par archi » mer. 28 sept. 2011, 13:15
Boris a écrit :archi a écrit :Franchement, je ne crois guère à cet argument, hormis pour des fidèles qui connaissent vraiment mal la FERM... dont je n'ai aucune raison de croire qu'ils soient la majorité.
Et bien pour le Pape, c'est le cas et je pense qu'il parle d'expérience.
Pour discuter avec pas mal de monde, notamment des "tradis", nombreux sont ceux qui n'y entendent rien à la Liturgie. Il suffit de voir tous ces prêtres tradis persuadés de célébrer selon l'ordo de 1962 et qui suivent un ordo plus ancien !
Nous parlons là de point de détail : les points pour lesquels seuls des passionnés comme vous et moi prennent de l'importance.
La jonction du pouce et de l'index à partir de la consécration, l'inclination au nom du Jésus, de Marie et du Saint célébrer ce jour là, ... toutes ces petites choses qui font la différence entre une personne qui s'intéresse à la prière de l'Eglise et une qui vient sans savoir exactement ce qu'elle fait.
Et cette seconde catégorie représente 95% des pratiquants toutes formes confondues, clercs comme laïcs.
Mais il est vrai que pour les clercs, l'absence "d'options" rend invisible de tels prêtres dans la FERM.
J'ai assisté à une messe de la FORM en latin/grégorien dans un monastère bénédictin. Sauf que le prêtre, peu habitué au latin et à la juste célébration de la FORM, a cru que c'était la FERM : il s'est assis pendant le chant du Gloria et celui du Credo. Complètement perdu le bougre !
Vous voulez dire que le célébrant ne savait pas quel missel il employait? Ca serait un peu énorme non?
Ou bien plutôt mélangeait-il les rubriques, peut-être parce qu'il n'avait jamais pratiqué la FORM avec une schola grégorienne et a récité le Gloria et le Credo à son rythme?
Il ne s'agit donc pas de savoir reconnaitre une forme ou une autre, mais de mélanger les rubriques parce qu'on les connaît mal, ce qui est tout autre chose.
Je vous encourage, si vous êtes dans le coin, à assister à la Messe de la Saint Martin à Blois célébrée par la communauté du même nom ou à aller à la messe chez les bénédictines à Solesmes. Vous verrez ce qu'est réellement la FORM telle que définie par les rubriques de 2002.
De Solesmes, je n'ai vu que la messe qui était passée au Jour du Seigneur, mais il me semble bien qu'elle était célébrée versus populum. De même, si je me souviens bien, l'autel lorsque j'étais passé à Kergonan (seulement pour les Vêpres). Plus d'autres détails quand même visibles, comme la prière eucharistique chantée.
Justement, une messe de ce genre, même si elle est proche de l'idéal en matière de FORM (par opposition au triste standard des paroisses), comprend tout de même pas mal de différences avec la FERM, et un habitué de la FERM, même s'il n'y connaît rien aux rubriques, sait quand même en principe ce qu'il chante et ce à quoi il répond, et d'autant plus que l'usage des missels reste fréquent.
Quelques différences visibles:
- les rites d'entrée structurés de façon nettement différente: dans la FERM, aspersion le Dimanche ET prières au bas de l'autel. Dans la FORM, "préparation pénitentielle" et rite d'entrée. Le confiteor, quand il est récité, est différent.
- la prière eucharistique en principe récitée/chantée à voix haute dans la FORM (on peut théoriquement le faire à voix basse, mais qui le fait?)
- même dans ce cas, le chant d'anamnèse qui est propre à la FORM
- la Secrète à voix basse (FERM) vs. la Prière sur les oblats à voix haute (FORM); on peut rajouter la doxologie du canon à voix haute, mais je l'ai vu faire dans la FERM...
- la doxologie du Pater (FORM).
- les rites de sortie inversés
- le cycle des lectures différents (pour les 3 lectures je parlais évidemment des dimanches et fêtes)
- etc...
Et bien sûr, l'autel presque toujours (en pratique) face au peuple dans la FORM.
