par Ipséité » ven. 25 oct. 2024, 17:29
Kerygme a écrit : ↑ven. 25 oct. 2024, 15:58
Bonjour à vous aussi,
Je sais qu'en tant qu'athée, je n'ai théoriquement pas ma place ici, et que ma participation peut paraitre étrange. Mais c'est une vrai question.
Alors tout d'abord, tout le monde est le bienvenu.
Un athée a a sa place autant que quiconque tant que ses échanges sont respectueux des personnes et de leur foi et qu'ils respectent les règles du forum. Vous êtes en droit de vous poser des questions et d'avoir des réponses qui seront forcément majoritairement catholiques.
Certaines rubriques sont modérées a priori afin que quiconque, croyant ou non croyant, ne viennent pas y semer des erreurs. Autrement vous verrez que les échanges restent très cordiaux et que la modération est vigilante sans pour autant écraser les débats. Pour ces derniers, la rubrique Apologétique est la plus utilisée car plus tolérante quand on aborde les dogmes ou ce qui fonde notre foi; c'est aussi la plus "punchie" par moments mais cela n'engage que moi.
Je passe sur l'utilisation du terme "modernisme" qui est souvent utilisé à mauvais escient. A l'origine celui-ci se résumait, selon saint Pie X, en deux attitudes mentales corruptrices de la foi catholique : l’agnosticisme et l’immanence vitale. De nos jours, c'est devenu surtout un terme de reconnaissance, voir accusatoire, de la part de certains pour désigner certains maux liés au progrès, au libéralisme religieux, à la modernité, à l'américanisme; bref tout ce qui est constitutif de facteurs majeurs dans la crise actuelle dans l'Église.
Entrons dans le vif de votre sujet.
Et pourtant malgré mon athéisme, je suis contre l'avortement, le mariage des invertis, et tout ce pseudo "progrès".
...
Comment ça se fait qu'il y est des athées anti-IVG et des catholique pro-mort ? Et connaissez-vous des athées pro-vie dans votre entourage ?
Etre déiste, voir athée, ne veut pas dire que nous ne partageons pas certaines valeurs : respect de la vie dès la conception jusqu'à sa fin naturelle, importance civilisationnelle du mariage et de la famille (voir même pour la seule perpétuation de l'espèce), ou toute tendance progressiste que nous trouvons à notre époque et qui sont souvent le fait d'idéologies à hauteurs humaines et souvent les plus mortifères.
Etre athée ne veut pas dire non plus être dénué de tout sens moral. Le catholique que je suis sait que vous avez eu un don de Dieu qui s'appelle la loi naturelle. Et par laquelle vous savez par nature qu'il est mauvais de tuer son voisin, de voler etc. Ce qui peut nous différencier, c'est que je vais essayer de les respecter tous car Dieu en fait, pour moi, ses commandements. Et que ce n'est pas par crédulité que je vais y obtempérer mais par souci de ma relation avec Lui, car la foi n'est pas simplement une croyance qui serait non raisonnée, bien au contraire car c'est avant tout une histoire de relation avec un être transcendant dont nous avons d'une façon ou une autre fait l'expérience.
En tant qu'ancien athée scientiste, je suis aussi passé par le déisme - en accordant une existence à cet être transcendant - puis chrétien en m'inscrivant dans une relation mutuelle, et rapidement catholique par évidence raisonnée.
Par exemple, ma grand-mère, qui à été catholique pratiquante toute sa vie, eu huit enfants, m'a déclarée il y a quelque temps, que l'avortement était un droit, et que le mariage gay ne la dérangeait pas. Je suis resté stoique tellement je ne pensais pas ça d'elle.
Oui en effet c'est surprenant. Cependant, et non pour déresponsabiliser votre grand-mère, il faut éviter ce regard de modernité que pose l'esprit woke : un regard selon les normes actuelles sur des actions passées et en les retirant de leur contexte temporel.
Vous dites que votre grand-mère était catholique pratiquante, c'est ce que vous concluez selon la pratique qu'elle affichait et certainement avec grande sincérité. Mais être chrétien c'est être configuré au Christ, et être catholique c'est l'être dans la foi catholique alors la réponse pourrait venir en connaissant vous même le Christ et ce qui est attendu de chaque catholique.
La foi est-elle le résultat d'actes à poser uniquement, ou bien de valeurs à vivre ? Et pour lesquelles il nous faut témoigner au péril même de nos vies ? Beaucoup se revendiquent catholiques mais n'en ont que l'appellation sociale (98% si on se réfère aux 2% seulement qui vont à la messe), comme on se dirait breton parce que nés de parents bretons ou parce qu'on réalise un kouign amann.
Et un second point à voir : son parcours de vie. Il peut y avoir des évènements qui l'ont convaincue à devenir plus mondaine que catholique, à être plus pro IVG qu'anti IVG. Avez vous bien étudié ce qu'étaient à leurs débuts les lois Veil ? L'IVG de nos jours n'a plus rien à voir avec ce qui se voulait à ses origines : protéger la femme en lui évitant des avortements clandestins, sans compter les grossesses suite à un viol qui aboutissaient aussi à la clandestinité et aux mêmes risques.
