par Perlum Pimpum » ven. 17 oct. 2025, 10:21
2) Le vocabulaire très dur sur le judaïsme… me gêne. Le même concile affirme que l’Alliance avec Israël « n’a jamais été révoquée… » (cf. Nostra Aetate 4)… Ne faudrait-il pas en tenir compte ?
I – La Tradition constitutive.
Le vocabulaire très dur envers le judaïsme post-chrétien, anti-chrétien par essence, est celui même dont use Dieu, auteur de la totalité des textes inspirés.
[1] Pour comprendre cette dureté de Dieu envers les juifs anti-chrétiens, les membres de la Synagogue de Satan (Ap. II, 9, Ap. III, 9), il faut d’abord comprendre ce point capital :
la plénitude du judaïsme est le christianisme, dont la plénitude est le catholicisme, de sorte qu’en toute vérité le catholicisme est la plénitude du judaïsme : le catholique est le vrai juif.
D'où donc que le beau nom de juif (« le salut vient des juifs », Jn. IV, 22) ne s'applique en toute rigueur de termes qu'à ceux-là seuls qui appartiennent au Corps du Christ ; ne s'appliquant que par manière impropre quoique habituelle à ceux qui n'ont de juif que le nom, « ceux de la synagogue de Satan, qui se disent juifs et ne le sont pas » (Ap. III, 9), de sorte qu'en cette habituelle acception du terme, elle n'est que laide, hideuse, abominable à Dieu.
Car qu’est-ce qu’être juif ? Le mot est polysémique, porteur d’une pluralité de sens tirés d’un sens premier auquel les seconds ont rapport, raison pourquoi le mot s’applique analogiquement à des réalités diverses. Il y a ici une analogie de proportion en laquelle le terme analogue « juif » a un sens théologal (analogué principal) duquel dérivent d’autres sens (analogués secondaires), tels que racial, culturel-identitaire, etc. C’est toujours soit au sens premier et plénier, théologal en ses deux occurrences, soit au sens théologique dérivé, que j’emploie le mot « juif » en cet écrit, à l’exclusion de tout autre sens dérivé tel que racial ou identitaire. Je le précise pour qu’aucune ambiguïté ne soit possible : l’anti-judaïsme chrétien, l’hostilité bimillénaire du christianisme comme plénitude du judaïsme au judaïsme post- et anti-chrétien, qui n’a d’égale que l’hostilité bimillénaire du judaïsme dévoyé au christianisme, n’est aucunement un antisémitisme : le Christ est de race sémitique, comme le sont aussi sa Mère et ses Apôtres, colonnes et fondements de la vérité. Au sens théologal du terme, le mot juif réfère au judaïsme pré-chrétien par essence ainsi qu'au christianisme comme plénitude du judaïsme ; le premier de ces sens pouvant être l'un ou l'autre selon qu'on réfère le mot à l'ordre chronologique ou à ce qui constitue le formel de la judéité, la grâce du Christ, et ainsi le Christ lui-même. Du sens théologal dérive un sens théologique référant au judaïsme post- et anti-chrétien, ce judaïsme là n'ayant de juif que le nom (cf. infra). Pour que le sens soit théologal, il doit référer à Dieu, le vrai Dieu, le Dieu révélant et révélé. La foi théologale est celle ayant véritablement Dieu révélant pour auteur (motif de la foi théologale) et Dieu révélé pour objet (objet de la foi théologale), les autres vérités formellement révélées ne l'étant qu'en leur rapport au Dieu révélé (objet premier de la foi théologale). Le mot juif au sens théologal du terme implique toujours que celui auquel on l'attribue appartienne au Corps du Christ, a minima au corps de ce Corps par la foi théologale, ce qui doit se dire de l'ensemble des membres du judaïsme pré-chrétien, l’Église d'avant l’Église étant déjà l’Église (cf. infra). Le mot juif pris au sens théologal du terme peut donc d'abord signifier tout juif pré-chrétien (comme en Rm. III, 27-29, Rm. IX, 24, Ga. III, 28, etc). Le mot juif pris au sens théologal du terme peut encore signifier tout chrétien (comme en Rm. II, 28-29, Ga. VI, 16, Ga. III, 29, Ph. III, 3, etc, et conséquemment par antithèse en Ap. II, 9 et en Ap. III, 9), le christianisme étant la plénitude du judaïsme. Conséquemment le mot « judéo-chrétien » est lui-même susceptible de deux acceptions, selon que désignant tout chrétien, tout chrétien étant juif du seul fait que chrétien (cf. infra), ou selon que ne désignant que la fraction des chrétiens issus du judaïsme pré-chrétien par opposition à ceux issus de la gentilité. En d'autres occurrences néotestamentaires, le mot juif désigne ceux qui, issus du judaïsme pré-chrétien, ont sombré dans le judaïsme post- et anti-chrétien, savoir : ou ceux ayant activement pris part au déicide (comme en I Th. II, 15, Ac. II, 22-23, Mt. XXVII, 22, etc) ; ou ceux qui se sont opposés à la prédication chrétienne (comme en Ac. IX, 23, Ac. XIII, 45 et 50, Ac. XIV, 4-5, Mt. XXIII, 34-35, I Th. II, 14 et 16, etc) ; ou tout ceux qui, plus généralement, ont refusé Jésus, cessant du fait-même d'être unis à son Corps (Ap. II, 9, Ap. III, 9). En ces derniers sens, le mot juif perd tout caractère théologal, ces juifs-là n'ayant plus la foi théologale pour s'être refusés à la révélation divine donnée en et par Jésus-Christ, qu'ils renièrent, désormais retranchés du Christ jusqu'à n'avoir plus de juif que le nom (Ap. II, 9, Ap. III, 9).
La discussion qui suivra relativement aux membres du judaïsme post- et anti-chrétien est de savoir s'ils peuvent, en leur foi théologale implicitement trinitaire héritée du Cep dont ils se sont séparés, appartenir eux aussi à l’âme de l’Église, être en état de grâce, « dans la voie du salut ». En d’autres termes, la foi théologale peut-elle encore exister chez ceux dont la foi judéo-antichrétienne est explicitement ou implicitement négatrice de la divinité et de la messianité de Jésus de Nazareth ? Pour ceux niant explicitement la Trinité ou l'incarnation de Dieu en Christ Jésus, la réponse est nécessairement négative ; je dirais plus bas pourquoi en parlant du motif de la foi théologale. La question n'est donc que quant à ceux des juifs du judaïsme anti-chrétien qui, sans nier la Trinité ou l'Incarnation, l'ignorent.
[2] Du caractère essentiellement juif du christianisme.
Selon la doxa rabbinique la judéité a trois causes. Cause efficiente, Dieu infusant en l’âme ce par quoi elle devient juive. Cause formelle, ce que Dieu y infuse, que les rabbins nomment degrés d’âme supplémentaires. Cause dispositive ordinaire à cette infusion, le fait d’être conçu d’une mère juive (donc la matrilinéarité : c’est ici que la race incidait sur la judéité en l’économie de la loi ancienne) ; cause dispositive extraordinaire à cette infusion, le mikvé, bain rituel ayant ici valeur sacramentelle, puisqu’il suffit que les règles qui le régissent soient respectées pour qu’en le mikvé le goy devienne juif. Remplacez mikvé par baptême, degrés d’âme supplémentaires par organisme surnaturel infus, et vous comprendrez le caractère structurellement juif du christianisme, donc d’abord du catholicisme, plénitude du christianisme et ainsi du judaïsme. D’ailleurs ne disons-nous pas de Jésus qu’il est, sans confusion ni mélange ni séparation ni division de ses natures, le Dieu d’Israël et le Messie d’Israël ? Nous ne sommes chrétiens que parce que nous sommes juifs au sens théologal du terme, n’étant juifs en cette acception du terme que parce qu’unis au Christ, juif parmi les vrais juifs, ceux membres de son corps vivant, l’Église, dont la circoncision n’est pas selon la chair mais selon l’Esprit (Rm. II, 28-29), à la louange et à la gloire de Dieu. « Le juif, c'est celui qui l'est intérieurement ; et la circoncision, c'est celle du cœur, selon l'esprit et non selon la lettre. La louange de ce juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu. » Que les chrétiens aient rapidement délaissé leur nom de juifs pour le laisser à leurs adversaires ne peut faire oublier qu’aux termes mêmes de la révélation ce nom s’applique d’abord à eux.
