Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

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Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par lintrus » Aujourd’hui, 17:00

Attention, je ne distingue pas le péché du schisme, le schisme est un péché, je suis tout à fait d'accord. je distinguais le péché de schisme du délit de schisme; en d'autre terme, je voulais dire par là que le schisme est un délit dans la mesure ou il est un péché et donc par là j'entendais que s'il n'y a pas de péché de schisme, il n'y a pas de délit de schisme. Mais bien entendu, le schisme est un péché grave.
Autrement dit, à vos yeux, ce péché de division n’est pas avéré ? Pourtant ils font catéchisme à part, paroisses à part, sacrements à part, retraites à part, processions à part, etc., ne cessent de critiquer le pape et les actes et décisions du magistère qui peuvent l’être à leurs yeux un tant soit peu et prétendent qu’eux seuls célèbrent l’eucharistie sans qu’il y ait de risque...
Ensuite, effectivement, je n'ai pas répondu à la remarque de Gaudens (je suppose que vous parlez de celle ou il dit que pour eux, la FSSPX est l'Eglise?): là dessus, je dirai qu'il s'agit d'un sujet qui dépasse largement les frontières du cas des sacres et que c'est en fait le sujet principal de la raison d'être de la FSSPX. Elle n'a jamais prétendu formellement être l'Eglise, mais être dans l'Eglise, puisque suivant les enseignements de l'Eglise de toujours.
N’est-ce pas un peu simpliste de parler ainsi d’Eglise de toujours ? Ils ont figé celle-ci à une date relativement récente. Que dirait-on naturellement si une fraternité décidait de pratiquer comme on pratiquait du temps de saint Grégoire de Tours et de ne « croire » que comme ou ce qu’on croyait à cette époque (à suposer que ce soit possible...) ?
Ces exemples étaient caricaturaux, je vous l'accorde, mais c'était volontaire, pour montrer que le principe rousseauiste était absurde. Pour les points que vous évoquez, de mon point de vue, il est anecdotique, dans la mesure ou ce ne sont pas ces choses là qui on conduit à cette situation, mais bien des problèmes doctrinaux. Dans les faits, la FSSPX est restée sur le missel de 1962 qui ne permet pas l'usage du vernaculaire pour autre chose que l'Epitre et l'Evangile; ces nouveaux usages qui ont été introduits l'ont été pour le missel de 1969 (que la FSSPX refuse d'utiliser, certes, mais pas pour ces raisons là...).
Non, il n’y a rien d’anecdotique, c’est un tout, et l’écart doctrinal n’a plus été qu’un prétexte au départ pour défendre tout le reste (l’orientation de l’autel, le latin, la pédagogie sur l’enfer, etc.) qu’un cheval de bataille. Il a permis à cette fraternité de se structurer et de lever un mur, c’est tout. Car est-ce un hasard si ceux qui partagent ce point de vue doctrinal partagent aussi et surtout tous les autres points de contestation ?
Croyez-moi ou non, mais si le doctrinal (qui touche fort à la pastorale en ce que ce sont des points soit de discipline (collégialité) soit qui concerne les « extérieurs » (oecuménisme, liberté religieuse) avait été si important au départ, le Magistère serait intervenu depuis longtemps. C’est parce que sur tous les points d’accord (et qui sont majoritaires) ils se montraient particulièrement fidèles à la saine doctrine que des sanctions leur ont été épargnées.
Et leur fréquent refrain (pour se justifier) qu’il n’y a rien de doctrinal mais qu’un désaccord pastoral en témoigne astucieusement...
Alors là ,pour le coup, je ne suis pas d'accord, une somme de péchés véniel ne peut équivaloir à un péché mortel, il y a une différence infinie de degré entre les deux (cf Somme théologique, 1a 2AE question 88 article 4). en revanche, le péché véniel et encore plus son accumulation disposent l'âme au péché mortel, c'est à dire qu'ils vont faciliter le péché mortel par la suite.
Pour reprendre l'exemple de la FSSPX, oui, désobéir sans cesse au Pape peut finir par conduire à ne plus reconnaitre son autorité.
Et d'ailleurs, une désobéissance peut également être un péché mortel.
Je me suis mal exprimé mais vous avez bien donné une source à laquelle je me référerai aussi. Car il y est écrit (réponse 2) : « on peut vouloir dire que ce qui est véniel en son genre devient mortel. La chose est possible lorsque l’on met sa fin dans le péché véniel, ou qu’on le rapporte à un péché mortel comme à une fin, nous l’avons dit » et plus loin à l’article 6 il est rappelé (objection 1) « Or le péché véniel devient mortel, nous venons de le dire » et dans la réponse « C’est pourquoi ce qui est véniel est rendu mortel par le fait même qu’il s’y ajoute une difformité morale appartenant au genre péché mortel, comme lorsqu’on dit des paroles oiseuses afin de commettre la fornication. » personnellement, j’ajouterai ou remplacerai même péché mortel parfois par péché contre le saint-Esprit qui est une déformation de la vérité – la façon dont cette fraternité se sert du for interne de l’officiant pour inciter à ne pas assister aux messes pauliniennes sous peine d’invalidité en est plus que proche (n’est-ce pas une potentielle difformité morale, or il n’y a pas de sujet plus capital !).  
Je comprends ce que vous dites sans soucis. cependant, je pense qu'il faut faire attention à ne pas mettre sur son dos certaines choses dont elle n'est pas forcément responsable. Il y a clairement un relativisme dans le monde moderne qui n'est en rien du fait des conservateurs (qui en l'occurrence, se posent plutôt en réaction à ce relativisme).
Attention aussi à ne pas confondre relativisme avec un affaiblissement de la notion de faute ou la contestation sur la nature ou la gravité de la faute.
mais je pense surtout que ils remettent en cause l'esprit qui est derrière (qui, je pense entrerait dans la critique sur l'atténuation dans les faits du rôle du prêtre etc...)
Exactement, et on en revient à l’élitisme culturel qui est le leur depuis le départ et qui porte sur l’ensemble de ces différences par lesquelles ils se sont organisés et identifiés.
Là où je suis, des paroissiens qui se sont sentis attirés par un prêtre voisin ecclesia Dei ont été rebutés par le fait dérisoire qu’il exigeait de se faire vouvoyer par égard pour son ministère : ils y ont décelé le signe d’autre chose – déjà manifesté à travers d’autres signes qu’ils étaient prêts à « oublier » et ont pressenti (on ne peut dire à tort, car c’est leur ressenti qui était aussi global par rapport à sa personne et son idée « d’être prêtre ») qu’ils ne seraient pas écoutés comme il conviendrait. Sans doute l’ont ils ressenti comme trop « coupé » d’avec leur réalité, et la liturgie en latin et l’absence de « lecteurs » etc. a dû y contribuer – même si le silence durant le canon les avait séduits.
Je ne comprends pas ce que vous entendez par premier cas et deuxième cas.
Etonnant ! Le premier cas concerne et porte par exemple sur le dogme, le second sur la discipline.
ne pense pas que de leur point de vue, il s'agisse de pardonner ou d'aller de l'avant; les raisons des critiques faites à l'origine sont toujours présentes, donc sans pour autant être rancunier, ils partent du principe qu'ils ne peuvent toujours pas accepter ces points d'achoppement.
Vous avez sans doute raison, et en effet sur le principe ils peuvent se dire avoir raison. Mais dans les faits, si l’obéissance est bien reconnue pour due, et que l’autorité a écouté notre propos et l’a compris, ne doit-on pas au moins la suivre et ne pas s’opposer à elle, quitte à continuer à récriminer tant qu’on n’a pas obtenu une réponse satisfaisante ?
Sur ce point les progressistes ont plus de « vertu », voire d’audace. Peu importe la façon dont les autres agissent si le magistère se tait et ne les a pas sanctionnés, cela ne nous regarde pas. Tout au plus peut-on invoquer la désunion et la confusion et ajouter à la liste de nos récriminations...
Or eux (je pense à vos rappels concernant le missel de 1962, etc.) s’efforcent de respecter scrupuleusement des « ordres du passé » du magistère, de sorte à ne pas être pris en faute au présent, mais est-ce vraiment là une noble attitude, vu le but concrètement poursuivi ?
On a dans l'absolu toujours été dans une période de mutation, le monde est toujours en constante évolution. Après, comme je le disais, ces points sont l'arbre qui cache la forêt; oui, ces points sont médiatisés, mais ce n'est pas le cœur de leur position. Et quand on voit sur par exemple la communion dans la main le décalage entre les principes décrits dans le texte par le Cardinal Bugnini, les décisions qu'il prend en conclusion et l'application concrète qui en est faite, il y a de quoi être étonné (en tout cas, ça a été mon cas).
Mais le coeur de leur position n’est pas je l’espère de critiquer ce que font leurs petits camarades catholiques ( ?) et de se plaindre qu’ils ne soient pas sanctionnés ! Eux le feraient ok, mais pas de quoi extrapoler la raison pour laquelle cela n’a pas été fait et en tirer des conclusions de droit pour eux à désobéir. Si ?