Le Cardinal Ratzinger voulait certainement dire, comme vous l'avez fait remarquer, que l'écart entre une FORM bien célébrée et la FERM était plus petit qu'entre 2 façons opposées de célébrer la FORM, et on ne peut qu'être d'accord, et un des défauts majeurs de la FORM est précisément son absence de forme, avec ses prières à choix multiples et son "ars celebrandi" si... varié, si je puis dire. Maintenant, de là à confondre la FORM en latin avec la FERM... l'exemple "modèle" de Solesmes est frappant: l'orientation de l'autel permet tout de suite de savoir où on est.
Donc vos 95%, je ne sais pas trop où vous prenez ce chiffre. Même ma femme, qui avant de me connaître ne connaissait pas du tout la FERM sinon par les préjugés négatifs habituels, et n'a jamais été une spécialiste en liturgie, s'est vite rendu compte qu'il y avait parfois des différences substantielles entre 2 façons de célébrer la FERM, selon les lieux.
Quant aux différences entre 1962 et les ordos plus anciens... pour l'ordinaire de la messe, il n'y a guère que la mention ou non de St Joseph au Canon qui change (ce qu'évidemment seul le prêtre entend). Le reste est lié au calendrier et à certaines messes particulières, surtout pour la Semaine Sainte.
Quant à la messe basse, c'est tout de même la seule réellement définie par le Concile de Trente. Les messes chantées et solennelle n'étant que des mises en musique ou placage de la musique sur la messe basse.
Tout historien de la Liturgie vous le dira.
Vous gagneriez à être parfois un peu moins sûr de vous dans vos affirmations. Où le Concile de Trente a-t-il défini la moindre liturgie?
Le missel dit "de St Pie V" n'est autre que l'ancien missel de la Curie romaine à peine retouché. Quant à la messe solennelle, elle n'a rien d'un "placage" sur la messe basse, c'est précisément le contraire qui est vrai. Les rubriques partent du principe de la messe pontificale ou solennelle, les cérémonies peuvent ensuite être réduites pour la Missa Cantata (sans diacre et sous-diacre) ou la messe basse. Certaines rubriques de la messe basse s'expliquent difficilement autrement (lire par exemple ce qu'en dit l'Encyclopédie Catholique).
In Xto,
archi.
[quote="Boris"][quote="archi"]Franchement, je ne crois guère à cet argument, hormis pour des fidèles qui connaissent vraiment mal la FERM... dont je n'ai aucune raison de croire qu'ils soient la majorité.[/quote]
Et bien pour le Pape, c'est le cas et je pense qu'il parle d'expérience.
Pour discuter avec pas mal de monde, notamment des "tradis", nombreux sont ceux qui n'y entendent rien à la Liturgie. Il suffit de voir tous ces prêtres tradis persuadés de célébrer selon l'ordo de 1962 et qui suivent un ordo plus ancien !
Nous parlons là de point de détail : les points pour lesquels seuls des passionnés comme vous et moi prennent de l'importance.
La jonction du pouce et de l'index à partir de la consécration, l'inclination au nom du Jésus, de Marie et du Saint célébrer ce jour là, ... toutes ces petites choses qui font la différence entre une personne qui s'intéresse à la prière de l'Eglise et une qui vient sans savoir exactement ce qu'elle fait.
Et cette seconde catégorie représente 95% des pratiquants toutes formes confondues, clercs comme laïcs.
Mais il est vrai que pour les clercs, l'absence "d'options" rend invisible de tels prêtres dans la FERM.
J'ai assisté à une messe de la FORM en latin/grégorien dans un monastère bénédictin. Sauf que le prêtre, peu habitué au latin et à la juste célébration de la FORM, a cru que c'était la FERM : il s'est assis pendant le chant du Gloria et celui du Credo. Complètement perdu le bougre ![/quote]
Vous voulez dire que le célébrant ne savait pas quel missel il employait? Ca serait un peu énorme non?
Ou bien plutôt mélangeait-il les rubriques, peut-être parce qu'il n'avait jamais pratiqué la FORM avec une schola grégorienne et a récité le Gloria et le Credo à son rythme?
Il ne s'agit donc pas de savoir reconnaitre une forme ou une autre, mais de mélanger les rubriques parce qu'on les connaît mal, ce qui est tout autre chose.