Avant son incarnation, Jésus incorporait déjà à son Corps les membres de l’Église d’avant l’Église qu’était déjà l’Église, les incorporant quant à l’âme et au corps à son Corps mystique. Quant à l’âme par sa grâce sanctifiante. Quant au corps, d'abord par un caractère sacramentel infus dont la circoncision charnelle n’est qu’un symbole (Gn. XVII, 11), ensuite par l'appartenance raciale-héréditaire à la lignée d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (à laquelle le mikvé assimilait spirituellement les convertis, leur donnant conséquemment de pouvoir légitimement se marier aux descendants de la lignée pour conséquemment y engendrer leur propre progéniture), enfin par la confession de foi, la foi théologale du judaïsme pré-chrétien en Dieu véritablement révélé par Dieu révélant (raison pourquoi elle est théologale, a réellement le vrai Dieu pour auteur et pour objet) étant implicitement trinitaire (Gn. XVIII, 1-2) et incarnationnelle (Dn. VII, 9-14). Venant sur les nuées du Ciel et exerçant la domination éternelle, ce qui ne peut se dire que de Dieu, s’annonçant pourtant comme homme, le Fils de l’homme, d’où l’explicitation qu’il en donna ensuite, affirmant on ne peut plus clairement sa divinité, puisque « assis à la droite de la puissance de Dieu » (Mt. XXVI, 64), donc siégeant sur le trône de Dieu (Mt. XXV, 31), ce qui n’appartient évidemment qu’à Dieu.
Ceux donc du judaïsme pré-chrétien qui, à l’arrivée du Christ, le reconnurent comme Dieu et Messie d’Israël, durent conjoindre à leur reconnaissance du Christ le baptême trinitaire, pour rester par les sacrements de la loi nouvelle en ce Corps renouvelé par le sang de l’alliance nouvelle (Lc. XXII, 20) et éternelle (Is. LV, 3, LXI, 8, Jr. XXXII, 40, L, 5, Ez. XVI, 60, XXXVII, 26), « afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis. » (Hb. IX, 15). Tout à l’inverse la fraction du judaïsme jusqu'alors pré-chrétien ayant refusé le Christ à sa venue, s’est séparée par son refus de Celui qui jusqu’alors les portait à tout le moins quant au corps de son Corps. Ayant refusé de rester en le Corps désormais renouvelé, ils le quittèrent ! De sorte qu'on peut tout autant dire qu'ayant abandonné Dieu, Dieu les abandonna (Os. XIII, 9 ; Jr. II, 17-19 ; Ez. XXXIX, 24), n'ayant abandonné Dieu que parce qu'ayant été abandonnés par Dieu (Jn. XII, 40 ; Mc. IV, 12 ; Lc. VIII, 10) : Dieu délaisse ceux qu'il prévoit le délaisser [l'explication détaillée de cette causalité réciproque, dispositive relativement à l'homme préconnu s'endurcir, efficiente relativement à Dieu sanctionnant l'endurcissement prévu en soustrayant sa grâce efficace de conversion, a été donnée au topic sur la prédestination]. Ceux du judaïsme post- et anti-chrétien sont donc en RUPTURE TOTALE au judaïsme pré-chrétien par essence, puisque ayant rompu avec le Christ par leur refus du Christ, ils cessèrent TOTALEMENT d'être des membres du Christ, cessèrent d'appartenir tant à l'âme qu'au corps de l'Israël de Dieu, l’Église de Dieu, pour désormais constituer la synagogue de Satan (Ap. II, 9, III, 9). Ils en devinrent des sarments secs (Jn. XV, 6), retranchés de la sève vitale (la grâce sanctifiante) du Christ, le Cep (Jn. XV, 1-2, Mt. XXI, 33-44), exclus du Royaume de Dieu (Mt. XXI, 43), faux circoncis (Ph. III, 3) se disant juifs mais ne l’étant pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), jetés dehors, exclus du Corps pour n’être pas demeurés en Celui qui les portait (Jn. XV, 6), voués conséquemment au feu de la Géhenne éternelle (Jn. XV, 6, Mt. VII, 19), retranchés de Dieu à cause de leur incrédulité (Rm. XI, 17-20), devenus ainsi ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16).
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Sagesse, debout, écoutons le saint Évangile !
« Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. » (Jn. XV, 1-6).
« Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. » (Mt. VII, 19).
« Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne du repentir, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la hache est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener au repentir ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, dont je ne suis même pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a sa pelle à la main, il nettoiera son aire, il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point. » (Mt. III, 7-12).
« Je sais que vous êtes la postérité d'Abraham, mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous. Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre père. Ils lui répondirent : Notre père, c'est Abraham. Jésus leur dit : Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a point fait. Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants illégitimes, nous avons un seul Père, Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; vous n'étendez pas parce que vous n'êtes pas de Dieu. Les Juifs lui répondirent : N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? Jésus répliqua : Je n'ai point de démon mais j'honore mon Père, et vous m'outragez. Je ne cherche point ma gloire ; il en est un qui la cherche et qui juge. En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Maintenant, lui dirent les juifs, nous connaissons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? Jésus répondit : Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien. C'est mon Père qui me glorifie, lui que vous dites être votre Dieu, et que vous ne connaissez pas. Pour moi, je le connais ; et si je disais que je ne le connais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais, et je garde sa parole. Abraham, votre père, a tressailli de joie (Gn. XVII, 17) de ce qu'il verrait mon Jour (cf. Am. V, 18) : il l'a vu, et il s'est réjoui. Les juifs lui dirent : Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis (Ex. III, 14). Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui ; mais Jésus se cacha, et il sortit du temple. » (Jn. VIII, 37-58).
Vous le voyez, la dureté du vocabulaire est celle-même dont use Dieu inspirant les textes inspirés.
Toute la question est de savoir s'il faut attribuer à la totalité des juifs post-/anti-chrétiens ce qu'affirme ici l’Écriture. Sont-ils tous maudits, marqués, réprouvés, en un mot déicides, ou serait-ce que certains d'entre eux ne le soient pas ? L'argumentation théologique et l'étude de la Tradition continuative permettront d'y répondre (cf. infra).
[3] Le christianisme est d’ailleurs, tout comme le judaïsme d’avant l’incarnation, pré-chrétien par essence, une religion de la Loi, la nouveauté apportée par le Christ n’étant pas de nier la Loi, mais :
1° D’expliciter plus clairement l’esprit de la Loi, par exemple Os. VI, 6 repris et explicité en Mt. IX, 13, d’où Lv. XX, 10, en lequel Dieu dit la gravité du péché et la juste rigueur de son châtiment – aux yeux de Dieu, une abomination méritant la mort en cette vie, la damnation en l’autre – avant de très fortement atténuer son propos, du moins quant à la vie présente, par Jn. VIII, 3-11, qui dit l’universalité du péché (cf. Rm. II, 1 ; III, 23) et la miséricordieuse bonté de Dieu (Rm. III, 24 // Mt. XII, 7 ; XVIII, 11-13 // Ez. XVIII, 23 ; I Tim. II, 4) qui veut le salut des hommes ; tout en laissant à l’Église, divinement investie du pouvoir de lier (Mt. XVIII, 18), le soin d’exercer juridictionnellement la vindicte quand elle le juge nécessaire : ici Ac. V, 1-11 (vindicte) contre-balance Jn. VIII, 1-11 (miséricorde) ; à charge pour ceux exerçant la juridiction en vue du bien commun, qui prime le bien individuel, de l'exercer, sans donc que Mt. XVIII, 23-34 (parabole du débiteur impitoyable), qui vise les rapports inter-personnels, non ceux de la puissance juridictionnelle à ses sujets, trouve nécessairement à s'appliquer ici.
2° D’affirmer la nécessité de la grâce pour vivre en pleine conformité à la Loi (Rm. III, 21-28 conjoint à Rm. III, 31), selon qu’il est écrit : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements. (Jn. XIV, 15). » « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. (Jn. XIV, 21). » « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. (Jn. XV, 10). » « Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements, et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. (I Jn. V, 3-4). » De sorte que s’applique pleinement au verus Israël, à l’Israël de Dieu qu’est l’Église, les paroles du Deutéronome : « Maintenant, Israël, que te demande l'Éternel, ton Dieu, si ce n'est que tu craignes l'Éternel, ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d'aimer et de servir l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme. (Dt. X, 12-13). » Conséquemment : « Si quelqu'un dit que la foi qui justifie n'est rien d'autre que la confiance en la miséricorde divine, qui remet les péchés à cause du Christ, ou que c'est par cette seule confiance que nous sommes justifiés : qu'il soit anathème. » (Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, canon 10). « Si quelqu'un dit que l'homme est absous de ses péchés et justifié parce qu'il croit avec une certitude qu'il est absous et justifié, ou que n'est vraiment justifié que celui qui croit qu'il est justifié, et que cette seule foi réalise l'absolution et la justification : qu'il soit anathème » (canon 14). « Si quelqu'un dit que l'homme justifié, aussi parfait qu'il soit, n'est pas tenu d'observer les commandements de Dieu et de l'Église, mais seulement de croire, comme si l'Évangile était une pure et simple promesse de la vie éternelle sans la condition d'observer les commandements : qu'il soit anathème » (canon 20). « Si quelqu'un dit que le Christ Jésus a été donné par Dieu aux hommes comme rédempteur, en qui se confier, et non pas aussi comme législateur à qui obéir : qu'il soit anathème » (canon 21).