Juste une dernière remarque: il y a une grande différence entre vos exemples de Ste Jeanne d'Arc etc, et la position de cette fraternité qui malmène la foi de bien des croyants (sans toujours que ceux-ci le sachent). Et s'il y a eu 2 papes un temps, si quelque chose là pourrait être comparable, la comparaison tourne court - ils n'ont pas de pape ! Ou encore si on compare à ceux qui ont refusé le concordat, et qui étaient des héros et des martyrs, cette position aujourd'hui n'a plus de sens même si à l'origine (et là s'accepte une comparaison) elle était compréhensible et courageuse.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Aujourd’hui, 10:50

Bonjour l'intrus
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Bonjour Mikess,

Le sujet n’étant plus les consécrations mais le schisme, nous ne sommes pas totalement hors sujet, mais notre conversation risque d’être sans fin !
D’abord quand vous distinguez le péché et le schisme, je vous rappelle que la division est un péché (1 Corinthiens 6) car les péchés ne s’arrêtent pas à la liste des 10 commandements.
Ensuite, vous n’avez pas répondu à la remarque de Gaudens qui pointe un des nœuds : je veux dire que cette fraternité est « border line » et joue sur les 2 tableaux. Si ce que dit Gaudens n’a rien d’officiel d’un point de vue canonique, juridique, etc., c’est patent (et c’est ce que je voulais dire en disant que s’appuyer sur le droit canon contre ceux qui le rédigent, pourrait se retourner contre eux).
Attention, je ne distingue pas le péché du schisme, le schisme est un péché, je suis tout à fait d'accord. je distinguais le péché de schisme du délit de schisme; en d'autre terme, je voulais dire par là que le schisme est un délit dans la mesure ou il est un péché et donc par là j'entendais que s'il n'y a pas de péché de schisme, il n'y a pas de délit de schisme. Mais bien entendu, le schisme est un péché grave.

