par Olivier JC » jeu. 25 sept. 2008, 23:21
Bonsoir,
Il me semble que la notion de péché ne peut se comprendre que dans le cadre d'une relation personnelle avec le Père établie par le Fils dans l'Esprit. N'est-ce pas en effet l'Esprit qui confond le monde en matière de péché ?
Il me semble donc pertinent de faire une distinction entre un péché et une action mauvaise. Un péché étant toujours une action mauvaise, mais une action mauvaise n'est pas nécessairement un péché.
Sur la conscience, d'autre part, il convient d'opérer une distinction.
Premièrement, il y a la conscience en son principe. Elle est, pour reprendre la formule du Card. Newmann, la voix de la Vérité en l'homme. S. Thomas d'Aquin eut, lui, parlé d'inclination naturelle au bien.
Deuxièmement, il y a la conscience en son action, en sa délibération pour agir. C'est ici que peut se trouver un problème, puisqu'aussi bien réside en l'homme désormais une inclination à faire le mal. La conscience "pratique" peut donc se retrouver à ne plus entendre la conscience "principielle" : il y a distorsion.
La primauté de la conscience implique la solution classique : Dieu ayant laissé l'homme à son conseil (entendre, sa conscience), il faut qu'il la suive. Ne pas la suivre est un péché.
Cependant, il convient de noter qu'au principe de cette conscience, il y a une source. Il y a l'inclination naturelle au bien. Et l'homme qui néglige de l'écouter, de prendre le temps de la former, pèche.
De sorte que, pour reprendre le cas du kamikaze, premièrement, Dieu sait si l'on peut parler de péché ou seulement d'action mauvaise. Le terme que j'emploie, péché, m'évite seulement d'employer les deux en même temps. Deuxièmement, s'il suit sa conscience qui lui dicte de se kamikazer, il ne pèche pas. Mais dans la mesure où ce kamikaze n'a sans aucun doute pas pris le temps de réfléchir posément à ce qu'il peut y avoir de profondément absurde et cruel de tuer des innocents et de se tuer en même temps, allant ainsi à l'encontre d'un des préceptes les plus immédiatement perceptibles, il y a péché de ce fait.
En sorte que le kamikaze péche en se kamikazant. CQFD.
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Bonsoir,
Il me semble que la notion de péché ne peut se comprendre que dans le cadre d'une relation personnelle avec le Père établie par le Fils dans l'Esprit. N'est-ce pas en effet l'Esprit qui confond le monde en matière de péché ?
Il me semble donc pertinent de faire une distinction entre un péché et une action mauvaise. Un péché étant toujours une action mauvaise, mais une action mauvaise n'est pas nécessairement un péché.
Sur la conscience, d'autre part, il convient d'opérer une distinction.
Premièrement, il y a la conscience en son principe. Elle est, pour reprendre la formule du Card. Newmann, la voix de la Vérité en l'homme. S. Thomas d'Aquin eut, lui, parlé d'inclination naturelle au bien.
Deuxièmement, il y a la conscience en son action, en sa délibération pour agir. C'est ici que peut se trouver un problème, puisqu'aussi bien réside en l'homme désormais une inclination à faire le mal. La conscience "pratique" peut donc se retrouver à ne plus entendre la conscience "principielle" : il y a distorsion.
La primauté de la conscience implique la solution classique : Dieu ayant laissé l'homme à son conseil (entendre, sa conscience), il faut qu'il la suive. Ne pas la suivre est un péché.
Cependant, il convient de noter qu'au principe de cette conscience, il y a une source. Il y a l'inclination naturelle au bien. Et l'homme qui néglige de l'écouter, de prendre le temps de la former, pèche.
De sorte que, pour reprendre le cas du kamikaze, premièrement, Dieu sait si l'on peut parler de péché ou seulement d'action mauvaise. Le terme que j'emploie, péché, m'évite seulement d'employer les deux en même temps. Deuxièmement, s'il suit sa conscience qui lui dicte de se kamikazer, il ne pèche pas. Mais dans la mesure où ce kamikaze n'a sans aucun doute pas pris le temps de réfléchir posément à ce qu'il peut y avoir de profondément absurde et cruel de tuer des innocents et de se tuer en même temps, allant ainsi à l'encontre d'un des préceptes les plus immédiatement perceptibles, il y a péché de ce fait.
En sorte que le kamikaze péche en se kamikazant. CQFD.
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