Ne croyez pas que je défende la cause de l'IVG, mais la réponse à ces questions et bien c'est votre grand-mère qui les détient. Peut être en est elle restée à cet esprit de son époque et ne sait elle pas qu'il y a 230.000 avortements par an dont la très grande majorité sont appelés avortements de confort ? Peut être même ne conçoit elle que le principe de l'IVG et en ignore t'elle les modalités ? Par exemple l'IVG instrumentale dont je passerai les détails car c'est à vomir.
Je vous invite à ne pas poser un jugement a priori mais d'en parler avec elle, si elle le souhaite, ce pourrait être l'occasion pour elle de vous parler d'un Dieu dans lequel elle croit, et qui sait pour tous les deux de faire un petit chemin ensemble pour mieux comprendre vos fois respectives; en plus de solidifier une relation grand-mère/petit-fils.
Je vous souhaite des échanges fructueux. Cordialement.
Bonjour à vous Kerygme,
Je vous remercie pour votre réponse et de votre bienveillance, ainsi que de vos éclaircissements.
Concernant ce point sur l'avortement, plusieurs choses : Je ne vois ma grand-mère qu'une fois par an à peu près et elle est très âgée et affaiblie. Ma mère à été malheureusement "contrainte" d'avorter en 1992, pour des raisons de santé. C'est sans doute pour cela que ma grand-mère "tolère" l'avortement dans certains cas. Mais l'avortement n'est justifiable en aucune manière, même en cas de viol. Dans ce cas, c'est le violeur qui doit subir la peine de mort, pas l'enfant à naitre.
Et le pire c'est que l'avortement depuis 1982 est remboursé par la Sécurité sociale. Ce qui signifie qu'avec NOS impôts, NOUS finançons un véritable génocide. Nous sommes complice d'un crime qu'on le veuille ou non.
Autre paradoxe, on a légalisé le meurtre d'un enfant à naitre en 1975, mais par contre on a aboli la peine de mort en 1981. On marche sur la tête.
Pour terminer, on ne peut pas être athée et être favorable à l'avortement. Car selon moi, après la mort il n'y a rien, et vu que l'avortement tue, il faut s'y opposer. Même logique pour l'euthanasie. En définitive, 90% des athées n'ont aucun respect pour la Vie humaine, alors que nous, athée ou déiste, avons tout intérêt à la préserver, car nous en avons qu'une. Je ne comprends pas la logique pro-IVG et euthanasie des athées et des déistes.
Merci encore Kerygme
[quote=Kerygme post_id=466289 time=1729864703 user_id=17273]
Bonjour à vous aussi,
[quote]Je sais qu'en tant qu'athée, je n'ai théoriquement pas ma place ici, et que ma participation peut paraitre étrange. Mais c'est une vrai question.[/quote]
Alors tout d'abord, tout le monde est le bienvenu.
Un athée a a sa place autant que quiconque tant que ses échanges sont respectueux des personnes et de leur foi et qu'ils respectent les règles du forum. Vous êtes en droit de vous poser des questions et d'avoir des réponses qui seront forcément majoritairement catholiques.
Certaines rubriques sont modérées a priori afin que quiconque, croyant ou non croyant, ne viennent pas y semer des erreurs. Autrement vous verrez que les échanges restent très cordiaux et que la modération est vigilante sans pour autant écraser les débats. Pour ces derniers, la rubrique Apologétique est la plus utilisée car plus tolérante quand on aborde les dogmes ou ce qui fonde notre foi; c'est aussi la plus "punchie" par moments mais cela n'engage que moi.
Je passe sur l'utilisation du terme "modernisme" qui est souvent utilisé à mauvais escient. A l'origine celui-ci se résumait, selon saint Pie X, en deux attitudes mentales corruptrices de la foi catholique : l’agnosticisme et l’immanence vitale. De nos jours, c'est devenu surtout un terme de reconnaissance, voir accusatoire, de la part de certains pour désigner certains maux liés au progrès, au libéralisme religieux, à la modernité, à l'américanisme; bref tout ce qui est constitutif de facteurs majeurs dans la crise actuelle dans l'Église.
Entrons dans le vif de votre sujet.
[quote]Et pourtant malgré mon athéisme, je suis contre l'avortement, le mariage des invertis, et tout ce pseudo "progrès".
...
Comment ça se fait qu'il y est des athées anti-IVG et des catholique pro-mort ? Et connaissez-vous des athées pro-vie dans votre entourage ?[/quote]
Etre déiste, voir athée, ne veut pas dire que nous ne partageons pas certaines valeurs : respect de la vie dès la conception jusqu'à sa fin naturelle, importance civilisationnelle du mariage et de la famille (voir même pour la seule perpétuation de l'espèce), ou toute tendance progressiste que nous trouvons à notre époque et qui sont souvent le fait d'idéologies à hauteurs humaines et souvent les plus mortifères.
