Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Emanuel » jeu. 30 juil. 2009, 15:40

D'après mes sources le terme "pieds-noirs" proviendrait de la conquête de l'Algérie en 1830 qui se fit pour beaucoup à cheval, les cavaliers portant des bottes noires situées à hauteur des yeux des piétons qui ne voyaient donc que des "pieds-noirs".

Le terme "briquet" était dans la langue des "forestiers" (essarteurs, charbonniers et autres forgerons) un égaré dans la forêt qu'il fallait "briquer" (faire propre et nourrir) pour le rendre présentable. Une "brique" est aussi une pièce d'or qu'il faut refondre. Fait allusion aux rites d'initiation forestière. Dérivé de "Briche" c'est une farce ou une conversation libertine (deviser entre dames du briquet et du marquet)

Le terme "goujat" est dans la langue de Rabelais (voir son dictionnaire également Lacurne) le "garçon" d'une "gouge" ou "gerce" ou "garce"(fille).

A propos du "voyou" il pourrait y avoir un lien entre "voyou" et "voyant" les deux venant du verbe "voir". Le voyou étant un voyant la nuit (voleur ou dans l'argot parisien un "bijoutier du clair de lune").

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Gyom » jeu. 30 juil. 2009, 13:10

Balade a écrit :
29. DIMANCHE

Dimanche, lui, c’est le dies dominica, c’est-à-dire, "le jour du Seigneur". D’où son
ambiguïté historique, car soit il est le jour du Seigneur, qui donc ouvre religieusement
la nouvelle semaine, soit il est, comme maintenant, le jour du repos qui la conclut.
Jour du Seigneur devenu jour du repos, c’est ce qu’on appelle sans doute une société
déchristianisée.
Le dimanche est, dans la prière eucharistique, le premier jour de la semaine.
Les premiers chrétiens ont substitué les deux jours de jeûne (lundi et jeudi) et le jour du repos (samedi), par mercredi et vendredi pour le jeûne, et par Dimanche pour le jour de repos en l'honneur de la Résurrection bien sûr. Ils souhaitaient se démarquer de l'ancienne alliance. Mais le dimanche reste le premier jour de la semaine, sauf qu'il devient aussi le huitième jour. L'imbrication du 1er et 8ième jour symbolise l'infinité du temps. En effet, le chiffre huit tel que nous l'écrivons "8" est écrit d'un trait infini sans début et sans fin ; si on le bascule à 90° il est le symbole mathématique de l'infini...
(c'est un chrétien de l'Eglise d'orient qui m'a dit cela)

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par tartampion32 » mer. 29 juil. 2009, 18:32

Bonjour à tous


Je sais pas si ça a été déjà dit :

BISTROT :

Mot incontournable de la langue française ( <: ), le bistrot est le lieu de tout alcoolique qui se respecte.
Mais ce terme nous vient du fin fond de la civilisation, là où on fait de l'alcool avec n'importe quoi....j'ai nommé la Russie.

Ca date de la défaite de l'empereur Napoléon premier, quand quelques soldats russes se promenaient dans Paris.
Lorsque leurs chefs les appelaient pour monter la garde ou autre, ils se réfugiaient dans les auberges, ou ce qu'on appelle les bars.
Durant leur précipitation, ils criaient "bistra/bistro" ( j'ai demandé confirmation à une personne parlant russe, elle prononce "bistlra ) et les parisiens pensaient que c'était ainsi que "bar" ce traduisait en russe.


Bistro/a voulant dire :"vite vite !"


J'espère que ça vous aura intéressé.
A bientot. :flash:

Re: Histoire d'ancien termes

par Fée Violine » jeu. 09 avr. 2009, 16:41

De cujus :

ablatif de "qui" en latin, littéralement "celui duquel", l'expression latine complète est "Is de cujus successione agitur", "celui de la succession duquel il est question". L'expression a été raccourcie pour désigner le défunt en matière de droit des successions ou le donateur.
Cujus est un génitif, pas un ablatif.
Is de cujus successione agitur = celui de la succession de qui il s'agit.

