Définition du péché

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Re: Définition du péché

par Olivier JC » ven. 26 sept. 2008, 10:35

Bonjour,

La "conscience" est avant tout un concept qui permet de décrire une réalité de la personne humaine.

D'un point de vue sensible, la première et essentielle manifestation de la conscience, c'est le fait que l'être humain puisse considérer certains actes comme bon, et d'autres comme mauvais. C'est la perception intuitive du bien et du mal.

Ensuite, s'interrogeant sur cette capacité à ressentir qu'un acte est bon ou mauvais :
1) Soit c'est quelque chose d'uniquement subjectif, et cela n'a alors aucun intérêt ;
2) Soit on considère que cette capacité suppose nécessairement une connaissance intuitive de ce qui, en vérité, est bien ou est mal.

D'où la conclusion que la conscience est en premier lieu une connaissance connaturelle de ce qui est bien et de ce qui est mal, puis en second lieu la capacité d'appliquer cette connaissance à tel acte particulier, pour en déterminer la bonté ou la malignité.

Ensuite, la doctrine du péché originel nous amène à ce bémol qu'il existe dans l'homme une certaine inclination à appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien. Par exemple, l'homme est souvent tenté de penser que ce qui lui fait du bien (plaisir par exemple) est de ce fait bien.

On en conclut qu'il y a une désunité de la conscience, puisque si la connaissance connaturelle persiste toujours, la capacité de jugement de la conscience est comme parasitée par l'inclination au mal, de sorte qu'il devient nécessaire de former la conscience par l'intervention d'une loi extérieure, qui sera le moyen par lequel la personne, luttant contre l'inclination au mal, pourra parvenir, moyennant l'aide de Dieu, à retrouver une certaine unité entre cette connaissance connaturelle et la capacité de juger de la conscience.

Situation que l'on appelle en général la sainteté.

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Re: Définition du péché

par antoine93 » ven. 26 sept. 2008, 2:00

Olivier JC a écrit : Sur la conscience, d'autre part, il convient d'opérer une distinction.
Premièrement, il y a la conscience en son principe. Elle est, pour reprendre la formule du Card. Newmann, la voix de la Vérité en l'homme. S. Thomas d'Aquin eut, lui, parlé d'inclination naturelle au bien.
Deuxièmement, il y a la conscience en son action, en sa délibération pour agir. C'est ici que peut se trouver un problème, puisqu'aussi bien réside en l'homme désormais une inclination à faire le mal. La conscience "pratique" peut donc se retrouver à ne plus entendre la conscience "principielle" : il y a distorsion.

La primauté de la conscience implique la solution classique : Dieu ayant laissé l'homme à son conseil (entendre, sa conscience), il faut qu'il la suive. Ne pas la suivre est un péché.
Cependant, il convient de noter qu'au principe de cette conscience, il y a une source. Il y a l'inclination naturelle au bien. Et l'homme qui néglige de l'écouter, de prendre le temps de la former, pèche.
Mais concrètement, qu'est-ce que la conscience ?

Re: Définition du péché

par Jean Jacques » ven. 26 sept. 2008, 0:18

Comme ça c'est parfaitement clair, merci.

Re: Définition du péché

par Olivier JC » ven. 26 sept. 2008, 0:07

Alors, pour faire simple, pour un acte donné contraire à la loi naturelle :

1) Il y a péché si la personne sait qu'elle contrevient à la loi naturelle ;
2) Il y a péché si la personne ne sait pas qu'elle contrevient à la loi naturelle, mais qu'elle n'a rien fait pour le savoir.
3) Il n'y a donc pas péché si la personne est frappée d'une ignorance invincible, ou si elle est complètement abrutie.

De sorte que si l'on peut dire que l'instance ultime pour juger de la moralité d'un acte est bien la conscience, c'est parce que cette conscience est la voix de la vérité présente en tout homme. La notion de conscience telle que la comprend habituellement le monde est incompatible avec la doctrine catholique.


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Re: Définition du péché

par Jean Jacques » ven. 26 sept. 2008, 0:02

J'aime bien dire les choses comme elles sont... et j'ai l'impression que vous rendez encore plus difficile la compréhension d'un péché.

Re: Définition du péché

par Olivier JC » jeu. 25 sept. 2008, 23:51

Bonsoir,

Tordue ? C'est de la bonne théologie morale bien catholique comme il faut !

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Re: Définition du péché

par Jean Jacques » jeu. 25 sept. 2008, 23:43

C'est un peu tordu... mais je comprend ou vous voulez en venir.

Re: Définition du péché

par Olivier JC » jeu. 25 sept. 2008, 23:21

Bonsoir,

Il me semble que la notion de péché ne peut se comprendre que dans le cadre d'une relation personnelle avec le Père établie par le Fils dans l'Esprit. N'est-ce pas en effet l'Esprit qui confond le monde en matière de péché ?

Il me semble donc pertinent de faire une distinction entre un péché et une action mauvaise. Un péché étant toujours une action mauvaise, mais une action mauvaise n'est pas nécessairement un péché.



Sur la conscience, d'autre part, il convient d'opérer une distinction.
Premièrement, il y a la conscience en son principe. Elle est, pour reprendre la formule du Card. Newmann, la voix de la Vérité en l'homme. S. Thomas d'Aquin eut, lui, parlé d'inclination naturelle au bien.
Deuxièmement, il y a la conscience en son action, en sa délibération pour agir. C'est ici que peut se trouver un problème, puisqu'aussi bien réside en l'homme désormais une inclination à faire le mal. La conscience "pratique" peut donc se retrouver à ne plus entendre la conscience "principielle" : il y a distorsion.