Bref, le Christ n’a nullement abrogé la Loi (Mt. V, 17, Lc. XVI, 17) : il l’a obrogée. L’obrogation est une abrogation partielle. Certains commandements ont été maintenus, les commandements de la loi naturelle, qui tirent du primat du surnaturel une coloration particulière. Ainsi le culte de latrie, d’ordre naturel, n’a de sens que relativement au vrai Dieu, au Dieu révélant et révélé de la foi théologale, la nature sans la grâce n’étant que déchue, de sorte que la véritable latrie est d’ordre surnaturel, relative au Dieu trinitaire (tri-unitaire) de la foi théologale, le culte envers le Dieu unitaire n’en étant qu’un succédané, naturellement bon quoiqu’insuffisant à mériter surnaturellement de condigno le salut. D’autres ont été supprimés (tout ou partie (c'est à discuter) des commandements positifs de la Loi que Dieu donna par Moïse). D’autres enfin ont été rajoutés (les commandements positifs de la Loi de Dieu donnée par le Christ). Qu’est donc la Loi de Dieu et du Christ, tout à la fois naturelle et positive ? « Par la loi naturelle, la loi éternelle est participée selon la capacité de la nature humaine. Mais il faut que l'homme soit dirigé vers sa fin ultime surnaturelle selon un mode supérieur. C'est pourquoi la loi divine a été surajoutée, et par elle la loi éternelle est participée selon ce mode supérieur. » (ST, I, 91, 4, ad. 1). « Le salut des hommes ne pouvait être assuré que par le Christ, selon les Actes des Apôtres (4, 12) : "Il n'a pas été donné aux hommes d'autre nom en lequel nous devions être sauvés." C'est pourquoi la loi qui conduit tout le monde de façon parfaite au salut n'a pu être donnée qu'après la venue du Christ. Auparavant, il fallut donner au peuple dont le Christ devait naître une loi qui le prépare à accueillir le Christ, et cette loi devait comprendre certains premiers éléments de la justice qui les sauverait. » (ST, I, 91, 5, ad. 2). « La loi naturelle dirige les hommes selon certains préceptes communs, vis-à-vis desquels parfaits et imparfaits sont à égalité ; aussi cette loi est-elle unique pour tous. Mais la loi divine dirige l'homme également selon certaines dispositions particulières vis-à-vis desquels parfaits et imparfaits ne se comportent pas de la même façon. C'est pourquoi il fallait que la loi divine fût double, comme nous venons de l'expliquer. » (ST, I, 91, 5, ad. 3).
Ce que le Christ a supprimé, c’est l’ensemble des prescriptions tendant à limiter l’élection à la grâce à une nation et une race à laquelle s’assimiler. En Christ, le judaïsme devient universaliste, et ainsi catholique. La race hébraïque fut dotée de privilèges à raison de sa mission : engendrer le Christ. Le Christ étant venu, la race hébraïque perd la raison de ses privilèges et de son isolement sanctifiant. Tous les préceptes de « la loi de sainteté », qui visaient à séparer l’Israël de Dieu du reste des Nations, pour en éviter la contamination, tombent : la cashrout devient caduque, la circoncision est abandonnée. Le privilège accordé aux mères juives tombe, n’étant désormais d’autre moyen à l’incorporation de leurs enfants au Peuple élu, Verus Israël, que le mikvé qu’est le baptême trinitaire.
[4] Tout ceci pour dire que
la théologie chrétienne n’est pas une théologie de la substitution – le dire est parler comme les déicides (sur ce mot, cf. infra) –
mais de la continuation.
Car l’Église d’avant l’Église était déjà l’Église (l’ecclésia de Nb. XX, 4, Dt. XXIII, 1-8, Ne. XIII, 1), l’Église militante prise in fieri ; l’Église militante prise in esse n’apparaissant qu’avec les Apôtres. Il ne s’agit que de deux phases d’un même substrat, d’un même Peuple, d’un même Corps christique, d’une même substance vivant de la grâce du Christ, et passant par différentes phases, adamique, noachique, abrahamique, moïsique, et enfin messianique ; comme le même homme passe par différentes phases du stade fœtal jusqu'à la stature de l'homme fait. De même, l’ancienne et la nouvelle alliance ne sont que différentes étapes d’une seule et même Alliance de Dieu aux hommes. Certes le Christ est médiateur d’une nouvelle alliance en son sang (He. XII, 24), la nouveauté n’étant pas dans l’alliance-même mais dans ses modalités, telle celle de l’efficace des sacrements de la loi nouvelle à conférer la grâce là ou ceux de l’ancienne alliance n’étaient que figuratifs de cette grâce. De même enfin, à raison, contre tous les marcionismes, de l’unité des deux testaments, puisque toute l’Écriture est inspirée et utile au salut (II Tim. III, 16), l’ancien et le nouveau sont les deux tables d’un seul et même Testament, d’une seule et même Révélation de Dieu aux hommes, la seconde obrogeant certains commandements donnés en la première, qu’elle complète par ailleurs en lui manifestant explicitement, entre autres choses, le Dieu Trine messianiquement incarné en la seconde de ses hypostases.
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« Et tout comme Israël selon la chair (1) cheminant dans le désert reçoit déjà le nom d’Église de Dieu, ainsi le nouvel (2) Israël qui s’avance dans le siècle présent en quête de la cité future, celle-là permanente, est appelé lui aussi l’Église du Christ. » (Concile Œcuménique de Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, 9).
(1) L’Israël de la chair, c’est au sens propre et premier la fraction anti-chrétienne du judaïsme, puisque c’est là le sens que lui donne l’Écriture. C’est aussi, par dérivation, au sens propre mais secondaire, l’ensemble des baptisés vivant en état de péché mortel. Mais ce n’est certainement pas l’ensemble du peuple du judaïsme pré-chrétien, puisqu’en ce peuple, dès avant la venue du Christ, les justes vivaient de la grâce du Christ. L’expression conciliaire doit pourtant être respectée, interprétée en bonne part, ce qui se peut à y voir un trope de rhétorique désignant improprement l’ensemble du peuple du judaïsme pré-chrétien d’un nom ne convenant proprement et principalement qu’au peuple du judaïsme post- et anti-chrétien.
(2) Ces adjectifs d’ancien et de nouveau doivent être utilisés avec discernement, parce qu’à n’y prendre garde, ils risquent de masquer cette vérité qu’il ne s’agit que de deux phases d’un même substrat, d’un même Peuple : « L’’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [peuple]. » (Concile Œcuménique de Vatican II, Déclaration Nostra Ætate, 4).
L’Église d’avant l’Église était donc déjà l’Église, le véritable judaïsme n’ayant de sens que référé au Christ, le formel de la judéité étant la grâce du Christ.
Que des branches sauvages aient été greffées sur le tronc qu’est le Christ (Jn. XV, 5, Rm. XI, 17), soient devenues membres vivants de son Corps mystique, pierres vivantes de l’édifice spirituel (I P. II, 5), incorporés au vrai Israël, le Corps mystique du Christ, devenues en cette incorporation membres du Peuple élu de Dieu (I P. II, 10), c’est de foi. « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde. » (I P. II, 9-10). « Ainsi nous a-t-il appelés, non seulement d'entre les juifs, mais encore d'entre les païens, selon qu'il le dit dans Osée (I, 10) : ‘‘J'appellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas la bien-aimée ; et là où on leur disait : ‘Vous n'êtes pas mon peuple’, ils seront appelés fils du Dieu vivant.’’» (Rm. IX, 24-26).
Tout à l’inverse, les serments secs ont été retranchés (Jn. XV, 2), faux circoncis (Ph. III, 3) qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), jetés dehors, exclus du Corps pour n’être pas demeurés en Celui qui les portait (Jn. XV, 6), voués conséquemment au feu de la Géhenne éternelle (Jn. XV, 6, Mt. VII, 19), retranchés de Dieu à cause de leur incrédulité (Rm. XI, 17-20), devenus ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16). Leur réprobation, Dieu l’enseigne par ceux qu’il inspire : « Voici, je mets en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui croit en elle ne sera point confondu. L'honneur est donc pour vous, qui croyez. Mais, pour les incrédules, la pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle, une pierre d'achoppement et un rocher de scandale. Ils s'y heurtent pour n'avoir pas cru à la parole, et c'est à cela qu'ils sont destinés. » (I P. II, 6-8).
Leur réprobation est donc de foi divine, formellement révélée, et ainsi incontestable, tout comme l’est, par le baptême, l’élection à la grâce des chrétiens greffés sur l’Israël-Christ. Faudrait-il s’en enorgueillir ? Assurément non (Rm. XI, 20-22), espérant tout au contraire que Dieu les réintègre à son Fils, ce qu’il fera pour certains, « car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une résurrection d'entre les morts ? » (Rm. XI, 15). Car enfin, « s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés ; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. » (Rm. XI, 23).