C'est successione qui est à l'ablatif (puisqu'il dépend de la préposition de).

Re: Histoire d'ancien termes

par le bon Seb » jeu. 09 avr. 2009, 15:26

Bonjour Fuji, et bienvenue à vous !

d'après le dictionnaire de l'académie française et le Littré :

adjonction :

Dictionnaire de l’Académie Française, 7ème édition (1835).
ADJONCTION
. s. f.
Jonction d'une personne à une autre. Il s'employait surtout autrefois en termes de Palais. L'adjonction de ces deux commissaires fait bien espérer de son affaire. Il faut prononcer une adjonction le commissaires.

Littré
ADJONCTION
(a-djon-ksion ; en poésie, de quatre syllabes) s. f.
1° Jonction d'une personne ou d'une chose à une autre. L'adjonction de cet homme d'affaires à la commission. L'adjonction d'une lettre à un mot. Les adjonctions à la liste électorale.
On ne jugea pas à propos d'en faire signer davantage [des pairs], pour en réserver en adjonction, SAINT-SIMON, 283, 166.
2° En termes de grammaire, sorte d'ellipse par laquelle on retranche, dans une section de phrase, un mot exprimé dans une section voisine (voy. ZEUGME).
HISTORIQUE
XIVe s.
Les mesons canoniaux que les chanoines ont à present hors du cloistre avec toutes les adjonctions, DU CANGE, adjunctiones..
Puisqu'il est ainssi que Dieux m'a tolu touz les hoirs de mon cors par mon pechié, il me convient querre et pourchacier autres filz d'ajonsion, DU CANGE, ib..
ÉTYMOLOGIE
Adjunctio, de adjungere, adjoindre.
Dictionnaire de l’Académie Française, 8ème édition (1935).
ADJONCTION
n. f.
Action d’adjoindre. L’adjonction d’une aile à un bâtiment, d’un nom à une liste.

Antichrèse :

Dictionnaire de l’Académie Française, 7ème édition (1835).
ANTICHRÈSE
. s. f.
T. de Droit. Convention par laquelle un débiteur remet en nantissement à son créancier un immeuble dont les revenus doivent servir à l'acquittement de la dette. On peut convenir aussi que les revenus se compenseront avec les intérêts de la créance. Remettre, tenir un immeuble en antichrèse.

Littré
ANTICHRÈSE
(an-ti-krê-z') s. f.
Terme de pratique. Abandon des revenus d'une propriété pour les intérêts d'un emprunt.
ÉTYMOLOGIE
Terme dérivé de deux mots grecs signifiant contre (voy. ANTI), et usage (voy. CHRIE).
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
ANTICHRÈSE. Ajoutez :
Le nantissement d'une chose mobilière s'appelle gage ; celui d'une chose immobilière s'appelle antichrèse, , Code civ. article 2072.
Dictionnaire de l’Académie Française, 8ème édition (1935).
ANTICHRÈSE
n. f.
T. de Droit
Convention par laquelle un débiteur remet en nantissement à son créancier un immeuble dont les revenus doivent servir à l’acquittement de la dette. On peut convenir aussi que les revenus se compenseront avec les intérêts de la créance.

De cujus :

ablatif de "qui" en latin, littéralement "celui duquel", l'expression latine complète est "Is de cujus successione agitur", "celui de la succession duquel il est question". L'expression a été raccourcie pour désigner le défunt en matière de droit des successions ou le donateur.

Emphytéose :


Dictionnaire de l’Académie Française, 7ème édition (1835).
EMPHYTÉOSE
. s. f.
T. de Jurispr. Bail à longues années, qui peut durer jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf ans. Les emphytéoses sont des espèces d'aliénations, à cause de leur longue durée.