La primauté de la conscience implique la solution classique : Dieu ayant laissé l'homme à son conseil (entendre, sa conscience), il faut qu'il la suive. Ne pas la suivre est un péché.
Cependant, il convient de noter qu'au principe de cette conscience, il y a une source. Il y a l'inclination naturelle au bien. Et l'homme qui néglige de l'écouter, de prendre le temps de la former, pèche.

De sorte que, pour reprendre le cas du kamikaze, premièrement, Dieu sait si l'on peut parler de péché ou seulement d'action mauvaise. Le terme que j'emploie, péché, m'évite seulement d'employer les deux en même temps. Deuxièmement, s'il suit sa conscience qui lui dicte de se kamikazer, il ne pèche pas. Mais dans la mesure où ce kamikaze n'a sans aucun doute pas pris le temps de réfléchir posément à ce qu'il peut y avoir de profondément absurde et cruel de tuer des innocents et de se tuer en même temps, allant ainsi à l'encontre d'un des préceptes les plus immédiatement perceptibles, il y a péché de ce fait.

En sorte que le kamikaze péche en se kamikazant. CQFD.

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Re: Définition du péché

par Jean Jacques » jeu. 25 sept. 2008, 22:03

Ce qui nous amènent à dire que ces gens sont manipulés au point de ne plus voir la vérité. En tout cas, c'est mon avis.

Re: Définition du péché

par Raistlin » jeu. 25 sept. 2008, 21:19

Ignotus a écrit :Je ne fais pas votre distinction, Raistlin...Pour moi,faire le Bien c'est plaire à Dieu, faire le Mal, c'est lui déplaire; et réciproquement.
D'accord avec vous. Mais dans ce cas, si vous admettez qu'un non-croyant puisse plaire à Dieu en faisant simplement le Bien, il faut admettre qu'un non-croyant (ou un mal-croyant) puisse aussi offenser Dieu en faisant le mal même s'il n'a pas conscience d'offenser Dieu.

Ainsi, un terroriste musulman (que je classe dans les "mal-croyant"), même s'il est sincère et pense faire la volonté de Dieu, offense Dieu en tuant autour de lui. Donc, il pèche !

Et heureusement d'ailleurs ! Où serait la justice si un chrétien coupable de vol pouvait être réprouvé par Dieu et un meurtrier (que je suppose lucide) non chrétien ne l'était pas ?

Ignotus a écrit :Quand Abraham conduisait son fils Isaac à la mort, à la demande de Dieu,commettait-il un péché ?
Non, mais il aurait péché en n'écoutant pas l'ange du Seigneur qui était venu arrêté son bras. L'épreuve d'Abraham était un test, ça n'a pas grand-chose à voir avec un extrêmiste musulman.

Cordialement,

Re: Définition du péché

par Ignotus » jeu. 25 sept. 2008, 18:21

Raistlin a écrit :Je ne crois pas qu'il y ait que la conscience de déplaire à Dieu qui entre dans la définition du péché, il y a aussi la conscience de faire quelque chose de contraire au bien et à l'amour.
Je ne fais pas votre distinction, Raistlin...Pour moi,faire le Bien c'est plaire à Dieu, faire le Mal, c'est lui déplaire; et réciproquement.
Quand Abraham conduisait son fils Isaac à la mort, à la demande de Dieu,commettait-il un péché ?

Re: Définition du péché

par Raistlin » jeu. 25 sept. 2008, 18:07

Ignotus a écrit :Mais dans la mesure ou ils croient, même à tort, faire une action conforme à la volonté de Dieu,ce ne sont pas des pécheurs.
Le point que vous soulevez est très très intéressant.
J'ai presque envie d'adhérer à votre jugement mais quelque chose me chagrine : l'homme qui fait le mal, et qui sait qu'il agit mal, mais ne pense pas offenser Dieu, cet homme là, pèche-t-il ? Je réponds oui.

Je ne crois pas qu'il y ait que la conscience de déplaire à Dieu qui entre dans la définition du péché, il y a aussi la conscience de faire quelque chose de contraire au bien et à l'amour.

Dans le cas des extrêmistes musulmans, s'ils ont conscience de faire du mal à leurs frères (ce serait difficile de faire autrement), même si c'est pour Allah, je pense qu'il y a péché.

Cordialement,

Re: Définition du péché

par Ignotus » jeu. 25 sept. 2008, 17:37

Je maintiens, en supprimant la parenthèse:
Les kamikazes islamistes qui font des attentats sont de grands criminels aux yeux du monde.
Mais dans la mesure ou ils croient, même à tort, faire une action conforme à la volonté de Dieu,ce ne sont pas des pécheurs.

Re: Définition du péché

par Jean Jacques » jeu. 25 sept. 2008, 12:38

Problème: Il s'ensuit que de grands criminels (aux yeux du monde) ne sont pas des pécheurs...
Je pense par exemple aux islamistes qui se font sauter avec leurs bombes.
:sonne: :sonne: , soit j'ai mal compris, soit tu t'est mal exprimé.

Re: Définition du péché

par Ignotus » jeu. 25 sept. 2008, 10:41

Bonjour
En principe, le critère ultime du péché est la conscience...
Problème: Il s'ensuit que de grands criminels (aux yeux du monde) ne sont pas des pécheurs...
Je pense par exemple aux islamistes qui se font sauter avec leurs bombes.
Inversement, la conscience peut être perturbée par la maladie des scrupules, qui fait que des personnes au comportement exemplaire se croient de grands pécheurs...
PS: J'ai écrit ce message avant de lire le précédent; il fait un peu redondance.

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