Ensuite, effectivement, je n'ai pas répondu à la remarque de Gaudens (je suppose que vous parlez de celle ou il dit que pour eux, la FSSPX est l'Eglise?): là dessus, je dirai qu'il s'agit d'un sujet qui dépasse largement les frontières du cas des sacres et que c'est en fait le sujet principal de la raison d'être de la FSSPX. Elle n'a jamais prétendu formellement être l'Eglise, mais être dans l'Eglise, puisque suivant les enseignements de l'Eglise de toujours. c'est pour cette raison que je n'avais pas répondu à cette objection, elle simplifie à l'extrême leur position et pour résoudre ce problème, il faut entrer dans des discussions doctrinales assez profondes (c'était tout l'enjeu des discussions doctrinales entre Rome et la FSSPX).
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Et là, on boucle sur le problème de l’obéissance. Où vous avez en partie raison mais je n’avais pas évoqué une distinction dont vous vous servez de l’absence : vos exemples portaient là-dessus sur des dogmes clairs, comme si l’Eglise déciderait un jour que Jésus n’est pas Dieu, etc. et là vous avez raison contre Rousseau. Mais quand il s’agit du choix des lectures pour la messe, de la langue qui y sera utilisée, etc. je suis désolé mais si il y a du sens à la succession apostolique, c’est bien parce qu’il faut un chef qui décide et qu’il faut lui obéir.
Bref, vos 2 conditions « si » ont été trés souvent et à plein remplies.
Ces exemples étaient caricaturaux, je vous l'accorde, mais c'était volontaire, pour montrer que le principe rousseauiste était absurde. Pour les points que vous évoquez, de mon point de vue, il est anecdotique, dans la mesure ou ce ne sont pas ces choses là qui on conduit à cette situation, mais bien des problèmes doctrinaux. Dans les faits, la FSSPX est restée sur le missel de 1962 qui ne permet pas l'usage du vernaculaire pour autre chose que l'Epitre et l'Evangile; ces nouveaux usages qui ont été introduits l'ont été pour le missel de 1969 (que la FSSPX refuse d'utiliser, certes, mais pas pour ces raisons là...).
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Vous dites que désobéissance sur ces points n’est pas schisme, mais c’est comme pour les péchés, où la somme des péchés véniels peut équivaloir à un péché mortel.
Alors là ,pour le coup, je ne suis pas d'accord, une somme de péchés véniel ne peut équivaloir à un péché mortel, il y a une différence infinie de degré entre les deux (cf Somme théologique, 1a 2AE question 88 article 4). en revanche, le péché véniel et encore plus son accumulation disposent l'âme au péché mortel, c'est à dire qu'ils vont faciliter le péché mortel par la suite.
Pour reprendre l'exemple de la FSSPX, oui, désobéir sans cesse au Pape peut finir par conduire à ne plus reconnaitre son autorité.
Et d'ailleurs, une désobéissance peut également être un péché mortel.
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Cela repose sur la parole de Jésus mais aussi sur la compétence de ce chef – et du magistère. Lequel s’améliore par les conseils et les « remontées » du peuple saint. Or la façon de procéder de cette fraternité la prive de faire partie du processus, elle s’en est elle-même exclue.
L’émergence depuis des médias lui a permis de conserver une parole, mais c’est sans valeur et cela ne peut que faire du mal. De plus leur parole est monopolisée sur les différences et ils ne sont pas loin de prétendre (cf. post de Gaudens) être les seuls à conserver de l’Eglise la pureté, du coup certains s’imaginent soit que l’Eglise ne pense plus de mal de certaines pratiques (avortement, contraception, etc.) à moins d’être sinon tradi, soit que le magistère exagère avec ses interdits et que d’ailleurs il n’est pas en accord avec lui-même et sa tradition, donc...
Je comprends ce que vous dites sans soucis. cependant, je pense qu'il faut faire attention à ne pas mettre sur son dos certaines choses dont elle n'est pas forcément responsable. Il y a clairement un relativisme dans le monde moderne qui n'est en rien du fait des conservateurs (qui en l'occurrence, se posent plutôt en réaction à ce relativisme).
[+] Texte masqué
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Sur le sujet du lectorat etc. vous écrivez « en revanche, je pense que avoir réutilisé ces termes de lectorat et acolytat dans cette situation a conduit à créer une sorte de confusion sur la question. » : en fait, si ces ordres qui en effet n’ont pas de caractère ineffaçable etc, n’étaient pas institués à titre permanent, il y en aurait peut-être moins - de confusion. Ce qui à la place joue sur la distinction entre « ordinaire » et « extraordinaire », or... il est tout autant dommage de refuser le caractère sacré de fonctions, sous le prétexte qu’elles seront provisoires - que de refuser d’en conserver l’existence lorsqu’il y a adéquation avec la personne.
Nous sommes en plein changement civilisationnel sur le fond à l’égard de ce sujet qui est plus vaste, d’où une période d’essais afin de gagner en visibilité, mais cette fraternité comme sur beaucoup d’autres sujets refuse les 2 sans même regarder le fond, ni donc participer à la réflexion.
Péguy écrivait : « à force de vouloir avoir les mains pures, ils n’ont plus de mains. »
En vrai, pour moi, c'est de l'ordre du détail; je ne pense pas que le nœud gordien se situe sur ce genre de choses. je pense effectivement que la FSSPX n'est pas favorable (même si, encore une fois, je ne peux l'affirmer strictement, je n'ai pas trouvé d'article refusant par principe cette évolution), mais je pense surtout que ils remettent en cause l'esprit qui est derrière (qui, je pense entrerait dans la critique sur l'atténuation dans les faits du rôle du prêtre etc...)

lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Cette fraternité le sait, et invoque le premier cas quand il s’agit du second, se contentant de signaler « un risque » pour ne pas se mettre en tort. Ce qui montre bien déjà qu’il n’y a pas de premier cas. Ensuite, en se mettant en dissidence, elle se prive de la possibilité d’intervenir au sein de l’Eglise (ses évêques ne s’intéressent qu’à leur fraternité) et de participer au travail de transformation en mieux opéré au sein de l ‘Eglise.
Je ne comprends pas ce que vous entendez par premier cas et deuxième cas.
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Je veux bien admettre que depuis le bref examen critique jusqu’à maintenant, les réponses de l’Eglise n’ont sans doute pas assez pris au sérieux les remarques faites, et qu’ils ont pu se sentir humiliés ou ostracisés, mais ne devraient-ils pas savoir pardonner et aller de l’avant ? Autrement dit, accepter que leurs remarques ne soient pas officiellement écoutées, quoi que depuis ce ne soit plus le cas. La publication sur leur site internet de la réponse de Benoit XVI le prouve, dont ils ne donnent aucune analyse justifiant leur « meilleure vue ». Et la donner en lecture ne veut pas dire qu’ils l’ont faite et encore moins qu’il ont cette vue –mais le donne seulement à penser par un procédé subtil.
je ne pense pas que de leur point de vue, il s'agisse de pardonner ou d'aller de l'avant; les raisons des critiques faites à l'origine sont toujours présentes, donc sans pour autant être rancunier, ils partent du principe qu'ils ne peuvent toujours pas accepter ces points d'achoppement.
On trouve en effet sur leur site des réponses faites à Rome à certaines de leurs critiques. est-ce que ça veut dire qu'ils se rallient à ce point de vue? je ne sais pas, honnêtement.
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Car c’est là le problème : ils penseront toujours (là intervient le risque que vous reconnaissez de ne pas vouloir revenir à une situation normale) en avoir une meilleure que le magistère et votre accord sur la nécessité d’une intervention « ex cathedra » montre que vous le pensez aussi.
Non, je ne pense pas forcement qu'ils penseront toujours avoir une position meilleure que le magistère, je n'en sais rien en fait, je parlais d'user de l'infaillibilité pour mettre un terme à toutes ces discussions (dans un sens comme dans l'autre, d'ailleurs). Je voulais dire par là que ça clarifierait les choses : soient ils acceptent ces définitions et dans ce cas, il n'y a plus de soucis, soient ils ne les acceptent pas et et dans ce cas là, la seule solution qu'il leur reste pour être cohérent est de rejoindre les sédévacantistes. et c'est également valable pour l'autre côté de l'échiquier, avec les progressistes.
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Que ce soit pour le latin ou autre chose, la différence elle est que vous vous dites « et pourquoi pas ? Ce n’est pas essentiel... » (pour ne pas relancer le débat sur l’usage et les degrés d’approbation, sachant que c’est bien au magistère de l’Eglise d’en gérer le « no man’s land » et d’apprécier les frontières : on boucle là sur l’obéissance, vos 2 « je trouve » sont symptomatiques, et il n’y a que l’Eglise pour trancher entre ceux des uns et des autres, et quand elle ne l’a pas encore fait et que nous sommes en période de mutation, alors accordons à ceux qui « trouvent autrement » que nous le bénéfice du doute... Sans toujours en référer à une tradition qui peut évoluer sur ces choses ) tandis que eux savent aussi que ce n’est pas essentiel mais ils en font des bastions imprenables (d’une ségrégation) et pour éviter d’aller à l’essentiel de leur contestation (qui médiatiquement serait très peu "porteur"). Si en effet une redéfinition de cet essentiel les obligerait, il n’en reste pas moins évident qu’ils n’ont plus le même que celui de l‘Eglise – sans quoi etc.
On a dans l'absolu toujours été dans une période de mutation, le monde est toujours en constante évolution. Après, comme je le disais, ces points sont l'arbre qui cache la forêt; oui, ces points sont médiatisés, mais ce n'est pas le cœur de leur position. Et quand on voit sur par exemple la communion dans la main le décalage entre les principes décrits dans le texte par le Cardinal Bugnini, les décisions qu'il prend en conclusion et l'application concrète qui en est faite, il y a de quoi être étonné (en tout cas, ça a été mon cas).
lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Il y a une grande différence entre la justification que vous donnez de leur attitude et la façon dont eux-mêmes la portent et qui la fonde !
La, je ne sais pas. contrairement à ce qu'ont pu me reprocher certains, je ne suis pas leur avocat et je ne me fait pas là leur porte parole. Je ne fais que faire part des remarques et étonnement que j'ai sur la question.

lintrus a écrit : Aujourd’hui, 8:52 Mais là où je vous donne raison, c’est que l’attitude qu’avait l’Eglise envers eux ne se justifierait pas s’ils avaient été déjà déclarés en schisme, à moins de considérer que la levée des excommunications par Benoit XVI, etc. et encore... Bref, la responsabilité d’un certain flou est partagée. Mais d’un côté c’est par une pratique de charité active, tandis que de l’autre cela ressemble beaucoup à l’attitude du pécheur qui se trouve des raisons pour appeler bien un mal afin d’éviter sa culpabilité.
On est d'accord sur le flou. après, les raisons du flou... je n'en sais rien.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par lintrus » Aujourd’hui, 8:52

Bonjour Mikess,

Le sujet n’étant plus les consécrations mais le schisme, nous ne sommes pas totalement hors sujet, mais notre conversation risque d’être sans fin !
D’abord quand vous distinguez le péché et le schisme, je vous rappelle que la division est un péché (1 Corinthiens 6) car les péchés ne s’arrêtent pas à la liste des 10 commandements.
Ensuite, vous n’avez pas répondu à la remarque de Gaudens qui pointe un des nœuds : je veux dire que cette fraternité est « border line » et joue sur les 2 tableaux. Si ce que dit Gaudens n’a rien d’officiel d’un point de vue canonique, juridique, etc., c’est patent (et c’est ce que je voulais dire en disant que s’appuyer sur le droit canon contre ceux qui le rédigent, pourrait se retourner contre eux).