Littré
EMPHYTÉOSE
(an-fi-té-ô-z') s. f.
Terme de droit. Convention par laquelle un propriétaire cède la jouissance d'un héritage pour un temps très long, ou même à perpétuité, sous la réserve d'une redevance.
HISTORIQUE
XVIe s.
Baux d'heritages à emphyteuse et longues années sont immeubles, LOYSEL, 210.
Les procureurs ou detenteurs d'aucuns heritages tenus en emphitheote, , Nouv. coust. génér, t. III, p. 376.
ÉTYMOLOGIE
Altération de l'ancien emphyteuse, en grec, emphytéose, proprement implantation, venant de deux mots se traduisant par : en et planter, c'est-à-dire bail dans lequel on a le droit de planter et la certitude de jouir de ses plantations ; provenc. emphytheosim ; espagn. enfiteusis ; ital. enfiteusi.
Dictionnaire de l’Académie Française, 8ème édition (1935).
EMPHYTÉOSE
n. f.
T. de Jurisprudence
Sorte de bail à long terme qui peut durer jusqu’à quatre-vingt-dix-neuf ans. Les emphytéoses sont des espèces d’aliénations, à cause de leur longue durée.

Tréfonds :

Dictionnaire de l’Académie Française, 7ème édition (1835).
TRÉFONDS
. s. m.
T. de Coutume. Le fonds qui est sous le sol, et qu'on possède comme le sol même. Vendre le fonds et le tréfonds. On écrit aussi, Très-fonds.
Fig. et fam., Savoir le fonds et le tréfonds d'une affaire, La posséder parfaitement.
Littré
TRÉFONDS
(tré-fon) s. m.
1° Terme de coutume. Le fonds qui est sous le sol, et qu'on possède comme le sol même.
...Le fonds superficiel, qui ne s'use pas, et le tréfonds minéral qui n'est complétement utilisé qu'à condition d'une destruction totale, E. LAMÉ-FLEURY, Rev. des Deux-Mondes, 1er oct. 1857, p. 675.
Fig. Savoir le fonds et le tréfonds d'une affaire, la savoir parfaitement.
On y connaîtra le fonds et le tréfonds de la bonne foi des loteries, DANCOURT, Loterie, sc. 8.
2° Propriété. Le tréfonds était opposé au viager ou à l'usufruit.
HISTORIQUE
XIIIe s.
Voirs est que li treffons de l'iretage qui est de par le [la] feme, ne pot li maris vendre, BEAUMAN., XXI, 2.
XIVe s.
Lesdis religieux avoent en tout le treffons par reison de lor seignorie, DU CANGE, treffundus..
ÉTYMOLOGIE
Très , et fonds.
Dictionnaire de l’Académie Française, 8ème édition (1935).
TRÉFONDS
n. m.
T. de Coutume
Le fonds qui est sous le sol et qu’on possède comme le sol même. Vendre le fonds et le tréfonds.
Fig. et fam., Savoir le fonds et le tréfonds d’une affaire, La posséder parfaitement.

Warrant :


Littré
WARRANT
(oua-rant') s. m.
1° En Angleterre, prise de corps ; mandat d'amener ; assignation, et, en général, tout ordre écrit en vertu duquel le porteur agit par autorité.
2° Terme de commerce. Récépissé délivré aux commerçants au moment où ils font déposer des marchandises dans un dock ou entrepôt, et constatant la valeur des marchandises déposées.
ÉTYMOLOGIE
Anglet. warrant, de même radical que garantir.
Dictionnaire de l’Académie Française, 8ème édition (1935).
WARRANT
n. m.
T. de Commerce
emprunté de l’anglais. Récépissé délivré aux commerçants, lorsqu’ils déposent des marchandises dans un entrepôt, et qui constate la valeur de ces marchandises.

En espérant vous avoir été utile !

PS : Stardict est votre ami !

Histoire d'ancien termes

par fuji » jeu. 09 avr. 2009, 12:17

Bon jour je suis un nouveau membre dans le forum.
J'ai plusieurs questions sur l'histoire des termes suivants:
1. Adjonction = latin
2. Antichrèse = grec
3. de cujus = latin
4. Emphytéose = grec
5. Tréfonds = latin
6. Warrant = anglais
J'ai eu des problems pendants les recherches organiser j'ai pas pu le trouve ses histoire j'ai besoin de vos aides dé demain,
et merci.