Leur réprobation est donc sous condition résolutoire * : ils sont actuellement tous ** réprouvés, objet de la fureur divine (I Th. II 16) à raison de leur séparation du Christ ; et tant qu’ils ne se convertiront pas, Dieu les maudira ; restant sauve la possibilité qu’ils se convertissent individuellement au Fils de Dieu au fur des âges, à raison des promesses que Dieu fit à leurs pères, ceux d’avant l’incarnation, car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. « En ce qui concerne l'Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l'élection, ils sont aimés à cause de leurs pères. Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance vous avez maintenant obtenu miséricorde, de même ils ont maintenant désobéi, afin que, par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde. Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous. » (Rm. XI, 28-32).
* Si l'effet est sous condition suspensive, sa réalisation est suspendue à la réalisation de la condition. Si l'effet est sous condition résolutoire, il est immédiatement réalisé, quitte ensuite à être annulé par la réalisation de la condition.
** Le post suivant atténuera le propos.
Oui, leur réprobation et malédiction est certaine, mais seulement tant qu’ils ne se convertiront pas au Christ Jésus : « Voici, votre maison vous sera laissée déserte ; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : ‘‘Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.’’ » (Mt. XXIII, 38-39). « Jésus leur dit encore : ‘‘Je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché ; vous ne pouvez venir où je vais.’’ Sur quoi les juifs dirent… » (Jn. VIII, 21). « C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés, car si vous ne croyez pas ce que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. » (Jn. VIII, 24). « Quoi donc ? Ce qu'Israël cherche [en tentant d’observer la Loi alors qu’en état de péché mortel pour l’avoir précédemment enfreinte], il ne l'a pas obtenu, mais l'élection [par la grâce donnant à ceux qu’elle justifie d’opérer surnaturellement les œuvres de la Loi et ainsi mériter de condigno leur salut] l'a obtenu ; tandis que les autres [ceux anciennement d’Israël ayant cessé de l’être pour avoir rejeté le Christ] ont été endurcis, selon qu'il est écrit (Dt. XXIX, 4, Is. VI, 9, XXIX, 10, Jr. V, 21, Ez. XII, 2) : ‘‘Dieu leur a donné un esprit d'assoupissement, des yeux pour ne point voir, et des oreilles pour ne point entendre, Jusqu'à ce jour.’’ Et David dit (Ps. LXIX, 23-24) : ‘‘Que leur table soit pour eux un piège, un filet, une occasion de chute, et une rétribution ! Que leurs yeux soient obscurcis pour ne point voir, et tiens leur dos continuellement courbé !’’ » (Rm. XI, 7-10). « Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis. » (Lc. XXI, 24). « Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël [celle précisément qui ne confesse pas Jésus comme Dieu et Messie] est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens [de ceux des païens prédestinés à la grâce] soit entrée. » (Rm. XI, 25).
[5] Que s’est-il donc passé il y a deux millénaires pour que le Christ, le Fils du Dieu Vivant, clive le judaïsme jusqu’ici pré-chrétien par essence en deux obédiences selon : que désormais chrétienne et catholique ou qu’anti-chrétienne et satanique ; que constitutives, qui de l’Église de Dieu, l’Israël de Dieu (Ga. VI, 16), le vrai Israël perpétué renouvelé en passant de l’ancien au nouveau, qui de la Synagogue de Satan de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), n’étant désormais plus que l’Israël de la chair (I Cor. X, 18), vestige préternaturel satanique, maudit et réprouvé, séparé de l’Église de Dieu dont il est issu ?
Quoi provoqua une telle catastrophe pour nos frères séparés, nos frères ainés (comprenez Caïn ou Esaü relativement à Abel ou Jacob), aînés non selon l’antériorité mais selon l’esprit, en tant que désormais séparés de Dieu et du Christ, prématurément vieillis dans l’incrédulité du vieil homme et de ses convoitises, pour n’avoir pas à l’inverse d’autres entendu la vérité qui est en Christ Jésus (Eph. IV , 21-24), duquel leur refus les sépare, sarments désormais secs et coupés, ce dernier point valant aussi pour nous à tomber dans le péché mortel.
Le judaïsme d’avant l’Incarnation, pré-chrétien par essence, attendait l’arrivée du Messie, son espérance. Quand il vint, une fraction du judaïsme le reconnu comme Messie et comme Dieu, pour perpétuer en le renouvelant le judaïsme pré-chrétien devenu christianisme en son renouvellement ; une autre s’y refusa, et ainsi le renia, pour constituer le judaïsme post-chrétien, anti-chrétien par essence.
Ce refus fait la trame des Évangiles.
Dieu nous avait donné par Moïse deux critères permettant de distinguer un vrai prophète d’un faux prophète : 1° Que ce qu’il dise s’accomplisse. « Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment connaîtrons-nous la parole que l’Éternel n'aura point dite ? Quand ce que dira le prophète n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que l’Éternel n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : n'aie pas peur de lui. » (Dt. XVIII, 21-22). 2° Que ce qu’il dise soit conforme à la Tradition antécédente, la réitère ou puisse la compléter sans la dénaturer ; bref, que ce qu’il dise n’attente pas à l’autorité de Dieu révélant, et d’abord à ce que Dieu a déjà dit de Dieu, à ce que Dieu révélant a déjà dit de Dieu ainsi révélé. « S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un prodige, et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant : ‘‘Allons après d'autres dieux’’, des dieux que tu ne connais point, ‘‘et servons-les’’, tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c'est l'Éternel, votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme. » (Dt. XIII, 1-3).
Dieu nous avait encore dit comment traiter les faux-prophètes : « Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera puni de mort. » (Dt. XVIII, 20).
Que Jésus ait accompli des signes extraordinaires, nul en ce temps ne le nia. Il est même jusqu’au Talmud pour l’admettre. Et ces signes étaient si extraordinaires, qu’on songe à la résurrection de Lazare, qu’à les penser émaner de la puissance satanique agissant les faux-prophètes, Jésus devait être pensé comme la pire puissance d’égarement jamais envoyée à la Maison d’Israël, en un mot l'Antéchrist, celui qui, plus que tout autre, devait être mis à mort en juste châtiment de son blasphème. C’était là la conviction de ses adversaires : « C’est par Baal Zebul, le prince des démons, qu’il chasse les démons » (Lc. XI, 15). « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » (Jn. VIII, 48). Pourquoi ? Parce qu’ils pensaient son enseignement blasphémer Dieu. « À cause de cela, les juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu. » (Jn. V, 18). « Qui prétends-tu être ? ... Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis (cf. Ex. III, 14). Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui... » (Jn. VIII, 53-58). « Le souverain pontife [= le grand prêtre, le Cohen Gadol, ici Caïphe] se leva, et lui dit : ... Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain pontife déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ! Qu'avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble ? Ils répondirent : Il mérite la mort. Sur ce, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets… » (Mt. XXVI, 62-66).
Aussi lient-ils dans une commune réprobation et détestation les chrétiens : « S'ils ont appelé le maître de la maison Belzébuth, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison » (Mt. X, 25). La haine des juifs pour les chrétiens est historiquement aussi féroce que celle des chrétiens pour ceux de ces gens qui se disent juifs mais ne le sont pas : l’anti-christianisme du judaïsme post-chrétien n’a d’égal que l’anti-judaïsme du christianisme plénitude du judaïsme véritable envers le judaïsme post- et anti-chrétien. La pleurniche juive quant à l'enseignement du mépris n'est donc qu'une perfidie de plus.
La réprobation des juifs (au sens théologique de membres de la Synagogue anti-chrétienne) résulte de ce qu’ils se sont séparés de l’Église de Dieu en se séparant du Christ par leur incrédulité poussée jusqu'au déicide. Qu’ils réitèrent les prescriptions désormais caduques (cf. infra) de la Loi ancienne ne suffit assurément pas à en faire de véritables juifs, le formel de la judéité étant dans l’infusion de la grâce sanctifiante du Christ, constitutive de l’élection à la grâce, dont ils sont désormais retranchés pour avoir renié le Christ Jésus, vrai Messie d’Israël et vrai Dieu d’Israël, jusqu'à ce qu'ils disent de Lui : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (Mt. XXIII, 39).
Cette réprobation les atteint-elle tous ? Très probablement non, comme la suite le montrera.
II – La Tradition continuative.
La patristique étant l'un des monuments de la Tradition continuative, le prochain post, qui sera le dernier de cette longue réponse à Skog, exige que j'aille vérifier la teneur des nombreux écrits patristiques Κατὰ Ἰουδαίων et Contra Iudeos. Je crains de ne pouvoir les lire tous, et ferais au mieux pour clore rapidement cette séquence, le publiant au plus tard dans quelques jours. Après quoi, dans la foulée, je répondrais à Gaudens.
[quote]2) Le vocabulaire très dur sur le judaïsme… me gêne. Le même concile affirme que l’Alliance avec Israël « n’a jamais été révoquée… » (cf. Nostra Aetate 4)… Ne faudrait-il pas en tenir compte ?[/quote]
[size=115]I – La Tradition constitutive.[/size]
Le vocabulaire très dur envers le judaïsme post-chrétien, anti-chrétien par essence, est celui même dont use Dieu, auteur de la totalité des textes inspirés.
