par etienne lorant » lun. 19 janv. 2009, 11:39
Après la lecture de Varieties of Religious Experience, de James, Julien Green écrit : "Je crois qu'à vrai dire, il n'y a pas de conversion s'il n'y a pas de don total. Alors seulement Dieu donne au-delà de ce qu'on espérait, mais si l'on retient quelque chose, on impose une limite à ce qu'on offre et par conséquent à ce qu'on reçoit, et la conversion dure peu, tourne court. Il faut l'évacuation totale du monde"
Je trouve que c'est un peu exagéré. Il faut bien se dire que si saint Antoine (je parle du premier Père du désert, qui laissa tout sur un seul mot de l'Evangile entendu à l'Eglise), a pu tout abandonner d'un seul geste, ce fut encore par grâce et permission de Dieu. Saint François d'Assise connût un chemin de conversion plus rude, d'autant plus qu'il avait été bien engagé dans la vie mondaine. Pour ma part, lors de ma conversion, je me suis le jour même, qui était un dimanche, rendu à l'Eglise pour raconter ce que je venais de vivre. Au fond de moi-même, j'espérais qu'il me donnerait la confession, mais j'étais troublé jusque dans ma façon de parler, et lui n'y a pas songé. Ensuite, je suis parti avec un simple sac à dos pour rencontres les Capucins, mais j'ai subi un échec semblable... Au bilan, échec après échec, mais toujours dans la joie, j'ai réalisé que le Seigneur ne m'appelait pas à changer ma vie de cette façon-là et finalement tout mon "travail" me fut donné là où j'étais, là où je suis toujours. Au fil des ans, le service changea de forme, il comporta diverses épreuves, crucifiantes pour certaines, mais toutes libératrices. Je crois qu'il ne faut pas songer à "l'évacuation totale du monde" - sûrement l'auteur n'a écrit cela que pour indiquer la qualité du renoncement intérieur, car on évacue jamais le monde dans lequel nous sommes (aussi) appelés à rencontrer les hommes, nos frères - autant que les épreuves.
Après la lecture de [i]Varieties of Religious Experience[/i], de James, Julien Green écrit : "Je crois qu'à vrai dire, il n'y a pas de conversion s'il n'y a pas de don total. Alors seulement Dieu donne au-delà de ce qu'on espérait, mais si l'on retient quelque chose, on impose une limite à ce qu'on offre et par conséquent à ce qu'on reçoit, et la conversion dure peu, tourne court. Il faut l'évacuation totale du monde"
Je trouve que c'est un peu exagéré. Il faut bien se dire que si saint Antoine (je parle du premier Père du désert, qui laissa tout sur un seul mot de l'Evangile entendu à l'Eglise), a pu tout abandonner d'un seul geste, ce fut encore par grâce et permission de Dieu. Saint François d'Assise connût un chemin de conversion plus rude, d'autant plus qu'il avait été bien engagé dans la vie mondaine. Pour ma part, lors de ma conversion, je me suis le jour même, qui était un dimanche, rendu à l'Eglise pour raconter ce que je venais de vivre. Au fond de moi-même, j'espérais qu'il me donnerait la confession, mais j'étais troublé jusque dans ma façon de parler, et lui n'y a pas songé. Ensuite, je suis parti avec un simple sac à dos pour rencontres les Capucins, mais j'ai subi un échec semblable... Au bilan, échec après échec, mais toujours dans la joie, j'ai réalisé que le Seigneur ne m'appelait pas à changer ma vie [b]de cette façon-là[/b] et finalement tout mon "travail" me fut donné là où j'étais, là où je suis toujours. Au fil des ans, le service changea de forme, il comporta diverses épreuves, crucifiantes pour certaines, mais toutes libératrices. Je crois qu'il ne faut pas songer à "l'évacuation totale du monde" - sûrement l'auteur n'a écrit cela que pour indiquer la qualité du renoncement intérieur, car on évacue jamais le monde dans lequel nous sommes (aussi) appelés à rencontrer les hommes, nos frères - autant que les épreuves.