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Fée Violine » jeu. 22 janv. 2009, 12:28

Je continue...

Aujourd'hui le mot "livre".
Là c'est facile, livre vient du latin liber, libri.
Mais que signifie exactement liber ?
Le premier sens de liber, c'est la partie vivante de l'écorce, la pellicule qui se trouve entre le bois et l'écorce, sur laquelle on écrivait, et qui s'appelle en français le "liber". Et moi qui ai une égale passion pour les livres et pour les arbres, cette étymologie m'enchante !

D'après le Larousse :
"Liber, n. m. Tissu de la racine, de la tige ou de la feuille des plantes vasculaires, formé de tubes criblés, de cellules compagnes et de parenchyme. Son rôle essentiel est de conduire à toute la plante la sève élaborée dans les feuilles. Sous nos climats, il cesse ses fonctions en hiver, les cribles étant alors obstrués. // Liber interne, faisceaux surnuméraires de liber, que l'on trouve dans la moelle des solanacées, des apocyanacées".

Les Romains ont donc appelé "liber" les textes écrits sur ce support végétal.
Mais pas seulement les Romains, car en allemand, livre se dit Buch, mot qui lui aussi est emprunté au monde des arbres, à savoir de Buche, le hêtre (Buchenwald signifie "forêt de hêtres"), à cause de l'emploi du bois dans les premières écritures runiques.

Buche vient d'une racine indo-européenne bhag- (le hêtre) qui a donné
* en grec phêgos , une sorte de chêne, car le hêtre n'existe pas en Grèce,
* en latin fagus, le hêtre (qu'on appelle aussi en français "fayard"), et fagina (la faîne),
* et de là en français la fouine, animal qui cherche les faînes, et le fouet (primitivement une baguette de hêtre).
Dans d'autres langues germaniques, nous avons en anglais beech (hêtre), et book, livre. Et en français bouquin, qui vient du néerlandais boek.

Vous voyez que les livres nous font voyager...
Et que c'est beau cette relation entre le texte écrit et la sève de l'arbre, le livre écrit dans la partie vivante de l'arbre, de même que la parole de Dieu s'écrit dans la partie vivante de notre coeur !

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Fée Violine » mar. 20 janv. 2009, 13:59

Puisque Balade n'a apparemment plus le temps de nous parler d'étymologie, je vais prendre la suite.

Aujourd'hui, le mot "foie".
En latin, "foie" se dit jecur (qui est parent du "hèpar, hèpatos" grec).
Plus exactement : jecur fait au génitif jecoris ou jecinis. Comme les Romains hésitaient entre les deux formes de génitif, ils ont résolu le problème en créant la forme jecinoris.
Pour simplifier les choses, jecur se disait aussi jocur, qui bien entendu avait aussi deux génitifs : jocinoris ou jocineris.
Bref, un vrai casse-tête, si bien que les Romains ont fini par chercher un mot plus facile à utiliser.
Or il se trouve que les Romains, comme les Français du Sud-Ouest, faisaient du foie gras : ils gavaient leurs oies avec des figues (en latin ficus). Le foie gras ainsi obtenu s'appelait "jecur ficatum", "foie obtenu avec des figues", et en abrégé, ficatum tout court.
Autre hypothèse : il s'agit d'une recette de "foie d'oie farci de figues".
Comme le mot ficatum est très facile à utiliser (il se décline régulièrement), il a complètement supplanté le vieux jecur.
Et par suite de l'évolution phonétique, ficatum > foie.
Et ne mangez pas trop de figues, faites attention à votre foie !

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Anne » lun. 05 janv. 2009, 6:14

L'article semble valoir ce qu'il vaut, mais il reprend la plupart des théories que j'ai pu voir sur des sites anglophones, si ça vous intéresse...

Sorcières de Salem

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Zvjezdana62 » dim. 04 janv. 2009, 20:41

J’ai entendu dire que la chasse aux sorcières ait commencé à cause des ‘femmes sages’, c'est-à-dire les femmes qui pratiquaient des avortements. Après la chose est grandie et elle est devenue une paranoïa collective.

