par Boris » ven. 05 sept. 2008, 9:52
Joseph Cardinal Ratzinger, la Célébration de la Foi, Tequi, 1985, pages 40 et 41 a écrit :Ce que le Seigneur fait ici est quelque chose de nouveau, inséré dans le tissu d'un ensemble ancien, - celui du repas rituel juif - mais devient une réalité propre, clairement discernable ; cette réalité est donnée pour être répétée et est donc détachable du contexte au sein duquel elle se trouve.
Si nous allons au fond de ce diagnostic, nous découvrons que cet amalgame d'ancien et de nouveau n'est point du tout dû au hasard, mais correspond exactement et d'une façon nécessaire à la situation où l'histoire du salut se trouvait encore. La nouvelle prière de Jésus se trouve encore incluse dans la liturgie juive. Nous sommes encore avant la crucifixion, même si celle-ci commence ici, pour ainsi dire de l'intérieur. La séparation entre Jésus et la communauté du peuple juif n'est pas encore accomplie, c'est à dire que l'Eglise n'existe pas encore en tant qu'Eglise ; "l'Eglise" au sens strict ne s'est constituée historiquement que lorsque la tentative de conquérir entièrement Israël a échoué. Comme le fait chrétien n'a pas encore d'existence autonome, mais existe encore sous une forme historiquement ouverte au sein du fait juif, il ne saurait donc y avoir non plus de "forme" liturgique chrétienne spécifique et autonome. Cela nous amène à une constatation fondamentale dont la méconnaissance constitue la véritable erreur de toutes les tentatives de faire dériver la "forme" liturgique chrétienne directement de la Cène, au mépris du sens critique. En effet, il nous faut dire maintenant ceci : la dernière Cène de Jésus est bien le fondement de toute la liturgie chrétienne, mais elle n'est pas encore une liturgie chrétienne. C'est dans le judaïsme que s'accomplit l'acte de l'institution du christianisme, sans avoir trouvé sa "forme" propre en tant que liturgie chrétienne.
Donc en fait, je ne fais que dire la même chose que le Pape.
[quote="Joseph Cardinal Ratzinger, la Célébration de la Foi, Tequi, 1985, pages 40 et 41"]Ce que le Seigneur fait ici est quelque chose de nouveau,[b] [color=#000000]inséré dans le tissu d'un ensemble ancien, - celui du repas rituel juif -[/color][/b] mais devient une réalité propre, clairement discernable ; cette réalité est donnée pour être répétée et est donc détachable du contexte au sein duquel elle se trouve.
Si nous allons au fond de ce diagnostic, nous découvrons que cet amalgame d'ancien et de nouveau n'est point du tout dû au hasard, mais correspond exactement et d'une façon nécessaire à la situation où l'histoire du salut se trouvait encore. La nouvelle prière de Jésus se trouve encore incluse dans la liturgie juive. Nous sommes encore avant la crucifixion, même si celle-ci commence ici, pour ainsi dire de l'intérieur. La séparation entre Jésus et la communauté du peuple juif n'est pas encore accomplie, c'est à dire que l'Eglise n'existe pas encore en tant qu'Eglise ; "l'Eglise" au sens strict ne s'est constituée historiquement que lorsque la tentative de conquérir entièrement Israël a échoué. Comme le fait chrétien n'a pas encore d'existence autonome, mais existe encore sous une forme historiquement ouverte au sein du fait juif, il ne saurait donc y avoir non plus de "forme" liturgique chrétienne spécifique et autonome. Cela nous amène à une constatation fondamentale dont la méconnaissance constitue la véritable erreur de toutes les tentatives de faire dériver la "forme" liturgique chrétienne directement de la Cène, au mépris du sens critique. En effet, il nous faut dire maintenant ceci : la dernière Cène de Jésus est bien le fondement de toute la liturgie chrétienne, mais elle n'est pas encore une liturgie chrétienne. C'est dans le judaïsme que s'accomplit l'acte de l'institution du christianisme, sans avoir trouvé sa "forme" propre en tant que liturgie chrétienne.[/quote]
Donc en fait, je ne fais que dire la même chose que le Pape.