Et là, on boucle sur le problème de l’obéissance. Où vous avez en partie raison mais je n’avais pas évoqué une distinction dont vous vous servez de l’absence : vos exemples portaient là-dessus sur des dogmes clairs, comme si l’Eglise déciderait un jour que Jésus n’est pas Dieu, etc. et là vous avez raison contre Rousseau. Mais quand il s’agit du choix des lectures pour la messe, de la langue qui y sera utilisée, etc. je suis désolé mais si il y a du sens à la succession apostolique, c’est bien parce qu’il faut un chef qui décide et qu’il faut lui obéir.
Bref, vos 2 conditions « si » ont été trés souvent et à plein remplies.

Vous dites que désobéissance sur ces points n’est pas schisme, mais c’est comme pour les péchés, où la somme des péchés véniels peut équivaloir à un péché mortel.
Cela repose sur la parole de Jésus mais aussi sur la compétence de ce chef – et du magistère. Lequel s’améliore par les conseils et les « remontées » du peuple saint. Or la façon de procéder de cette fraternité la prive de faire partie du processus, elle s’en est elle-même exclue.
L’émergence depuis des médias lui a permis de conserver une parole, mais c’est sans valeur et cela ne peut que faire du mal. De plus leur parole est monopolisée sur les différences et ils ne sont pas loin de prétendre (cf. post de Gaudens) être les seuls à conserver de l’Eglise la pureté, du coup certains s’imaginent soit que l’Eglise ne pense plus de mal de certaines pratiques (avortement, contraception, etc.) à moins d’être sinon tradi, soit que le magistère exagère avec ses interdits et que d’ailleurs il n’est pas en accord avec lui-même et sa tradition, donc...
[+] Texte masqué
Sur le sujet du lectorat etc. vous écrivez « en revanche, je pense que avoir réutilisé ces termes de lectorat et acolytat dans cette situation a conduit à créer une sorte de confusion sur la question. » : en fait, si ces ordres qui en effet n’ont pas de caractère ineffaçable etc, n’étaient pas institués à titre permanent, il y en aurait peut-être moins - de confusion. Ce qui à la place joue sur la distinction entre « ordinaire » et « extraordinaire », or... il est tout autant dommage de refuser le caractère sacré de fonctions, sous le prétexte qu’elles seront provisoires - que de refuser d’en conserver l’existence lorsqu’il y a adéquation avec la personne.
Nous sommes en plein changement civilisationnel sur le fond à l’égard de ce sujet qui est plus vaste, d’où une période d’essais afin de gagner en visibilité, mais cette fraternité comme sur beaucoup d’autres sujets refuse les 2 sans même regarder le fond, ni donc participer à la réflexion.
Péguy écrivait : « à force de vouloir avoir les mains pures, ils n’ont plus de mains. »

Cette fraternité le sait, et invoque le premier cas quand il s’agit du second, se contentant de signaler « un risque » pour ne pas se mettre en tort. Ce qui montre bien déjà qu’il n’y a pas de premier cas. Ensuite, en se mettant en dissidence, elle se prive de la possibilité d’intervenir au sein de l’Eglise (ses évêques ne s’intéressent qu’à leur fraternité) et de participer au travail de transformation en mieux opéré au sein de l ‘Eglise.

Je veux bien admettre que depuis le bref examen critique jusqu’à maintenant, les réponses de l’Eglise n’ont sans doute pas assez pris au sérieux les remarques faites, et qu’ils ont pu se sentir humiliés ou ostracisés, mais ne devraient-ils pas savoir pardonner et aller de l’avant ? Autrement dit, accepter que leurs remarques ne soient pas officiellement écoutées, quoi que depuis ce ne soit plus le cas. La publication sur leur site internet de la réponse de Benoit XVI le prouve, dont ils ne donnent aucune analyse justifiant leur « meilleure vue ». Et la donner en lecture ne veut pas dire qu’ils l’ont faite et encore moins qu’il ont cette vue –mais le donne seulement à penser par un procédé subtil.

Car c’est là le problème : ils penseront toujours (là intervient le risque que vous reconnaissez de ne pas vouloir revenir à une situation normale) en avoir une meilleure que le magistère et votre accord sur la nécessité d’une intervention « ex cathedra » montre que vous le pensez aussi.
Que ce soit pour le latin ou autre chose, la différence elle est que vous vous dites « et pourquoi pas ? Ce n’est pas essentiel... » (pour ne pas relancer le débat sur l’usage et les degrés d’approbation, sachant que c’est bien au magistère de l’Eglise d’en gérer le « no man’s land » et d’apprécier les frontières : on boucle là sur l’obéissance, vos 2 « je trouve » sont symptomatiques, et il n’y a que l’Eglise pour trancher entre ceux des uns et des autres, et quand elle ne l’a pas encore fait et que nous sommes en période de mutation, alors accordons à ceux qui « trouvent autrement » que nous le bénéfice du doute... Sans toujours en référer à une tradition qui peut évoluer sur ces choses ) tandis que eux savent aussi que ce n’est pas essentiel mais ils en font des bastions imprenables (d’une ségrégation) et pour éviter d’aller à l’essentiel de leur contestation (qui médiatiquement serait très peu "porteur"). Si en effet une redéfinition de cet essentiel les obligerait, il n’en reste pas moins évident qu’ils n’ont plus le même que celui de l‘Eglise – sans quoi etc.

Il y a une grande différence entre la justification que vous donnez de leur attitude et la façon dont eux-mêmes la portent et qui la fonde !