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Anne » mar. 30 déc. 2008, 5:20

Balade a écrit : La chasse aux sorcières atteint son apogée vers la fin du XVIème siècle. Elle a été la
résultante de nombreux procès organisés pendant plus de 300 ans, particulièrement
en Europe du nord. Chose curieuse, ce phénomène, qui n’eut eut lieu qu’en Europe,
s’épuisa brusquement et simultanément au XVIIème siècle.
On peut tout-de-même souligner le bel "effort" de Salem, Massachusetts, aux États-Unis, au XVIIe ... :s

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Balade » sam. 27 déc. 2008, 18:21

Bonjour ! :ciao:

Le jour de Noël est derrière nous mais l'Eglise et les Chrétiens sont toujours dans le
temps de Noël et le resterons jusqu'au 6 janvier, jour de l'Epiphanie. Aussi, restons
dans l'esprit de fête avec une expression de circonstance :

53. PORTER UN TOAST / TOSTE

Le Jour de l'an, je ne manquerai pas, chers lecteurs, de porter un toste à votre
santé. Aussi vous prie-je de bien vouloir tendre vos verres, que je puisse y jeter
ma petite mouillette de pain rôti …

Eh oui. C'est bien un petit bout de pain grillé qui est à l'origine de cette expression :
la tostée, que l’on mangeait en guise d’amuse-bouche en France, au XVème siècle.

Séduits par la pratique, nos amis anglais nous l’empruntèrent, d’où la double
orthographe : porter un toste (version française) et porter un toast (version
anglaise).

Image

Nos voisins d’outre-Manche inventèrent un jeu pour accompagner la tostée. Lorsqu’un
homme avait des vues sur une dame, il réunissait ses amis pour porter un toast à la belle.
Il s’agissait de remplir une coupe de vin et d’y jeter la tostée. Chacun buvait à tour de
rôle. Le galant buvait en dernier et mangeait la fameuse tostée, à la santé de son aimée.

Les Anglais conservèrent cette coutume très longtemps, d’où certainement la
prédominance de l’orthographe anglaise. Au XVIIIème siècle, des Français de passage
en Angleterre furent séduits par cette pratique et ramenèrent au pays l’expression
ainsi que l’usage. Voilà pourquoi, depuis lors, nous portons des toasts (ou des tostes).

Aujourd'hui, nous ne trempons plus du pain grillé dans notre vin et porter des tostes
n'est plus réservé, comme autrefois, aux seuls beaux yeux d'une femme. La coutume
s'est étendue à tous ... Et puisque nous parlons d’yeux, connaissez-vous cette
expression dont les racines plongent jusqu’au moyen âge : trinquer dans les yeux
avec quelqu’un
?

TRINQUER DANS LES YEUX AVEC QUELQU'UN

A une époque où les empoisonnements n’étaient pas peu courants, on prit l’habitude,
pour échapper à l’angoisse de boire avec quelqu’un qui avait peut-être versé de la ciguë
dans votre verre, d'entrechoquer les verres bien fort afin que les liquides se mélangent ...

Image

On ne se lâchait pas du regard jusqu’à avoir complètement avalé la première gorgée.
Cette coutume avait pour but de prouver à l'autre que l’on n’avait rien à se reprocher.
Si cette très ancienne méfiance est obsolète de nos jours, il est toujours d’usage de
regarder dans les yeux la personne avec laquelle on trinque au moment où les verres
se choquent l'un contre l'autre. Le non respect de cette coutume est considérée par
beaucoup, et dans de nombreux pays, comme une impolitesse.

A votre bonne santé, donc, chers lecteurs, et UNE HEUREUSE NOUVELLE ANNEE A TOUS !

A bientôt ! :ciao:

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Balade » lun. 22 déc. 2008, 21:08

Bonjour ! :ciao:

Noël, la belle fête de Noël, approche à grands pas. Mais d'où vient-il, ce mot
Noël, et que signifie-t-il ? Posons la question au linguiste Bernard Cerquinglini ...