Etre athée ne veut pas dire non plus être dénué de tout sens moral. Le catholique que je suis sait que vous avez eu un don de Dieu qui s'appelle la loi naturelle. Et par laquelle vous savez par nature qu'il est mauvais de tuer son voisin, de voler etc. Ce qui peut nous différencier, c'est que je vais essayer de les respecter tous car Dieu en fait, pour moi, ses commandements. Et que ce n'est pas par crédulité que je vais y obtempérer mais par souci de ma relation avec Lui, car la foi n'est pas simplement une croyance qui serait non raisonnée, bien au contraire car c'est avant tout une histoire de relation avec un être transcendant dont nous avons d'une façon ou une autre fait l'expérience.
En tant qu'ancien athée scientiste, je suis aussi passé par le déisme - en accordant une existence à cet être transcendant - puis chrétien en m'inscrivant dans une relation mutuelle, et rapidement catholique par évidence raisonnée.
[quote]Par exemple, ma grand-mère, qui à été catholique pratiquante toute sa vie, eu huit enfants, m'a déclarée il y a quelque temps, que l'avortement était un droit, et que le mariage gay ne la dérangeait pas. Je suis resté stoique tellement je ne pensais pas ça d'elle.[/quote]
Oui en effet c'est surprenant. Cependant, et non pour déresponsabiliser votre grand-mère, il faut éviter ce regard de modernité que pose l'esprit woke : un regard selon les normes actuelles sur des actions passées et en les retirant de leur contexte temporel.
Vous dites que votre grand-mère était catholique pratiquante, c'est ce que vous concluez selon la pratique qu'elle affichait et certainement avec grande sincérité. Mais être chrétien c'est être configuré au Christ, et être catholique c'est l'être dans la foi catholique alors la réponse pourrait venir en connaissant vous même le Christ et ce qui est attendu de chaque catholique.
La foi est-elle le résultat d'actes à poser uniquement, ou bien de valeurs à vivre ? Et pour lesquelles il nous faut témoigner au péril même de nos vies ? Beaucoup se revendiquent catholiques mais n'en ont que l'appellation sociale (98% si on se réfère aux 2% seulement qui vont à la messe), comme on se dirait breton parce que nés de parents bretons ou parce qu'on réalise un kouign amann.
Et un second point à voir : son parcours de vie. Il peut y avoir des évènements qui l'ont convaincue à devenir plus mondaine que catholique, à être plus pro IVG qu'anti IVG. Avez vous bien étudié ce qu'étaient à leurs débuts les lois Veil ? L'IVG de nos jours n'a plus rien à voir avec ce qui se voulait à ses origines : protéger la femme en lui évitant des avortements clandestins, sans compter les grossesses suite à un viol qui aboutissaient aussi à la clandestinité et aux mêmes risques.
Ne croyez pas que je défende la cause de l'IVG, mais la réponse à ces questions et bien c'est votre grand-mère qui les détient. Peut être en est elle restée à cet esprit de son époque et ne sait elle pas qu'il y a 230.000 avortements par an dont la très grande majorité sont appelés avortements de confort ? Peut être même ne conçoit elle que le principe de l'IVG et en ignore t'elle les modalités ? Par exemple l'IVG instrumentale dont je passerai les détails car c'est à vomir.
Je vous invite à ne pas poser un jugement a priori mais d'en parler avec elle, si elle le souhaite, ce pourrait être l'occasion pour elle de vous parler d'un Dieu dans lequel elle croit, et qui sait pour tous les deux de faire un petit chemin ensemble pour mieux comprendre vos fois respectives; en plus de solidifier une relation grand-mère/petit-fils.
Je vous souhaite des échanges fructueux. Cordialement.
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Bonjour à vous Kerygme,
Je vous remercie pour votre réponse et de votre bienveillance, ainsi que de vos éclaircissements.
Concernant ce point sur l'avortement, plusieurs choses : Je ne vois ma grand-mère qu'une fois par an à peu près et elle est très âgée et affaiblie. Ma mère à été malheureusement "contrainte" d'avorter en 1992, pour des raisons de santé. C'est sans doute pour cela que ma grand-mère "tolère" l'avortement dans certains cas. Mais l'avortement n'est justifiable en aucune manière, même en cas de viol. Dans ce cas, c'est le violeur qui doit subir la peine de mort, pas l'enfant à naitre.
Et le pire c'est que l'avortement depuis 1982 est remboursé par la Sécurité sociale. Ce qui signifie qu'avec NOS impôts, NOUS finançons un véritable génocide. Nous sommes complice d'un crime qu'on le veuille ou non.
Autre paradoxe, on a légalisé le meurtre d'un enfant à naitre en 1975, mais par contre on a aboli la peine de mort en 1981. On marche sur la tête.
Pour terminer, on ne peut pas être athée et être favorable à l'avortement. Car selon moi, après la mort il n'y a rien, et vu que l'avortement tue, il faut s'y opposer. Même logique pour l'euthanasie. En définitive, 90% des athées n'ont aucun respect pour la Vie humaine, alors que nous, athée ou déiste, avons tout intérêt à la préserver, car nous en avons qu'une. Je ne comprends pas la logique pro-IVG et euthanasie des athées et des déistes.
Merci encore Kerygme