Mais là où je vous donne raison, c’est que l’attitude qu’avait l’Eglise envers eux ne se justifierait pas s’ils avaient été déjà déclarés en schisme, à moins de considérer que la levée des excommunications par Benoit XVI, etc. et encore... Bref, la responsabilité d’un certain flou est partagée. Mais d’un côté c’est par une pratique de charité active, tandis que de l’autre cela ressemble beaucoup à l’attitude du pécheur qui se trouve des raisons pour appeler bien un mal afin d’éviter sa culpabilité.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Aujourd’hui, 7:27

Fée Violine a écrit : Hier, 22:45
mikesss a écrit : Hier, 15:24
comme l'Eglise disait que Ste Jeanne d'Arc était hérétique, que Sainte Mary MacKillop était excommuniée, que St Athanase était excommunié...
Ce que je veux dire c'est que l'argument c'est l'Eglise qui le dit n'est pas un absolu, contrairement à ce que vous en faites.
Ste Jeanne d'Arc n'a pas été condamnée par le pape mais seulement par un évêque et pour des raisons politiques !
Bonjour Fée Violine,

non, effectivement, mais elle a tout de même été condamnée par un tribunal ecclésiastique légitime à tort.
Ce ne sont que des exemples que je donnais pour montrer que l'argument disant que "les autorités légitimes de l'Eglise ont jugé, donc on ne peut pas dire le contraire de leur sentence" est un argument abscond. (d'ailleurs, techniquement, la FSSPX a été condamnée par le cardinal Fernandez, pas par le Pape). Mais je suis totalement d'accord sur le fait que ces cas sont des cas bien différents.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Aujourd’hui, 7:24

Kerygme a écrit : Hier, 21:59 Car lorsque vous mettez l'Église en accusation c'est chaque baptisé qui l'est, car trop grande est la confusion entre Église et clergé.
Dieu seul, et ultimement Jésus-Christ, est l’Absolu. Mais l'Église possède une importance unique et nécessaire dans le dessein du Salut, parce qu’elle est le Corps du Christ, son Peuple et le sacrement de l’union avec Dieu.
Je n'ai jamais mis l'Eglise en accusation, quoi que vous puissiez en dire. En revanche, je maintiens mon propos, les hommes d'Eglise peuvent se tromper. Quant à la confusion entre hommes d'Eglise est Eglise, elle est pourtant primordiale si on veut pouvoir tenir le fait que l'Eglise est l'épouse du christ; dans l'Histoire, de nombreux hommes d'Eglise ont commis des horreurs qu'il serait grave et mensonger d'imputer à l'Eglise.
Kerygme a écrit : Hier, 21:59 L’Église n’est pas l’Absolu, mais elle est la médiation historique, sacramentelle et visible de l’Absolu chrétien : Jésus-Christ.
Je n'ai jamais dit que l'Eglise n'était pas un absolu, j'ai dit que l'argument disant "l'Eglise a parlé" n'était pas un absolu concernant le sujet de ce fil, c'est totalement différent.
Kerygme a écrit : Hier, 21:59 Non dépourvue de défauts puisque constituée d'hommes et de femmes, mais parce que le Christ la sanctifie par cette union elle une, sainte, catholique et apostolique ... et non une annexe du journal officiel. Les sentences qu'elle rend ne sont pas que des sentences d'Homme.

Totalement d'accord sur le fond, mais pour autant, faut il prendre tout ce qu'elle dit, et en l'occurrence en matière disciplinaire pour parole d'Evangile; il me semble que vous mettez sur un pied d'égalité son enseignement doctrinal infaillible tel que défini par Vatican I et les application qu'elle peut faire dans certains cas.
Kerygme a écrit : Hier, 21:59 Ne vous étonnez pas qu'Elle soit défendue bec et ongles.
Elle n'a aucune raison de l'être ici, encore une fois, je ne l'ai pas attaquée. et je trouve ça assez dommage de devoir le préciser alors qu'il suffit de lire mes posts pour s'en rendre compte (à moins que vous ne considériez comme une attaque contre l'Eglise le fait de ne pas être d'accord avec l'interprétation de certaines de ses autorités sur un point précis).

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Aujourd’hui, 7:02

Gaudens a écrit : Hier, 20:32 Bonsoir Mikess;
Vous dites plus haut que la FSSPX n'est pas en situation de schisme car elle ne l'a pas déclaré, ou, en d'autres termes, qu'elle n'a pas indiqué vouloir se séparer de l'Eglise. Evidemment puisque , à ses yeux, elle EST l'Eglise, la seule à suivre la Tradition alors que la Rome "moderniste" s'est égarée.
Il est probable que d'ici dix ou vingt ans, peut-être moins, elle ira au bout de cette logique en excommuniant ladite Rome "moderniste", sa hiérarchie et ses fidèles , en les déclarant schismatiques t hérétiques. Elle n'aura plus alors qu'un seul acte à poser : élire un pseudo-pape, rejoignant ainsi les sédévacantistes "conclavistes" dont elle prend toujours soin de se démarquer. Jusqu'à quand ?
Sauf si le Saint-Esprit s'en mêle, bien sûr.
Bonjour Gaudens,

ce n'est pas seulement qu'elle ne l'a pas déclaré, c'est qu'elle s'en est défendue.
Peut être effectivement que dans quelques années, la FSSPX franchira le pas fatidique, mais on ne peut le savoir pour l'instant, il est donc judicieux de ne pas reposer son discours sur des suppositions de ce qui arrivera peut être dans le futur.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Fée Violine » Hier, 22:45

mikesss a écrit : Hier, 15:24
Kerygme a écrit : Hier, 13:18 Ils le sont et c'est ce que dit l'Église. Qui ne rassemble pas, divise ...
comme l'Eglise disait que Ste Jeanne d'Arc était hérétique, que Sainte Mary MacKillop était excommuniée, que St Athanase était excommunié...
Ce que je veux dire c'est que l'argument c'est l'Eglise qui le dit n'est pas un absolu, contrairement à ce que vous en faites.
Ste Jeanne d'Arc n'a pas été condamnée par le pape mais seulement par un évêque et pour des raisons politiques !