52. NOEL

Image

Un ami me demande de lui expliquer l’origine du mot Noël. Cette question me
permet d’évoquer une de mes marottes : rappeler en effet que de toutes les
langues romanes, la française possède la phonétique la plus particulière.

Pourquoi ?

Parce que le latin introduit en Gaule, et mêlé d’un peu de gaulois, a subi durant
l’occupation des Visigoths, de Burgondes, des Francs - c’est-à-dire pendant des
siècles - une influence germanique. Celle-ci a donné au gallo-roman une coloration
phonique propre.

Prenez l’adjectif latin natalis ("natal"). L’expression natalis dies, ("le jour natal"),
désignait dans le latin chrétien, la date de naissance de Jésus-Christ. L’expression,
réduite à natalis, a donné l’italien natale, qui n’en est guère distinct. L’occitan
dit nadal, avec simplement sonorisation du t inter-vocalique et chute de la finale.

Qu’en est-il du français ?

Tout d’abord, en Gaule, on a dit notalis, pour bien distinguer les deux voyelles. Et
ensuite, tous les phénomènes phonétiques propres au français se sont appliqués :

• le t intervocalique a disparu.
la, très accentuée de part l’influence germanique, est passé à è
• la consonne l s’est maintenue (tout de même !)
• la finale est tombée.

On obtient ainsi Noël, en deux syllables, d’où le tréma sur le è.

Comme vous le voyez, on est bien loin de natalis, mais on y a gagné ce mot bref
et si beau par le contact des deux voyelles : noël. Ce n’est pas un hasard si on
l’employait beaucoup au moyen âge comme exclamation heureuse, comme cri de
joie : Noël, Noël, Noël ! On comprend par suite, ce beau proverbe médiéval :
Tant crie-t-on Noël, qu’il vient ...

UN SAINT ET JOYEUX NOEL A TOUS LES MEMBRES DE LA CITE CATHOLIQUE !

A bientôt, et ne mangez pas trop de chocolat ! ;) :ciao:

Image

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par Zvjezdana62 » mar. 09 déc. 2008, 19:49

Bonsoir :)
Zvijezdana, je vous ai promis de parler de la superstition du chat noir ... C'est parti !
Merci beaucoup Balade. Cette chose m’intéresse vraiment. J’adore les chats. Les chats de toutes les couleurs et de toutes les races. Quand j’étais petite j’ai eu une chatte et elle passait tout son temps avec moi. Elle était une sorte de baby-sitter pour moi. Mes parents travaillaient à l’époque dans un village isolé et perdu dans les montagnes et j’habitais avec ma grand-mère et cette chatte. Elle était grise et blanche et était fidèle comme un chien.
Quand j’ai eu 12/13 ans la mère d’une amie m’a demandé si je connaissais quelqu’un qui donne un chaton à adopter. Je me suis mise à chercher et j’ai trouvé un chaton noir. Quand je lui ai porté ce chaton, elle a eu une crise hystérique. Elle m’a traitée de monstre, elle m’a dit qu’elle a déjà perdu son fils (le frère aîné de mon amie est mort dans un accident), elle m’a demandé si je veux tuer aussi sa fille, mon amie, ou elle en personne. Je suis restée choquée, je ne savais rien sur cette superstition sur les chats noirs.
Après j’ai connu un tas d’autres gens qui n’aiment pas les chats en général et surtout les chats noirs en particulier et croient qu’ils portent malheur.

amicalement
Zvjezdana

Re: Rubrique étymologie : origine des mots de tous les jours

par DavidB » mar. 02 déc. 2008, 21:18

Mon professeur d'Histoire du christianisme du second millénaire nous avait parlé des béguines et des vaudois et affirmait que ce que vous nous rapportez n'était qu'une très grave calomnie à cause du fait qu'elles se démarquaient de certaines "normes sociales", mais on ne pouvait leur reprocher d'avoir manquer aux règles morales... Êtes-vous certaine de ce que votre auteur avance ?...

Haut