par etienne lorant » sam. 16 août 2008, 11:07
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,13-15.
Alors, on présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Il leur imposa les mains, puis il partit de là.
Ce mot de Jésus nous rappelle que l'Evangile, plutôt que d'être réservé aux sages et aux intelligents, est destiné en priorité aux petits et aux simples. Cette prédilection de Dieu fera d'ailleurs l'objet d'une exclamation de louange de la part de Jésus "Je Te bénis, Père, Dieu du ciel et de la terre !"...
Un jour, pour essayer de faire revenir à l'Evangile une personne proche, je lui avais envoyé le Commentaire de l'Evangile de Lanza del Vasto, que j'avais trouvé intéressant par endroits, mais dont l'analyse était un peu trop "intello" à mon goût; l'auteur, un universitaire converti, qui a voyagé à pieds jusqu'en Inde (chez Ghandi) puis jusqu'en terre sainte, puise à toutes les sources de la culture, tient compte de la valeur numérique des lettres de l'aphabet hébraïque, de différentes traductions de la Bible, etc. Bref, c'est un commentaire d'érudit. Eh bien, m'étais-je dit: je vais lui offrir ce livre, peut-être qu'il accrochera ? Mais j'ai reçu en retour un coup de fil qui m'a refroidi. "Tu sais, Etienne, j'ai beaucoup lu et dans les Evangiles, de quel côté qu'on les prenne, ils sont toujours contradictoires".
Cet exemple sert mon commentaire, car mon ami a raison: c'est vrai, il y a des passages, dans chacun des Evangiles qui semblent contredire d'autres passages - et quiconque vient à cette lecture sans y rechercher sincèrement la Vérité, c'est-à-dire une nourriture pour sa vie personnelle, ne fait qu'achopper sur ces apparentes contradictions, ce qui lui donne un prétexte pour passer outre.
En réalité, il faut lire la Bible et les Evangiles non en se tenant en haut, mais en y entrant par le bas. D'ailleurs, même un "gros intellectuel", s'il se laisse piéger par les jeux de miroir contenus dans les textes, finira tôt ou tard par abandonner la superbe de sa raison et de son intelligence, pour humblement aller puiser dans le petit livre un peu d'eau pour son âme assoiffée.
Mais il n'y a pas que des contradictions dans l'Evangile. Il y a également des enseignements proclamés sur le ton de l'évidence, et qui ne supportent aucune contradiction: "L'homme peut-il par son souci prolonger sa vie d'une seule journée !" en est un exemple. Cet autre est beaucoup plus fin mais toujours aussi éclatant: "Regardez les lys des champs : Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu mieux qu'eux !", et puis dans le discours sur la façon d'aimer: "Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ?" (C'est déjà un peu plus subtil, mais pour une âme qui suffoque dans l'amour du "Moi-même", quelle bouffée d'air frais, vivifiant !)
Je prie le Seigneur de me donner, à force d'exercices d'assouplissement, à raison même des épreuves de l'existence, un nouvel esprit d'enfant. De ce point de vue, le vieux Nicodème quand il proteste : "Un homme peut-il retourner dans le ventre de sa mère pour naître de nouveau ?!", montre combien, alors qu'il est reconnu comme maître par l'élite d'Israël, demeure loin de l'Esprit - de l'Esprit qui vivifie. C'est qu'il connaît tout le solfège et toutes les notes, mais il n'entend pas la musique et il ne sait pas chanter... tandis qu'en enfant !
Depuis quelques années, une ou deux fois par an, il se produit dans mon quotidien des petits "incidents surnaturels". Oh, je sais bien que si j'en parlais, on me démontrerait qu'un simple calcul de probabilités vient à bout des coïncidences que je dis merveilleuses. Mais quoi, çà m'est complètement égal. Je dis que les petits enfants voient des choses que leurs parents ne peuvent plus voir: ils s'extasient où ils sont effrayés, mais ils voient. C'est sans doute qu'à cause de leur petite taille et de l'absolue confiance qui les anime, ils passent très facilement par "la porte étroite", ils contemplent l'invisible et en reviennent avec des mots extraordinaires... que les adultes feraient bien d'écouter !