[1] Pour comprendre cette dureté de Dieu envers les juifs anti-chrétiens, les membres de la Synagogue de Satan (Ap. II, 9, Ap. III, 9), il faut d’abord comprendre ce point capital : [b]la plénitude du judaïsme est le christianisme, dont la plénitude est le catholicisme, de sorte qu’en toute vérité le catholicisme est la plénitude du judaïsme : le catholique est le vrai juif.[/b]
D'où donc que le beau nom de juif (« le salut vient des juifs », Jn. IV, 22) ne s'applique en toute rigueur de termes qu'à ceux-là seuls qui appartiennent au Corps du Christ ; ne s'appliquant que par manière impropre quoique habituelle à ceux qui n'ont de juif que le nom, « ceux de la synagogue de Satan, qui se disent juifs et ne le sont pas » (Ap. III, 9), de sorte qu'en cette habituelle acception du terme, elle n'est que laide, hideuse, abominable à Dieu.
Car qu’est-ce qu’être juif ? Le mot est polysémique, porteur d’une pluralité de sens tirés d’un sens premier auquel les seconds ont rapport, raison pourquoi le mot s’applique analogiquement à des réalités diverses. Il y a ici une analogie de proportion en laquelle le terme analogue « juif » a un sens théologal (analogué principal) duquel dérivent d’autres sens (analogués secondaires), tels que racial, culturel-identitaire, etc. C’est toujours soit au sens premier et plénier, théologal en ses deux occurrences, soit au sens théologique dérivé, que j’emploie le mot « juif » en cet écrit, à l’exclusion de tout autre sens dérivé tel que racial ou identitaire. Je le précise pour qu’aucune ambiguïté ne soit possible : l’anti-judaïsme chrétien, l’hostilité bimillénaire du christianisme comme plénitude du judaïsme au judaïsme post- et anti-chrétien, qui n’a d’égale que l’hostilité bimillénaire du judaïsme dévoyé au christianisme, n’est aucunement un antisémitisme : le Christ est de race sémitique, comme le sont aussi sa Mère et ses Apôtres, colonnes et fondements de la vérité. Au sens théologal du terme, le mot juif réfère au judaïsme pré-chrétien par essence ainsi qu'au christianisme comme plénitude du judaïsme ; le premier de ces sens pouvant être l'un ou l'autre selon qu'on réfère le mot à l'ordre chronologique ou à ce qui constitue le formel de la judéité, la grâce du Christ, et ainsi le Christ lui-même. Du sens théologal dérive un sens théologique référant au judaïsme post- et anti-chrétien, ce judaïsme là n'ayant de juif que le nom (cf. infra). Pour que le sens soit théologal, il doit référer à Dieu, le vrai Dieu, le Dieu révélant et révélé. La foi théologale est celle ayant véritablement Dieu révélant pour auteur (motif de la foi théologale) et Dieu révélé pour objet (objet de la foi théologale), les autres vérités formellement révélées ne l'étant qu'en leur rapport au Dieu révélé (objet premier de la foi théologale). Le mot juif au sens théologal du terme implique toujours que celui auquel on l'attribue appartienne au Corps du Christ, a minima au corps de ce Corps par la foi théologale, ce qui doit se dire de l'ensemble des membres du judaïsme pré-chrétien, l’Église d'avant l’Église étant déjà l’Église (cf. infra). Le mot juif pris au sens théologal du terme peut donc d'abord signifier tout juif pré-chrétien (comme en Rm. III, 27-29, Rm. IX, 24, Ga. III, 28, etc). Le mot juif pris au sens théologal du terme peut encore signifier tout chrétien (comme en Rm. II, 28-29, Ga. VI, 16, Ga. III, 29, Ph. III, 3, etc, et conséquemment par antithèse en Ap. II, 9 et en Ap. III, 9), le christianisme étant la plénitude du judaïsme. Conséquemment le mot « judéo-chrétien » est lui-même susceptible de deux acceptions, selon que désignant tout chrétien, tout chrétien étant juif du seul fait que chrétien (cf. infra), ou selon que ne désignant que la fraction des chrétiens issus du judaïsme pré-chrétien par opposition à ceux issus de la gentilité. En d'autres occurrences néotestamentaires, le mot juif désigne ceux qui, issus du judaïsme pré-chrétien, ont sombré dans le judaïsme post- et anti-chrétien, savoir : ou ceux ayant activement pris part au déicide (comme en I Th. II, 15, Ac. II, 22-23, Mt. XXVII, 22, etc) ; ou ceux qui se sont opposés à la prédication chrétienne (comme en Ac. IX, 23, Ac. XIII, 45 et 50, Ac. XIV, 4-5, Mt. XXIII, 34-35, I Th. II, 14 et 16, etc) ; ou tout ceux qui, plus généralement, ont refusé Jésus, cessant du fait-même d'être unis à son Corps (Ap. II, 9, Ap. III, 9). En ces derniers sens, le mot juif perd tout caractère théologal, ces juifs-là n'ayant plus la foi théologale pour s'être refusés à la révélation divine donnée en et par Jésus-Christ, qu'ils renièrent, désormais retranchés du Christ jusqu'à n'avoir plus de juif que le nom (Ap. II, 9, Ap. III, 9).
:arrow: [size=90]La discussion qui suivra relativement aux membres du judaïsme post- et anti-chrétien est de savoir s'ils peuvent, en leur foi théologale implicitement trinitaire héritée du Cep dont ils se sont séparés, appartenir eux aussi à l’âme de l’Église, être en état de grâce, « dans la voie du salut ». En d’autres termes, la foi théologale peut-elle encore exister chez ceux dont la foi judéo-antichrétienne est explicitement ou implicitement négatrice de la divinité et de la messianité de Jésus de Nazareth ? Pour ceux niant explicitement la Trinité ou l'incarnation de Dieu en Christ Jésus, la réponse est nécessairement négative ; je dirais plus bas pourquoi en parlant du motif de la foi théologale. La question n'est donc que quant à ceux des juifs du judaïsme anti-chrétien qui, sans nier la Trinité ou l'Incarnation, l'ignorent.[/size]
[2] Du caractère essentiellement juif du christianisme.
Selon la doxa rabbinique la judéité a trois causes. Cause efficiente, Dieu infusant en l’âme ce par quoi elle devient juive. Cause formelle, ce que Dieu y infuse, que les rabbins nomment degrés d’âme supplémentaires. Cause dispositive ordinaire à cette infusion, le fait d’être conçu d’une mère juive (donc la matrilinéarité : c’est ici que la race incidait sur la judéité en l’économie de la loi ancienne) ; cause dispositive extraordinaire à cette infusion, le mikvé, bain rituel ayant ici valeur sacramentelle, puisqu’il suffit que les règles qui le régissent soient respectées pour qu’en le mikvé le goy devienne juif. Remplacez mikvé par baptême, degrés d’âme supplémentaires par organisme surnaturel infus, et vous comprendrez le caractère structurellement juif du christianisme, donc d’abord du catholicisme, plénitude du christianisme et ainsi du judaïsme. D’ailleurs ne disons-nous pas de Jésus qu’il est, sans confusion ni mélange ni séparation ni division de ses natures, le Dieu d’Israël et le Messie d’Israël ? Nous ne sommes chrétiens que parce que nous sommes juifs au sens théologal du terme, n’étant juifs en cette acception du terme que parce qu’unis au Christ, juif parmi les vrais juifs, ceux membres de son corps vivant, l’Église, dont la circoncision n’est pas selon la chair mais selon l’Esprit (Rm. II, 28-29), à la louange et à la gloire de Dieu. « Le juif, c'est celui qui l'est intérieurement ; et la circoncision, c'est celle du cœur, selon l'esprit et non selon la lettre. La louange de ce juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu. » Que les chrétiens aient rapidement délaissé leur nom de juifs pour le laisser à leurs adversaires ne peut faire oublier qu’aux termes mêmes de la révélation ce nom s’applique d’abord à eux.
Avant son incarnation, Jésus incorporait déjà à son Corps les membres de l’Église d’avant l’Église qu’était déjà l’Église, les incorporant quant à l’âme et au corps à son Corps mystique. Quant à l’âme par sa grâce sanctifiante. Quant au corps, d'abord par un caractère sacramentel infus dont la circoncision charnelle n’est qu’un symbole (Gn. XVII, 11), ensuite par l'appartenance raciale-héréditaire à la lignée d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (à laquelle le mikvé assimilait spirituellement les convertis, leur donnant conséquemment de pouvoir légitimement se marier aux descendants de la lignée pour conséquemment y engendrer leur propre progéniture), enfin par la confession de foi, la foi théologale du judaïsme pré-chrétien en Dieu véritablement révélé par Dieu révélant (raison pourquoi elle est théologale, a réellement le vrai Dieu pour auteur et pour objet) étant implicitement trinitaire (Gn. XVIII, 1-2) et incarnationnelle (Dn. VII, 9-14). Venant sur les nuées du Ciel et exerçant la domination éternelle, ce qui ne peut se dire que de Dieu, s’annonçant pourtant comme homme, le Fils de l’homme, d’où l’explicitation qu’il en donna ensuite, affirmant on ne peut plus clairement sa divinité, puisque « assis à la droite de la puissance de Dieu » (Mt. XXVI, 64), donc siégeant sur le trône de Dieu (Mt. XXV, 31), ce qui n’appartient évidemment qu’à Dieu.
