par Corneille » dim. 19 janv. 2025, 1:55
En effet, c'était une sanction liée à sa responsabilité actuelle.
Mais ma question sous-jacente était autre et j'irai droit au but : à la différence de ce prophète vous n'avez/n'aurez pas celle des autres (sinon par délégation). Comment réagirez-vous quand vous serez en désaccord, étant donné que vous prenez tant de précautions pour que cela ne soit pas, quand cela arrivera !
Vous claquerez la porte ?
Vous ferez le gros dos au risque de quoi ?
Vous ruerez dans les brancards ?
Je ne vous demande pas de me répondre, je partage juste une réflexion et sans a priori.
Bonjour,
Je ne sais pas si la remarque sur les hors-sujets de Kerygme portait sur votre publication, mais personnellement, elle me semble en lien avec le discernement d'un lieu d'incardination qui ne soit pas a priori un lieu d'épreuves sans fin.
Comment je réagirais aux désaccords? S'ils relèvent de l'orthodoxie et/ou de la discipline morale ou sacrementelle et tombent sous ma responsabilité (p.ex. ont lieu dans ma paroisse), je me sentirais l'obligation "d'intervenir à temps et à contretemps" et de "garder le dépôt de la foi" comme le prescrivait saint Paul à Timothée. Dans son sermon sur les pasteurs, saint Augustin disait en gros qu'on est "chrétien pour soi-même, mais évêque pour les autres", c'est-à-dire qu'on porte la responsabilité comme pasteur non seulement de ses propres actions, mais aussi de ce qui se passe sous notre responsabilité. Cette conclusion s'applique également aux simples prêtres, puisque la liturgie a choisi le texte d'Ezékiel sur les responsabilités de ce dernier comme "gardien pour Israël" de reprendre le pécheur sans quoi sa propre responsabilité sera engagée comme première lecture pour la mémoire du saint curé d'Ars, patron des curés...
Si le désaccord ne relève pas de ma responsabilité directe, les critères de discernement de la correction fraternelle s'appliquent.
Si le désaccord est avec une autorité supérieure, l'obéissance s'impose sauf si l'ordre est manifestement illicite. Dans quel cas se pose la difficile question de l'objection de conscience, situation particulièrement douloureuse et difficile dans l'Eglise, qui est une hiérarchie stricte, pas une démocratie (et c'est normal). C'est ce que je redoute le plus et pourquoi je m'enquiers en amont de la situation dans les juridictions où je serais potentiellement incardiné, car par les temps qui courent, ces problèmes de conscience risquent d'être amenés à être de plus en plus fréquents...
Alors oui, dans l'histoire de l'Eglise, les cas de souffrances profondes du fait d'errements de la hiérarchie sont légions, c'est une éventualité qui ne pourra jamais être totalement écartée: saints Athanase, Maxime le confesseur, Jean de la Croix, Marguerite-Marie Alacoque, Bernadette, Padre Pio... Mais comprenez que je ne sois pas particulièrement enclin à me jeter la tête la première dans ce genre de situations si elles apparaissent trop vraisemblables, disons que si cette éventualité apparaît trop importante, cela me refroidit sensiblement... Est-ce un signe que je ne suis pas prêt à me donner entièrement au Christ? Ou alors que je préfèrerais chercher un autre moyen de le servir?
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En effet, c'était une sanction liée à sa responsabilité actuelle.
Mais ma question sous-jacente était autre et j'irai droit au but : à la différence de ce prophète vous n'avez/n'aurez pas celle des autres (sinon par délégation). Comment réagirez-vous quand vous serez en désaccord, étant donné que vous prenez tant de précautions pour que cela ne soit pas, quand cela arrivera !
Vous claquerez la porte ?
Vous ferez le gros dos au risque de quoi ?
Vous ruerez dans les brancards ?
Je ne vous demande pas de me répondre, je partage juste une réflexion et sans a priori.
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Bonjour,
Je ne sais pas si la remarque sur les hors-sujets de Kerygme portait sur votre publication, mais personnellement, elle me semble en lien avec le discernement d'un lieu d'incardination qui ne soit pas a priori un lieu d'épreuves sans fin.
Comment je réagirais aux désaccords? S'ils relèvent de l'orthodoxie et/ou de la discipline morale ou sacrementelle et tombent sous ma responsabilité (p.ex. ont lieu dans ma paroisse), je me sentirais l'obligation "d'intervenir à temps et à contretemps" et de "garder le dépôt de la foi" comme le prescrivait saint Paul à Timothée. Dans son sermon sur les pasteurs, saint Augustin disait en gros qu'on est "chrétien pour soi-même, mais évêque pour les autres", c'est-à-dire qu'on porte la responsabilité comme pasteur non seulement de ses propres actions, mais aussi de ce qui se passe sous notre responsabilité. Cette conclusion s'applique également aux simples prêtres, puisque la liturgie a choisi le texte d'Ezékiel sur les responsabilités de ce dernier comme "gardien pour Israël" de reprendre le pécheur sans quoi sa propre responsabilité sera engagée comme première lecture pour la mémoire du saint curé d'Ars, patron des curés...
Si le désaccord ne relève pas de ma responsabilité directe, les critères de discernement de la correction fraternelle s'appliquent.
Si le désaccord est avec une autorité supérieure, l'obéissance s'impose sauf si l'ordre est manifestement illicite. Dans quel cas se pose la difficile question de l'objection de conscience, situation particulièrement douloureuse et difficile dans l'Eglise, qui est une hiérarchie stricte, pas une démocratie (et c'est normal). C'est ce que je redoute le plus et pourquoi je m'enquiers en amont de la situation dans les juridictions où je serais potentiellement incardiné, car par les temps qui courent, ces problèmes de conscience risquent d'être amenés à être de plus en plus fréquents...
Alors oui, dans l'histoire de l'Eglise, les cas de souffrances profondes du fait d'errements de la hiérarchie sont légions, c'est une éventualité qui ne pourra jamais être totalement écartée: saints Athanase, Maxime le confesseur, Jean de la Croix, Marguerite-Marie Alacoque, Bernadette, Padre Pio... Mais comprenez que je ne sois pas particulièrement enclin à me jeter la tête la première dans ce genre de situations si elles apparaissent trop vraisemblables, disons que si cette éventualité apparaît trop importante, cela me refroidit sensiblement... Est-ce un signe que je ne suis pas prêt à me donner entièrement au Christ? Ou alors que je préfèrerais chercher un autre moyen de le servir?