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Kerygme » Hier, 21:59

mikesss a écrit : Hier, 15:24 Ce que je veux dire c'est que l'argument c'est l'Eglise qui le dit n'est pas un absolu, contrairement à ce que vous en faites.
Je vous invite à ne pas vous contenter de réciter le Credo dominical mais à le méditer mieux que les versets précédents.

Car lorsque vous mettez l'Église en accusation c'est chaque baptisé qui l'est, car trop grande est la confusion entre Église et clergé.
Dieu seul, et ultimement Jésus-Christ, est l’Absolu. Mais l'Église possède une importance unique et nécessaire dans le dessein du Salut, parce qu’elle est le Corps du Christ, son Peuple et le sacrement de l’union avec Dieu.
L’Église n’est pas l’Absolu, mais elle est la médiation historique, sacramentelle et visible de l’Absolu chrétien : Jésus-Christ.

Non dépourvue de défauts puisque constituée d'hommes et de femmes, mais parce que le Christ la sanctifie par cette union elle une, sainte, catholique et apostolique ... et non une annexe du journal officiel. Les sentences qu'elle rend ne sont pas que des sentences d'Homme.

Ne vous étonnez pas qu'Elle soit défendue bec et ongles.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Gaudens » Hier, 20:32

Bonsoir Mikess;
Vous dites plus haut que la FSSPX n'est pas en situation de schisme car elle ne l'a pas déclaré, ou, en d'autres termes, qu'elle n'a pas indiqué vouloir se séparer de l'Eglise. Evidemment puisque , à ses yeux, elle EST l'Eglise, la seule à suivre la Tradition alors que la Rome "moderniste" s'est égarée.
Il est probable que d'ici dix ou vingt ans, peut-être moins, elle ira au bout de cette logique en excommuniant ladite Rome "moderniste", sa hiérarchie et ses fidèles , en les déclarant schismatiques t hérétiques. Elle n'aura plus alors qu'un seul acte à poser : élire un pseudo-pape, rejoignant ainsi les sédévacantistes "conclavistes" dont elle prend toujours soin de se démarquer. Jusqu'à quand ?
Sauf si le Saint-Esprit s'en mêle, bien sûr.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 15:24

Kerygme a écrit : Hier, 13:18 Ils le sont et c'est ce que dit l'Église. Qui ne rassemble pas, divise ...
comme l'Eglise disait que Ste Jeanne d'Arc était hérétique, que Sainte Mary MacKillop était excommuniée, que St Athanase était excommunié...
Ce que je veux dire c'est que l'argument c'est l'Eglise qui le dit n'est pas un absolu, contrairement à ce que vous en faites.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Kerygme » Hier, 13:18

mikesss a écrit : Hier, 13:16 Et d'ailleurs, en l'occurrence, oui, j'admets avoir fait une application un peu rapide et trop littérale du texte de St Paul.
Comme pour beaucoup d'autres choses.
mikesss a écrit : Hier, 13:16 En revanche, je ne suis pas d'accord sur le fait que ce soit une discussion vaine, il s'agit de savoir si les fidèles et les clercs de la FSSPX sont réellement schismatiques.
Ils le sont et c'est ce que dit l'Église. Qui ne rassemble pas, divise ...

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 13:16

Kerygme a écrit : Hier, 12:48 Vouloir avoir toujours raison démontre surtout un manque de nuance et de sagesse.



Paul demande à Tite d’éviter les débats stériles et querelleurs, non toute réflexion sur la foi. Il oppose ces disputes à ce qui est « profitable » : annoncer la miséricorde de Dieu et conduire les croyants aux bonnes œuvres.

« Les généalogies » désignent des listes ou spéculations interminables (St Athanase, Ste Jeanne d'Arc, ...) qui alimentaient des discussions sans véritable bénéfice spirituel. Saint Jean Chrysostome les évoque notamment pour faire étalage d’érudition.

« Les disputes sur la Loi » concernent les controverses sur leur interprétation et leur application, surtout lorsque certains voulaient en faire un moyen de justification ou imposer des pratiques qui détournaient de la foi au Christ.

« Éviter » ne signifie pas renoncer à défendre la vérité. Saint Thomas d’Aquin distingue le débat honnête, qui cherche la vérité, de la querelle qui vise à vaincre ou à contester sans fin.


Le critère de Paul est donc simple : une discussion mérite-t-elle de faire grandir dans la foi, la charité et les œuvres bonnes ? Si elle ne produit que divisions et paroles inutiles, il faut s’en détourner. Et lorsqu’une personne provoque volontairement des divisions, Paul demande de l’avertir une première et une deuxième fois, puis de ne plus s’engager dans cette querelle.
Il est normal pour l'homme de vouloir être dans la vérité (autrement dit, d'avoir raison). Vouloir ne pas avoir raison serait bizarre. :-D
mais je vous ce que vous voulez dire, ne pas admettre de s'est trompé; mais rassurez vous je sais admettre quand je me suis trompé, ou quand un argument m'a convaincu. au demeurant, je pense que sur ce fil au moins, on pourrait appliquer votre critique à presque l'ensemble des gens qui ont participé (et pour autant, ça ne veut pas dire qu'aucun d'entre eux ne cherche honnêtement la vérité) .
Et d'ailleurs, en l'occurrence, oui, j'admets avoir fait une application un peu rapide et trop littérale du texte de St Paul.
En revanche, je ne suis pas d'accord sur le fait que ce soit une discussion vaine, il s'agit de savoir si les fidèles et les clercs de la FSSPX sont réellement schismatiques. Et l'intérêt de cette discussion (en tout cas, c'est comme ça que je le prends), c'est que ça permet d'avoir justement un point de vue qui n'est pas le nôtre, une analyse de la situation faite par d'autres yeux, et cela aide parfois à réfléchir.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Kerygme » Hier, 12:48

Vouloir avoir toujours raison démontre surtout un manque de nuance et de sagesse.