Ceux donc du judaïsme pré-chrétien qui, à l’arrivée du Christ, le reconnurent comme Dieu et Messie d’Israël, durent conjoindre à leur reconnaissance du Christ le baptême trinitaire, pour rester par les sacrements de la loi nouvelle en ce Corps renouvelé par le sang de l’alliance nouvelle (Lc. XXII, 20) et éternelle (Is. LV, 3, LXI, 8, Jr. XXXII, 40, L, 5, Ez. XVI, 60, XXXVII, 26), « afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis. » (Hb. IX, 15). Tout à l’inverse la fraction du judaïsme jusqu'alors pré-chrétien ayant refusé le Christ à sa venue, s’est séparée par son refus de Celui qui jusqu’alors les portait à tout le moins quant au corps de son Corps. Ayant refusé de rester en le Corps désormais renouvelé, ils le quittèrent ! De sorte qu'on peut tout autant dire qu'ayant abandonné Dieu, Dieu les abandonna (Os. XIII, 9 ; Jr. II, 17-19 ; Ez. XXXIX, 24), n'ayant abandonné Dieu que parce qu'ayant été abandonnés par Dieu (Jn. XII, 40 ; Mc. IV, 12 ; Lc. VIII, 10) : Dieu délaisse ceux qu'il prévoit le délaisser [l'explication détaillée de cette causalité réciproque, dispositive relativement à l'homme préconnu s'endurcir, efficiente relativement à Dieu sanctionnant l'endurcissement prévu en soustrayant sa grâce efficace de conversion, a été donnée au topic sur la prédestination]. Ceux du judaïsme post- et anti-chrétien sont donc en RUPTURE TOTALE au judaïsme pré-chrétien par essence, puisque ayant rompu avec le Christ par leur refus du Christ, ils cessèrent TOTALEMENT d'être des membres du Christ, cessèrent d'appartenir tant à l'âme qu'au corps de l'Israël de Dieu, l’Église de Dieu, pour désormais constituer la synagogue de Satan (Ap. II, 9, III, 9). Ils en devinrent des sarments secs (Jn. XV, 6), retranchés de la sève vitale (la grâce sanctifiante) du Christ, le Cep (Jn. XV, 1-2, Mt. XXI, 33-44), exclus du Royaume de Dieu (Mt. XXI, 43), faux circoncis (Ph. III, 3) se disant juifs mais ne l’étant pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), jetés dehors, exclus du Corps pour n’être pas demeurés en Celui qui les portait (Jn. XV, 6), voués conséquemment au feu de la Géhenne éternelle (Jn. XV, 6, Mt. VII, 19), retranchés de Dieu à cause de leur incrédulité (Rm. XI, 17-20), devenus ainsi ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16).
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[size=90]Sagesse, debout, écoutons le saint Évangile !
« Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. [b]Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.[/b] » (Jn. XV, 1-6).
« Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. » (Mt. VII, 19).
« [b]Races de vipères,[/b] qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne du repentir, et [b]ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ![/b] Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. [b]Déjà la hache est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.[/b] Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener au repentir ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, dont je ne suis même pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a sa pelle à la main, il nettoiera son aire, il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point. » (Mt. III, 7-12).
« Je sais que vous êtes la postérité d'Abraham, mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous. Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre père. Ils lui répondirent : Notre père, c'est Abraham. Jésus leur dit :[b] Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham.[/b] Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a point fait. Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants illégitimes, nous avons un seul Père, Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. [b]Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père[/b]. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; vous n'étendez pas parce que vous n'êtes pas de Dieu. Les Juifs lui répondirent : N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? Jésus répliqua : Je n'ai point de démon mais j'honore mon Père, et vous m'outragez. Je ne cherche point ma gloire ; il en est un qui la cherche et qui juge. En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Maintenant, lui dirent les juifs, nous connaissons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? Jésus répondit : Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien. C'est mon Père qui me glorifie, lui que vous dites être votre Dieu, et que vous ne connaissez pas. Pour moi, je le connais ; et si je disais que je ne le connais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais, et je garde sa parole. [b]Abraham, votre père, a tressailli de joie[/b] (Gn. XVII, 17) [b]de ce qu'il verrait mon Jour [/b](cf. Am. V, 18) [b]: il l'a vu, et il s'est réjoui. Les juifs lui dirent : Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis[/b] (Ex. III, 14)[b]. Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui[/b] ; mais Jésus se cacha, et il sortit du temple. » (Jn. VIII, 37-58).[/size][/spoiler]
Vous le voyez, la dureté du vocabulaire est celle-même dont use Dieu inspirant les textes inspirés.
:arrow: [size=90]Toute la question est de savoir s'il faut attribuer à la totalité des juifs post-/anti-chrétiens ce qu'affirme ici l’Écriture. Sont-ils tous maudits, marqués, réprouvés, en un mot déicides, ou serait-ce que certains d'entre eux ne le soient pas ? L'argumentation théologique et l'étude de la Tradition continuative permettront d'y répondre (cf. infra).[/size]
[3] Le christianisme est d’ailleurs, tout comme le judaïsme d’avant l’incarnation, pré-chrétien par essence, une religion de la Loi, la nouveauté apportée par le Christ n’étant pas de nier la Loi, mais :
1° D’expliciter plus clairement l’esprit de la Loi, par exemple Os. VI, 6 repris et explicité en Mt. IX, 13, d’où Lv. XX, 10, en lequel Dieu dit la gravité du péché et la juste rigueur de son châtiment – aux yeux de Dieu, une abomination méritant la mort en cette vie, la damnation en l’autre – avant de très fortement atténuer son propos, du moins quant à la vie présente, par Jn. VIII, 3-11, qui dit l’universalité du péché (cf. Rm. II, 1 ; III, 23) et la miséricordieuse bonté de Dieu (Rm. III, 24 // Mt. XII, 7 ; XVIII, 11-13 // Ez. XVIII, 23 ; I Tim. II, 4) qui veut le salut des hommes ; tout en laissant à l’Église, divinement investie du pouvoir de lier (Mt. XVIII, 18), le soin d’exercer juridictionnellement la vindicte quand elle le juge nécessaire : ici Ac. V, 1-11 (vindicte) contre-balance Jn. VIII, 1-11 (miséricorde) ; à charge pour ceux exerçant la juridiction en vue du bien commun, qui prime le bien individuel, de l'exercer, sans donc que Mt. XVIII, 23-34 (parabole du débiteur impitoyable), qui vise les rapports inter-personnels, non ceux de la puissance juridictionnelle à ses sujets, trouve nécessairement à s'appliquer ici.
2° D’affirmer la nécessité de la grâce pour vivre en pleine conformité à la Loi (Rm. III, 21-28 conjoint à Rm. III, 31), selon qu’il est écrit : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements. (Jn. XIV, 15). » « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. (Jn. XIV, 21). » « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. (Jn. XV, 10). » « Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements, et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. (I Jn. V, 3-4). » De sorte que s’applique pleinement au verus Israël, à l’Israël de Dieu qu’est l’Église, les paroles du Deutéronome : « Maintenant, Israël, que te demande l'Éternel, ton Dieu, si ce n'est que tu craignes l'Éternel, ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d'aimer et de servir l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme. (Dt. X, 12-13). » Conséquemment : « Si quelqu'un dit que la foi qui justifie n'est rien d'autre que la confiance en la miséricorde divine, qui remet les péchés à cause du Christ, ou que c'est par cette seule confiance que nous sommes justifiés : qu'il soit anathème. » (Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, canon 10). « Si quelqu'un dit que l'homme est absous de ses péchés et justifié parce qu'il croit avec une certitude qu'il est absous et justifié, ou que n'est vraiment justifié que celui qui croit qu'il est justifié, et que cette seule foi réalise l'absolution et la justification : qu'il soit anathème » (canon 14). « Si quelqu'un dit que l'homme justifié, aussi parfait qu'il soit, n'est pas tenu d'observer les commandements de Dieu et de l'Église, mais seulement de croire, comme si l'Évangile était une pure et simple promesse de la vie éternelle sans la condition d'observer les commandements : qu'il soit anathème » (canon 20). « Si quelqu'un dit que le Christ Jésus a été donné par Dieu aux hommes comme rédempteur, en qui se confier, et non pas aussi comme législateur à qui obéir : qu'il soit anathème » (canon 21).