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,13-15.
Alors, on présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Il leur imposa les mains, puis il partit de là.
Ce mot de Jésus nous rappelle que l'Evangile, plutôt que d'être réservé aux sages et aux intelligents, est destiné en priorité aux petits et aux simples. Cette prédilection de Dieu fera d'ailleurs l'objet d'une exclamation de louange de la part de Jésus "Je Te bénis, Père, Dieu du ciel et de la terre !"...
Un jour, pour essayer de faire revenir à l'Evangile une personne proche, je lui avais envoyé le Commentaire de l'Evangile de Lanza del Vasto, que j'avais trouvé intéressant par endroits, mais dont l'analyse était un peu trop "intello" à mon goût; l'auteur, un universitaire converti, qui a voyagé à pieds jusqu'en Inde (chez Ghandi) puis jusqu'en terre sainte, puise à toutes les sources de la culture, tient compte de la valeur numérique des lettres de l'aphabet hébraïque, de différentes traductions de la Bible, etc. Bref, c'est un commentaire d'érudit. Eh bien, m'étais-je dit: je vais lui offrir ce livre, peut-être qu'il accrochera ? Mais j'ai reçu en retour un coup de fil qui m'a refroidi. "Tu sais, Etienne, j'ai beaucoup lu et dans les Evangiles, de quel côté qu'on les prenne, ils sont toujours contradictoires".
Cet exemple sert mon commentaire, car mon ami a raison: c'est vrai, il y a des passages, dans chacun des Evangiles qui semblent contredire d'autres passages - et quiconque vient à cette lecture sans y rechercher sincèrement la Vérité, c'est-à-dire une nourriture pour sa vie personnelle, ne fait qu'achopper sur ces apparentes contradictions, ce qui lui donne un prétexte pour passer outre.
En réalité, il faut lire la Bible et les Evangiles non en se tenant en haut, mais en y entrant par le bas. D'ailleurs, même un "gros intellectuel", s'il se laisse piéger par les jeux de miroir contenus dans les textes, finira tôt ou tard par abandonner la superbe de sa raison et de son intelligence, pour humblement aller puiser dans le petit livre un peu d'eau pour son âme assoiffée.
Mais il n'y a pas que des contradictions dans l'Evangile. Il y a également des enseignements proclamés sur le ton de l'évidence, et qui ne supportent aucune contradiction: "L'homme peut-il par son souci prolonger sa vie d'une seule journée !" en est un exemple. Cet autre est beaucoup plus fin mais toujours aussi éclatant: "Regardez les lys des champs : Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu mieux qu'eux !", et puis dans le discours sur la façon d'aimer: "Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ?" (C'est déjà un peu plus subtil, mais pour une âme qui suffoque dans l'amour du "Moi-même", quelle bouffée d'air frais, vivifiant !)
Je prie le Seigneur de me donner, à force d'exercices d'assouplissement, à raison même des épreuves de l'existence, un nouvel esprit d'enfant. De ce point de vue, le vieux Nicodème quand il proteste : "Un homme peut-il retourner dans le ventre de sa mère pour naître de nouveau ?!", montre combien, alors qu'il est reconnu comme maître par l'élite d'Israël, demeure loin de l'Esprit - de l'Esprit qui vivifie. C'est qu'il connaît tout le solfège et toutes les notes, mais il n'entend pas la musique et il ne sait pas chanter... tandis qu'en enfant !
Depuis quelques années, une ou deux fois par an, il se produit dans mon quotidien des petits "incidents surnaturels". Oh, je sais bien que si j'en parlais, on me démontrerait qu'un simple calcul de probabilités vient à bout des coïncidences que je dis merveilleuses. Mais quoi, çà m'est complètement égal. Je dis que les petits enfants voient des choses que leurs parents ne peuvent plus voir: ils s'extasient où ils sont effrayés, mais ils voient. C'est sans doute qu'à cause de leur petite taille et de l'absolue confiance qui les anime, ils passent très facilement par "la porte étroite", ils contemplent l'invisible et en reviennent avec des mots extraordinaires... que les adultes feraient bien d'écouter !