Paul demande à Tite d’éviter les débats stériles et querelleurs, non toute réflexion. Il oppose ces disputes à ce qui est « profitable » : annoncer la miséricorde de Dieu et conduire les croyants aux bonnes œuvres.

« Les généalogies » désignent des listes ou spéculations interminables (St Athanase, Ste Jeanne d'Arc, ...) qui alimentaient des discussions sans véritable bénéfice spirituel. Saint Jean Chrysostome les évoque notamment comme moyen pour faire étalage d’érudition.

« Les disputes sur la Loi » concernent les controverses sur leur interprétation et leur application, surtout lorsque certains voulaient en faire un moyen de justification ou imposer des pratiques qui détournaient de la foi au Christ.

« Éviter » ne signifie pas renoncer à défendre la vérité. Saint Thomas d’Aquin distingue le débat honnête, qui cherche la vérité, de la querelle qui vise à vaincre ou à contester sans fin.


Le critère de Paul est donc simple : une discussion mérite-t-elle de faire grandir dans la foi, la charité et les œuvres bonnes ? Si elle ne produit que divisions et paroles inutiles, il faut s’en détourner. Et lorsqu’une personne provoque volontairement des divisions, Paul demande de l’avertir une première et une deuxième fois, puis de ne plus s’engager dans cette querelle.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 11:58

Kerygme a écrit : Hier, 10:29 De toute façon l'Église, dans sa dimension Pétrinienne et hiérarchique s'est prononcée, le reste n'est que verbiages et mondanités faites de positions et d'oppositions personnelles qui ne remplissent que des pages mais ne changeront rien.
Oui, et St Athanase et Ste Jeanne d'Arc ont été également condamné par les autorité religieuses légitimes, étaient ils coupables pour autant? (attention, je ne dis pas que la FFSPX = St Athanase, ou Ste Jeanne d'Arc, je dis donne juste ces exemples pour montrer que dire que les autorités vaticanes se sont prononcés, donc le débat est clos n'a pas de sens.)
Kerygme a écrit : Hier, 10:29 Il est toujours utile de revenir à l'évangile en relisant ce que saint Paul écrit à Tite, dans sa troisième épître, concernant les disputes sur la Loi.
qui n'est pas applicable en l'occurrence, puisque St Paul critiquait là les discussions sur l'application de la Loi de l'ancien testament dans les communautés chrétiennes, (et c'est plutôt clair quand on lit le verset en entier, avec l'évocation des généalogies), pas le fait de discuter dans l'absolu du sens d'une loi.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 11:43

patatedouce a écrit : Hier, 9:57
Votre raisonnement défendrait n'importe qui : un tueur, un conjoint infidèle…
Absolument pas, et pour dire une chose pareille, soit vous n'avez rien compris de ce que j'ai dit, doit, c'est la mauvaise foi. je ne vois pas vraiment comment on pourrait tromper son conjoint sans en avoir eu l'intention. et dans le cas du tueur, ça dépend des circonstances: la personne qui conduirait trop vite et qui ne pourrait éviter un piéton, qui le renverse et le tue n'a pas commis le péché de meurtre, mais un péché (grave sans doute au vu des conséquences) d'imprudence.
Que vous le vouliez ou non, l'intention est nécessaire dans le péché, surtout dans le péché mortel. et donc je ne vois pas pourquoi ça ne s'appliquerait pas au schisme.
patatedouce a écrit : Hier, 9:57 La vie chrétienne ne se limite pas à la paroisse, ce qui est souvent le cas à la FSSPX.

Je connais une personne qui a une vie remplie de charité (vie associative, en accord avec la liberté religieuse…) et qui fréquente la FSSPX ; je n'ai absolument aucun problème avec elle.

Et je connais une autre personne qui a pour mentalité que tout le monde lui doit tout, etc. (il faut tout le temps tout faire à sa place, mais elle est toujours en train de s'en vanter…), et qui est d'une mauvaise foi absolue sur les sacres et sur la FSSPX (avec pour défense : « Je suis absolument pour les sacres, mais ce n'est pas moi qui les ai faits… »).

Tout cela pour vous dire que vous pouvez avoir beaucoup de mauvaise foi dans votre argumentation, mais au bout d'un moment, je pense que la question n'est pas là. Surtout si votre argumentation est avant tout logico-juridique.
Vous pouvez m'accuser de mauvaise foi, ça m'importe peu. En revanche, si, la question est là en l'occurrence: si la FSSPX est schismatique, alors il est strictement interdit pour des catholiques d'assister a leurs célébrations (hors les cas particuliers comme mariage, enterrement...), de recevoir leurs sacrements... dans le cas contraire, c'est autorisé (je parle d'un point de vue moral).
et oui, sur les exemples que vous prenez, j'avoue ne pas voir le rapport avec le sujet, mais oui, je suppose que à la FSSPX comme partout ailleurs, on trouve des gens biens et des gens moins bien... Et?
patatedouce a écrit : Hier, 9:57 Mais ne mettez pas sur le même plan un pape rempli de charité et une FSSPX remplie d'orgueil.
Et à quel moment les ai-je mis sur un pied d'égalité?

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