Bref, le Christ n’a nullement abrogé la Loi (Mt. V, 17, Lc. XVI, 17) : il l’a obrogée. L’obrogation est une abrogation partielle. Certains commandements ont été maintenus, les commandements de la loi naturelle, qui tirent du primat du surnaturel une coloration particulière. Ainsi le culte de latrie, d’ordre naturel, n’a de sens que relativement au vrai Dieu, au Dieu révélant et révélé de la foi théologale, la nature sans la grâce n’étant que déchue, de sorte que la véritable latrie est d’ordre surnaturel, relative au Dieu trinitaire (tri-unitaire) de la foi théologale, le culte envers le Dieu unitaire n’en étant qu’un succédané, naturellement bon quoiqu’insuffisant à mériter surnaturellement de condigno le salut. D’autres ont été supprimés (tout ou partie (c'est à discuter) des commandements positifs de la Loi que Dieu donna par Moïse). D’autres enfin ont été rajoutés (les commandements positifs de la Loi de Dieu donnée par le Christ). Qu’est donc la Loi de Dieu et du Christ, tout à la fois naturelle et positive ? « Par la loi naturelle, la loi éternelle est participée selon la capacité de la nature humaine. Mais il faut que l'homme soit dirigé vers sa fin ultime surnaturelle selon un mode supérieur. C'est pourquoi la loi divine a été surajoutée, et par elle la loi éternelle est participée selon ce mode supérieur. » (ST, I, 91, 4, ad. 1). « Le salut des hommes ne pouvait être assuré que par le Christ, selon les Actes des Apôtres (4, 12) : "Il n'a pas été donné aux hommes d'autre nom en lequel nous devions être sauvés." C'est pourquoi la loi qui conduit tout le monde de façon parfaite au salut n'a pu être donnée qu'après la venue du Christ. Auparavant, il fallut donner au peuple dont le Christ devait naître une loi qui le prépare à accueillir le Christ, et cette loi devait comprendre certains premiers éléments de la justice qui les sauverait. » (ST, I, 91, 5, ad. 2). « La loi naturelle dirige les hommes selon certains préceptes communs, vis-à-vis desquels parfaits et imparfaits sont à égalité ; aussi cette loi est-elle unique pour tous. Mais la loi divine dirige l'homme également selon certaines dispositions particulières vis-à-vis desquels parfaits et imparfaits ne se comportent pas de la même façon. C'est pourquoi il fallait que la loi divine fût double, comme nous venons de l'expliquer. » (ST, I, 91, 5, ad. 3).
Ce que le Christ a supprimé, c’est l’ensemble des prescriptions tendant à limiter l’élection à la grâce à une nation et une race à laquelle s’assimiler. En Christ, le judaïsme devient universaliste, et ainsi catholique. La race hébraïque fut dotée de privilèges à raison de sa mission : engendrer le Christ. Le Christ étant venu, la race hébraïque perd la raison de ses privilèges et de son isolement sanctifiant. Tous les préceptes de « la loi de sainteté », qui visaient à séparer l’Israël de Dieu du reste des Nations, pour en éviter la contamination, tombent : la cashrout devient caduque, la circoncision est abandonnée. Le privilège accordé aux mères juives tombe, n’étant désormais d’autre moyen à l’incorporation de leurs enfants au Peuple élu, Verus Israël, que le mikvé qu’est le baptême trinitaire.
[4] Tout ceci pour dire que [b]la théologie chrétienne n’est pas une théologie de la substitution[/b] – le dire est parler comme les déicides (sur ce mot, cf. infra) – [b]mais de la continuation[/b].
Car l’Église d’avant l’Église était déjà l’Église (l’ecclésia de Nb. XX, 4, Dt. XXIII, 1-8, Ne. XIII, 1), l’Église militante prise in fieri ; l’Église militante prise in esse n’apparaissant qu’avec les Apôtres. Il ne s’agit que de deux phases d’un même substrat, d’un même Peuple, d’un même Corps christique, d’une même substance vivant de la grâce du Christ, et passant par différentes phases, adamique, noachique, abrahamique, moïsique, et enfin messianique ; comme le même homme passe par différentes phases du stade fœtal jusqu'à la stature de l'homme fait. De même, l’ancienne et la nouvelle alliance ne sont que différentes étapes d’une seule et même Alliance de Dieu aux hommes. Certes le Christ est médiateur d’une nouvelle alliance en son sang (He. XII, 24), la nouveauté n’étant pas dans l’alliance-même mais dans ses modalités, telle celle de l’efficace des sacrements de la loi nouvelle à conférer la grâce là ou ceux de l’ancienne alliance n’étaient que figuratifs de cette grâce. De même enfin, à raison, contre tous les marcionismes, de l’unité des deux testaments, puisque toute l’Écriture est inspirée et utile au salut (II Tim. III, 16), l’ancien et le nouveau sont les deux tables d’un seul et même Testament, d’une seule et même Révélation de Dieu aux hommes, la seconde obrogeant certains commandements donnés en la première, qu’elle complète par ailleurs en lui manifestant explicitement, entre autres choses, le Dieu Trine messianiquement incarné en la seconde de ses hypostases.
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[size=90] « Et tout comme Israël selon la chair (1) cheminant dans le désert reçoit déjà le nom d’Église de Dieu, ainsi le nouvel (2) Israël qui s’avance dans le siècle présent en quête de la cité future, celle-là permanente, est appelé lui aussi l’Église du Christ. » (Concile Œcuménique de Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, 9).
(1) L’Israël de la chair, c’est au sens propre et premier la fraction anti-chrétienne du judaïsme, puisque c’est là le sens que lui donne l’Écriture. C’est aussi, par dérivation, au sens propre mais secondaire, l’ensemble des baptisés vivant en état de péché mortel. Mais ce n’est certainement pas l’ensemble du peuple du judaïsme pré-chrétien, puisqu’en ce peuple, dès avant la venue du Christ, les justes vivaient de la grâce du Christ. L’expression conciliaire doit pourtant être respectée, interprétée en bonne part, ce qui se peut à y voir un trope de rhétorique désignant improprement l’ensemble du peuple du judaïsme pré-chrétien d’un nom ne convenant proprement et principalement qu’au peuple du judaïsme post- et anti-chrétien.
(2) Ces adjectifs d’ancien et de nouveau doivent être utilisés avec discernement, parce qu’à n’y prendre garde, ils risquent de masquer cette vérité qu’il ne s’agit que de deux phases d’un même substrat, d’un même Peuple : « L’’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [peuple]. » (Concile Œcuménique de Vatican II, Déclaration Nostra Ætate, 4). [/size][/spoiler]
L’Église d’avant l’Église était donc déjà l’Église, le véritable judaïsme n’ayant de sens que référé au Christ, le formel de la judéité étant la grâce du Christ.
Que des branches sauvages aient été greffées sur le tronc qu’est le Christ (Jn. XV, 5, Rm. XI, 17), soient devenues membres vivants de son Corps mystique, pierres vivantes de l’édifice spirituel (I P. II, 5), incorporés au vrai Israël, le Corps mystique du Christ, devenues en cette incorporation membres du Peuple élu de Dieu (I P. II, 10), c’est de foi. « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde. » (I P. II, 9-10). « Ainsi nous a-t-il appelés, non seulement d'entre les juifs, mais encore d'entre les païens, selon qu'il le dit dans Osée (I, 10) : ‘‘J'appellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas la bien-aimée ; et là où on leur disait : ‘Vous n'êtes pas mon peuple’, ils seront appelés fils du Dieu vivant.’’» (Rm. IX, 24-26).
Tout à l’inverse, les serments secs ont été retranchés (Jn. XV, 2), faux circoncis (Ph. III, 3) qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), jetés dehors, exclus du Corps pour n’être pas demeurés en Celui qui les portait (Jn. XV, 6), voués conséquemment au feu de la Géhenne éternelle (Jn. XV, 6, Mt. VII, 19), retranchés de Dieu à cause de leur incrédulité (Rm. XI, 17-20), devenus ennemis du genre humain (I Th. II, 15) et objets de la Colère de Dieu (I Th. II 16). Leur réprobation, Dieu l’enseigne par ceux qu’il inspire : « Voici, je mets en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui croit en elle ne sera point confondu. L'honneur est donc pour vous, qui croyez. Mais, pour les incrédules, la pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle, une pierre d'achoppement et un rocher de scandale. Ils s'y heurtent pour n'avoir pas cru à la parole, et c'est à cela qu'ils sont destinés. » (I P. II, 6-8).
