par MB » lun. 09 juin 2008, 2:13
Bonjour !
Je me trouve plus ou moins dans votre situation (cette année, j'ai enseigné dans un collège de Zep). J'ai comme vous été intrigué par ces phénomènes, et à ce titre, j'ai interrogé mes collègues plus expérimentés ; ils m'ont répondu la même chose qu'à vous.
Pour les non-enseignants : le principe d'un redoublement est simple. L'élève n'ayant pas acquis le niveau requis, on lui donne une seconde chance ; comme il a déjà un peu tâté des matières de l'année écoulée, il aura - théoriquement - plus de facilité à se rattraper l'année suivante.
Le problème est qu'une telle démarche suppose une certaine maturité de la part de l'élève et de ses parents. Or les élèves qui n'ont pas le niveau, par définition, ont le plus souvent tendance à ne pas jouir de cette maturité. Ce qu'ils voient le plus souvent, c'est l'aspect punitif du redoublement, qui, de fait, les décourage l'année suivante. On arrive donc à ce résultat paradoxal, qui est que le redoublement, quand il a lieu, fait réellement baisser son niveau au lieu de lui donner les moyens de se rattraper. Paradoxalement aussi, quand on fait redoubler un élève, c'est le meilleur des mauvais, si je puis dire...
Le problème est accru par autre chose : il faut que les parents soient d'accord (aucune décision de ce type ne peut se prendre sans leur avis conforme). Or, bien souvent, ils ne le sont pas ; les parents d'élèves irresponsables ne sont pas un mythe. Mais supposons qu'ils le soient : leur enfant va donc redoubler. Ce qu'il constatera l'année prochaine, c'est que d'autres de ses anciens camarades, qui avaient un niveau aussi faible que le sien, voire pire, mais dont les parents n'auront pas accepté le redoublement, seront passés dans la classe de niveau supérieur. On imagine le sentiment de bizarrerie et d'injustice qui en résultera... et les effets sur sa motivation.
Ajoutons à cela un problème pratique, qui se pose avec d'autant plus d'acuité parmi les classes d'âge du collège : un élève redoublant, en pleine puberté, ayant bien souvent un sentiment d'humiliation et de louse, aura naturellement tendance à perturber sa nouvelle classe composée d'élèves plus jeunes que lui...
Pour améliorer cette situation, il faudra donc beaucoup de jugeote !
A bientôt
MB
Bonjour !
Je me trouve plus ou moins dans votre situation (cette année, j'ai enseigné dans un collège de Zep). J'ai comme vous été intrigué par ces phénomènes, et à ce titre, j'ai interrogé mes collègues plus expérimentés ; ils m'ont répondu la même chose qu'à vous.
Pour les non-enseignants : le principe d'un redoublement est simple. L'élève n'ayant pas acquis le niveau requis, on lui donne une seconde chance ; comme il a déjà un peu tâté des matières de l'année écoulée, il aura - théoriquement - plus de facilité à se rattraper l'année suivante.
Le problème est qu'une telle démarche suppose une certaine maturité de la part de l'élève et de ses parents. Or les élèves qui n'ont pas le niveau, par définition, ont le plus souvent tendance à ne pas jouir de cette maturité. Ce qu'ils voient le plus souvent, c'est l'aspect punitif du redoublement, qui, de fait, les décourage l'année suivante. On arrive donc à ce résultat paradoxal, qui est que le redoublement, quand il a lieu, fait réellement baisser son niveau au lieu de lui donner les moyens de se rattraper. Paradoxalement aussi, quand on fait redoubler un élève, c'est le meilleur des mauvais, si je puis dire...
Le problème est accru par autre chose : il faut que les parents soient d'accord (aucune décision de ce type ne peut se prendre sans leur avis conforme). Or, bien souvent, ils ne le sont pas ; les parents d'élèves irresponsables ne sont pas un mythe. Mais supposons qu'ils le soient : leur enfant va donc redoubler. Ce qu'il constatera l'année prochaine, c'est que d'autres de ses anciens camarades, qui avaient un niveau aussi faible que le sien, voire pire, mais dont les parents n'auront pas accepté le redoublement, seront passés dans la classe de niveau supérieur. On imagine le sentiment de bizarrerie et d'injustice qui en résultera... et les effets sur sa motivation.
Ajoutons à cela un problème pratique, qui se pose avec d'autant plus d'acuité parmi les classes d'âge du collège : un élève redoublant, en pleine puberté, ayant bien souvent un sentiment d'humiliation et de louse, aura naturellement tendance à perturber sa nouvelle classe composée d'élèves plus jeunes que lui...
Pour améliorer cette situation, il faudra donc beaucoup de jugeote !
A bientôt
MB