pas sans joindre quelques prières de remerciement au milieu de vos doléances :-).
Bien à vous.
Camino.