Leur réprobation est donc de foi divine, formellement révélée, et ainsi incontestable, tout comme l’est, par le baptême, l’élection à la grâce des chrétiens greffés sur l’Israël-Christ. Faudrait-il s’en enorgueillir ? Assurément non (Rm. XI, 20-22), espérant tout au contraire que Dieu les réintègre à son Fils, ce qu’il fera pour certains, « car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une résurrection d'entre les morts ? » (Rm. XI, 15). Car enfin, « s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés ; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. » (Rm. XI, 23). [b]Leur réprobation est donc sous condition résolutoire *[/b] : ils sont actuellement tous ** réprouvés, objet de la fureur divine (I Th. II 16) à raison de leur séparation du Christ ; et tant qu’ils ne se convertiront pas, Dieu les maudira ; restant sauve la possibilité qu’ils se convertissent individuellement au Fils de Dieu au fur des âges, à raison des promesses que Dieu fit à leurs pères, ceux d’avant l’incarnation, car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. « En ce qui concerne l'Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l'élection, ils sont aimés à cause de leurs pères. Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance vous avez maintenant obtenu miséricorde, de même ils ont maintenant désobéi, afin que, par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde. Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous. » (Rm. XI, 28-32).
[size=85]* Si l'effet est sous condition suspensive, sa réalisation est suspendue à la réalisation de la condition. Si l'effet est sous condition résolutoire, il est immédiatement réalisé, quitte ensuite à être annulé par la réalisation de la condition.
** Le post suivant atténuera le propos.[/size]
Oui, leur réprobation et malédiction est certaine, mais seulement tant qu’ils ne se convertiront pas au Christ Jésus : « Voici, votre maison vous sera laissée déserte ; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : ‘‘Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.’’ » (Mt. XXIII, 38-39). « Jésus leur dit encore : ‘‘Je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché ; vous ne pouvez venir où je vais.’’ Sur quoi les juifs dirent… » (Jn. VIII, 21). « C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés, car si vous ne croyez pas ce que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. » (Jn. VIII, 24). « Quoi donc ? Ce qu'Israël cherche [en tentant d’observer la Loi alors qu’en état de péché mortel pour l’avoir précédemment enfreinte], il ne l'a pas obtenu, mais l'élection [par la grâce donnant à ceux qu’elle justifie d’opérer surnaturellement les œuvres de la Loi et ainsi mériter de condigno leur salut] l'a obtenu ; tandis que les autres [ceux anciennement d’Israël ayant cessé de l’être pour avoir rejeté le Christ] ont été endurcis, selon qu'il est écrit (Dt. XXIX, 4, Is. VI, 9, XXIX, 10, Jr. V, 21, Ez. XII, 2) : ‘‘Dieu leur a donné un esprit d'assoupissement, des yeux pour ne point voir, et des oreilles pour ne point entendre, Jusqu'à ce jour.’’ Et David dit (Ps. LXIX, 23-24) : ‘‘Que leur table soit pour eux un piège, un filet, une occasion de chute, et une rétribution ! Que leurs yeux soient obscurcis pour ne point voir, et tiens leur dos continuellement courbé !’’ » (Rm. XI, 7-10). « Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis. » (Lc. XXI, 24). « Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël [celle précisément qui ne confesse pas Jésus comme Dieu et Messie] est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens [de ceux des païens prédestinés à la grâce] soit entrée. » (Rm. XI, 25).
[5] Que s’est-il donc passé il y a deux millénaires pour que le Christ, le Fils du Dieu Vivant, clive le judaïsme jusqu’ici pré-chrétien par essence en deux obédiences selon : que désormais chrétienne et catholique ou qu’anti-chrétienne et satanique ; que constitutives, qui de l’Église de Dieu, l’Israël de Dieu (Ga. VI, 16), le vrai Israël perpétué renouvelé en passant de l’ancien au nouveau, qui de la Synagogue de Satan de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. II, 9, Ap. III, 9), n’étant désormais plus que l’Israël de la chair (I Cor. X, 18), vestige préternaturel satanique, maudit et réprouvé, séparé de l’Église de Dieu dont il est issu ?
Quoi provoqua une telle catastrophe pour nos frères séparés, nos frères ainés (comprenez Caïn ou Esaü relativement à Abel ou Jacob), aînés non selon l’antériorité mais selon l’esprit, en tant que désormais séparés de Dieu et du Christ, prématurément vieillis dans l’incrédulité du vieil homme et de ses convoitises, pour n’avoir pas à l’inverse d’autres entendu la vérité qui est en Christ Jésus (Eph. IV , 21-24), duquel leur refus les sépare, sarments désormais secs et coupés, ce dernier point valant aussi pour nous à tomber dans le péché mortel.
Le judaïsme d’avant l’Incarnation, pré-chrétien par essence, attendait l’arrivée du Messie, son espérance. Quand il vint, une fraction du judaïsme le reconnu comme Messie et comme Dieu, pour perpétuer en le renouvelant le judaïsme pré-chrétien devenu christianisme en son renouvellement ; une autre s’y refusa, et ainsi le renia, pour constituer le judaïsme post-chrétien, anti-chrétien par essence.
Ce refus fait la trame des Évangiles.
Dieu nous avait donné par Moïse deux critères permettant de distinguer un vrai prophète d’un faux prophète : 1° Que ce qu’il dise s’accomplisse. « Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment connaîtrons-nous la parole que l’Éternel n'aura point dite ? Quand ce que dira le prophète n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que l’Éternel n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : n'aie pas peur de lui. » (Dt. XVIII, 21-22). 2° Que ce qu’il dise soit conforme à la Tradition antécédente, la réitère ou puisse la compléter sans la dénaturer ; bref, que ce qu’il dise n’attente pas à l’autorité de Dieu révélant, et d’abord à ce que Dieu a déjà dit de Dieu, à ce que Dieu révélant a déjà dit de Dieu ainsi révélé. « S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un prodige, et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant : ‘‘Allons après d'autres dieux’’, des dieux que tu ne connais point, ‘‘et servons-les’’, tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c'est l'Éternel, votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme. » (Dt. XIII, 1-3).
Dieu nous avait encore dit comment traiter les faux-prophètes : « Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera puni de mort. » (Dt. XVIII, 20).
Que Jésus ait accompli des signes extraordinaires, nul en ce temps ne le nia. Il est même jusqu’au Talmud pour l’admettre. Et ces signes étaient si extraordinaires, qu’on songe à la résurrection de Lazare, qu’à les penser émaner de la puissance satanique agissant les faux-prophètes, Jésus devait être pensé comme la pire puissance d’égarement jamais envoyée à la Maison d’Israël, en un mot l'Antéchrist, celui qui, plus que tout autre, devait être mis à mort en juste châtiment de son blasphème. C’était là la conviction de ses adversaires : « C’est par Baal Zebul, le prince des démons, qu’il chasse les démons » (Lc. XI, 15). « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » (Jn. VIII, 48). Pourquoi ? Parce qu’ils pensaient son enseignement blasphémer Dieu. « À cause de cela, les juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu. » (Jn. V, 18). « Qui prétends-tu être ? ... Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis (cf. Ex. III, 14). Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui... » (Jn. VIII, 53-58). « Le souverain pontife [= le grand prêtre, le Cohen Gadol, ici Caïphe] se leva, et lui dit : ... Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain pontife déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ! Qu'avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble ? Ils répondirent : Il mérite la mort. Sur ce, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets… » (Mt. XXVI, 62-66).
Aussi lient-ils dans une commune réprobation et détestation les chrétiens : « S'ils ont appelé le maître de la maison Belzébuth, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison » (Mt. X, 25). La haine des juifs pour les chrétiens est historiquement aussi féroce que celle des chrétiens pour ceux de ces gens qui se disent juifs mais ne le sont pas : l’anti-christianisme du judaïsme post-chrétien n’a d’égal que l’anti-judaïsme du christianisme plénitude du judaïsme véritable envers le judaïsme post- et anti-chrétien. La pleurniche juive quant à l'enseignement du mépris n'est donc qu'une perfidie de plus.
La réprobation des juifs (au sens théologique de membres de la Synagogue anti-chrétienne) résulte de ce qu’ils se sont séparés de l’Église de Dieu en se séparant du Christ par leur incrédulité poussée jusqu'au déicide. Qu’ils réitèrent les prescriptions désormais caduques (cf. infra) de la Loi ancienne ne suffit assurément pas à en faire de véritables juifs, le formel de la judéité étant dans l’infusion de la grâce sanctifiante du Christ, constitutive de l’élection à la grâce, dont ils sont désormais retranchés pour avoir renié le Christ Jésus, vrai Messie d’Israël et vrai Dieu d’Israël, jusqu'à ce qu'ils disent de Lui : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (Mt. XXIII, 39).
Cette réprobation les atteint-elle tous ? Très probablement non, comme la suite le montrera.
[size=115]II – La Tradition continuative.[/size]
[i]La patristique étant l'un des monuments de la Tradition continuative, le prochain post, qui sera le dernier de cette longue réponse à Skog, exige que j'aille vérifier la teneur des nombreux écrits patristiques Κατὰ Ἰουδαίων et Contra Iudeos. Je crains de ne pouvoir les lire tous, et ferais au mieux pour clore rapidement cette séquence, le publiant au plus tard dans quelques jours. Après quoi, dans la foulée, je répondrais à Gaudens.[/i]