[quote]Je vous encourage, si vous êtes dans le coin, à assister à la Messe de la Saint Martin à Blois célébrée par la communauté du même nom ou à aller à la messe chez les bénédictines à Solesmes. Vous verrez ce qu'est réellement la FORM telle que définie par les rubriques de 2002.[/quote]
De Solesmes, je n'ai vu que la messe qui était passée au Jour du Seigneur, mais il me semble bien qu'elle était célébrée versus populum. De même, si je me souviens bien, l'autel lorsque j'étais passé à Kergonan (seulement pour les Vêpres). Plus d'autres détails quand même visibles, comme la prière eucharistique chantée.
Justement, une messe de ce genre, même si elle est proche de l'idéal en matière de FORM (par opposition au triste standard des paroisses), comprend tout de même pas mal de différences avec la FERM, et un habitué de la FERM, même s'il n'y connaît rien aux rubriques, sait quand même en principe ce qu'il chante et ce à quoi il répond, et d'autant plus que l'usage des missels reste fréquent.
Quelques différences visibles:
- les rites d'entrée structurés de façon nettement différente: dans la FERM, aspersion le Dimanche ET prières au bas de l'autel. Dans la FORM, "préparation pénitentielle" et rite d'entrée. Le confiteor, quand il est récité, est différent.
- la prière eucharistique en principe récitée/chantée à voix haute dans la FORM (on peut théoriquement le faire à voix basse, mais qui le fait?)
- même dans ce cas, le chant d'anamnèse qui est propre à la FORM
- la Secrète à voix basse (FERM) vs. la Prière sur les oblats à voix haute (FORM); on peut rajouter la doxologie du canon à voix haute, mais je l'ai vu faire dans la FERM...
- la doxologie du Pater (FORM).
- les rites de sortie inversés
- le cycle des lectures différents (pour les 3 lectures je parlais évidemment des dimanches et fêtes)
- etc...
Et bien sûr, l'autel presque toujours (en pratique) face au peuple dans la FORM.
Le Cardinal Ratzinger voulait certainement dire, comme vous l'avez fait remarquer, que l'écart entre une FORM bien célébrée et la FERM était plus petit qu'entre 2 façons opposées de célébrer la FORM, et on ne peut qu'être d'accord, et un des défauts majeurs de la FORM est précisément son absence de forme, avec ses prières à choix multiples et son "ars celebrandi" si... varié, si je puis dire. Maintenant, de là à confondre la FORM en latin avec la FERM... l'exemple "modèle" de Solesmes est frappant: l'orientation de l'autel permet tout de suite de savoir où on est.
Donc vos 95%, je ne sais pas trop où vous prenez ce chiffre. Même ma femme, qui avant de me connaître ne connaissait pas du tout la FERM sinon par les préjugés négatifs habituels, et n'a jamais été une spécialiste en liturgie, s'est vite rendu compte qu'il y avait parfois des différences substantielles entre 2 façons de célébrer la FERM, selon les lieux.
Quant aux différences entre 1962 et les ordos plus anciens... pour l'ordinaire de la messe, il n'y a guère que la mention ou non de St Joseph au Canon qui change (ce qu'évidemment seul le prêtre entend). Le reste est lié au calendrier et à certaines messes particulières, surtout pour la Semaine Sainte.
[quote]Quant à la messe basse, c'est tout de même la seule réellement définie par le Concile de Trente. Les messes chantées et solennelle n'étant que des mises en musique ou placage de la musique sur la messe basse.
Tout historien de la Liturgie vous le dira.[/quote]
Vous gagneriez à être parfois un peu moins sûr de vous dans vos affirmations. Où le Concile de Trente a-t-il défini la moindre liturgie? :sonne:
Le missel dit "de St Pie V" n'est autre que l'ancien missel de la Curie romaine à peine retouché. Quant à la messe solennelle, elle n'a rien d'un "placage" sur la messe basse, c'est précisément le contraire qui est vrai. Les rubriques partent du principe de la messe pontificale ou solennelle, les cérémonies peuvent ensuite être réduites pour la Missa Cantata (sans diacre et sous-diacre) ou la messe basse. Certaines rubriques de la messe basse s'expliquent difficilement autrement (lire par exemple ce qu'en dit l'Encyclopédie Catholique).
In Xto,
archi.