par Perlum Pimpum » lun. 02 sept. 2024, 17:37
prodigal a écrit : ↑lun. 02 sept. 2024, 9:45
Y a-t-il un argumentaire magistériel pour justifier le caractère
absolu de l'interdiction de la peine de mort?
J’en doute. Ou pour mieux dire, à supposer qu’il existe, je doute qu’il soit catholique.
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Le numéro du CEC relatif à la peine de mort a connu pas moins de trois versions successives, la troisième attentant manifestement à l’enseignement traditionnel.
Première version : « 2266 : Préserver le bien commun de la société exige la mise hors d’état de nuire de l’agresseur. À ce titre l’enseignement traditionnel de l’Église a reconnu le bien fondé du droit et du devoir de l’autorité publique légitime de sévir par des peines proportionnés à la gravité du délit, sans exclure dans des cas d’une extrême gravité la peine de mort. Pour des raisons analogues les détenteurs de l’autorité ont le droit de repousser par les armes les agresseurs de la cité dont ils ont la charge… 2267 : Si les moyens non sanglants suffisent à défendre les vies humaines contre l’agresseur et à protéger l’ordre public et la sécurité des personnes, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine. »
Seconde version : « 2267 : L’enseignement traditionnel de l’Église n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains. Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine. Aujourd’hui, en effet, étant donné les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable "sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants"[1]. »
[1] Jean-Paul II, Evangelium vitæ, 56.
Troisième version : « 2267 : Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun. Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir. C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que "la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne"[1] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. »
[1] François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017.
La seconde version faisait déjà tiquer, puisque relativement aux moyens de l’État moderne, ceux-ci diffèrent radicalement selon l'état de sa société. Qui pourrait penser que la politique pénale des pays les plus pauvres confrontés à des vagues de criminalité massive devrait s'équiparer à celle des pays les plus développés. Et quant à ces derniers, certains événements, tels l'insurrection armée, les meurtres de masse, etc, seront à même de légitimer une répression féroce.
Quant à la version bergoglienne du CEC, elle attente manifestement à la doctrine traditionnelle de l’Église, comme les anciennes versions du CEC l’indiquent clairement. De plus, Dieu ayant prescrit, en la Loi mosaïque, la peine de mort pour certains crimes, contester le principe même de la peine de mort au nom de l’Évangile, c’est contester la révélation divine au nom de la révélation divine, et sombrer dans une forme larvée de marcionisme. Bref, c’est dire que Dieu se contredit Lui-même, et ainsi blasphémer.
[quote=prodigal post_id=465785 time=1725263157 user_id=7568]
Y a-t-il un argumentaire magistériel pour justifier le caractère [b]absolu[/b] de l'interdiction de la peine de mort?
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J’en doute. Ou pour mieux dire, à supposer qu’il existe, je doute qu’il soit catholique.
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Le numéro du CEC relatif à la peine de mort a connu pas moins de trois versions successives, la troisième attentant manifestement à l’enseignement traditionnel.
Première version : « 2266 : [color=blue]Préserver le bien commun de la société exige la mise hors d’état de nuire de l’agresseur. À ce titre l’enseignement traditionnel de l’Église a reconnu le bien fondé du droit et du devoir de l’autorité publique légitime de sévir par des peines proportionnés à la gravité du délit, sans exclure dans des cas d’une extrême gravité la peine de mort[/color]. Pour des raisons analogues les détenteurs de l’autorité ont le droit de repousser par les armes les agresseurs de la cité dont ils ont la charge… 2267 : Si les moyens non sanglants suffisent à défendre les vies humaines contre l’agresseur et à protéger l’ordre public et la sécurité des personnes, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine. »
Seconde version : « 2267 : [color=blue]L’enseignement traditionnel de l’Église n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.[/color] Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine. Aujourd’hui, en effet, étant donné les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable "sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants"[1]. »
[size=85][1] Jean-Paul II, Evangelium vitæ, 56.[/size]
Troisième version : « 2267 : Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun. Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir. C’est pourquoi [color=red]l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que "la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne"[/color][1] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. »
[size=85][1] François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017.[/size]
La seconde version faisait déjà tiquer, puisque relativement aux moyens de l’État moderne, ceux-ci diffèrent radicalement selon l'état de sa société. Qui pourrait penser que la politique pénale des pays les plus pauvres confrontés à des vagues de criminalité massive devrait s'équiparer à celle des pays les plus développés. Et quant à ces derniers, certains événements, tels l'insurrection armée, les meurtres de masse, etc, seront à même de légitimer une répression féroce.
Quant à la version bergoglienne du CEC, elle attente manifestement à la doctrine traditionnelle de l’Église, comme les anciennes versions du CEC l’indiquent clairement. De plus, Dieu ayant prescrit, en la Loi mosaïque, la peine de mort pour certains crimes, contester le principe même de la peine de mort au nom de l’Évangile, c’est contester la révélation divine au nom de la révélation divine, et sombrer dans une forme larvée de marcionisme. Bref, c’est dire que Dieu se contredit Lui-même, et ainsi blasphémer. [/spoiler]